Pendant qu'au MR on s'étripe, au PS, et singulièrement dans l'entourage de Di Rupo, on boit du p'tit lait. Certain d'être largué aux élections de juin 2009 à la suite des affaires, le PS est passé à travers le sombre destin de la cure d'opposition que d'aucuns lui prédisaient. Et la guerre des chefs qui eût pu s'ensuivre finalement n'aura pas lieu. En tout cas pas à court terme. Di Rupo voit sa présidence confortée et en profite même pour mettre l'ensemble de ses fédérations sous quasi-tutelle, fait exceptionnel dans l'histoire du parti. Il pourrait même se représenter en 2011 et rester 4 années supplémentaires au Boulevard de l'Empereur, voire plus si affinités.
Parmi ses challengers, personne n'osera broncher à ce stade. Il y a Rudy Demotte dont on dit qu'il ambitionne d'inscrire pleinement le parti dans la social-démocratie strauss-kahnienne quitte à en changer le nom en PSD pour parti social-démocrate. Il y a Laurette Onkelinx, la Bruxelloise (ratée?) de gauche qui dans la capitale ne parvient pas à prendre la succession de Philippe Moureaux, son père politique trop imposant et tellement étouffant. Il y a Paul Magnette, le jeune qui monte doucement mais sûrement, estampillé (vraie) gauche rénovatrice (si tant est que tous ces acronymes aient un sens). Le parti ayant gagné les élections (en tout cas sur le plan stratégique), chacun reste en place. Laurette, la patronne au gouvernement tient la Sécu, Rudy est premier wallono-francophone et construit son assise picarde. Paul grandit au gouvernement et rénove Charleroi.
Et si malgré tout crise il devait y avoir un jour, me direz-vous, et si celle-ci devait finalement déboucher sur une guerre à laquelle n'hésiteraient pas à se mêler les Liégeois? Ce pourrait être finalement Elio Di Rupo, toujours lui, qui pourrait en sortir gagnant. Comme rassembleur.
Durum
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samedi 17 octobre 2009
jeudi 18 juin 2009
Soyons écolo pour pas cher grâce au dumping social
Les Villo, ces vélo loués pour pas cher depuis peu dans les rues de Bruxelles, à l'image des Véli'b parisiens, seraient produits par des ouvriers hongrois sous payés, d'après un magazine spécialisé.
Selon le site du Soir: les Véli’b, tout comme les Villo, sont fabriqués dans une usine hongroise, à Toszeg, où les ouvriers sont payés à peine deux euros de l’heure, soit un salaire mensuel de 352 euros, alors que le salaire moyen du pays atteint les 743 euros.
Ou comment une bonne initiative est mise en oeuvre de façon nuisible. L'enfer est pavé de bonne intentions, il faudra le rappeler à Pascal Smet, promoteur socialiste des Villo. L'homme s'était déjà illustré, dans la dossier de la rénovation de la place Flagey, pour avoir fait venir de Chine, à bas prix, des tonnes d'une pierre bleue qui était pourtant fabriquée aussi en Wallonie. C'est bien d'être vert et branché à domicile, mais encore faudrait-il que cela ne se fasse pas au détriment des autres à l'étranger. Voilà en tout cas une bonne mesure à prendre pour le futur olivier bruxellois: exiger illico un rehaussement des salaires des ouvriers hongrois. Car si le secteur semi-public se met à pratiquer le dumping social, on peut difficilement exiger des acteurs privés qu'ils soient vertueux...
Cette manière d'être tout blanc à l'intérieur, mais de jouer un sale jeu à l'étranger rappelle aussi la décision d'octroyer à la FN de Herstal une licence pour exporter des armes vers la Libye, malgré le risque qu'elles finissent par coûter la vie d'innocents dans les conflits de la région, au Darfour notamment. Ici aussi, c'est un socialiste, le ministre-président wallon sortant Rudy Demotte -avec la complicité tacite du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht- qui s'illustre. Puisque la bonne gouvernance est le mot-clé des oliviers en formation, il serait bon qu'on l'applique aussi en dehors de nos frontières...
Colonel Moutarde
Selon le site du Soir: les Véli’b, tout comme les Villo, sont fabriqués dans une usine hongroise, à Toszeg, où les ouvriers sont payés à peine deux euros de l’heure, soit un salaire mensuel de 352 euros, alors que le salaire moyen du pays atteint les 743 euros.
Ou comment une bonne initiative est mise en oeuvre de façon nuisible. L'enfer est pavé de bonne intentions, il faudra le rappeler à Pascal Smet, promoteur socialiste des Villo. L'homme s'était déjà illustré, dans la dossier de la rénovation de la place Flagey, pour avoir fait venir de Chine, à bas prix, des tonnes d'une pierre bleue qui était pourtant fabriquée aussi en Wallonie. C'est bien d'être vert et branché à domicile, mais encore faudrait-il que cela ne se fasse pas au détriment des autres à l'étranger. Voilà en tout cas une bonne mesure à prendre pour le futur olivier bruxellois: exiger illico un rehaussement des salaires des ouvriers hongrois. Car si le secteur semi-public se met à pratiquer le dumping social, on peut difficilement exiger des acteurs privés qu'ils soient vertueux...
Cette manière d'être tout blanc à l'intérieur, mais de jouer un sale jeu à l'étranger rappelle aussi la décision d'octroyer à la FN de Herstal une licence pour exporter des armes vers la Libye, malgré le risque qu'elles finissent par coûter la vie d'innocents dans les conflits de la région, au Darfour notamment. Ici aussi, c'est un socialiste, le ministre-président wallon sortant Rudy Demotte -avec la complicité tacite du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht- qui s'illustre. Puisque la bonne gouvernance est le mot-clé des oliviers en formation, il serait bon qu'on l'applique aussi en dehors de nos frontières...
