vendredi 29 février 2008
Réformer la Belgique ? Maystadt a autre chose à faire
Philippe Maystadt, ancien ministre des Finances et aujourd'hui président de la Banque européenne d'investissement, n'a plus l'intention de participer aux travaux du groupe des sages. Il ne le cache à personne: il a autre chose à faire. “J'ai un vrai travail, moi”, lance-t-il à qui veut l'entendre, témoignant de peu d'égards envers les autres "sages", qui ont négocié la dernière réformette de l'Etat. Dehaene, Verhofstadt et consorts apprécieront.
vendredi 22 février 2008
Guy Verhofstadt vise la présidence du parlement européen en 2009
Le premier ministre Guy Verhofstadt entend relancer sa carrière politique au parlement européen et brigue même la présidence de l'assemblée, selon son entourage.
Guy Verhofstadt devrait quitter son poste de premier ministre le 20 mars prochain. Il l'a annoncé à plusieurs reprises. Que va-t-il devenir ensuite?
Les observateurs citent régulièrement son nom parmi les candidats au poste de président du Conseil européen voire à celui de Haut représentant de la politique étrangère de l'Union ou président de la Commission. Dans son entourage, on n'y croit guère. "Qui a été candidat une fois et a échoué sait très bien que son tour ne viendra plus", commente un proche du libéral flamand. Après le 20 mars, Guy Verhofstadt devrait retourner sur les bancs du Sénat, où il a été élu, et où il compte bien être actif... pendant une petite année. Le premier ministre sortant se présentera ensuite en 2009 aux élections européennes. Verhofstadt voit dans le Parlement européen, dont le rôle sera renforcé par le Traité de Lisbonne, l'occasion de relancer sa carrière. Les enjeux y sont de moins en mois circonscrits par les velléités nationales et les débats de plus en plus représentatifs de ce que devrait être l'activité d'un véritable parlement, commente un proche. Guy Verhofstadt anbitonnerait même la présidence du parlement européen. Mais là encore, tout est affaire d'équilibre.
Durum
Guy Verhofstadt devrait quitter son poste de premier ministre le 20 mars prochain. Il l'a annoncé à plusieurs reprises. Que va-t-il devenir ensuite?
Les observateurs citent régulièrement son nom parmi les candidats au poste de président du Conseil européen voire à celui de Haut représentant de la politique étrangère de l'Union ou président de la Commission. Dans son entourage, on n'y croit guère. "Qui a été candidat une fois et a échoué sait très bien que son tour ne viendra plus", commente un proche du libéral flamand. Après le 20 mars, Guy Verhofstadt devrait retourner sur les bancs du Sénat, où il a été élu, et où il compte bien être actif... pendant une petite année. Le premier ministre sortant se présentera ensuite en 2009 aux élections européennes. Verhofstadt voit dans le Parlement européen, dont le rôle sera renforcé par le Traité de Lisbonne, l'occasion de relancer sa carrière. Les enjeux y sont de moins en mois circonscrits par les velléités nationales et les débats de plus en plus représentatifs de ce que devrait être l'activité d'un véritable parlement, commente un proche. Guy Verhofstadt anbitonnerait même la présidence du parlement européen. Mais là encore, tout est affaire d'équilibre.
Durum
mercredi 20 février 2008
Georgette, 72 ans
Lu ce matin dans le Metro, une (petite) annonce méritant une (grande) diffusion. Texto:
“A toi le jeune homme qui m'a laissé sa place assise à la station Etangs-Noirs dans le métro, sache que j'ai apprécié ce geste à sa juste valeur. Mon coeur en est tout retourné. Tu avais le crâne rasé, tu portais un T-shirt à l'effigie des Sex Pistols et un jeans à trous. Si tu te reconnais, merci de me contacter car je souhaite mieux te connaître. Georgette, 72 ans, Anderlecht”.
C'est pas beau, ça ?
“A toi le jeune homme qui m'a laissé sa place assise à la station Etangs-Noirs dans le métro, sache que j'ai apprécié ce geste à sa juste valeur. Mon coeur en est tout retourné. Tu avais le crâne rasé, tu portais un T-shirt à l'effigie des Sex Pistols et un jeans à trous. Si tu te reconnais, merci de me contacter car je souhaite mieux te connaître. Georgette, 72 ans, Anderlecht”.
