En Belgique comme en France, deux nominations controversées à la tête d’organismes parapublics ont défrayé la chronique ces derniers jours. A ma gauche, Didier Donfut : le moustachu hennuyer vient d’être élu à la présidence de l’Intercommunale Gazière du Hainaut (IGH), quelques mois à peine après avoir été contraint de mettre un terme à son contrat de conseiller attaché à la même intercommunale, en raison, rappelons-le, d’émoluments jugés peu en ligne avec les valeurs socialistes, voire la morale, d’autant plus qu’il avait confié ses affaires à son fils.
A ma droite, Jean Sarkozy : le rejeton présidentiel français a quant à lui échoué à se faire élire à la tête de l’EPAD, l’organisme chargé de gérer le plus important quartier d’affaires parisien, après plusieurs jours d’émoi public intense.
Les issues différentes des deux affaires nous disent-elles quelque chose sur les coutumes politiques des deux pays ? En France, malgré la toute-puissance sarkozienne, l’indignation du public fait avorter une promotion inappropriée. Du côté wallon, il semble que cela ne soit pas le cas. Il se pourrait qu’on soit moins poujadiste en Belgique. A moins qu’on ne soit plus résigné face au comportement inadéquat de la classe politique ? Plus habitué au copinage ? Loin de nous l’idée de tirer de grandes conclusions.
Au fait, dans l’hexagone on s’émeut du coût de la présidence de l’UE, en 2008, avec en ligne de mire une douche présidentielle à côtés de laquelle celle de Marie Arena semble ridiculement bon marché. Le tout pour un budget total de 170 millions d’euros, une somme qui suscite la polémique en France. A comparer avec les 100 millions que coûtera la présidence belge de l’UE en 2010 (plus du double des sommes dépensées lors de la dernière présidence, en 2001). Par tête de pipe, la facture sera nettement plus salée en Belgique.
Mais tout n’est, sans doute, qu’une question de perspectives...
Colonel Moutarde
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jeudi 29 octobre 2009
mardi 8 septembre 2009
Le petit Nicolas et l'auto-censure
Nicolas Sarkozy est-il obsédé par son image ? Ou les médias versent-ils dans une dangereuse auto-censure quand il s'agit de sa personne ? On se souvient de l'histoire des bourrelets, obséquieusement gommés par Paris Match, hebdo détenu par Arnaud Lagardère, un proche du président français. La comparaison entre les deux versions avait fait les délices du web.
Cette semaine, un reportage de la RTBF en a remis une couche. Une ouvrière apparaissant dans un reportage sur la visite d'une usine par M. Sarkozy y révèle, face-caméra, avoir été sélectionnée pour sa petite taille, de manière qu'elle ne dépasse pas l'hyper-président.Le service de presse de l'Elysée a formellement démenti toute manipulation. “Grotesque ! Absurde ! “ s'est indigné le conseiller presse de Nicolas Sarkozy.

Cette semaine, un reportage de la RTBF en a remis une couche. Une ouvrière apparaissant dans un reportage sur la visite d'une usine par M. Sarkozy y révèle, face-caméra, avoir été sélectionnée pour sa petite taille, de manière qu'elle ne dépasse pas l'hyper-président.Le service de presse de l'Elysée a formellement démenti toute manipulation. “Grotesque ! Absurde ! “ s'est indigné le conseiller presse de Nicolas Sarkozy.
Absurde, vraiment ? Les éléments laissant penser que Nicolas a un petit complexe de taille sont pourtant troublants. Quant aux médias, ils donnent effectivement dans le révérencieux. A charge, ajoutons au dossier la photo suivante, qui le montre aux côtés de l'ancien Premier ministre tchèque Mirek Topolanek.
L'homme culmine à près de deux mètres, mais cette photo, la seule publiée dans les journaux français après leur entretien, ne suggère pas vraiment qu'il dépasse le petit Nicolas de la tête et des épaules. Et pour cause, il se tient deux marches plus bas ! La presse tchèque, elle, n'a pas manqué de publier un cadrage plus proche de la réalité...
Colonel Moutarde
vendredi 24 avril 2009
Le contribuable belge renfloue les comptes en banque des patrons de Dexia
C'est le quotidien Libération qui l'a révélé: Dexia a distribué 8 millions d'euros de bonus à ses cadres dirigeants, l'ancien patron Axel Miller, parti la queue entre les jambes s'en tire avec 825.000 euros d'indemnités de départ, et le nouvel administrateur délégué Pierre Mariani, proche du président Sarkozy, censé représenter une nouvelle génération de patrons responsables se voit octroyer des émoluments 30% supérieurs à son prédécesseur.