Colonel Moutarde
lundi 8 juin 2009
Les hypocrisies à géométrie variable des candidats aux européennes
La coutume veut que les sommités placées en tête de listes par les partis belges aux européennes se souviennent, au moment d'assurer leurs responsabilités d'eurodéputés, qu'ils avaient d'autres engagements. Les politiciens ont beau rappeler que "l'Europe, c'est important", ils préfèrent taper dessus depuis l'extérieur que la faire depuis le dedans.
Le degré d'hypocrisie des intéressés varie toutefois dans des proportions qui peuvent devenir comiques. Ainsi, Louis Michel, tête de liste du MR, avait-il ouvertement clamé sa prétention de jouer un rôle providentiel en Belgique, en n'excluant pas de devenir le prochain ministre-président wallon. C'est raté pour Big Loulou, qui terminera sans doute sa carrière au cimetière des éléphants à Strasbourg. Trop dur pour lui: il devra voter pendant cinq ans des des sujets sans aucune importance, comme les objectifs européens de lutte contre le changement climatique ou la réforme de la finance internationale.
Jean-Claude Marcourt, par contre, profitera du non-Waterloo socialiste pour continuer d'oeuvrer au redressement de la Wallonie. Il est assez drôle de relire aujourd'hui ses déclarations de campagne. "J'ai fait preuve d'un enthousiasme extraordinaire devant la proposition européenne", avait-il déclaré après qu'Elio Di Rupo l'eut placé en tête de liste. Il avait juré-craché qu'il siégerait, contrairement aux élus de 2004, qui avaient renoncé à leur mandat. Elio avait même improvisé un slogan en l'honneur de son candidat: "Stop Barroso, go Marcourt". Il est interdit de rire.
Il y a une socialiste qui, en tout cas, défendait activement dès dimanche soir le retour de Jean-Claude Marcourt en terre wallonne. C'est Véronique De Keyser, deuxième élue du PS au Parlement européen. Rappelant qu'il fut "un tellement bon ministre de l'économie", Véronique a expliqué à la RTBF espérer "qu'il retourne à la place importante qu'il avait", tout en souhaitant "qu'il garde un pied en Europe".
On comprendra mieux cette déclaration en se souvenant que si Jean-Claude Marcourt ne siège pas, Mme De Keyser aurait, en vertu des règles complexes de répartition des responsabilités au Parlement européen, davantage de chances d'obtenir un poste de choix, comme la présidence de la commission des Affaires étrangères...
Le degré d'hypocrisie des intéressés varie toutefois dans des proportions qui peuvent devenir comiques. Ainsi, Louis Michel, tête de liste du MR, avait-il ouvertement clamé sa prétention de jouer un rôle providentiel en Belgique, en n'excluant pas de devenir le prochain ministre-président wallon. C'est raté pour Big Loulou, qui terminera sans doute sa carrière au cimetière des éléphants à Strasbourg. Trop dur pour lui: il devra voter pendant cinq ans des des sujets sans aucune importance, comme les objectifs européens de lutte contre le changement climatique ou la réforme de la finance internationale.
Jean-Claude Marcourt, par contre, profitera du non-Waterloo socialiste pour continuer d'oeuvrer au redressement de la Wallonie. Il est assez drôle de relire aujourd'hui ses déclarations de campagne. "J'ai fait preuve d'un enthousiasme extraordinaire devant la proposition européenne", avait-il déclaré après qu'Elio Di Rupo l'eut placé en tête de liste. Il avait juré-craché qu'il siégerait, contrairement aux élus de 2004, qui avaient renoncé à leur mandat. Elio avait même improvisé un slogan en l'honneur de son candidat: "Stop Barroso, go Marcourt". Il est interdit de rire.
Il y a une socialiste qui, en tout cas, défendait activement dès dimanche soir le retour de Jean-Claude Marcourt en terre wallonne. C'est Véronique De Keyser, deuxième élue du PS au Parlement européen. Rappelant qu'il fut "un tellement bon ministre de l'économie", Véronique a expliqué à la RTBF espérer "qu'il retourne à la place importante qu'il avait", tout en souhaitant "qu'il garde un pied en Europe".
On comprendra mieux cette déclaration en se souvenant que si Jean-Claude Marcourt ne siège pas, Mme De Keyser aurait, en vertu des règles complexes de répartition des responsabilités au Parlement européen, davantage de chances d'obtenir un poste de choix, comme la présidence de la commission des Affaires étrangères...
mercredi 27 mai 2009
Pré-accord pré-électoral?
L'ensemble de la presse belge propose ses carnets de campagne et à cette occasion l'éditorialiste du Soir Luc Delfosse a choisi de suivre quelques ténors battre le pavé à la recherche de l'électeur. Dernièrement, il était dans la foulée du chef de file d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, qui est apparu très sûr de son destin en croisant un ponte du MR, Hervé Jamar. "Alors, le 8, on commence à discuter ?", s'est exclamé Javaux cité par Le Soir, suscitant de gros rires gras. La messe est-elle dite? Au PS, on semble résigné. Présidant la Commission des Affaires sociales de la Chambre, Yvan Mayeur semble tout aussi certain de son destin que le sieur Javaux l'est du sien, nous a-t-on rapporté. "Vous verrez quand on sera dans l'opposition", aurait-il lancé tout aussi récemment pendant les débats parlementaires. Et là aussi, on a bien ri.
Durum
Durum
jeudi 26 mars 2009
Les socialistes vont-ils perdre les élections européennes ?
La crise financière et économique est une occasion en or pour la gauche européenne de se refaire une santé, comme on l’a souligné ici. Pourtant, les partis socialistes semblent bien en peine de capitaliser sur les déboires du capitalisme. D’après les estimations en cours, leur groupe au Parlement européen ne devrait enregistrer qu’une progression marginale. Il semble par contre que les eurosceptiques de tout poil gagneront du terrain, au point de pouvoir prétendre dépasser les libéraux et devenir la troisième force politique de l’assemblée.
Cette situation est imputable en premier lieu aux dirigeants socialistes eux-mêmes qui (i) continuent de considérer les élections européennes comme secondaires, (ii) cultivent des sentiments anti-européens pour flatter les instincts les plus bas de leurs électeurs et (iii) sacrifient à la realpolitik.
