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vendredi 18 septembre 2009

Grippe A: la pilule budgétaire est amère

En France, la polémique fait rage. Le gouvernement en fait-il trop pour combattre la grippe A/H1N1 ? Le virus n'est pas plus dangereux qu'une grippe saisonnière, répètent inlassablement les experts. Pourquoi dès lors la ministre de la santé, Roselyne Bachelot a-t-elle passé commande de 94 millions de doses de vaccins à quatre laboratoires (GlaxoSmithKline, Sanofi-Pasteur, Novartis et Baxter), de quoi couvrir 75% de la population française ? Ce taux de couverture est nettement supérieur à ceux de la plupart des autres pays, selon les calculs du site Rue89. La décision, justifiée par le principe de précaution, coûtera aux contribuables la bagatelle d'un milliard d'euros. Une pilule plutôt amère en période de crise économique. En Belgique, ce sont 12,6 millions de doses qui ont été commandées à GSK pour vacciner (gratuitement) plus de la moitié de la population belge – un budget d'environ 100 millions d'euros. Les montants exacts versés à GSK n'ont pas été dévoilés. Le contrat avec GSK comporte en effet une clause de confidentialité. La ministre de la santé, Laurette Onkelinx, n'a pas voulu non plus révéler les clauses relatives à un éventuel échec du vaccin à obtenir une autorisation européenne de mise sur le marché. Car bien le vaccin soit développé en masse, ses effets n'ont pas encore véritablement été étudiés...
On peut comprendre que les responsables européens aient choisi la voie de la vaccination massive. Qu'auraient dit les électeurs en cas de contamination massive ? Mais les milliards dépensés pour nous protéger d'une grippe bénigne en disent long sur nos priorités collectives de petits Européens. Avec les mêmes montants, on pourrait sans doute financer des programmes dans des pays où les problèmes de santé sont autrement plus criants – comme le soulignait avec malice Stéphane Guillon sur France inter récemment.



Colonel Moutarde

lundi 9 mars 2009

La dernière blague belge

En Belgique, l'idée de constituer des champions économiques nationaux a été abandonnée depuis longtemps. Une certaine conception de l'économie ouverte, la foi dans la possibilité de garantir une concurrence équitable, la faiblesse des moyens de l'Etat, l'absence de sentiment national...: ce sont quelques uns des éléments qui ont amené le pays à brader ses fleurons nationaux.
L'affaire Fortis pourrait bien être la dernière de ces blagues belges, qui fera bien rire nos voisins français. Soucieux d'éviter un scénario qui aurait fait exploser la dette publique nationale, le gouvernement a négocié avec BNP Paribas dans une situation de faiblesse. Sur le front de l'emploi, il n'a obtenu aucune garantie contractuelle. Selon communiqué du gouvernement, "les engagements de BNP Paribas en matière d'emploi, de gouvernance et d'établissement chez Fortis Banque d'un ou plusieurs centres de compétence européens ou mondiaux ont été confirmés et précisés dans une lettre aux autorités belges". Autrement dit, BNP aura tout le loisir de renier ses engagements dans quelques années, sans aucune possibilité de recours.
N'est-ce pas ce qui s'est passé quand le Crédit Communal de Belgique a fusionné avec le Crédit Local de France pour créer Dexia ? De ces deux banques spécialisées dans les prêts aux collectivités locales, seul le Crédit Communal disposait d'une base de dépôts, le CLF se finançant se les marchés des capitaux. Pour rassurer les Belges, on a promis que ces dépôts seraient protégés, mais un peu plus tard, ils ont été siphonnés dans l'intérêt du groupe. De même, l'acquisition par Dexia de la filiale américaine FSA, un gouffre financier, fut une trouvaille d'inspiration française, mais la facture est aujourd'hui supportée en grande partie par les contribuables belges.
Les Belges se sont-ils pas aussi en train de se faire arnaquer sur le front de l'énergie ? En imposant sa Pax Electrica pour encadrer la cession d'Electrabel à Suez, aujourd'hui intégrée dans le géant GDF Suez, le gouvernement Verhofstadt avait tablé sur des gains pour tous grâce au renforcement de la concurrence. Cette politique est un échec, selon un rapport récent de la CREG. Trends vient en outre de révéler qu'Electrabel va profiter d'une faille légale dans la Pax Electrica pour ne pas céder une partie de ses capacités de production et conserver ainsi son quasi-monopole. Sans compter que la société, désormais pilotée à Paris, rechigne à partager ses plantureux bénéfices...
La dernière histoire belge, c'est l'histoire d'un type qui se fait arnaquer, une fois. Pas qu'une fois, en fait.

Colonel Moutarde

dimanche 25 janvier 2009

Stefaan De Clerck serait-il le père de Zohra Dati?

