mercredi 9 avril 2008

La démocratie est morte. Vive la démocratie

La Belgique est en train, à l'instar des autres Etats-membres de l'Union européenne, de donner assentiment au Traité de Lisbonne dans l'indifférence la plus complète de la population et de ses représentants. Ce texte important pour le devenir des institutions européennes et à travers elles pour les politiques qui en découleront suscite l'indifférence la plus totale.
Il y a un mois, le Sénat a organisé un après-midi de pseudo-débat dans un semblant d'enthousiasme, les parlementaires ayant eu une journée en Commission pour avaler 370 pages de documents, Traité et annexes incluses, y compris l'avis (critique du Conseil d'Etat). Autrement dit, ils n'ont pas lu tous ces documents. Rebelotte mercredi à la Chambre.
Le Traité de Lisbonne vise à insufler plus de démocratie dans les rouages européens. Pourtant, à ce stade, on peut se demander si la démocratie n'est pas en train de foutre le camp.

Durum

9 commentaires:

Colonel Moutarde a dit…

Mon collègue Durum me permettra de couper la boulette en deux et d'exprimer mon profond désaccord. S'il n'y a pas eu de débat parlementaire chaud en Belgique, c'est parce qu'il règne entre les partis démocratiques le consensus le plus complet sur le traité de Lisbonne. (Et pour cause: c'est un bon traité, mais c'est une autre question).

cultivateur a dit…

Faut toujours se méfier des consensus trops larges... Et encore plus quand il n'est pas présent parmi la population !

Durum a dit…

Cher colonel, la moutarde me monte au nez;-) En Chine aussi, la question des droits de l'homme fait consensus.
Le Traité de Lisbonne est sans doute une avancée, il n'en demeure pas moins que le déficit des institutions européennes reste criant. Or, les enjeux politiques se traitent de plus en plus souvent à Bruxelles (et un chouïa à Strasbourg). Et tout le monde s'en fout. C'est inquiétant.

cultivateur anonyme a dit…

On va peut-être m'accuser de tout mélanger, mais le traité de Lisbonne protège-t-il les citoyens de l'influence néfaste de la Banque centrale européenne ?

Colonel Moutarde a dit…

Toute cela fleure bon le poujadisme. Le problème de l'Union européenne, c'est qu'elle a toujours été une cible trop facile. Trop facile de dire Europe = mondialisation ultralibérale.
Quant à refuser le traité de Lisbonne au nom du déficit démocratique, c'est un contresens, vu qu'il étend considérablement les pouvoirs du Parlement européen, qui devient peu à peu un vrai contrepoids démocratique.
Le traité n'est sans doute pas parfait, mais il est un compromis adopté à l'unanimité par 27 pays très différents, dont huit étaient encore de l'autre côté du rideau de fer il y a 20 ans. Parfois, c'est bien de remettre les choses dans leur contexte.

cultivateur anonyme a dit…

Hein ?!? Du poujadisme ????? Je voulais justement replacer les propos du président de la BCE - qui est contre le principe ultradémocratique d'indexation automatique des salaires alors que l'inflation dépasse les 4% - dans leur contexte ultralibéral. Mais c'est vrai qu'on ne peut pas critiquer la banque centrale : ça pourrait être mauvais pour l'euro ! Et c'est bien connu : quand l'euro fort va, tout va !

durum a dit…

cher confrère moutarde, j'atteste, comme je l'ai déjà écrit, que le traité de Lisbonne constitue une avancée par rapport à la situation actuelle mais elle est minimaliste et à mille lieues des principes communément admis en démocratie et singulièrement du principe de séparation des pouvoirs promu par Montesquieu. La Commission concentre les pouvoirs législatif et exécutif même si quelques miettes sont concédées par le traité de Lisbonne au parlement européen et aux parlements nationaux.
Quant à la BCE, si je ne m'abuse, cher docteur, elle voit ses statuts inchangés et conserve une totale indépendance contrairement à la banque centrale américaine qui a des comptes à rendre au président, notamment en termes de politique d'emploi. Ne nous voilons donc pas la face, les institutions européennes promeuvent une politique néo-libérale.

Colonel Moutarde a dit…

Je me suis fendu d'une réponse kilométrique dans mon dernier post: "L'Europe est-elle néo-libérale?". Je prépare un second tôme qui s'intitulera "l'Europe est-elle démocratique?". ;.)

Anonyme a dit…

Le traité de Lisbonne a été approuvé par les 27 chefs d'états et/ou de guvernments, ce qui n'est pas la même chose.
En ce qui concerne les droits de l'homme, les pays membres de l'UE sont déjà membres du Conseil de l'Europe et ont donc dû ratifier la Convention sur les droits de l'homme. Il viendra probablement un moment où tous ces traités seront consolidés en un unique document constitutionnel