(i) Le Parlement européen est toujours considéré comme un cimetière des éléphants, où il est agréable de terminer sa carrière, avec une coquette rémunération. On y case ses amis politiques en fonction de critères purement nationaux. Au PS français, les listes ont ainsi été constituées presque sans tenir compte des députés qui se sont illustrés au cours de la législature passée (voir cet article de Libération). En Belgique aussi, les élus sortants --dont certains, comme Véronique De Keyser ont joué un rôle actif-- craignent pour leur sort. La nomination de Jean-Claude Marcourt, poids lourd liégeois pour tirer la liste est malgré tout un signe que le scrutin européen gagne en importance. Il est temps. Temps de voir que 70% de la législation découle de l’Europe. Que les grandes réformes du capitalisme auxquelles les socialistes aspirent se joueront à cet échelon là, et pas au niveau national.
(ii) La gauche reste tentée par le discours anti-européen primaire. Ca passe tellement bien d’être tous ensemble contre le traité de Lisbonne, contre les politiques ultra-libérales de la Commission ! C’est tellement plus facile que d’expliquer les enjeux complexes de la politique communautaire. C’est tellement plus mobilisateur d’être contre une Europe fantasmée que pour l’Europe réelle, ce chantier en construction. Cette rhétorique a miné l’image de l’UE qui est pourtant aussi un projet solidaire. Comment s’étonner dès lors que les électeurs se tournent vers des partis populistes ?
(iii) les chefs de gouvernements socialistes dans l’UE, Zapatero en Espagne, Socrates au Portugal, Brown au Royaume-Uni, Gyurcsany en Hongrie ont déjà donné leur soutien à la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la prochaine Commission. L’homme a le sens du compromis, il ne dérange pas. Au sein du PSE, beaucoup s’en accommodent et certains se positionnent déjà pour obtenir des postes dans son équipe. Un pragmatisme et un manque de combattivité déplorable, qui empêchent les socialistes de nommer un candidat pour affronter le président sortant (voir ici) et de rêver d’une majorité alternative.
Colonel Moutarde
Cette situation est imputable en premier lieu aux dirigeants socialistes eux-mêmes qui (i) continuent de considérer les élections européennes comme secondaires, (ii) cultivent des sentiments anti-européens pour flatter les instincts les plus bas de leurs électeurs et (iii) sacrifient à la realpolitik.
(i) Le Parlement européen est toujours considéré comme un cimetière des éléphants, où il est agréable de terminer sa carrière, avec une coquette rémunération. On y case ses amis politiques en fonction de critères purement nationaux. Au PS français, les listes ont ainsi été constituées presque sans tenir compte des députés qui se sont illustrés au cours de la législature passée (voir cet article de Libération). En Belgique aussi, les élus sortants --dont certains, comme Véronique De Keyser ont joué un rôle actif-- craignent pour leur sort. La nomination de Jean-Claude Marcourt, poids lourd liégeois pour tirer la liste est malgré tout un signe que le scrutin européen gagne en importance. Il est temps. Temps de voir que 70% de la législation découle de l’Europe. Que les grandes réformes du capitalisme auxquelles les socialistes aspirent se joueront à cet échelon là, et pas au niveau national.
(ii) La gauche reste tentée par le discours anti-européen primaire. Ca passe tellement bien d’être tous ensemble contre le traité de Lisbonne, contre les politiques ultra-libérales de la Commission ! C’est tellement plus facile que d’expliquer les enjeux complexes de la politique communautaire. C’est tellement plus mobilisateur d’être contre une Europe fantasmée que pour l’Europe réelle, ce chantier en construction. Cette rhétorique a miné l’image de l’UE qui est pourtant aussi un projet solidaire. Comment s’étonner dès lors que les électeurs se tournent vers des partis populistes ?
(iii) les chefs de gouvernements socialistes dans l’UE, Zapatero en Espagne, Socrates au Portugal, Brown au Royaume-Uni, Gyurcsany en Hongrie ont déjà donné leur soutien à la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la prochaine Commission. L’homme a le sens du compromis, il ne dérange pas. Au sein du PSE, beaucoup s’en accommodent et certains se positionnent déjà pour obtenir des postes dans son équipe. Un pragmatisme et un manque de combattivité déplorable, qui empêchent les socialistes de nommer un candidat pour affronter le président sortant (voir ici) et de rêver d’une majorité alternative.
Colonel Moutarde
lundi 23 mars 2009
Hourra ! Une bonne proposition fiscale du MR !
Nous n’avons pas ménagé, sur ce blog, nos critiques à l’encontre des intérêts notionnels et des autres inepties concoctées au ministère des Finances. C’est dire notre joie en entendant le député PS Yvan Mayeur rétorquer du tac-au-tac à Didier Reynders, en plein débat à la Chambre sur les paradis fiscaux, que "la prochaine fois, on demandera votre département, comme ça on y mettra bon ordre".
La Boulette n’est pas pour autant un organe sous-terrain du Parti socialiste. La dernière proposition du secrétaire d’Etat à la fiscalité Bernard Clerfayt, l’étoile montante du MR, me donne une occasion de le prouver. Car l’idée est bonne et mérite d’être défendue.
L’homme préconise de baisser les impôts sur le travail à hauteur de 1% du PIB et d’augmenter d’autant la taxation de l’énergie, soit une opération budgétairement neutre qui permettrait de rapprocher la Belgique des modèles vertueux mis en place ailleurs en Europe.
Selon l’OCDE, la fiscalité verte ne pèserait chez nous que 2,4% du PIB, contre 2,9% en moyenne dans les pays voisins (et des taux bien plus élevés encore dans les pays nordiques). L’impôt sur le travail constitue quand à lui un frein à l’embauche. D’après le bureau du plan, une baisse équivalente à 0,5% du PIB permettrait de créer 60.000 emplois.