Invité de l'émission "Le 7ème jour" dans le prolongement du JT de la RTBF, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck a affiché dimanche sa déception après la décision du président français Nicolas Sarkozy de retirer à son homologue Rachida Dati ses compétences au sein du gouvernement français. Rachida Dati est envoyée en service commandé à Strasbourg où elle siègera à partir du mois de juin.
"Le 7ème jour" demande chaque dimanche à ses invités d'attribuer une palme et un chardon de la semaine, que Stefaan De Clerck a respectivement dédicacés à Barack Obama et Nicolas Sarkozy.
Ironique, le ministre belge a dit en vouloir à Nicolas Sarkozy.

Durum

samedi 8 novembre 2008

Régulation du système financier: la grande désillusion


Deux mois après le débarquement en Europe de la crise financière et les annonces incantatoires d'une efficace régulation du système, force est de constater que les autorités américaines, européennes, et belges, pour ce qui nous concerne, en sont restées aux vagues déclarations d'intention voire dans les meilleurs des cas à arrêter des positions très consensuelles. Les seules véritables décisions prises à ce stade ont été relatives à la nationalisation des pertes et à la privatisation des profits.
Le président américain fraîchement élu Barack Obama, la nouvelle icône mondiale (;-)), a annoncé un important plan de relance mais il est resté muet quant à la nécessité de réguler les marchés. Laissons-lui le bénéfice du doute, il n'est pas encore président en fonction. Paroles, paroles, paroles restent ses maîtres mots.
Le Conseil européen préparatif au Sommet mondial de Washington a lui aussi accouché d'une souris. Le chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Shulz avait ironisé à propos du chef d'Etat français Nicolas Sarkozy, actuel président du Conseil européen, soulignant qu'il parlait depuis la crise comme un véritable socialiste, tellement il s'est reprofilé une fois le vent tourné. Vendredi à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a rassuré les financiers. "Nous ne voulons pas passer d'une absence de réglementation à trop de réglementation", a-t-il prévenu. Au-delà, on n'est pas plus avancé.
Le plan européen n'accouche que de principes dont la volonté de "confier au FMI un rôle central dans une architecture financière plus efficace". Balaise. Plus efficace pour qui? Quelle architecture? Et surtout, pourquoi le FMI? Cette institution dont l'ancien vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, affirme que ses prescriptions sont "en partie fondées sur l'hypothèse dépassée selon laquelle le marché aboutit spontanément aux résultats les plus efficaces" (1). Ce n'est pas l'architecture mais l'idéologie sous-jacente qu'il faut changer. Mais cela, la droite ne le permettra pas.
En Belgique aussi, on allait voir ce qu'on allait voir. Le président du PS, Elio Di Rupo, en perd régulièrement sa voix ces dernières semaines à force de crier au démon ultra-libéral à enfermer au plus vite dans le carcan de la régulation.
Et vendredi, le Conseil des ministres a approuvé une décision visant à limiter les parachutes dorés des patrons d'entreprises cotées en bourse. En principe, ces indemnités seront limitées à 12 mois de salaire fixe au maximum. Limitées par des paramètres temporels donc mais pas financiers. C'est bingo pour les patrons du BEL20. A titre d'exemple, alors que l'administrateur-délégué d'Agfa-Gevart a droit aujourd'hui à une indemnité de départ d'1,540 millions d'euros, selon le rapport annuel de l'entreprise; il pourra partir, en vertu des nouvelles règles, avec la coquette somme de 3,116 millions d'euros, a calculé Ecolo. Joli foutage de gueule!
In fine, ce n'est pas le système mais le gouvernement lui-même qui est transparent.
Il faut dire que quand en son sein on se prête au jeu du délit d'initié, certains n'ont pas intérêt à plus de régulation. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, dément tout délit d'initié alors que son épouse de magistrate a vendu pour 500.000 euros d'actions Fortis la veille de la cession des actifs aux Néerlandais et de l'effondrement au plus bas du cours boursier. Une pure coïncidence d'agenda. N'est pas chef de la diplomatie qui veut.

Durum

(1) La grande désillusion, Joseph Stiglitz, janvier 2002

mercredi 9 juillet 2008

Qui de la France ou de Ségolène est le plus à la dérive?

Curieuse déclaration que celle de Ségolène Royal invitée mardi soir du Journal Télévisé de David Pujadas sur France2. Mme Royal a émis la possibilité que le clan Sarkozy soit à l'origine de la mise à sac de son appartement.
"J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux. Je considère qu'aujourd'hui il y a une mainmise du pouvoir sur les médias (...)", a affirmé l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle. Comme on lui demandait s'il s'agissait d'une "forme d'accusation formulée contre le pouvoir en place", la présidente de la région Poitou-Charentes a répondu: "C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle (...)".
Ou Mme Royal a définitivement pété les plombs ou la France est véritablement devenue une république bananière.

Durum