Le président du PS Elio Di Rupo en a surpris plus d'un, y compris dans son propre parti, lorsqu'il a invité sur son blog à s'écarter du projet inscrivant le principe d'une interdiction de fumer dans tout l'horeca à partir de 2012. Voté au Sénat, ce texte remettait en cause un compromis de la majorité acquis à la Chambre en vertu duquel le tabac serait interdit dans l'horeca en 2010 à l'exception des cafés n'offrant pas de restauration. Voulant aller plus loin en annonçant l'interdiction totale en 2012, les partis chrétiens avaient réussi, au Sénat, à convaincre le PS de laisser en plan les libéraux, plus pragmatiques. A la grande fureur du docteur Bacquelaine (MR), le texte était passé au Sénat via une majorité alternative, les écologistes défendant eux aussi l'interdiction totale.
Le projet doit encore repasser par la Chambre mais le président du PS Elio Di Rupo vient donc d'indiquer que son parti abandonne finalement l'idée d'annoncer à ce stade l'interdiction de fumer dans tout l'horeca dès 2012, flinguant ses troupes, du docteur Mahoux (PS) à la ministre de la Santé Laurette Onkelinx. Elio Di Rupo a-t-il eu peur des libéraux, de l'instabilité au sein de la majorité, ou de la réaction des clients des cafés populaires ou... des maisons du peuple? Officiellement, il a dit vouloir laisser le temps au secteur de se préparer, ne pas le mettre plus en difficulté sur le plan économique qu'il ne l'est aujourd'hui. Ce revirement du PS est à présent vécu comme une trahison au CD&V qui entend s'assurer de la loyauté de ses partenaires sur d'autres dossiers parlementaires où la majorité a des difficultés à apparaître unie: écoutes téléphoniques de la Sûreté, réforme des assises, recueil des données électroniques, autant de textes qui concernent le cabinet du ministre CD&V de la Justice Stefaan De Clerck. Déjà en difficulté sur les plans institutionnel et socio-économique alors qu'il est à peine réinstallé, le Premier ministre Yves Leterme a convoqué une réunion de concertation. Les partis de la majorité ont finalement décidé de faire débuter l'interdiction totale au 1er janvier 2014, soit 2 ans après la recommandation de la Commission européenne. Ils ne voteront donc pas en ordre dispersé. C'est dommage, on commençait à apprécier cette vague de parlementarisme digne des récentes frondes au sein de l'UMP au Sénat français (dont celle sur la TVA dans l'horeca). La particratie a vite repris ses droits.
Durum
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vendredi 4 décembre 2009
mercredi 20 mai 2009
Le bonheur est dans le pré carré
A l'accoutumée, les campagnes électorales sont rarement d'un niveau intellectuellement appréciable. Les programmes ne sont que très rarement mis en évidence. Le match est un échange de slogans voire d'anathèmes.
Cette campagne est aujourd'ui aussi très "personnelle" et il est remarquable de constater qu'elle est parfois à usage interne. La guérilla que se mènent le MR et le PS est l'occasion d'y revenir.
Lors d'un récent meeting, le MR a évoqué son supposé principal concurrent en termes d'infréquentabilité. Louis Michel a assuré n'avoir voulu viser que le seul Philippe Moureaux coupable pour les réformateurs d'avoir suggéré que les "affaires" faisaient plus de vagues dans les milieux socialistes, vu qu'à droite elles ressortissent à un comportement culturel. Le Commissaire-alors-pas-encore-en-congé y a vu un dérapage digne des grands discours fascistes. Il a peut-être cherché par là à affaiblir le PS en s'en prenant à un élément "radical", quitte à se ménager un couloir de négociations avec le potentiel futur partenaire socialiste, si le besoin s'en faisait sentir.
Mais Didier Reynders voit les choses différemment. Il n'a pas apprécié que pour se dépêtrer des affaires, Elio Di Rupo ait choisi d'attaquer Olivier Chastel (MR), également connu comme arroseur public d'amicales pas désintéressées. Pour DJR, le PS est tout simplement devenu infréquentable. Il faut l'isoler. Oser des majorités sans lui.
A l'issue de ce meeting du MR, Elio Di Rupo a réagi mollement, pondant tout un communiqué pour signifier qu'il n'entendait pas... réagir à de telles bassesses.
Sur le retour face un Di Rupo en difficulté, Onkelinx a surpris, deux jours plus tard, dans Le Soir, menaçant de quitter le fédéral. Pour mieux se concentrer sur la présidence d'un parti voué à l'opposition à tous les niveaux de pouvoir? En tout cas, sa sortie a surtout donné l'impression d'avoir été destinée à l'interne, du style 'une opposition musclée ne nous fait pas peur'. On se souviendra qu'après l'élection ratée de 2007, Onkelinx avait déjà plaidé l'opposition pour son parti. A l'extérieur en tout cas, sa sortie dans Le Soir n'a pas beaucoup impressionné. Et certainement pas DJR.
A suivre...
Durum
Cette campagne est aujourd'ui aussi très "personnelle" et il est remarquable de constater qu'elle est parfois à usage interne. La guérilla que se mènent le MR et le PS est l'occasion d'y revenir.
