samedi 29 décembre 2007

L'Office des étrangers, un système qui ne souffre aucune opposition

Ainsi que l'a relaté la presse, l'Office des étrangers vient une nouvelle fois de se faire remarquer en cette fin d'année en prenant, concernant une ressortissante algérienne de Belgique, une série de décisions conformes à son idéologie bureaucratique déshumanisée qui rappelle les pratiques de certains fonctionnaires qui, en d'autres temps, magnifiaient l'ordre et l'organisation au service de l'hégémonisme.
Ainsi, Latifa Boukhtouchen, disposant d'un titre de séjour en Belgique, s'est rendue plus d'un an en Algérie pour veiller son grand-père jusqu'à son décès. En infraction avec la loi, Latifa Boukhtouchen n'a pas signalé aux autorités belges cette expatriation de plus d'un an.
De retour à l'aéroport de Zaventem, elle a été placée en détention par l'Office des étrangers dans un centre pour personnes refoulées cataloguées comme "inadmissibles" sur le territoire et menacée d'expulsion. La loi laisse à l'Office des étrangers la possibilité de prendre ce genre de décision.
Il va sans dire que pour une personne née en Belgique, en demande de naturalisation, dont les frères et soeurs, de nationalité belge, attendaient le retour de leur parente en cette fin d'année, la décision de l'Office laisse perplexe. Saisie en extrême urgence, la chambre du Conseil a, dans une ordonnance particulièrement sévère pour l'Office, exigé la libération séance tenante de la jeune femme.
En bonne administration répondant aux injonctions, l'Office des étrangers, rigoriste, bien organisé et adepte de l'ordre a obtempéré. Il a libéré Mme Boukhtouchen. Mais lui refusant l'accès au territoire, il s'est contenté de l'autoriser à errer sans argent, couverture et sanitaires à sa diposition, des jours durant dans la zone de transit.
Une fois de plus, la justice a dû s'en mêler, le président du tribunal de première instance ordonnant la libération de la jeune femme sous peine de voir l'Etat belge s'acquitter d'astreintes de l'ordre de 5.000 euros par jour. L'Office des étrangers s'est vu reprocher par la justice de violer l'autorité de la chose jugée. Ce n'est pas la première fois et malheureusement, probablement pas la dernière. L'Office des étrangers n'a jamais aussi bien porté son surnom d'Etat dans l'Etat, qui foule la démocratie au pied, ne souffrant aucune opposition. Un système qui tend à l'unité. A la totalité. Une administration totalitaire.

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