L’idée de Bernard Clerfayt signifie concrètement qu’employeurs et travailleurs paieraient moins d’impôts, mais que tous les Belges verraient leur facture d’énergie augmenter. Elle risque de heurter les socialistes, puisqu’elle se solderait par une perte relative de pouvoir d’achat pour les chômeurs et les allocataires du CPAS. Le PS parle même d'aller dans l'autre sens, et de baisser la TVA sur l’énergie! En période électorale, on l’imagine bien accuser les libéraux d’accorder au cadeau fiscal aux patrons sur le dos des plus pauvres. Ce serait une erreur grossière.
Il est avéré que le coût de la prévention du changement climatique ne représente qu’une fraction de celui des conséquences du changement climatique. Il faut orienter dès maintenant la dépense dans ce sens, et ce projet doit être porté par toute la société, pas seulement par les pouvoirs publics. Augmenter graduellement la fiscalité sur l’énergie est un pas dans la bonne direction. L’argument selon lequel une telle mesure serait inéquitable tient de l’aveuglement économique et écologique, mais aussi d’une certaine forme d’égoïsme : car si les pauvres de Belgique éprouveront encore un peu plus de difficultés à boucler leurs fins de mois, que dire des très pauvres dans les pays du Sud, qui affrontent déjà, et bien plus sérieusement, les dégâts du réchauffement ?
Le glissement fiscal serait aussi une bonne mesure pour l’emploi : il permettrait aux entreprises d’engager plus. On pourrait même, en guise de provocation conclusive, penser que ce transfert (limité) de richesse des allocataires vers les travailleurs constitue une bien meilleure incitation à chercher du travail que la "chasse aux chômeurs"...
Colonel Moutarde
La Boulette n’est pas pour autant un organe sous-terrain du Parti socialiste. La dernière proposition du secrétaire d’Etat à la fiscalité Bernard Clerfayt, l’étoile montante du MR, me donne une occasion de le prouver. Car l’idée est bonne et mérite d’être défendue.
L’homme préconise de baisser les impôts sur le travail à hauteur de 1% du PIB et d’augmenter d’autant la taxation de l’énergie, soit une opération budgétairement neutre qui permettrait de rapprocher la Belgique des modèles vertueux mis en place ailleurs en Europe.
Selon l’OCDE, la fiscalité verte ne pèserait chez nous que 2,4% du PIB, contre 2,9% en moyenne dans les pays voisins (et des taux bien plus élevés encore dans les pays nordiques). L’impôt sur le travail constitue quand à lui un frein à l’embauche. D’après le bureau du plan, une baisse équivalente à 0,5% du PIB permettrait de créer 60.000 emplois.
L’idée de Bernard Clerfayt signifie concrètement qu’employeurs et travailleurs paieraient moins d’impôts, mais que tous les Belges verraient leur facture d’énergie augmenter. Elle risque de heurter les socialistes, puisqu’elle se solderait par une perte relative de pouvoir d’achat pour les chômeurs et les allocataires du CPAS. Le PS parle même d'aller dans l'autre sens, et de baisser la TVA sur l’énergie! En période électorale, on l’imagine bien accuser les libéraux d’accorder au cadeau fiscal aux patrons sur le dos des plus pauvres. Ce serait une erreur grossière.
Il est avéré que le coût de la prévention du changement climatique ne représente qu’une fraction de celui des conséquences du changement climatique. Il faut orienter dès maintenant la dépense dans ce sens, et ce projet doit être porté par toute la société, pas seulement par les pouvoirs publics. Augmenter graduellement la fiscalité sur l’énergie est un pas dans la bonne direction. L’argument selon lequel une telle mesure serait inéquitable tient de l’aveuglement économique et écologique, mais aussi d’une certaine forme d’égoïsme : car si les pauvres de Belgique éprouveront encore un peu plus de difficultés à boucler leurs fins de mois, que dire des très pauvres dans les pays du Sud, qui affrontent déjà, et bien plus sérieusement, les dégâts du réchauffement ?
Le glissement fiscal serait aussi une bonne mesure pour l’emploi : il permettrait aux entreprises d’engager plus. On pourrait même, en guise de provocation conclusive, penser que ce transfert (limité) de richesse des allocataires vers les travailleurs constitue une bien meilleure incitation à chercher du travail que la "chasse aux chômeurs"...
Colonel Moutarde
mardi 17 mars 2009
Pas de socialiste pour affronter Barroso ?
Le socialisme européen est plein de paradoxes. Alors qu'en France, le parti s'est déchiré autour des ambitions personnelles des Ségolène, DSK et compagnie, et qu'au Royaume-Uni, le Labour a longtemps été miné par la lutte intestine entre Blair et Brown, au niveau européen, c'est plutôt la pénurie de “présidentiables”. Les socialistes ne se bousculent pas au portillon pour affronter José Manuel Barroso, qui sera le candidat emblématique de la droite aux élections de juin prochain. En dépit du fait qu'il ne se présentera pas au Portugal, le Portugais ambitionne en effet de se succéder à lui-même à la tête de la Commission.
Et bien que les socialistes soient en train de fourbir leurs armes pour dénoncer la passivité de la Commission sortante face à la crise financière, ils n'ont pour l'instant aucun visage à opposer à celui de José Manuel.
Une telle absence peut sembler anodine, étant donné que les campagnes pour les élections européennes restent largement nationales. Mais pour la première fois, un véritable débat pourrait se dessiner entre deux personnalités candidates à la Commission. La droite a en effet déjà choisi Barroso, avant les élections. Si la gauche emboite le pas, il y aurait un vrai "combat des chefs" très bénéfique pour le débat démocratique européen.
Mais le PSE semble réticent à s'engager dans cette direction. Il faut dire que les présidentiables ne sont pas légion. Le candidat idéal serait Pascal Lamy. L'ancien chef de cabinet de Jacques Delors en serait l'héritier parfait: intelligent, fin connaisseurs des dossiers, partisan d'une mondialisation à visage humain. Mais il a préféré opter pour un second mandat à la tête de l'OMC. On a bien pensé à l'ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales, mais l'homme n'est pas intéressé. Son ancien homologue Michel Rocard, grand intellectuel de la gauche européenne, n'est plus très fringant.
