samedi 8 mars 2008

Reynders, ministre "véreux", "inapte" et "menteur", selon le sp.a

La semaine aura été particulièrement chaude au parlement. Mercredi puis jeudi, le sp.a est venu à plusieurs reprises à la charge contre le ministre des Finances Didier Reynders. Les socialistes flamands reprochent au ministre de cacher des chiffres sur l'impact réel, en termes de budget et de création d'emploi, des intérêts notionnels. Il reprochent au même ministre de surévaluer les recettes fiscales.
Cette chaude semaine a commencé mardi. Dans le "Morgen", le député Dirk Van der Maelen (sp.a) a révélé que la Banque nationale de Belgique (BNB) avait utilisé en 2007 le système des intérêts notionnels, permettant de payer 17 millions d'euros d'impôts en moins sans créer d'emploi. Le député a dérapé dans ses propos, parlant "d'abus" dans le chef de la banque centrale. Cela n'a pas été sans conséquence: le cours de la BNB a dû être suspendu mardi après-midi à la Bourse de Bruxelles. Or, d'abus il n'y eut point, la loi ne conditionnant pas l'utilisation des intérêts notionnels à la création d'emplois.
Le lendemain, en Commission des Finances, le ton est monté entre les députés sp.a, ainsi que les Verts (dans un autre registre), et le ministre Reynders. Ce dernier a vilipendé le député Van der Maelen pour son comportement inadmissible la veille. Les élus socialiste flamands ont pour leur part continué à demander des chiffres sur les intérêts notionnels et sur les recettes fiscales. Le ministre a une nouvelle fois répondu qu'il ne disposait pas de chiffres globaux sur les intérêts notionnels et que les recettes fiscales étaient bien en hausse.
Des chiffres, il en existe pourtant même s'ils sont diversement interprétables. La presse les a donnés jeudi matin. Le coût brut des intérêts notionnels est estimé à plus de 2 milliards d'euros pour les caisses de l'Etat (il avait été estimé à 500 millions). On parle d'un coût net aux alentours des 700 millions d'euros (effet retour). Par ailleurs, les recettes fiscales sont bien moins bonnes que prévues en janvier, la TVA étant même en recul.
Il n'en fallu pas plus jeudi après-midi en séance plénière de la Chambre pour sortir les couteaux voire l'artillerie lourde. Didier Reynders s'est fait traiter de "menteur", de ministre "inapte" et "véreux". Le grand argentier s'est défendu en soulignant que les chiffres parus dans la presse n'étaient que des estimations à affiner. Il n'en demeure pas moins que si février et mars devaient confirmer de mauvaises recettes, Didier Reynders se trouverait de plus en plus acculé. On se demande dès lors si le MR ne préférera pas provoquer des élections anticipées alors que le contrôle budgétaire du mois de juillet s'annonce sanglant. Et que le sp.a ne le lâchera plus. Fussent les socialistes flamands de mauvaise foi. Il n'y a pas trois mois ces derniers étaient en effet encore au gouvernement. Ils sont donc en partie responsables de la situation actuelle (les recettes 2007 avaient déjà été largement surévaluées). Il est cependant vrai qu'il faut laisser au député Van der Maelen sa propension à maintenir Reynders dans son viseur. Voilà des années qu'il contrôle au parlement les moindres faits et gestes du ministre MR.

Durum