Lors d'un récent meeting, le MR a évoqué son supposé principal concurrent en termes d'infréquentabilité. Louis Michel a assuré n'avoir voulu viser que le seul Philippe Moureaux coupable pour les réformateurs d'avoir suggéré que les "affaires" faisaient plus de vagues dans les milieux socialistes, vu qu'à droite elles ressortissent à un comportement culturel. Le Commissaire-alors-pas-encore-en-congé y a vu un dérapage digne des grands discours fascistes. Il a peut-être cherché par là à affaiblir le PS en s'en prenant à un élément "radical", quitte à se ménager un couloir de négociations avec le potentiel futur partenaire socialiste, si le besoin s'en faisait sentir.
Mais Didier Reynders voit les choses différemment. Il n'a pas apprécié que pour se dépêtrer des affaires, Elio Di Rupo ait choisi d'attaquer Olivier Chastel (MR), également connu comme arroseur public d'amicales pas désintéressées. Pour DJR, le PS est tout simplement devenu infréquentable. Il faut l'isoler. Oser des majorités sans lui.
A l'issue de ce meeting du MR, Elio Di Rupo a réagi mollement, pondant tout un communiqué pour signifier qu'il n'entendait pas... réagir à de telles bassesses.
Sur le retour face un Di Rupo en difficulté, Onkelinx a surpris, deux jours plus tard, dans Le Soir, menaçant de quitter le fédéral. Pour mieux se concentrer sur la présidence d'un parti voué à l'opposition à tous les niveaux de pouvoir? En tout cas, sa sortie a surtout donné l'impression d'avoir été destinée à l'interne, du style 'une opposition musclée ne nous fait pas peur'. On se souviendra qu'après l'élection ratée de 2007, Onkelinx avait déjà plaidé l'opposition pour son parti. A l'extérieur en tout cas, sa sortie dans Le Soir n'a pas beaucoup impressionné. Et certainement pas DJR.
A suivre...
Durum
samedi 4 avril 2009
La démocratie du narcissisme, adoptée par Elio, Didier et les autres
Dans son ouvrage "Après la Démocratie", le sociologue et historien français Emmanuel Todd se réfère notamment aux travaux de l'intellectuel marxiste américain Christopher Lasch qui, dans "La Culture du narcissisme" oppose le narcisse postmoderne, supérieurement éduqué, à l'individu raisonnable, qui sous forme de résidu, serait encore le modèle de référence du peuple.
Emmanuel Todd revient sur l'effondrement des idéologies et la montée en puissance de l'individualisme pour expliquer la confiscation par l'élite, de la démocratie.
A mon humble avis, la confection des listes pour les élections régionales et européennes qui auront lieu en Belgique le 7 juin confirme ce constat.
La Belgique connaît ses spécificités. La particratie et la dimension communautaire sont autant d'éléments qui participent depuis des décennies au débat démocratique belge. L'existence de deux grandes communautés culturelles et linguistiques et d'un clivage philosophique et confessionnel ont façonné l'organisation sociétale et politique belge.
En dépit du déclin des idéologies, cette organisation a subsisté mais se trouve être en panne depuis quelques années.
L'évanescence des repères a conduit les formations politiques à recentrer leurs discours. Le système de représentation proportionnelle obligeant à composer des majorités de coalition, on se garde bien dans chaque parti d'attaquer ouvertement l'adversaire et d'annoncer des exclusives (sauf à l'égard de l'extrême droite). On se contente, en visant rarement ad hominem, de lancer des anathèmes contre les nostalgiques du soviétisme, les tenants du (néo-)libéralisme, etc, autant de formules creuses.
Le danger existe de conquérir le pouvoir pour le pouvoir dans le chef d'une élite coupée du peuple.
Comme l'écrit Emmanuel Todd, l'importance qu'ont pris les médias dans le débat politique participe de l'éclosion du narcissisme des élites. On pourrait ajouter que le phénomène a été en s'accroissant avec l'apparition des réseaux dits sociaux. C'est ce que je qualifierais de "démocratie des bons coups": l'ivresse des grands accords youtubisés, le démarchage de speakerines, la facile mise à mal des relations diplomatiques avec le Vatican l'emportent sur la qualité du travail parlementaire à l'heure de tirer les bilans et de confectionner les listes.
Il suffit de voir l'engagement des têtes de listes européennes pour se convaincre de la suffisance affichée à l'égard du débat démocratique. La reine verte de l'entorse aux principes éthiques, Isabelle Durant vient, pour la énième fois de réussir à réorienter sa carrière; Louis Michel ne rêve que de politique belge; Jean-Claude Marcourt se voit, le 8 juin, plutôt ministre qu'exilé à Strasbourg; Anne-Delvaux-celle-qui-crache-dans-la-soupe-plus-vite-que-son-ombre (mais dans les cénacles on ne connaît que son ombre) vient nous vendre pour la deuxième fois en 2 ans son statut de speakerine.
Comme il y a deux ans, et malgré la crise globale, le seul intérêt retenu par les états-majors, à l'aube des scrutins, est de savoir qui d'Elio ou de DJé sera à la manoeuvre. Les plus petits partis traditionnels se positionnent dans ce canevas.
La fin des idéologies ne met-elle pas en exergue l'effet collatéral le plus pernicieux de la particratie, à savoir la confiscation du suffrage universel? Cette crise n'appelle-t-elle pas la nécessité d'avoir des élus de la nation plus "indépendants"? Il est temps d'y réfléchir si on ne veut pas voir, comme en Flandre, apparaître des partis populistes voire liberticides.
