lundi 9 février 2009

Le gouvernement belge veut-il vraiment céder Fortis à BNP ?

Ce n'est plus de gaité de coeur que l'on spécule, certes, dans un monde financier tétanisé par la disparition de milliards de dollars et le suicide collectif de traders de Wall Street et de la City.
Que l'on permette néanmoins à l’auteur de ces lignes de spéculer un peu sur Fortis. Non pas sur l'action du bancassureur en déroute, mais sur la stratégie du gouvernement belge, à quelques jours d'un vote crucial.
En apparence, tout oppose le gouvernement et les actionnaires. En apparence, tout oppose l'Etat, dont les serviteurs défendent aujourd'hui avec véhémence l'intérêt des contribuables, et le preux chevalier Mischaël Modrikamen, protecteur des bons actionnaires/pères de famille. Modrikamen en veut à l'argent des contribuables, l'Etat s’y oppose, et garantit au même temps la stabilité de la banque grâce au soutien de BNP. Tout coïncide.
Mais pourquoi, alors, le gouvernement ne met-il pas les bouchées doubles pour convaincre les actionnaires, et notamment Ping An, préférant tabler sur des scénarios alternatifs ? Ne serait-ce pas parce qu’un vote négatif ne serait pas si catastrophique ?
C'est dans l'urgence que Fortis, fleuron financier belge, a été revendue à BNP. A l'époque, on craignait un effondrement total de la banque. C'était avant les garanties d’Etat, avant le sauvetage généralisé du système financier, avant la fin de la panique.
Aujourd'hui, alors que cette panique est (plus ou moins) dissipée, pourquoi l'Etat belge s'obstinerait-il à vouloir vendre Fortis ? Ne peut-on pas s’imaginer que le gouvernement défende le deal initial par bienséance vis-à-vis de la France, tout en tablant sur un vote négatif et un retour de Fortis dans le giron belge ?
Ce ne sont certes que les spéculations d'un non-initié, qui les laisse à votre sagacité.
Le scénario rejoint en tout cas la vision d'avenir du secteur bancaire défendue par l'ancien administrateur-délégué de Dexia, Axel Miller. L'homme dont certains spéculent sur la reconversion en politique (au PS?), plaide aujourd'hui pour une régulation drastique et prône le retour à des petites banques nationales, qui ne seraient plus cotées en bourse.
Enfin, ce ne sont que des spéculations. Les marchés, eux, achetaient en tout cas du Fortis aujourd'hui, puisqu'à l'action a enregistré une petite progression de 0,4% à la cloche, après avoir chuté de 10% dans la matinée. Y a-t-il des informations dont nous ne disposons pas ?

Colonel Moutarde

2 commentaires:

An Ping a dit…

和比利時人,你會做什麼埃瑞德斯現在呢?

Colonel Moutarde a dit…

On ne saurait mieux dire...