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mercredi 27 mai 2009

Pré-accord pré-électoral?

L'ensemble de la presse belge propose ses carnets de campagne et à cette occasion l'éditorialiste du Soir Luc Delfosse a choisi de suivre quelques ténors battre le pavé à la recherche de l'électeur. Dernièrement, il était dans la foulée du chef de file d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, qui est apparu très sûr de son destin en croisant un ponte du MR, Hervé Jamar. "Alors, le 8, on commence à discuter ?", s'est exclamé Javaux cité par Le Soir, suscitant de gros rires gras. La messe est-elle dite? Au PS, on semble résigné. Présidant la Commission des Affaires sociales de la Chambre, Yvan Mayeur semble tout aussi certain de son destin que le sieur Javaux l'est du sien, nous a-t-on rapporté. "Vous verrez quand on sera dans l'opposition", aurait-il lancé tout aussi récemment pendant les débats parlementaires. Et là aussi, on a bien ri.

Durum

vendredi 20 février 2009

Le scandale de la reconduction de Barroso



Faute politique majeure de la dernière décennie, l'invasion de l'Irak a coûté cher politiquement à ses principaux responsables. George W. Bush restera dans l'histoire comme le président le plus impopulaire des Etats-Unis. Tony Blair est, lui aussi, sorti, par la petite porte. José Maria Aznar, le seul qui ait osé affronter les électeurs, s'est pris une déculottée au lendemain des attentats de Madrid, imputés à la participation espagnole à la 'coalition of the willing'.
José Manuel Barroso, qui, en sa qualité de Premier ministre portugais, fut l'hôte du sommet des Açores (photo), est le seul des quatre participants à ne pas avoir payé le prix politique de l'aventure. Contrairement à MM. Bush et Blair, il n'a jamais exprimé le moindre regret. Il n'a pas non plus reconnu avoir autorisé l'utilisation des aéroports et de l'espace aérien portugais pour le transfert illégal de prisonniers de la CIA vers Guantanamo.
Désigné à la Commission européenne en 2004, l'homme brigue un second mandat. Passer à la postérité à la manière de Jacques Delors est, certes, une perspective plus réjouissante que celle de devoir éviter des jets de chaussures. Et bien qu'il soit difficile de prévoir le résultat des prochaines élections européennes, l'affaire est déjà presque entendue.
Extrêmement consensuel, l'homme devrait bénéficier du soutien des capitales, qui ne veulent pas d'une trop forte tête à la Commission. Il jouit déjà du soutien des principales familles politiques européennes. Qui ont sucré cette semaine le passage d'un rapport mettant en cause sa responsabilité dans le transfert des prisonniers de la CIA. Ce n'est pas trop surprenant que la droite, dont il est issu, se livre à ce petit jeu. Mais que la gauche s'amuse à maquiller l'Histoire est très dérangeant. Le chef de file des socialistes au Parlement européen, Martin Schulz, porte cette responsabilité. Il a été à la manoeuvre, cette semaine, pour que ses troupes rejettent l'amendement sur Barroso. Jusque récemment, pourtant,l'homme n'hésitait a attaquer vertement le président de la Commission. Mais il a lui aussi des ambitions personnelles. Il se verrait bien président du Parlement européen, voire commissaire. Et comme la répartition des postes européens fera l'objet d'un deal global, il ne s'agit plus de faire des vagues avec la droite.
La reconduction probable de Barroso est scandaleuse à deux titres. Elle signifie que l'Europe, contrairement aux Etats-Unis, qui ont élu Barack Obama, n'assume pas l'erreur historique de l'Irak.
Elle donne également une image déplorable de la démocratie européenne. Contrairement à l'esprit du traité de Lisbonne, qui prévoit l'élection du président de la Commission par le Parlement européen, on perpétue les mêmes petits arrangements entre amis, en se préoccupant à peine du résultat des élections.

Colonel Moutarde

mardi 23 septembre 2008

Yves Leterme tue sa chose avant qu'elle ne lui explose à la figure

Yves Leterme s'accroche à son poste de premier ministre comme à son blackberry. Les événements de ces derniers jours l'ont montré de manière spectaculaire, sa première des priorités est... son ambition personnelle, quitte à passer outre les exigences de son propre parti. Un cacique CD&V nous rapportait récemment quelles étaient les priorités du premier ministre: d'abord le parti, puis le cartel, puis le pays. Un autre précisait: "c'est presque ça, mais en numéro 1, c'est d'abord lui".
De manière inattendue dimanche, Yves Leterme a décidé de sacrifier sa chose, son cartel, contre l'avis des autres pontes du CD&V. Cette alliance avec la N-VA, qu'il avait imaginée pour conquérir le pouvoir, commençait à desservir son dessein personnel. Le cartel risquait de plus en plus de l'emporter à tout jamais dans la tourmente. Yves Leterme a dès lors fait le choix du dialogue avec les francophones, non pas tellement qu'il fasse mine d'y croire ou qu'il place en tête des priorités l'avenir du pays, mais bien qu'il veuille maintenir sa position à la tête du gouvernement. Il veut continuer à parader sur la scène internationale, laissant le soin désormais à Kris Peeters de mener la barque institutionnelle. Gageons qu'il continuera à manoeuvrer en ce sens tant qu'il le pourra et préfèrera éviter un scrutin fédéral anticipé, même en juin 2009. Entre-temps, le gouvernement ne fera pas grand chose. Mais personne dans la majorité n'aura intérêt à le saborder, au risque de... se saborder. C'est de la politique politicienne que seule la rue pourrait perturber. On connaît des gérontocraties, des ploutocraties, des oligarchies, des technocraties, des théocraties. Voici la zotbestuurocratie.

Durum