En l'absence de candidat naturel, c'est le président du PSE, l'ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen qui est pressenti pour porter le flambeau. L'homme connait bien les rouages de la finance internationale et pourrait mener une bonne campagne sur ce thème. Mais il manque de charisme. Et son patronyme est son plus sérieux handicap. Son homonyme successeur à la tête du gouvernement danois, Anders Fogh Rasmussen, tient en effet la corde pour devenir le prochain secrétaire-général de l'OTAN. On imagine mal deux Danois, deux Rasmussen, obtenir ces deux postes clés au même moment.
Mais surtout, au sein même du parti socialiste, l'idée d'une campagne aggressive contre José Manuel Barroso pour conquérir la présidence de la Commission, ne fait pas l'unanimité. Certains sacrifient déjà au réalisme, convaincus que le Portugais sera reconduit de toute façon. C'est le cas du chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, devenu bien conciliant. Peut-être espère-t-il devenir vice-président de la Commission aux côtés de M. Barroso ? Ce serait un scénario réaliste. Avec la libéral Anders Fogh Rasmussen à la tête de l'OTAN et le "socialiste" Tony Blair à la présidence du Conseil ? On prend les paris sur cet "équilibre" politique déjà tout trouvé...
Colonel Moutarde
Et bien que les socialistes soient en train de fourbir leurs armes pour dénoncer la passivité de la Commission sortante face à la crise financière, ils n'ont pour l'instant aucun visage à opposer à celui de José Manuel.
Une telle absence peut sembler anodine, étant donné que les campagnes pour les élections européennes restent largement nationales. Mais pour la première fois, un véritable débat pourrait se dessiner entre deux personnalités candidates à la Commission. La droite a en effet déjà choisi Barroso, avant les élections. Si la gauche emboite le pas, il y aurait un vrai "combat des chefs" très bénéfique pour le débat démocratique européen.
Mais le PSE semble réticent à s'engager dans cette direction. Il faut dire que les présidentiables ne sont pas légion. Le candidat idéal serait Pascal Lamy. L'ancien chef de cabinet de Jacques Delors en serait l'héritier parfait: intelligent, fin connaisseurs des dossiers, partisan d'une mondialisation à visage humain. Mais il a préféré opter pour un second mandat à la tête de l'OMC. On a bien pensé à l'ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales, mais l'homme n'est pas intéressé. Son ancien homologue Michel Rocard, grand intellectuel de la gauche européenne, n'est plus très fringant.
En l'absence de candidat naturel, c'est le président du PSE, l'ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen qui est pressenti pour porter le flambeau. L'homme connait bien les rouages de la finance internationale et pourrait mener une bonne campagne sur ce thème. Mais il manque de charisme. Et son patronyme est son plus sérieux handicap. Son homonyme successeur à la tête du gouvernement danois, Anders Fogh Rasmussen, tient en effet la corde pour devenir le prochain secrétaire-général de l'OTAN. On imagine mal deux Danois, deux Rasmussen, obtenir ces deux postes clés au même moment.
Mais surtout, au sein même du parti socialiste, l'idée d'une campagne aggressive contre José Manuel Barroso pour conquérir la présidence de la Commission, ne fait pas l'unanimité. Certains sacrifient déjà au réalisme, convaincus que le Portugais sera reconduit de toute façon. C'est le cas du chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, devenu bien conciliant. Peut-être espère-t-il devenir vice-président de la Commission aux côtés de M. Barroso ? Ce serait un scénario réaliste. Avec la libéral Anders Fogh Rasmussen à la tête de l'OTAN et le "socialiste" Tony Blair à la présidence du Conseil ? On prend les paris sur cet "équilibre" politique déjà tout trouvé...
Colonel Moutarde
mardi 24 février 2009
Paul Magnette rêve d'Europe
Paul Magnette a été attiré au parti socialiste par Elio Di Rupo pour l'aider à se dépêtrer du bourbier carolo dans lequel il était englué. Il a jusqu'ici réussi le premier stade de sa mission, les crocodiles ayant été sortis de la marre. Le Boulvard de l'Empereur coomptait donc sur lui pour confirmer l'essai et tirer la liste de l'arrondissement aux élections régionales.
Mais Magnette ne sent pas Namur, la buvette de son parlement, les discussions de comptoir de ce gros conseil communal. Il a été brièvement ministre wallon avant de monter au fédéral mais ce qu'il veut, le politologue, spécialiste des questions européennes, c'est siéger à Strasbourg.
Initialement, le PS avait prévu un autre scénario, tenté de placer Elio Di Rupo en tête de liste européenne. A tout le moins, si le fédéral ne s'invite pas aux scrutins. Va-t-il laisser cette tête de liste à Magnette? Dangereux, lui qui n'a jamais connu l'opportunité de se présenter au suffrage serait directement mis dans le bain dans la plus grande circonscription (avec celle du Sénat). Sera-t-il premier suppléant? De Di Rupo? Ou de Daerden? Sachant que Michel devrait pousser la liste à Liège, laissant une place à son fils Frédéric sur la liste européenne.
En attendant, le politologue fait parler de lui, publiant un livre sur l'avenir du socialisme (Le bel avenir du socialisme), ce qui a fait dire à certains observateurs qu'il se place déjà en futur président de son parti.
Fils de parents communistes, Magnette n'est pas un révolutionnaire. Il prend pour modèle Dominique Strauss-Kahn, tenant de la social-démocratie, l'homme qui à l'instar d'Elio Di Rupo en Belgique, a accompagné la libéralisation voulue par l'Europe. Récemment sur la RTBF, il prônait la mise en place d'une quatrième voie, quelque part entre Tony Blair et Olivier Besancenot. A l'heure où l'arène parlementaire se transforme regulièrement en cirque, Magnette entre en piste en proposant un numéro d'équilibriste. Attention à la chute.
Durum
Mais Magnette ne sent pas Namur, la buvette de son parlement, les discussions de comptoir de ce gros conseil communal. Il a été brièvement ministre wallon avant de monter au fédéral mais ce qu'il veut, le politologue, spécialiste des questions européennes, c'est siéger à Strasbourg.