Dexia a démenti mais comme l'écrit vendredi Libération, il s'ait d'un démenti qui ne fait que confirmer les informations. La distribution en hausse des bonus concerne le Crédit local de France.
Quant aux informations relatives à Axel Miller et Pierre Mariani, elles figurent dans le rapport annuel du groupe Dexia. Il fait état d'une rémunération fixe de Mariani atteignant 1 million d'euros (Miller touchait 825.000) et énonce que "Mariani a droit, en cas de résiliation par Dexia du contrat qui le lie à Dexia, à une indemnité forfaitaire et unique dont le montant sera déterminé en fonction des règles Afep-Medef en vigueur". Les règles du patronat français prévoient que Mariani peut espérer, au maximum, à une indemnité de départ (parachute doré) de 6,5 millions d'euros.
Toujours selon le rapport annuel, Mariani aura aussi droit à un bonus de 2,25 millions d'euros.
Niant pouvoir bénéficier d'un parachute dorés et de bonus, l'actuel patron de Dexia évoque d'autres montants pour sa rémunération fixe (absents du rapport annuel) qui lui permettent de dire que l'évolution de sa rémunération par rapport à Miller n'atteint "que" 11%.
De plus en plus, le sentiment existe que la crise du système financier n'entraînera aucune remise en question, en dépit des quelques soubresauts constatés au G20.
Les Etats français, belge et luxembourgeois sont intervenus pour plus de 6 milliards d'euros pour sauver Dexia de la faillite. Le fait que cette aide serve à renflouer les comptes en banque des dirigeants de l'entreprise ne semble pas perturber notre grand argentier, Didier Reynders, qui reste muet sur la question. Le ministre français de la Relance, Patrick Devedjian a au moins fait mine de s'étrangler, jugeant "inacceptables" les bonus évoqués. Il faut dire que de source syndicale française (CFDT), on indique que certains bonus distribués en 2008 au Crédit local de France auraient compte 6 chiffres, soit plus de 100.000 euros. Waw!
Durum
Dexia a démenti mais comme l'écrit vendredi Libération, il s'ait d'un démenti qui ne fait que confirmer les informations. La distribution en hausse des bonus concerne le Crédit local de France.
Quant aux informations relatives à Axel Miller et Pierre Mariani, elles figurent dans le rapport annuel du groupe Dexia. Il fait état d'une rémunération fixe de Mariani atteignant 1 million d'euros (Miller touchait 825.000) et énonce que "Mariani a droit, en cas de résiliation par Dexia du contrat qui le lie à Dexia, à une indemnité forfaitaire et unique dont le montant sera déterminé en fonction des règles Afep-Medef en vigueur". Les règles du patronat français prévoient que Mariani peut espérer, au maximum, à une indemnité de départ (parachute doré) de 6,5 millions d'euros.
Toujours selon le rapport annuel, Mariani aura aussi droit à un bonus de 2,25 millions d'euros.
Niant pouvoir bénéficier d'un parachute dorés et de bonus, l'actuel patron de Dexia évoque d'autres montants pour sa rémunération fixe (absents du rapport annuel) qui lui permettent de dire que l'évolution de sa rémunération par rapport à Miller n'atteint "que" 11%.
De plus en plus, le sentiment existe que la crise du système financier n'entraînera aucune remise en question, en dépit des quelques soubresauts constatés au G20.
Les Etats français, belge et luxembourgeois sont intervenus pour plus de 6 milliards d'euros pour sauver Dexia de la faillite. Le fait que cette aide serve à renflouer les comptes en banque des dirigeants de l'entreprise ne semble pas perturber notre grand argentier, Didier Reynders, qui reste muet sur la question. Le ministre français de la Relance, Patrick Devedjian a au moins fait mine de s'étrangler, jugeant "inacceptables" les bonus évoqués. Il faut dire que de source syndicale française (CFDT), on indique que certains bonus distribués en 2008 au Crédit local de France auraient compte 6 chiffres, soit plus de 100.000 euros. Waw!
Durum
dimanche 5 avril 2009
Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d'amour ?
Les caprices de l'opinion publique sont parfois déroutants. Nicolas Sarkozy, élu royalement avec plus de 53% des voix, souffre désormais d'une popularité durablement faible. Sur internet, il est la cible d'une litanie interminable de moqueries, de rancoeurs et de méchancetés. Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que les grands espoirs alimentés par le candidat seraient déçus par le président. Il ne faut pas non plus s'appeler Madame Irma pour deviner que Barack Obama, élu sur un résultat presque identique, subira à peu de choses près le même sort. Attaqué avec un certain succès par l'opposition républicaine, l'homme a d'ailleurs déjà réactivé ses réseaux de campagne pour convaincre l'opinion du bien fondé de sa politique budgétaire expansionniste, avec un oeil – déjà ! - sur l'élection de 2012.