C'est pas beau, ça ?
mardi 19 février 2008
Kosovo: De Gucht court-circuite le Parlement
Le ministre belge des Affaires étrangères a annoncé lundi soir, dans le foulée des autres pays européens, que la Belgique reconnaîtrait rapidement l'indépendance du Kosovo. Devant les caméras de télévision, M. De Gucht a tenté de faire croire que la Chambre et le Sénat seraient consultés, avant d'admettre que le débat parlementaire aurait probablement lieu après la reconnaissance. Pourtant, au Parlement, tout le monde ne voit pas l'indépendance kosovare d'un très bon oeil, surtout du côté francophone de l'assemblée.
Le ministre n'en a cure: il s'agit surtout de ne pas enrayer la belle machine diplomatique de l'indépendance “concertée”, programmée depuis des mois entre les chancelleries européennes. Par “concertée”, il faut comprendre “pas unilatérale”, une manière pour les Européens de contrer l'argument russe selon lequel l'indépendance du Kosovo est illégale au regard du droit international.
Pour défendre la légalité de l'approche européenne, M. De Gucht invente même un nouveau concept: le "multilatéralisme effectif": puisque les Russes bloquent, ils empêchent le multilatéralisme de fonctionner, donc il est légitime de contourner l'ONU. Une telle inventivité juridique (de la part d'un professeur de droit, faut-il le rappeler) n'est pas sans rappeler un autre concept, mis au point par l'administration Bush au moment de l'invasion de l'Irak: celui de la guerre préventive. A l'époque, en Europe, on avait crié au scandale.
Quoiqu'il en soit, en dépit de l'ingéniosité européenne, l'indépendance concertée a été marquée par une certaine dose d'improvisation, selon un diplomate belge bien informé. Ainsi la Constitution kosovare, qui doit garantir notamment le respect des minorités serbes et la protection du patrimoine orthodoxe (ultra-sensible pour les Serbes), n'a-t-elle été remise aux Occidentaux qu'à la dernière minute. Elle n'a en réalité pas encore été définitivement approuvée. Or, le soutien européen était conditionné à ces garanties constitutionnelles (ce qu'on appelle le plan Athisaari).
Décidément bien avisés sur le dossier des Balkans, les Pays-Bas ont préféré attendre d'obtenir toute le clarté nécessaire avant de reconnaître le Kosovo. En Belgique, on préfère suivre le mouvement.
Le ministre n'en a cure: il s'agit surtout de ne pas enrayer la belle machine diplomatique de l'indépendance “concertée”, programmée depuis des mois entre les chancelleries européennes. Par “concertée”, il faut comprendre “pas unilatérale”, une manière pour les Européens de contrer l'argument russe selon lequel l'indépendance du Kosovo est illégale au regard du droit international.
Pour défendre la légalité de l'approche européenne, M. De Gucht invente même un nouveau concept: le "multilatéralisme effectif": puisque les Russes bloquent, ils empêchent le multilatéralisme de fonctionner, donc il est légitime de contourner l'ONU. Une telle inventivité juridique (de la part d'un professeur de droit, faut-il le rappeler) n'est pas sans rappeler un autre concept, mis au point par l'administration Bush au moment de l'invasion de l'Irak: celui de la guerre préventive. A l'époque, en Europe, on avait crié au scandale.
Quoiqu'il en soit, en dépit de l'ingéniosité européenne, l'indépendance concertée a été marquée par une certaine dose d'improvisation, selon un diplomate belge bien informé. Ainsi la Constitution kosovare, qui doit garantir notamment le respect des minorités serbes et la protection du patrimoine orthodoxe (ultra-sensible pour les Serbes), n'a-t-elle été remise aux Occidentaux qu'à la dernière minute. Elle n'a en réalité pas encore été définitivement approuvée. Or, le soutien européen était conditionné à ces garanties constitutionnelles (ce qu'on appelle le plan Athisaari).
Décidément bien avisés sur le dossier des Balkans, les Pays-Bas ont préféré attendre d'obtenir toute le clarté nécessaire avant de reconnaître le Kosovo. En Belgique, on préfère suivre le mouvement.
samedi 16 février 2008
Adoubement bling-bling pour Verhof?
Le premier ministre Guy Verhofstadt est reçu mercredi 20 février par le président français Nicolas Sarkozy. Rien n'a circulé à ce stade sur l'ordre du jour de cet entretien mais il ne faut pas être grand clerc pour deviner que le premier ministre belge profitera de cette visite pour marquer des points en vue de relancer sa carrière sur la scène européenne. On l'a déjà écrit dans La Boulette, alors que le traité de Lisbonne a entamé son parcours de ratification (5 pays dont la France l'ont ratifié à ce stade), d'importantes fonctions dirigeantes seront à pourvoir dans les prochains mois, celles de président du Conseil européen, président de la Commission européenne et chef de la diplomatie européenne.