Initialement, le PS avait prévu un autre scénario, tenté de placer Elio Di Rupo en tête de liste européenne. A tout le moins, si le fédéral ne s'invite pas aux scrutins. Va-t-il laisser cette tête de liste à Magnette? Dangereux, lui qui n'a jamais connu l'opportunité de se présenter au suffrage serait directement mis dans le bain dans la plus grande circonscription (avec celle du Sénat). Sera-t-il premier suppléant? De Di Rupo? Ou de Daerden? Sachant que Michel devrait pousser la liste à Liège, laissant une place à son fils Frédéric sur la liste européenne.
En attendant, le politologue fait parler de lui, publiant un livre sur l'avenir du socialisme (Le bel avenir du socialisme), ce qui a fait dire à certains observateurs qu'il se place déjà en futur président de son parti.
Fils de parents communistes, Magnette n'est pas un révolutionnaire. Il prend pour modèle Dominique Strauss-Kahn, tenant de la social-démocratie, l'homme qui à l'instar d'Elio Di Rupo en Belgique, a accompagné la libéralisation voulue par l'Europe. Récemment sur la RTBF, il prônait la mise en place d'une quatrième voie, quelque part entre Tony Blair et Olivier Besancenot. A l'heure où l'arène parlementaire se transforme regulièrement en cirque, Magnette entre en piste en proposant un numéro d'équilibriste. Attention à la chute.
Durum
samedi 8 novembre 2008
Régulation du système financier: la grande désillusion
Deux mois après le débarquement en Europe de la crise financière et les annonces incantatoires d'une efficace régulation du système, force est de constater que les autorités américaines, européennes, et belges, pour ce qui nous concerne, en sont restées aux vagues déclarations d'intention voire dans les meilleurs des cas à arrêter des positions très consensuelles. Les seules véritables décisions prises à ce stade ont été relatives à la nationalisation des pertes et à la privatisation des profits.
Le président américain fraîchement élu Barack Obama, la nouvelle icône mondiale (;-)), a annoncé un important plan de relance mais il est resté muet quant à la nécessité de réguler les marchés. Laissons-lui le bénéfice du doute, il n'est pas encore président en fonction. Paroles, paroles, paroles restent ses maîtres mots.
Le Conseil européen préparatif au Sommet mondial de Washington a lui aussi accouché d'une souris. Le chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Shulz avait ironisé à propos du chef d'Etat français Nicolas Sarkozy, actuel président du Conseil européen, soulignant qu'il parlait depuis la crise comme un véritable socialiste, tellement il s'est reprofilé une fois le vent tourné. Vendredi à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a rassuré les financiers. "Nous ne voulons pas passer d'une absence de réglementation à trop de réglementation", a-t-il prévenu. Au-delà, on n'est pas plus avancé.
Le plan européen n'accouche que de principes dont la volonté de "confier au FMI un rôle central dans une architecture financière plus efficace". Balaise. Plus efficace pour qui? Quelle architecture? Et surtout, pourquoi le FMI? Cette institution dont l'ancien vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, affirme que ses prescriptions sont "en partie fondées sur l'hypothèse dépassée selon laquelle le marché aboutit spontanément aux résultats les plus efficaces" (1). Ce n'est pas l'architecture mais l'idéologie sous-jacente qu'il faut changer. Mais cela, la droite ne le permettra pas.
En Belgique aussi, on allait voir ce qu'on allait voir. Le président du PS, Elio Di Rupo, en perd régulièrement sa voix ces dernières semaines à force de crier au démon ultra-libéral à enfermer au plus vite dans le carcan de la régulation.
Et vendredi, le Conseil des ministres a approuvé une décision visant à limiter les parachutes dorés des patrons d'entreprises cotées en bourse. En principe, ces indemnités seront limitées à 12 mois de salaire fixe au maximum. Limitées par des paramètres temporels donc mais pas financiers. C'est bingo pour les patrons du BEL20. A titre d'exemple, alors que l'administrateur-délégué d'Agfa-Gevart a droit aujourd'hui à une indemnité de départ d'1,540 millions d'euros, selon le rapport annuel de l'entreprise; il pourra partir, en vertu des nouvelles règles, avec la coquette somme de 3,116 millions d'euros, a calculé Ecolo. Joli foutage de gueule!
In fine, ce n'est pas le système mais le gouvernement lui-même qui est transparent.
Il faut dire que quand en son sein on se prête au jeu du délit d'initié, certains n'ont pas intérêt à plus de régulation. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, dément tout délit d'initié alors que son épouse de magistrate a vendu pour 500.000 euros d'actions Fortis la veille de la cession des actifs aux Néerlandais et de l'effondrement au plus bas du cours boursier. Une pure coïncidence d'agenda. N'est pas chef de la diplomatie qui veut.
Durum
(1) La grande désillusion, Joseph Stiglitz, janvier 2002
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mercredi 24 septembre 2008
La crise financière, une occasion à ne pas manquer pour la gauche
L’air de rien, c’est une petite révolution copernicienne qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Ca a commencé il y a quelques mois, avec une nationalisation qui n’a pas dit son nom, celle de la banque Northern Rock au Royaume-Uni (nationalisation, dans le lexique du New Labour, c’est un gros mot). Ca se poursuit aujourd’hui aux Etats-Unis, avec le sauvetage public de plusieurs grosses institutions financières (Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, ...).
C’est dans le temple même du libéralisme, aux Etats-Unis et en Angleterre, que l’Etat fait sa subite réapparition. Coût pour le contribuable : faramineux. Mais surtout : un changement idéologique dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Comme l’a rappelé la présidente argentine Cristina Kirchner dans son très bon discours à la tribune de l’ONU, les remèdes appliqués aujourd’hui à Washington sont exactement opposés à ceux que le FMI a imposé aux pays sud-américains quand ils étaient confrontés à une crise de la dette.
