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mercredi 23 septembre 2009

Des pouvoirs spéciaux pour GSK?

La Chambre des représentants s'apprête à octroyer au gouvernement des "pouvoirs spéciaux" l'habilitant à agir en dehors de tout cadre législatif strict en cas de pandémie de grippe H1N1 dans notre pays. Déjà voté à l'unisson en Commission, ce projet d'habilitation permettra à la ministre de la Santé Laurette Onkelinx d'agir dans le cas d'hypothèses difficilement prévisibles nécessitant une réponse urgente, sous peine de péril grave en matière de santé publique.
Tout le monde s'accorde à dire dans les milieux scientifiques publics ou politiques qu'il y a lieu de relativiser à l'égard de cette pandémie aux effets bien moins mortels que la grippe classique ou que d'autres pathologies comme le Sida ou le paludisme.
Manifestement pourtant, force est de constater que le lobby pharmaceutique continue de jouer à plein. Il serait intéressant de vérifier le cours de l'action de GSK lors du vote au parlement de cette habilitation accordée au gouvernement à disposer de pouvoirs spéciaux.

Durum

vendredi 18 septembre 2009

Grippe A: la pilule budgétaire est amère

En France, la polémique fait rage. Le gouvernement en fait-il trop pour combattre la grippe A/H1N1 ? Le virus n'est pas plus dangereux qu'une grippe saisonnière, répètent inlassablement les experts. Pourquoi dès lors la ministre de la santé, Roselyne Bachelot a-t-elle passé commande de 94 millions de doses de vaccins à quatre laboratoires (GlaxoSmithKline, Sanofi-Pasteur, Novartis et Baxter), de quoi couvrir 75% de la population française ? Ce taux de couverture est nettement supérieur à ceux de la plupart des autres pays, selon les calculs du site Rue89. La décision, justifiée par le principe de précaution, coûtera aux contribuables la bagatelle d'un milliard d'euros. Une pilule plutôt amère en période de crise économique. En Belgique, ce sont 12,6 millions de doses qui ont été commandées à GSK pour vacciner (gratuitement) plus de la moitié de la population belge – un budget d'environ 100 millions d'euros. Les montants exacts versés à GSK n'ont pas été dévoilés. Le contrat avec GSK comporte en effet une clause de confidentialité. La ministre de la santé, Laurette Onkelinx, n'a pas voulu non plus révéler les clauses relatives à un éventuel échec du vaccin à obtenir une autorisation européenne de mise sur le marché. Car bien le vaccin soit développé en masse, ses effets n'ont pas encore véritablement été étudiés...
On peut comprendre que les responsables européens aient choisi la voie de la vaccination massive. Qu'auraient dit les électeurs en cas de contamination massive ? Mais les milliards dépensés pour nous protéger d'une grippe bénigne en disent long sur nos priorités collectives de petits Européens. Avec les mêmes montants, on pourrait sans doute financer des programmes dans des pays où les problèmes de santé sont autrement plus criants – comme le soulignait avec malice Stéphane Guillon sur France inter récemment.