Durum
Emmanuel Todd revient sur l'effondrement des idéologies et la montée en puissance de l'individualisme pour expliquer la confiscation par l'élite, de la démocratie.
A mon humble avis, la confection des listes pour les élections régionales et européennes qui auront lieu en Belgique le 7 juin confirme ce constat.
La Belgique connaît ses spécificités. La particratie et la dimension communautaire sont autant d'éléments qui participent depuis des décennies au débat démocratique belge. L'existence de deux grandes communautés culturelles et linguistiques et d'un clivage philosophique et confessionnel ont façonné l'organisation sociétale et politique belge.
En dépit du déclin des idéologies, cette organisation a subsisté mais se trouve être en panne depuis quelques années.
L'évanescence des repères a conduit les formations politiques à recentrer leurs discours. Le système de représentation proportionnelle obligeant à composer des majorités de coalition, on se garde bien dans chaque parti d'attaquer ouvertement l'adversaire et d'annoncer des exclusives (sauf à l'égard de l'extrême droite). On se contente, en visant rarement ad hominem, de lancer des anathèmes contre les nostalgiques du soviétisme, les tenants du (néo-)libéralisme, etc, autant de formules creuses.
Le danger existe de conquérir le pouvoir pour le pouvoir dans le chef d'une élite coupée du peuple.
Comme l'écrit Emmanuel Todd, l'importance qu'ont pris les médias dans le débat politique participe de l'éclosion du narcissisme des élites. On pourrait ajouter que le phénomène a été en s'accroissant avec l'apparition des réseaux dits sociaux. C'est ce que je qualifierais de "démocratie des bons coups": l'ivresse des grands accords youtubisés, le démarchage de speakerines, la facile mise à mal des relations diplomatiques avec le Vatican l'emportent sur la qualité du travail parlementaire à l'heure de tirer les bilans et de confectionner les listes.
Il suffit de voir l'engagement des têtes de listes européennes pour se convaincre de la suffisance affichée à l'égard du débat démocratique. La reine verte de l'entorse aux principes éthiques, Isabelle Durant vient, pour la énième fois de réussir à réorienter sa carrière; Louis Michel ne rêve que de politique belge; Jean-Claude Marcourt se voit, le 8 juin, plutôt ministre qu'exilé à Strasbourg; Anne-Delvaux-celle-qui-crache-dans-la-soupe-plus-vite-que-son-ombre (mais dans les cénacles on ne connaît que son ombre) vient nous vendre pour la deuxième fois en 2 ans son statut de speakerine.
Comme il y a deux ans, et malgré la crise globale, le seul intérêt retenu par les états-majors, à l'aube des scrutins, est de savoir qui d'Elio ou de DJé sera à la manoeuvre. Les plus petits partis traditionnels se positionnent dans ce canevas.
La fin des idéologies ne met-elle pas en exergue l'effet collatéral le plus pernicieux de la particratie, à savoir la confiscation du suffrage universel? Cette crise n'appelle-t-elle pas la nécessité d'avoir des élus de la nation plus "indépendants"? Il est temps d'y réfléchir si on ne veut pas voir, comme en Flandre, apparaître des partis populistes voire liberticides.
Durum
samedi 8 novembre 2008
Régulation du système financier: la grande désillusion
Deux mois après le débarquement en Europe de la crise financière et les annonces incantatoires d'une efficace régulation du système, force est de constater que les autorités américaines, européennes, et belges, pour ce qui nous concerne, en sont restées aux vagues déclarations d'intention voire dans les meilleurs des cas à arrêter des positions très consensuelles. Les seules véritables décisions prises à ce stade ont été relatives à la nationalisation des pertes et à la privatisation des profits.
Le président américain fraîchement élu Barack Obama, la nouvelle icône mondiale (;-)), a annoncé un important plan de relance mais il est resté muet quant à la nécessité de réguler les marchés. Laissons-lui le bénéfice du doute, il n'est pas encore président en fonction. Paroles, paroles, paroles restent ses maîtres mots.
Le Conseil européen préparatif au Sommet mondial de Washington a lui aussi accouché d'une souris. Le chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Shulz avait ironisé à propos du chef d'Etat français Nicolas Sarkozy, actuel président du Conseil européen, soulignant qu'il parlait depuis la crise comme un véritable socialiste, tellement il s'est reprofilé une fois le vent tourné. Vendredi à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a rassuré les financiers. "Nous ne voulons pas passer d'une absence de réglementation à trop de réglementation", a-t-il prévenu. Au-delà, on n'est pas plus avancé.
Le plan européen n'accouche que de principes dont la volonté de "confier au FMI un rôle central dans une architecture financière plus efficace". Balaise. Plus efficace pour qui? Quelle architecture? Et surtout, pourquoi le FMI? Cette institution dont l'ancien vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, affirme que ses prescriptions sont "en partie fondées sur l'hypothèse dépassée selon laquelle le marché aboutit spontanément aux résultats les plus efficaces" (1). Ce n'est pas l'architecture mais l'idéologie sous-jacente qu'il faut changer. Mais cela, la droite ne le permettra pas.
En Belgique aussi, on allait voir ce qu'on allait voir. Le président du PS, Elio Di Rupo, en perd régulièrement sa voix ces dernières semaines à force de crier au démon ultra-libéral à enfermer au plus vite dans le carcan de la régulation.