« Sous le consensus de Washington, on nous a dit, nous les pays d’Amérique du Sud, que l’interventionnisme étatique n’était que de la nostalgie de la part de personnes qui n’avaient pas compris que l’économie avait évolué. Mais aujourd’hui se produit l’intervention étatique la plus formidable jamais vue, précisément dans le pays qui nous a dit que l’Etat n’était plus nécessaire ».
Cela fait des années que la gauche fait l’étalage de son impuissance à réguler la finance internationale. La crise est une occasion à ne pas manquer de renverser la tendance. Le PS belge semble d’ailleurs l’avoir bien compris, si l’on en croit la réunion spéciale de son bureau organisée aujourd’hui. Reste à voir si le parti aura de la suite dans les idées. Jusqu’à présent, en matière de politique européenne (soit le niveau approprié pour s'attaquer aux problèmes), il a plutôt laissé carte blanche aux libéraux.
Colonel Moutarde
C’est dans le temple même du libéralisme, aux Etats-Unis et en Angleterre, que l’Etat fait sa subite réapparition. Coût pour le contribuable : faramineux. Mais surtout : un changement idéologique dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Comme l’a rappelé la présidente argentine Cristina Kirchner dans son très bon discours à la tribune de l’ONU, les remèdes appliqués aujourd’hui à Washington sont exactement opposés à ceux que le FMI a imposé aux pays sud-américains quand ils étaient confrontés à une crise de la dette.
« Sous le consensus de Washington, on nous a dit, nous les pays d’Amérique du Sud, que l’interventionnisme étatique n’était que de la nostalgie de la part de personnes qui n’avaient pas compris que l’économie avait évolué. Mais aujourd’hui se produit l’intervention étatique la plus formidable jamais vue, précisément dans le pays qui nous a dit que l’Etat n’était plus nécessaire ».
Cela fait des années que la gauche fait l’étalage de son impuissance à réguler la finance internationale. La crise est une occasion à ne pas manquer de renverser la tendance. Le PS belge semble d’ailleurs l’avoir bien compris, si l’on en croit la réunion spéciale de son bureau organisée aujourd’hui. Reste à voir si le parti aura de la suite dans les idées. Jusqu’à présent, en matière de politique européenne (soit le niveau approprié pour s'attaquer aux problèmes), il a plutôt laissé carte blanche aux libéraux.
Colonel Moutarde
jeudi 4 septembre 2008
It's not only rock'n'roll, Elio!
Le président du PS, Elio Di Rupo, a indiqué lors de la rentrée de son parti à Chevetogne le 31 août se retrouver en partie dans le discours du leader trotskyste Olivier Besancenot dont il a découvert que les idées séduisent la jeunesse française abonnée aux Inrocks. "Et je me suis dit, Elio tu es sur la bonne voie".
C'est la rentrée et rien n'a changé. Le pays est toujours paralysé. Et Elio est resté un roi de la Comm. La Boulette vous salue.
Durum
C'est la rentrée et rien n'a changé. Le pays est toujours paralysé. Et Elio est resté un roi de la Comm. La Boulette vous salue.
Durum
vendredi 16 novembre 2007
L'ambassadeur d'Israël se lâche contre Le Soir, Le Vif et le PS
Jehudi Kinar, ambassadeur d'Israël en Belgique depuis 2003 ne porte pas vraiment dans son coeur le Parti socialiste. Ni d'ailleurs Le Soir et Le Vif. Vu qu'il prendra sa pension prochainement, il ne se prive plus de le faire savoir.
Dans une interview (en néerlandais) au magazine Joods Actueel, il dénonce les “contre-vérités” du PS, les positions “anti-Israël” du Soir et l'”arrogance sans précédent” du Vif.
“La Flandre a des accords économiques et culturels bilatéraux avec Israël, alors que le PS refuse de ratifier de tels accords à Bruxelles et en Wallonie”, déplore-t-il. “Quand j'en ai parlé à Elio Di Rupo, je me suis vu répondre qu'il y avait des élections et qu'il ne pouvait rien entreprendre”.
Jehudi Kinar est plus virulent avec la presse. Il juge “tout bonnement scandaleux” la manière dont le quotidien de la rue royale aurait décidé de ne pas publier une interview de l'écrivain Dror Ben Yemini.
Quant au correspondant du Soir en Israël, “Maurice Sarfaty, mieux connu ici sous le nom de Serge Dumont”, “son premier article positif sur Israël doit encore être publié”, se lâche l'ambassadeur.
Il n'est pas plus tendre avec le Vif. “Quand j'ai réagi à un article trompeur du rédacteur en chef, l'hebdomadaire n'a publié qu'une petite partie de ma réponse, accompagnée d'un long commentaire du rédacteur en chef, cela ne se fait pas”.
Bref, du côté francophone du pays, on ne serait pas assez tendre avec Israël, selon M. Kinar, dont l'avis semble tout à fait partagé par Joods Actueel.
Un article surprenant publié dans le même numéro du mensuel passe à la loupe le traitement de l'actualité du Proche Orient par la RTBF. Il détaille très précisément – en allant jusqu'à compter le nombre de mots – comment la chaîne publique aurait escamoté une dépêche AFP pour lui donner un ton pro-palestinien...
Alors que la dépêche AFP consacrait 63% des ses mots à un attaque palestinienne à la roquette et 9% aux possibles représailles israéliennes, le traitement du même sujet par la RTBF inverse les proportions à 28% et 72%. Choquant pour l'auteur de l'article...
En pleine crise communautaire belge, on s'abstiendra d'ironiser sur sa paranoïa... Le jour où les activistes du TAK enverront des roquettes sur Bruxelles enclavée, on rigolera moins.
Dans une interview (en néerlandais) au magazine Joods Actueel, il dénonce les “contre-vérités” du PS, les positions “anti-Israël” du Soir et l'”arrogance sans précédent” du Vif.
“La Flandre a des accords économiques et culturels bilatéraux avec Israël, alors que le PS refuse de ratifier de tels accords à Bruxelles et en Wallonie”, déplore-t-il. “Quand j'en ai parlé à Elio Di Rupo, je me suis vu répondre qu'il y avait des élections et qu'il ne pouvait rien entreprendre”.
