lundi 6 avril 2009

Les curieuses étapes d'Yves Leterme en Moldavie pavées d'insondables intentions

Dimanche ont eu lieu en Moldavie des élections législatives. Le parti communiste moldave de l'autoritaire président Vladimir Voronine, dont la police est coutumière de la pratique de la torture, régulièrement dénoncée par Amnesty International, a remporté le scrutin, décrochant une majorité absolue au parlement.
L'organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) avait dépêché en Moldavie une mission de 200 observateurs qui ont relevé "quelques irrégularités" pendant la campagne électorale, mais "aucune preuve de fraude à un haut niveau". Parmi ces observateurs, l'ancien Premier ministre belge et actuel sénateur Yves Leterme dont un voyage récent en Moldavie avait intrigué la rédaction de La Boulette.
Invité d'honneur de la cinquième "Coupe du Président" Voronine, une course cycliste, Yves Leterme a largement répondu aux attentes des autorités locales, il y a quelques mois, en félicitant les vainqueurs de l'épreuve.
Le temps d'un week-end prolongé tous frais payés par la fédération cycliste moldave, Yves Leterme, a notamment passé du temps avec le patron de la toute nouvelle équipe cycliste Katyusha, Igor Makarov, un parrain de la mafia, des mains duquel il a reçu en cadeau, à Bruxelles, un magnifique vélo de coureur professionnel. Le même Makarov a financé le séjour d'Yves Leterme dans un quatre étoiles à Calpe, en Espagne, où il a participé aux entraînements de l'équipe Katyusha.
Quelques mois plus tard, l'ancien Premier ministre belge vient donc de retourner en Moldavie pour y superviser les élections législatives. Le Parti communiste de Moldavie y a remporté une victoire écrasante, ce qui devrait lui permettre d'obtenir la majorité des trois cinquièmes requise pour élire le nouveau président.
Loin de nous l'idée d'imaginer qu'Yves Leterme ait pu à lui seul, de par le rôle qu'il a joué, peser, ne fut-ce qu'en fermant les yeux, sur le résultat du scrutin.
Mais à l'heure où l'ancien Premier ministre belge tente un retour sur la scène politique, le comportement d'Yves Leterme intrigue, dans un pays où le respect des droits de l'homme relève de la symbolique. A moins que pour Yves Leterme, le cliquetis des dérailleurs, élevé au rang de sentiment suprême, annihile toute réflexion sur l'état de la démocratie.

Durum

2 commentaires:

Everyone thinks he looks daft a dit…

La situation à l'air tendue en Moldavie. Leterme a de nouveau fait une connerie ?

Criticus a dit…

Votre article a inspiré notre ami Éric Timmermans.