Sachant que Manuel Barroso a de bonnes chances de rempiler à la tête de la Commission si la droite se maintient en 2009, la présidence du Conseil européen, nouvelle fonction créée par le Traité (ex-constitutionnel) de Lisbonne, sera particulièrement convoitée.
L'ancien chef du gouvernement britannique, Tony Blair, est un de ces candidats. Il a fait il y a quelques mois une apparition remarquée lors d'un Congrès de l'UMP, en compagnie du chef de l'Etat français. Allié de Bush en Irak, chef de gouvernement d'un pays eurosceptique, il aura toutefois fort à faire pour remporter la joute. Depuis son apparition aux côtés de Sarkozy (critiquée jusqu'au sein de la droite française), son étoile a d'ailleurs pâli au profit du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Le gouvernement français vient d'ailleurs de déclarer, par l'entremise de son secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, que le président du Conseil devrait à ses yeux venir d'un Etat membre de l'Eurogroupe et de Schengen. Ce profil sied aussi à Guy Verhofstadt, lauréat du premier prix du Livre européen pour "Les Etats-Unis d'Europe". Le premier ministre belge est l'un des quelques candidats pressentis pour la fonction. Mercredi, il pourra toujours prendre le Thalys avec dans sa poche une lettre de recommandation de "l'ami Didier". Car dans quatre mois, la France entamera la présidence de l'Union. Elle pourrait être décisive à bien des égards.
Sachant que Manuel Barroso a de bonnes chances de rempiler à la tête de la Commission si la droite se maintient en 2009, la présidence du Conseil européen, nouvelle fonction créée par le Traité (ex-constitutionnel) de Lisbonne, sera particulièrement convoitée.
L'ancien chef du gouvernement britannique, Tony Blair, est un de ces candidats. Il a fait il y a quelques mois une apparition remarquée lors d'un Congrès de l'UMP, en compagnie du chef de l'Etat français. Allié de Bush en Irak, chef de gouvernement d'un pays eurosceptique, il aura toutefois fort à faire pour remporter la joute. Depuis son apparition aux côtés de Sarkozy (critiquée jusqu'au sein de la droite française), son étoile a d'ailleurs pâli au profit du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Le gouvernement français vient d'ailleurs de déclarer, par l'entremise de son secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, que le président du Conseil devrait à ses yeux venir d'un Etat membre de l'Eurogroupe et de Schengen. Ce profil sied aussi à Guy Verhofstadt, lauréat du premier prix du Livre européen pour "Les Etats-Unis d'Europe". Le premier ministre belge est l'un des quelques candidats pressentis pour la fonction. Mercredi, il pourra toujours prendre le Thalys avec dans sa poche une lettre de recommandation de "l'ami Didier". Car dans quatre mois, la France entamera la présidence de l'Union. Elle pourrait être décisive à bien des égards.
La BEI de Philippe Maystadt accusée de miner l'Afrique
L'association de défense de l'environnement "Les Amis de la Terre" ont publié récemment un rapport intitulé "Banque européenne d’investissement : six ans de financement du pillage minier en Afrique". Ce rapport analyse les prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Afrique. Alors qu’elle est censée y intervenir en tant que banque de développement de l’Union européenne, la BEI s’implique de façon croissante dans le secteur très controversé des mines, soulignent les Amis de la Terre qui relancent une campagne de sensibilisation sur le sujet.
Selon l'association, la BEI ne dispose d’aucune norme environnementale et sociale crédible. Les Amis de la Terre (ADLT) demandent à la BEI de suspendre ses financements aux mines tant qu’elle n’a pas adopté des normes exigeantes.
Selon les ADLT, entre 2000 et 2006, la BEI a accordé plus de 364 millions d’euros à de grands projets miniers dans des pays africains entraînant bien souvent déforestation, pollutions, déplacements de population, corruption, conflits pour le contrôle des ressources... En outre, estime l'association, les effets positifs des mines sur le développement du pays d’accueil sont très contestés : peu créateur d’emplois, bénéficiant souvent de niveaux de taxation très bas, le secteur minier est contrôlé par de grandes entreprises des pays riches, qui exploitent les ressources africaines pour les exporter vers les pays développés ou émergents.