Et vendredi, le Conseil des ministres a approuvé une décision visant à limiter les parachutes dorés des patrons d'entreprises cotées en bourse. En principe, ces indemnités seront limitées à 12 mois de salaire fixe au maximum. Limitées par des paramètres temporels donc mais pas financiers. C'est bingo pour les patrons du BEL20. A titre d'exemple, alors que l'administrateur-délégué d'Agfa-Gevart a droit aujourd'hui à une indemnité de départ d'1,540 millions d'euros, selon le rapport annuel de l'entreprise; il pourra partir, en vertu des nouvelles règles, avec la coquette somme de 3,116 millions d'euros, a calculé Ecolo. Joli foutage de gueule!
In fine, ce n'est pas le système mais le gouvernement lui-même qui est transparent.
Il faut dire que quand en son sein on se prête au jeu du délit d'initié, certains n'ont pas intérêt à plus de régulation. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, dément tout délit d'initié alors que son épouse de magistrate a vendu pour 500.000 euros d'actions Fortis la veille de la cession des actifs aux Néerlandais et de l'effondrement au plus bas du cours boursier. Une pure coïncidence d'agenda. N'est pas chef de la diplomatie qui veut.
Durum
(1) La grande désillusion, Joseph Stiglitz, janvier 2002
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dimanche 5 octobre 2008
Crise financière: que fait le politique?
La spectaculaire crise financière qui secoue le monde, depuis les Etats-Unis, et qui a atteint l'Europe, suscitant un raz de marée en Belgique, est l'occasion de voir comment le monde politique se positionne à cet égard et si, comme l'avait prédit le colonel Moutarde, la gauche saisit l'opportunité qui s'offre à elle pour dénoncer l'ultralibéralisme ravageur et proposer un modèle alternatif plus solidaire. Voir aussi comment la droite gère ce cataclysme qui a priori est censée lui être plus défavorable.
Une chose est sûre, en Belgique, la crise financière a éclipsé la crise institutionnelle. Cela ne veut pas dire que celle-ci est éteinte mais (à part Bart De Wever et consorts) chacun est conscient aujourd'hui que l'urgence est ailleurs. Les partis flamands vont probablement tenter d'acquérir quelques réformettes supplémentaires au premier paquet de réforme(ttes) institutionnelles déjà négocié comme autant de plumes à leur chapeau en vue du scrutin de juin 2009. Il y a d'ailleurs fort à parier que, vu les sondages plus ou moins mauvais pour tout le monde à l'exception des extrémistes, juin 2009 ne sera l'occasion que d'élections régionales et européennes, Leterme I tentant de survivre jusqu'en 2011.
Mais revenons à nos moutons. Crise institutionnelle oblige, c'est l'idéologie gauche-droite qui marque à nouveau le débat politique. La nationalisation partielle de Fortis et Dexia à peine annoncée, le PS a rugi dans les brancards, dénonçant le "libéralisme", le "capitalisme", un "système" vicié de l'intérieur, qui vient d'exploser et qu'il va falloir remplacer. Stratégiquement, le PS est dans le coup, tant sur le contenu que le timing. Hasard des calendriers (??), une semaine avant que n'éclate la crise belge, il avait déjà tenu un Bureau exceptionnel sur la crise aux USA et ses répercussions éventuelles en Belgique, exigeant une Commission d'enquête parlementaire. Elio Di Rupo s'est ensuite envolé pour New York où il a participé à une réunion de l'internationale socialiste dont il est vice-président, il est allé écouter Barack Obama, des prix Nobel, à la recherche d'un modèle alternatif. "Et qu'est-ce que j'apprends pendant ce temps, Didier Reynders fait savoir que tout est sous contrôle et puis patatras tout s'écroule, et on ne me dit rien." Beau numéro.
Les libéraux, connotés dans leur appartenance à la grande amicale des financiers, sont quant à eux mal mis. Ils doivent dare dare changer leur image de camarades des banquiers, ministres des rupins, un monde financier que l'opinion publique juge aujourd'hui de manière très négative. Didier Reynders a trouvé son créneau. Depuis 2 semaines, il l'a déjà répété 2.678 fois: aucun épargnant ne sera laissé sur le côté de la route. Gêné aux entournures, sur la défensive, il dénonce les parachutes dorés - dans la foulée de Nicolas Sarkozy appelant à un "capitalisme régulé" (rires) ou de Berlusconi qui appelle à plus "d'éthique" (éclat de rires) - tentant de faire oublier que lui, DJR, avait lobbyé au sein du gouvernement pour qu'on ne légalise pas les règles de bonne gouvernance, lui préférant le Code Lippens de bonne conduite (re-rires). Didier Reynders trouve aussi "rassurant" que l'Etat nationalise Fortis, un discours qu'il n'aurait jamais tenu il y a quelques mois encore. Les libéraux font évidemment beaucoup d'effets de manche, puisque l'heure est plutôt à surfer sur la vague de l'anti-ultralibéralisme immoral. Pour eux, ce n'est pas le système qui est vicié mais quelques acteurs qui ont dérapé, quelques prédateurs qui s'en sont pris à des victimes isolées. Mais à l'instar du président Sarkozy, DJR ne plaide que recommandations, jurant qu'il est impossible de dégager une majorité européenne qualifiée pour imposer un cadre régulateur digne de ce nom.