Jehudi Kinar est plus virulent avec la presse. Il juge “tout bonnement scandaleux” la manière dont le quotidien de la rue royale aurait décidé de ne pas publier une interview de l'écrivain Dror Ben Yemini.
Quant au correspondant du Soir en Israël, “Maurice Sarfaty, mieux connu ici sous le nom de Serge Dumont”, “son premier article positif sur Israël doit encore être publié”, se lâche l'ambassadeur.
Il n'est pas plus tendre avec le Vif. “Quand j'ai réagi à un article trompeur du rédacteur en chef, l'hebdomadaire n'a publié qu'une petite partie de ma réponse, accompagnée d'un long commentaire du rédacteur en chef, cela ne se fait pas”.
Bref, du côté francophone du pays, on ne serait pas assez tendre avec Israël, selon M. Kinar, dont l'avis semble tout à fait partagé par Joods Actueel.
Un article surprenant publié dans le même numéro du mensuel passe à la loupe le traitement de l'actualité du Proche Orient par la RTBF. Il détaille très précisément – en allant jusqu'à compter le nombre de mots – comment la chaîne publique aurait escamoté une dépêche AFP pour lui donner un ton pro-palestinien...
Alors que la dépêche AFP consacrait 63% des ses mots à un attaque palestinienne à la roquette et 9% aux possibles représailles israéliennes, le traitement du même sujet par la RTBF inverse les proportions à 28% et 72%. Choquant pour l'auteur de l'article...
En pleine crise communautaire belge, on s'abstiendra d'ironiser sur sa paranoïa... Le jour où les activistes du TAK enverront des roquettes sur Bruxelles enclavée, on rigolera moins.
lundi 5 novembre 2007
Milquet-Di Rupo: le reflux
Les (interminables) négociations en vue de la constitution d'une coalition orange bleue de centre droit commencent à porter atteinte aux relations qu'entretiennent PS et cdH, partenaires aux échelons régional et communautaire mais adversaires au fédéral. Il semble notamment que le discours socialiste d'opposition fustigeant la politique fédérale anti-sociale que s'apprêterait à mettre en place l'orange bleue indispose le camp démocrate humaniste en plus haut lieu. Le 9 octobre chez Jean-Pierre Jacqmin, sur La Première, Laurette Onkelinx descendait en flèche l'accord orange bleu sur l'immigration économique, laissant entendre que le petit cdH s'était laissé rouler dans la farine par une coalition largement dominée par les vents dominants de droite venus du nord. Dans les minutes qui suivirent, Joëlle Milquet envoyait à Elio Di Rupo un texto au contenu réprobateur. Depuis, les relations entre les deux présidents de parti se sont quelque peu distendues. Joëlle Milquet entretenait le contact quasi-quotidiennement avec le président du PS. Aujourd'hui, elle ne l'appelle plus que très rarement.
jeudi 18 octobre 2007
Laurette Onkelinx prend le pouvoir au PS
Ministre sortante bombardée chef de file PS de l'opposition fédérale, Laurette Onkelinx apparaît de plus en plus comme l'incarnation du parti, reléguant dans l'ombre le président Di Rupo. Le lendemain de la défaite électorale du parti, le 10 juin, Laurette Onkelinx a été la première à prôner l'opposition. Depuis, son discours n'a cessé de se durcir, la faisant apparaître dans les médias comme la passionaria d'un PS au ton radical, pourfendant parfois sans nuance la droite anti-sociale. Dans le même temps, elle tisse sa toile, installant un bureau au Boulevard de l'Empereur, faisant de son chef de cabinet Olivier Vanderijst le secrétaire politique du groupe à la Chambre et plaçant des collaborateurs directs dans les groupes PS de la Chambre et du Sénat. Le 14 octobre, le ton de son discours s'est voulu plus incisif encore, Laurette Onkelinx évoquant la méchanceté élevée au rang de valeur dans le chef du MR, le Tom Pouce cdH obligé de s'écraser devant le Goliath anti-social et la mérule (flamande) qui menace l'Etat fédéral. Ledit discours n'a jamais été soumis pour relecture au président du PS, Elio Di Rupo, qui, l'herbe coupée sous le pied, s'est vu contraint de conclure ce congrès par un propos fade et creux. C'est ce qui s'appelle se faire voler la vedette... et l'emprise sur le parti. Onkelinx devient l'incarnation du PS. Petit à petit.
dimanche 14 octobre 2007
Elio Di Rupo titille les bourrelets de Nicolas Sarkozy
Les bourrelets du président français Nicolas Sarkozy se sont invités au congrès du parti socialiste francophone belge dimanche 14 octobre lors d’un congrès à Liège.
Le président du PS, Elio Di Rupo, a égratigné le chef de l'Etat français dont les poignées d'amour avaient été retouchées sur une photo de presse de manière à rendre l'hyper-président encore plus fringant.
Dans son discours, Elio Di Rupo a vilipendé les projets d’augmentation de la TVA imaginés par l'ami de Didier Reynders, ses cadeaux fiscaux pour les riches, ainsi que la franchise pour les soins de santé. Encore heureux pour la Sécu française que le président se soit fait effacer les bourrelets grâce à la technologie de l’image plutôt que par l'entremise d'une opération de chirurgie esthétique, a conclu le président du PS.
Le président du PS, Elio Di Rupo, a égratigné le chef de l'Etat français dont les poignées d'amour avaient été retouchées sur une photo de presse de manière à rendre l'hyper-président encore plus fringant.
Dans son discours, Elio Di Rupo a vilipendé les projets d’augmentation de la TVA imaginés par l'ami de Didier Reynders, ses cadeaux fiscaux pour les riches, ainsi que la franchise pour les soins de santé. Encore heureux pour la Sécu française que le président se soit fait effacer les bourrelets grâce à la technologie de l’image plutôt que par l'entremise d'une opération de chirurgie esthétique, a conclu le président du PS.
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