Dans une récente campagne de communication lancée en France, les Amis de la Terre, soutenus par de nombreuses organisations dont Greenpeace et la Fédération internationale des Ligues de Droits de l'Homme, demandent d'interpeller à Luxembourg le président de la BEI, le Belge Philippe Maystadt. Puisse le sage démocrate-humaniste entendre leurs doléances, lui qui, avec Guy Verhofstadt, Jean-Luc Dehaene et Philippe Moureaux passe son temps entre la BEI et le Comité actuellement au chevet de la maison Belgique. Alors que le quotidien Le Soir soulevait la question de la réouverture des mines en Wallonie pour répondre à l'offre galopante d'énergie, la question est plus que jamais d'actualité.
Selon l'association, la BEI ne dispose d’aucune norme environnementale et sociale crédible. Les Amis de la Terre (ADLT) demandent à la BEI de suspendre ses financements aux mines tant qu’elle n’a pas adopté des normes exigeantes.
Selon les ADLT, entre 2000 et 2006, la BEI a accordé plus de 364 millions d’euros à de grands projets miniers dans des pays africains entraînant bien souvent déforestation, pollutions, déplacements de population, corruption, conflits pour le contrôle des ressources... En outre, estime l'association, les effets positifs des mines sur le développement du pays d’accueil sont très contestés : peu créateur d’emplois, bénéficiant souvent de niveaux de taxation très bas, le secteur minier est contrôlé par de grandes entreprises des pays riches, qui exploitent les ressources africaines pour les exporter vers les pays développés ou émergents.
Dans une récente campagne de communication lancée en France, les Amis de la Terre, soutenus par de nombreuses organisations dont Greenpeace et la Fédération internationale des Ligues de Droits de l'Homme, demandent d'interpeller à Luxembourg le président de la BEI, le Belge Philippe Maystadt. Puisse le sage démocrate-humaniste entendre leurs doléances, lui qui, avec Guy Verhofstadt, Jean-Luc Dehaene et Philippe Moureaux passe son temps entre la BEI et le Comité actuellement au chevet de la maison Belgique. Alors que le quotidien Le Soir soulevait la question de la réouverture des mines en Wallonie pour répondre à l'offre galopante d'énergie, la question est plus que jamais d'actualité.
vendredi 8 février 2008
Traité de Lisbonne (3): le diable se cache dans les détails
Le traité de Lisbonne a beau être complexe, il reste très général dans sa formulation. Et vu qu'il modifie pas mal de choses dans le fonctionnement de l'UE, les diplomates se sont mis à carburer pour trouver comment tout ce bazar va fonctionner concrètement. A huis-clos, le grand brainstorming: il s'agit de ne pas contrarier la ratification, vous comprenez.
Parmi les sujets de discussions: comment va-t-on l'élire, ce président du Conseil qui représentera l'UE dans le monde ? Ca reste très flou pour l'instant... C'est pourtant très important: ça déterminera qui de Verhofstadt, Blair et consorts occupera le poste en premier. Et le premier qui occupera le poste imprimera probablement une marque durable.
Parmi les autres sujets flous, l'administration du président: petite ou grande ? L'initiative citoyenne, qui permettra à un million de citoyens de saisir la Commission: ça va marcher comment ? La prise de décision sur les questions de Justice sera bouleversée: oui, mais qu'est-ce que ça implique ?
Bref, on réfléchit à plein tube dans les couloirs de l'UE. Et pendant qu'on ratifie le traité, il ne faudra pas oublier le brouillard qui continue d'envelopper certaines de ses dispositions.
Parmi les sujets de discussions: comment va-t-on l'élire, ce président du Conseil qui représentera l'UE dans le monde ? Ca reste très flou pour l'instant... C'est pourtant très important: ça déterminera qui de Verhofstadt, Blair et consorts occupera le poste en premier. Et le premier qui occupera le poste imprimera probablement une marque durable.
Parmi les autres sujets flous, l'administration du président: petite ou grande ? L'initiative citoyenne, qui permettra à un million de citoyens de saisir la Commission: ça va marcher comment ? La prise de décision sur les questions de Justice sera bouleversée: oui, mais qu'est-ce que ça implique ?
Bref, on réfléchit à plein tube dans les couloirs de l'UE. Et pendant qu'on ratifie le traité, il ne faudra pas oublier le brouillard qui continue d'envelopper certaines de ses dispositions.
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