Dans l'ombre, le MR tente de saboter les tentatives du PS, qui, rejoint par Groen! (pas par Ecolo, en embuscade pour juin 2009?) et le sp.a, exige une Commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise financière en Belgique. La CBFA, chargée du contrôle prudentiel du secteur des banques et assurances, dirigée par Jean-Claude Servais, ancien chef de cabinet de Didier Reynders, est accusé d'avoir failli à son devoir. Dans sa stratégie, le MR essaie de mouiller tout le monde, indiquant que la Banque nationale est également concernée par la surveillance (son gouverneur, Guy Quaden, est étiqueté PS). Il dit aussi que si enquête il doit y avoir, il faut entendre tout le monde dont les administrateurs des banques, présents et passés. Or, à Dexia, certains représentent les intérêts des partis politiques. Tel est le cas d'un certain Elio Di Rupo (remplacé il y a quelques années par Anne-Sylvie Mouzon).
Dans le positionnement gauche-droite, on constate que la proposition de mise en place d'un Commission parlementaire d'enquête confirme certains schémas plaçant le PS et Groen! à gauche de l'échiquier. Le sp.a tente de se refaire une virginité, choisissant l'opposition pure et dure et sous l'impulsion de sa nouvelle présidente Caroline Gennez, tend à se démarquer de la troisième voie blairiste qu'avaient suivie Johan Vande Lanotte et Frank Vandenbroucke. Comme le parti socialiste, le sp.a a également déposé une proposition de loi demandant une Commission d'enquête. Au-delà du PS, et outre le sp.a, toute l'opposition flamande (LDD, VB, N-VA, Groen!) - dont par essence le rôle est de s'opposer (It's the duty of an opposition to oppose) - soutient la mise en place de la Commission d'enquête. A l'exception du PS, les partis de la majorité, MR, CD&V, Open Vld, cdH, en refusent le principe, au nom de la stabilité du système bancaire. Ils demandent que toute la clarté soit faite mais via un autre angle d'attaque. Ils sont suivis par Ecolo que l'on a connu moins réaliste en d'autres temps. Dans le chef des Verts francophones, cette prise de position est symbolique d'une évolution du parti.
Durum
Une chose est sûre, en Belgique, la crise financière a éclipsé la crise institutionnelle. Cela ne veut pas dire que celle-ci est éteinte mais (à part Bart De Wever et consorts) chacun est conscient aujourd'hui que l'urgence est ailleurs. Les partis flamands vont probablement tenter d'acquérir quelques réformettes supplémentaires au premier paquet de réforme(ttes) institutionnelles déjà négocié comme autant de plumes à leur chapeau en vue du scrutin de juin 2009. Il y a d'ailleurs fort à parier que, vu les sondages plus ou moins mauvais pour tout le monde à l'exception des extrémistes, juin 2009 ne sera l'occasion que d'élections régionales et européennes, Leterme I tentant de survivre jusqu'en 2011.
Mais revenons à nos moutons. Crise institutionnelle oblige, c'est l'idéologie gauche-droite qui marque à nouveau le débat politique. La nationalisation partielle de Fortis et Dexia à peine annoncée, le PS a rugi dans les brancards, dénonçant le "libéralisme", le "capitalisme", un "système" vicié de l'intérieur, qui vient d'exploser et qu'il va falloir remplacer. Stratégiquement, le PS est dans le coup, tant sur le contenu que le timing. Hasard des calendriers (??), une semaine avant que n'éclate la crise belge, il avait déjà tenu un Bureau exceptionnel sur la crise aux USA et ses répercussions éventuelles en Belgique, exigeant une Commission d'enquête parlementaire. Elio Di Rupo s'est ensuite envolé pour New York où il a participé à une réunion de l'internationale socialiste dont il est vice-président, il est allé écouter Barack Obama, des prix Nobel, à la recherche d'un modèle alternatif. "Et qu'est-ce que j'apprends pendant ce temps, Didier Reynders fait savoir que tout est sous contrôle et puis patatras tout s'écroule, et on ne me dit rien." Beau numéro.
Les libéraux, connotés dans leur appartenance à la grande amicale des financiers, sont quant à eux mal mis. Ils doivent dare dare changer leur image de camarades des banquiers, ministres des rupins, un monde financier que l'opinion publique juge aujourd'hui de manière très négative. Didier Reynders a trouvé son créneau. Depuis 2 semaines, il l'a déjà répété 2.678 fois: aucun épargnant ne sera laissé sur le côté de la route. Gêné aux entournures, sur la défensive, il dénonce les parachutes dorés - dans la foulée de Nicolas Sarkozy appelant à un "capitalisme régulé" (rires) ou de Berlusconi qui appelle à plus "d'éthique" (éclat de rires) - tentant de faire oublier que lui, DJR, avait lobbyé au sein du gouvernement pour qu'on ne légalise pas les règles de bonne gouvernance, lui préférant le Code Lippens de bonne conduite (re-rires). Didier Reynders trouve aussi "rassurant" que l'Etat nationalise Fortis, un discours qu'il n'aurait jamais tenu il y a quelques mois encore. Les libéraux font évidemment beaucoup d'effets de manche, puisque l'heure est plutôt à surfer sur la vague de l'anti-ultralibéralisme immoral. Pour eux, ce n'est pas le système qui est vicié mais quelques acteurs qui ont dérapé, quelques prédateurs qui s'en sont pris à des victimes isolées. Mais à l'instar du président Sarkozy, DJR ne plaide que recommandations, jurant qu'il est impossible de dégager une majorité européenne qualifiée pour imposer un cadre régulateur digne de ce nom.