Colonel Moutarde

mercredi 20 mai 2009

Le bonheur est dans le pré carré

A l'accoutumée, les campagnes électorales sont rarement d'un niveau intellectuellement appréciable. Les programmes ne sont que très rarement mis en évidence. Le match est un échange de slogans voire d'anathèmes.
Cette campagne est aujourd'ui aussi très "personnelle" et il est remarquable de constater qu'elle est parfois à usage interne. La guérilla que se mènent le MR et le PS est l'occasion d'y revenir.
Lors d'un récent meeting, le MR a évoqué son supposé principal concurrent en termes d'infréquentabilité. Louis Michel a assuré n'avoir voulu viser que le seul Philippe Moureaux coupable pour les réformateurs d'avoir suggéré que les "affaires" faisaient plus de vagues dans les milieux socialistes, vu qu'à droite elles ressortissent à un comportement culturel. Le Commissaire-alors-pas-encore-en-congé y a vu un dérapage digne des grands discours fascistes. Il a peut-être cherché par là à affaiblir le PS en s'en prenant à un élément "radical", quitte à se ménager un couloir de négociations avec le potentiel futur partenaire socialiste, si le besoin s'en faisait sentir.
Mais Didier Reynders voit les choses différemment. Il n'a pas apprécié que pour se dépêtrer des affaires, Elio Di Rupo ait choisi d'attaquer Olivier Chastel (MR), également connu comme arroseur public d'amicales pas désintéressées. Pour DJR, le PS est tout simplement devenu infréquentable. Il faut l'isoler. Oser des majorités sans lui.
A l'issue de ce meeting du MR, Elio Di Rupo a réagi mollement, pondant tout un communiqué pour signifier qu'il n'entendait pas... réagir à de telles bassesses.
Sur le retour face un Di Rupo en difficulté, Onkelinx a surpris, deux jours plus tard, dans Le Soir, menaçant de quitter le fédéral. Pour mieux se concentrer sur la présidence d'un parti voué à l'opposition à tous les niveaux de pouvoir? En tout cas, sa sortie a surtout donné l'impression d'avoir été destinée à l'interne, du style 'une opposition musclée ne nous fait pas peur'. On se souviendra qu'après l'élection ratée de 2007, Onkelinx avait déjà plaidé l'opposition pour son parti. A l'extérieur en tout cas, sa sortie dans Le Soir n'a pas beaucoup impressionné. Et certainement pas DJR.
A suivre...

Durum

lundi 5 novembre 2007

Milquet-Di Rupo: le reflux

Les (interminables) négociations en vue de la constitution d'une coalition orange bleue de centre droit commencent à porter atteinte aux relations qu'entretiennent PS et cdH, partenaires aux échelons régional et communautaire mais adversaires au fédéral. Il semble notamment que le discours socialiste d'opposition fustigeant la politique fédérale anti-sociale que s'apprêterait à mettre en place l'orange bleue indispose le camp démocrate humaniste en plus haut lieu. Le 9 octobre chez Jean-Pierre Jacqmin, sur La Première, Laurette Onkelinx descendait en flèche l'accord orange bleu sur l'immigration économique, laissant entendre que le petit cdH s'était laissé rouler dans la farine par une coalition largement dominée par les vents dominants de droite venus du nord. Dans les minutes qui suivirent, Joëlle Milquet envoyait à Elio Di Rupo un texto au contenu réprobateur. Depuis, les relations entre les deux présidents de parti se sont quelque peu distendues. Joëlle Milquet entretenait le contact quasi-quotidiennement avec le président du PS. Aujourd'hui, elle ne l'appelle plus que très rarement.

jeudi 18 octobre 2007

Laurette Onkelinx prend le pouvoir au PS

Ministre sortante bombardée chef de file PS de l'opposition fédérale, Laurette Onkelinx apparaît de plus en plus comme l'incarnation du parti, reléguant dans l'ombre le président Di Rupo. Le lendemain de la défaite électorale du parti, le 10 juin, Laurette Onkelinx a été la première à prôner l'opposition. Depuis, son discours n'a cessé de se durcir, la faisant apparaître dans les médias comme la passionaria d'un PS au ton radical, pourfendant parfois sans nuance la droite anti-sociale. Dans le même temps, elle tisse sa toile, installant un bureau au Boulevard de l'Empereur, faisant de son chef de cabinet Olivier Vanderijst le secrétaire politique du groupe à la Chambre et plaçant des collaborateurs directs dans les groupes PS de la Chambre et du Sénat. Le 14 octobre, le ton de son discours s'est voulu plus incisif encore, Laurette Onkelinx évoquant la méchanceté élevée au rang de valeur dans le chef du MR, le Tom Pouce cdH obligé de s'écraser devant le Goliath anti-social et la mérule (flamande) qui menace l'Etat fédéral. Ledit discours n'a jamais été soumis pour relecture au président du PS, Elio Di Rupo, qui, l'herbe coupée sous le pied, s'est vu contraint de conclure ce congrès par un propos fade et creux. C'est ce qui s'appelle se faire voler la vedette... et l'emprise sur le parti. Onkelinx devient l'incarnation du PS. Petit à petit.