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mardi 29 septembre 2009

Bernard Clerfayt, cinq minutes de courage politique

Scinder BHV, affirment certains flamingants, ne nécessiterait que cinq minutes de courage politique. Ce petit cacul démagogique peut facilement être transposé à n'importe quelle décision impopulaire. Par exemple: taxer plus les comportements polluants. Bernard Clerfayt, secrétaire d'Etat attaché au ministre des Finances, dont nous avions salué l'apparent bon sens en la matière, a bien eu cinq minutes de courage politique. Sur les ondes de la Première, lundi matin, il a annoncé et défendu une hausse des accises sur le diesel d'une vingtaine de centimes. Le problème, c'est que M. Clerfayt n'a eu que cinq minutes de courage politique. Quelques heures plus tard à peine, sans doute après un coup de téléphone de son patron, il s'est désolidarisé de la mesure. Celle-ci ne serait plus qu'une mauvaise idée du ministre du budget, Guy Vanhengel. “On prend en otage les ménages qui ont fait le choix du diesel”, ose-t-il désormais. “On prend du pognon là, chez ceux qui roulent au diesel. Cela manque de sens environnemental et donc de sens social”. M. Clerfayt, lui, manque totalement de sens des responsabilités. Dans son cas, il conviendra désormais de parler de secrétaire d'Etat scotché au ministre des Finances.

Colonel Moutarde

lundi 23 mars 2009

Hourra ! Une bonne proposition fiscale du MR !

Nous n’avons pas ménagé, sur ce blog, nos critiques à l’encontre des intérêts notionnels et des autres inepties concoctées au ministère des Finances. C’est dire notre joie en entendant le député PS Yvan Mayeur rétorquer du tac-au-tac à Didier Reynders, en plein débat à la Chambre sur les paradis fiscaux, que "la prochaine fois, on demandera votre département, comme ça on y mettra bon ordre".
La Boulette n’est pas pour autant un organe sous-terrain du Parti socialiste. La dernière proposition du secrétaire d’Etat à la fiscalité Bernard Clerfayt, l’étoile montante du MR, me donne une occasion de le prouver. Car l’idée est bonne et mérite d’être défendue.
L’homme préconise de baisser les impôts sur le travail à hauteur de 1% du PIB et d’augmenter d’autant la taxation de l’énergie, soit une opération budgétairement neutre qui permettrait de rapprocher la Belgique des modèles vertueux mis en place ailleurs en Europe.
Selon l’OCDE, la fiscalité verte ne pèserait chez nous que 2,4% du PIB, contre 2,9% en moyenne dans les pays voisins (et des taux bien plus élevés encore dans les pays nordiques). L’impôt sur le travail constitue quand à lui un frein à l’embauche. D’après le bureau du plan, une baisse équivalente à 0,5% du PIB permettrait de créer 60.000 emplois.
L’idée de Bernard Clerfayt signifie concrètement qu’employeurs et travailleurs paieraient moins d’impôts, mais que tous les Belges verraient leur facture d’énergie augmenter. Elle risque de heurter les socialistes, puisqu’elle se solderait par une perte relative de pouvoir d’achat pour les chômeurs et les allocataires du CPAS. Le PS parle même d'aller dans l'autre sens, et de baisser la TVA sur l’énergie! En période électorale, on l’imagine bien accuser les libéraux d’accorder au cadeau fiscal aux patrons sur le dos des plus pauvres. Ce serait une erreur grossière.
Il est avéré que le coût de la prévention du changement climatique ne représente qu’une fraction de celui des conséquences du changement climatique. Il faut orienter dès maintenant la dépense dans ce sens, et ce projet doit être porté par toute la société, pas seulement par les pouvoirs publics. Augmenter graduellement la fiscalité sur l’énergie est un pas dans la bonne direction. L’argument selon lequel une telle mesure serait inéquitable tient de l’aveuglement économique et écologique, mais aussi d’une certaine forme d’égoïsme : car si les pauvres de Belgique éprouveront encore un peu plus de difficultés à boucler leurs fins de mois, que dire des très pauvres dans les pays du Sud, qui affrontent déjà, et bien plus sérieusement, les dégâts du réchauffement ?
Le glissement fiscal serait aussi une bonne mesure pour l’emploi : il permettrait aux entreprises d’engager plus. On pourrait même, en guise de provocation conclusive, penser que ce transfert (limité) de richesse des allocataires vers les travailleurs constitue une bien meilleure incitation à chercher du travail que la "chasse aux chômeurs"...

Colonel Moutarde