dimanche 11 mai 2008

Bébé Antoine a le blues

André Antoine a le blues! En 2004, il était à son zénith: avec Joëlle Milquet, il avait ramené le cdH au pouvoir en Région wallonne et en Communauté française. Il était alors le n°2 incontesté du parti voire l'alter ego de Joëlle Milquet. Les rôles étaient bien partagés: à Antoine, le leadership dans les exécutifs wallon et de la Communauté française (certes, il ne siège pas dans le deuxième mais les inexpérimentées Simonet et Fonck ne faisaient pas le poids), à Milquet, le parti.
Il est omniprésent dans les médias (chez lui, l'organisation de conférences de presse relève de l'incontinence), enchaîne les réformes et apparaît comme l'homme fort du gouvernement wallon face à des socialistes affaiblis par les affaires. En 2007, il doit pourtant déchanter: il s'écrase aux élections en ne réalisant que le 5e score en Brabant wallon. On pourra épiloguer à l'envi sur cette bérésina: une alliance avec le PS guère populaire dans cette province libérale, l'incohérence d'une candidature aux fédérales alors qu'il est ministre régional, une image de casse-pieds, etc. Toujours est-il que son aura pâlit.
Il aurait pu profiter de l'entrée du cdH dans la majorité fédérale pour devenir vice-premier et ainsi acquérir la notoriété qu'il souhaite mais il renâcle: il ne connaît pas le néerlandais - un inconvénient pour ce verbomoteur- et, manifestement, Josly Piette soutient plutôt Milquet (réticente elle aussi, il faut dire).
Milquet entre donc dans le gouvernement, de même que Wathelet Jr qui grignote du terrain petit à petit. Antoine tente bien de dégommer Marie-Dominique Simonet mais en vain: elle conserve son poste de vice-présidente à la Communauté.
Milquet vice-première, il faut la remplacer. Elle n'est guère pressée de céder sa place et met en place une procédure interminable mais Benoît Lutgen apparaît comme le favori pour lui succéder. Dans un tel scénario, Antoine aura du mal à conserver son statut de numéro 2, d'autant plus que Lutgen devrait faire un carton aux élections de 2009.
Au gouvernement wallon aussi, des déconvenues l'attendent: son chef de cabinet Jean-Paul Van Reybroek, a été recalé et ne sera pas le patron de l'administration de l'aménagement du territoire. Sauf surprise, l'honnie Danièle Sarlet conservera sa place. Et à la Société Wallonne du Logement, Patrick Evrard, envoyé en son temps par Antoine à la Carolorégienne, s'est fait dépasser par l'actuel directeur-général, le tout autant honni Alain Rosenoer.
A moins d'un gros score aux régionales de 2009, André Antoine risque donc de perdre quelques places au classement général.

Mexicano

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