Dans l'ombre, le MR tente de saboter les tentatives du PS, qui, rejoint par Groen! (pas par Ecolo, en embuscade pour juin 2009?) et le sp.a, exige une Commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise financière en Belgique. La CBFA, chargée du contrôle prudentiel du secteur des banques et assurances, dirigée par Jean-Claude Servais, ancien chef de cabinet de Didier Reynders, est accusé d'avoir failli à son devoir. Dans sa stratégie, le MR essaie de mouiller tout le monde, indiquant que la Banque nationale est également concernée par la surveillance (son gouverneur, Guy Quaden, est étiqueté PS). Il dit aussi que si enquête il doit y avoir, il faut entendre tout le monde dont les administrateurs des banques, présents et passés. Or, à Dexia, certains représentent les intérêts des partis politiques. Tel est le cas d'un certain Elio Di Rupo (remplacé il y a quelques années par Anne-Sylvie Mouzon).
Dans le positionnement gauche-droite, on constate que la proposition de mise en place d'un Commission parlementaire d'enquête confirme certains schémas plaçant le PS et Groen! à gauche de l'échiquier. Le sp.a tente de se refaire une virginité, choisissant l'opposition pure et dure et sous l'impulsion de sa nouvelle présidente Caroline Gennez, tend à se démarquer de la troisième voie blairiste qu'avaient suivie Johan Vande Lanotte et Frank Vandenbroucke. Comme le parti socialiste, le sp.a a également déposé une proposition de loi demandant une Commission d'enquête. Au-delà du PS, et outre le sp.a, toute l'opposition flamande (LDD, VB, N-VA, Groen!) - dont par essence le rôle est de s'opposer (It's the duty of an opposition to oppose) - soutient la mise en place de la Commission d'enquête. A l'exception du PS, les partis de la majorité, MR, CD&V, Open Vld, cdH, en refusent le principe, au nom de la stabilité du système bancaire. Ils demandent que toute la clarté soit faite mais via un autre angle d'attaque. Ils sont suivis par Ecolo que l'on a connu moins réaliste en d'autres temps. Dans le chef des Verts francophones, cette prise de position est symbolique d'une évolution du parti.
Durum
lundi 29 septembre 2008
Le roi de la corporate governance est nu
Le président du CA de Fortis, Maurice Lippens, a donc été viré dimanche si l'on interprète le communiqué du groupe qui a annoncé que le comte du Zoute avait "fait un pas de côté" alors que la banque a été nationalisée. Sacré retour de bâton pour celui qui récemment donnait des leçons de bonne gouvernance au patron de Belgacom, Didier Bellens, à qui il reprochait le manque de prise de risques. Voulant avaler ABN-Amro, Fortis n'a pas vu venir la crise américaine, et s'est retrouvée sur la dèche. Prônant l'autorégulation autorisant d'être une grenouille se voulant plus grosse que le boeuf, Maurice Lippens a perdu son dernier combat ou plutôt a obligé le gouvernement à entraîner des millions de contribuables dans la folle aventure capitaliste qui a abouti dimanche à la nationalisation des pertes et la privatisation des profits de l'entreprise.
Le moment semble on ne peut plus opportun pour la gauche pour imposer la régulation du marché, comme l'énonçait mon excellent confrère Colonel Moutarde. Elio Di Rupo semble en faire son champ de bataille électoral. Saura-t-il se rendre crédible après avoir feint de découvrir le désastre et laissé faire le courant libéral?
Durum
Le moment semble on ne peut plus opportun pour la gauche pour imposer la régulation du marché, comme l'énonçait mon excellent confrère Colonel Moutarde. Elio Di Rupo semble en faire son champ de bataille électoral. Saura-t-il se rendre crédible après avoir feint de découvrir le désastre et laissé faire le courant libéral?
Durum
jeudi 4 septembre 2008
It's not only rock'n'roll, Elio!
Le président du PS, Elio Di Rupo, a indiqué lors de la rentrée de son parti à Chevetogne le 31 août se retrouver en partie dans le discours du leader trotskyste Olivier Besancenot dont il a découvert que les idées séduisent la jeunesse française abonnée aux Inrocks. "Et je me suis dit, Elio tu es sur la bonne voie".
C'est la rentrée et rien n'a changé. Le pays est toujours paralysé. Et Elio est resté un roi de la Comm. La Boulette vous salue.
Durum
C'est la rentrée et rien n'a changé. Le pays est toujours paralysé. Et Elio est resté un roi de la Comm. La Boulette vous salue.
Durum
vendredi 16 mai 2008
Elio (et Ecolo) bouffent du caviar à Monaco
Après l'annonce par Justice Hénin qu'elle mettait un terme à sa carrière, Elio Di Rupo a été le premier à dégainer. Dans un communiqué diffusé quelques instants à peine après sa conférence de presse, il n'a pas manqué de rappeler que Justine “est la plus prestigieuse des élèves du centre études de tennis créé à Mons lorsque j’étais Ministre de l’Education”.
Et s'il espère la revoir un jour sur les courts, il “lui souhaite sincèrement de profiter de l’existence qu’elle s’est choisie”. Le président du PS ne mentionne pas qu'elle en profitera d'autant mieux grâce au bénéfice de son évasion fiscale à Monaco. Ca en dit long sur le degré de normalité dans lequel on tient l'évasion fiscale, même chez les socialistes. La notion de gauche caviar vient en tout cas de trouver un beau cas d'application. A quand Elio dans les tribunes de Roland Garros, à côté de Belmondo et du gotha parisien ?
On notera que les Ecolos se sont fendus du même genre de réaction. A un blogueur qui les interpelait sur ce thème, ils ont répondu: "Vous avez incontestablement raison. Mais est-ce que son évasion fiscale retire quoi que ce soit à ses mérites sportifs ? Il nous semble qu’il n’est question que de sport dans notre coup de chapeau".
Colonel Moutarde
Et s'il espère la revoir un jour sur les courts, il “lui souhaite sincèrement de profiter de l’existence qu’elle s’est choisie”. Le président du PS ne mentionne pas qu'elle en profitera d'autant mieux grâce au bénéfice de son évasion fiscale à Monaco. Ca en dit long sur le degré de normalité dans lequel on tient l'évasion fiscale, même chez les socialistes. La notion de gauche caviar vient en tout cas de trouver un beau cas d'application. A quand Elio dans les tribunes de Roland Garros, à côté de Belmondo et du gotha parisien ?
On notera que les Ecolos se sont fendus du même genre de réaction. A un blogueur qui les interpelait sur ce thème, ils ont répondu: "Vous avez incontestablement raison. Mais est-ce que son évasion fiscale retire quoi que ce soit à ses mérites sportifs ? Il nous semble qu’il n’est question que de sport dans notre coup de chapeau".
Colonel Moutarde
vendredi 16 novembre 2007
L'ambassadeur d'Israël se lâche contre Le Soir, Le Vif et le PS
Jehudi Kinar, ambassadeur d'Israël en Belgique depuis 2003 ne porte pas vraiment dans son coeur le Parti socialiste. Ni d'ailleurs Le Soir et Le Vif. Vu qu'il prendra sa pension prochainement, il ne se prive plus de le faire savoir.
Dans une interview (en néerlandais) au magazine Joods Actueel, il dénonce les “contre-vérités” du PS, les positions “anti-Israël” du Soir et l'”arrogance sans précédent” du Vif.
“La Flandre a des accords économiques et culturels bilatéraux avec Israël, alors que le PS refuse de ratifier de tels accords à Bruxelles et en Wallonie”, déplore-t-il. “Quand j'en ai parlé à Elio Di Rupo, je me suis vu répondre qu'il y avait des élections et qu'il ne pouvait rien entreprendre”.
Jehudi Kinar est plus virulent avec la presse. Il juge “tout bonnement scandaleux” la manière dont le quotidien de la rue royale aurait décidé de ne pas publier une interview de l'écrivain Dror Ben Yemini.
Quant au correspondant du Soir en Israël, “Maurice Sarfaty, mieux connu ici sous le nom de Serge Dumont”, “son premier article positif sur Israël doit encore être publié”, se lâche l'ambassadeur.
Il n'est pas plus tendre avec le Vif. “Quand j'ai réagi à un article trompeur du rédacteur en chef, l'hebdomadaire n'a publié qu'une petite partie de ma réponse, accompagnée d'un long commentaire du rédacteur en chef, cela ne se fait pas”.
Bref, du côté francophone du pays, on ne serait pas assez tendre avec Israël, selon M. Kinar, dont l'avis semble tout à fait partagé par Joods Actueel.
Un article surprenant publié dans le même numéro du mensuel passe à la loupe le traitement de l'actualité du Proche Orient par la RTBF. Il détaille très précisément – en allant jusqu'à compter le nombre de mots – comment la chaîne publique aurait escamoté une dépêche AFP pour lui donner un ton pro-palestinien...
Alors que la dépêche AFP consacrait 63% des ses mots à un attaque palestinienne à la roquette et 9% aux possibles représailles israéliennes, le traitement du même sujet par la RTBF inverse les proportions à 28% et 72%. Choquant pour l'auteur de l'article...
En pleine crise communautaire belge, on s'abstiendra d'ironiser sur sa paranoïa... Le jour où les activistes du TAK enverront des roquettes sur Bruxelles enclavée, on rigolera moins.
Dans une interview (en néerlandais) au magazine Joods Actueel, il dénonce les “contre-vérités” du PS, les positions “anti-Israël” du Soir et l'”arrogance sans précédent” du Vif.
“La Flandre a des accords économiques et culturels bilatéraux avec Israël, alors que le PS refuse de ratifier de tels accords à Bruxelles et en Wallonie”, déplore-t-il. “Quand j'en ai parlé à Elio Di Rupo, je me suis vu répondre qu'il y avait des élections et qu'il ne pouvait rien entreprendre”.
Jehudi Kinar est plus virulent avec la presse. Il juge “tout bonnement scandaleux” la manière dont le quotidien de la rue royale aurait décidé de ne pas publier une interview de l'écrivain Dror Ben Yemini.
Quant au correspondant du Soir en Israël, “Maurice Sarfaty, mieux connu ici sous le nom de Serge Dumont”, “son premier article positif sur Israël doit encore être publié”, se lâche l'ambassadeur.
Il n'est pas plus tendre avec le Vif. “Quand j'ai réagi à un article trompeur du rédacteur en chef, l'hebdomadaire n'a publié qu'une petite partie de ma réponse, accompagnée d'un long commentaire du rédacteur en chef, cela ne se fait pas”.
Bref, du côté francophone du pays, on ne serait pas assez tendre avec Israël, selon M. Kinar, dont l'avis semble tout à fait partagé par Joods Actueel.
Un article surprenant publié dans le même numéro du mensuel passe à la loupe le traitement de l'actualité du Proche Orient par la RTBF. Il détaille très précisément – en allant jusqu'à compter le nombre de mots – comment la chaîne publique aurait escamoté une dépêche AFP pour lui donner un ton pro-palestinien...
Alors que la dépêche AFP consacrait 63% des ses mots à un attaque palestinienne à la roquette et 9% aux possibles représailles israéliennes, le traitement du même sujet par la RTBF inverse les proportions à 28% et 72%. Choquant pour l'auteur de l'article...
En pleine crise communautaire belge, on s'abstiendra d'ironiser sur sa paranoïa... Le jour où les activistes du TAK enverront des roquettes sur Bruxelles enclavée, on rigolera moins.
lundi 5 novembre 2007
Milquet-Di Rupo: le reflux
Les (interminables) négociations en vue de la constitution d'une coalition orange bleue de centre droit commencent à porter atteinte aux relations qu'entretiennent PS et cdH, partenaires aux échelons régional et communautaire mais adversaires au fédéral. Il semble notamment que le discours socialiste d'opposition fustigeant la politique fédérale anti-sociale que s'apprêterait à mettre en place l'orange bleue indispose le camp démocrate humaniste en plus haut lieu. Le 9 octobre chez Jean-Pierre Jacqmin, sur La Première, Laurette Onkelinx descendait en flèche l'accord orange bleu sur l'immigration économique, laissant entendre que le petit cdH s'était laissé rouler dans la farine par une coalition largement dominée par les vents dominants de droite venus du nord. Dans les minutes qui suivirent, Joëlle Milquet envoyait à Elio Di Rupo un texto au contenu réprobateur. Depuis, les relations entre les deux présidents de parti se sont quelque peu distendues. Joëlle Milquet entretenait le contact quasi-quotidiennement avec le président du PS. Aujourd'hui, elle ne l'appelle plus que très rarement.
jeudi 18 octobre 2007
Laurette Onkelinx prend le pouvoir au PS
Ministre sortante bombardée chef de file PS de l'opposition fédérale, Laurette Onkelinx apparaît de plus en plus comme l'incarnation du parti, reléguant dans l'ombre le président Di Rupo. Le lendemain de la défaite électorale du parti, le 10 juin, Laurette Onkelinx a été la première à prôner l'opposition. Depuis, son discours n'a cessé de se durcir, la faisant apparaître dans les médias comme la passionaria d'un PS au ton radical, pourfendant parfois sans nuance la droite anti-sociale. Dans le même temps, elle tisse sa toile, installant un bureau au Boulevard de l'Empereur, faisant de son chef de cabinet Olivier Vanderijst le secrétaire politique du groupe à la Chambre et plaçant des collaborateurs directs dans les groupes PS de la Chambre et du Sénat. Le 14 octobre, le ton de son discours s'est voulu plus incisif encore, Laurette Onkelinx évoquant la méchanceté élevée au rang de valeur dans le chef du MR, le Tom Pouce cdH obligé de s'écraser devant le Goliath anti-social et la mérule (flamande) qui menace l'Etat fédéral. Ledit discours n'a jamais été soumis pour relecture au président du PS, Elio Di Rupo, qui, l'herbe coupée sous le pied, s'est vu contraint de conclure ce congrès par un propos fade et creux. C'est ce qui s'appelle se faire voler la vedette... et l'emprise sur le parti. Onkelinx devient l'incarnation du PS. Petit à petit.
dimanche 14 octobre 2007
Elio Di Rupo titille les bourrelets de Nicolas Sarkozy
Les bourrelets du président français Nicolas Sarkozy se sont invités au congrès du parti socialiste francophone belge dimanche 14 octobre lors d’un congrès à Liège.
Le président du PS, Elio Di Rupo, a égratigné le chef de l'Etat français dont les poignées d'amour avaient été retouchées sur une photo de presse de manière à rendre l'hyper-président encore plus fringant.
Dans son discours, Elio Di Rupo a vilipendé les projets d’augmentation de la TVA imaginés par l'ami de Didier Reynders, ses cadeaux fiscaux pour les riches, ainsi que la franchise pour les soins de santé. Encore heureux pour la Sécu française que le président se soit fait effacer les bourrelets grâce à la technologie de l’image plutôt que par l'entremise d'une opération de chirurgie esthétique, a conclu le président du PS.
Le président du PS, Elio Di Rupo, a égratigné le chef de l'Etat français dont les poignées d'amour avaient été retouchées sur une photo de presse de manière à rendre l'hyper-président encore plus fringant.
Dans son discours, Elio Di Rupo a vilipendé les projets d’augmentation de la TVA imaginés par l'ami de Didier Reynders, ses cadeaux fiscaux pour les riches, ainsi que la franchise pour les soins de santé. Encore heureux pour la Sécu française que le président se soit fait effacer les bourrelets grâce à la technologie de l’image plutôt que par l'entremise d'une opération de chirurgie esthétique, a conclu le président du PS.
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