Au delà de l'opinion qu'on peut avoir de messieurs Sarkozy et Obama, on peut s'interroger sur les dents de scie que forment les courbes des popularités présidentielles. Comme l'a souligné mon collègue Durum dans son dernier article sur le narcissisme des élites, l'exacerbation des sentiments et des ressentiments tient à une pipolisation de la vie politique de plus en plus accentuée, qui remplace la débat d'idées par les bons coups médiatiques et par une nouvelle forme du culte de la personnalité.
Cette évolution ne s'explique qu'en partie par les stratégies de com' des politiciens. Elle nait aussi d'une certaine médiocrité généralisée, qui est le fait aussi bien des médias que de leurs lecteurs. Pour des raisons économiques, par facilité, les premiers jouent la carte du people, s'intéressent davantage aux robes des First Lady qu'aux détails - pourtant capitaux - des plans économiques de leurs époux.
Internet, où l'information se décline en flux RSS, accentue le phénomène en réduisant l'actualité à une succession de titres, de news peu souvent remises en contexte. Paradoxe d'une information de plus en plus abondante, mais qui ne nous éclaire pas plus! De même, si le web 2.0 a permis de libérer, grâce aux commentaires, l'intelligence dispersée des lecteurs éparpillés, il a aussi anobli les conversations de comptoir, les rumeurs, l'insulte, la vindicte. Que ceux qui en doutent fasse un détour par le site du Soir...
Du coup, les dirigeants sont un temps portés aux nues, avant d'être cloués au pilori, sans la moindre nuance, à coups de slogans et d'arguments faiblards. Nicolas Sarkozy mérite-t-il le déversement de haine dont il est l'objet ? Est-il bien raisonnable d'idolâtrer Barack Obama ? Plutôt que de se passionner pour les hommes, les médias et leurs lecteurs/commentateurs gagneraient à s'intéresser à leurs réformes, au-delà des gros titres. Les courbes de popularités ressembleraient sans doutes moins à des falaises escarpées. Mais le débat de société en sortirait gagnant.
Colonel Moutarde
PS: ce texte n'est pas une approbation des politiques de M. Sarkozy ni un rejet de celles de M. Obama. Juste une réflexion sur la pipolisation.
Au delà de l'opinion qu'on peut avoir de messieurs Sarkozy et Obama, on peut s'interroger sur les dents de scie que forment les courbes des popularités présidentielles. Comme l'a souligné mon collègue Durum dans son dernier article sur le narcissisme des élites, l'exacerbation des sentiments et des ressentiments tient à une pipolisation de la vie politique de plus en plus accentuée, qui remplace la débat d'idées par les bons coups médiatiques et par une nouvelle forme du culte de la personnalité.
Cette évolution ne s'explique qu'en partie par les stratégies de com' des politiciens. Elle nait aussi d'une certaine médiocrité généralisée, qui est le fait aussi bien des médias que de leurs lecteurs. Pour des raisons économiques, par facilité, les premiers jouent la carte du people, s'intéressent davantage aux robes des First Lady qu'aux détails - pourtant capitaux - des plans économiques de leurs époux.
Internet, où l'information se décline en flux RSS, accentue le phénomène en réduisant l'actualité à une succession de titres, de news peu souvent remises en contexte. Paradoxe d'une information de plus en plus abondante, mais qui ne nous éclaire pas plus! De même, si le web 2.0 a permis de libérer, grâce aux commentaires, l'intelligence dispersée des lecteurs éparpillés, il a aussi anobli les conversations de comptoir, les rumeurs, l'insulte, la vindicte. Que ceux qui en doutent fasse un détour par le site du Soir...
Du coup, les dirigeants sont un temps portés aux nues, avant d'être cloués au pilori, sans la moindre nuance, à coups de slogans et d'arguments faiblards. Nicolas Sarkozy mérite-t-il le déversement de haine dont il est l'objet ? Est-il bien raisonnable d'idolâtrer Barack Obama ? Plutôt que de se passionner pour les hommes, les médias et leurs lecteurs/commentateurs gagneraient à s'intéresser à leurs réformes, au-delà des gros titres. Les courbes de popularités ressembleraient sans doutes moins à des falaises escarpées. Mais le débat de société en sortirait gagnant.
Colonel Moutarde
PS: ce texte n'est pas une approbation des politiques de M. Sarkozy ni un rejet de celles de M. Obama. Juste une réflexion sur la pipolisation.
mercredi 18 février 2009
Les Tchèques rendent à Sarko la monnaie de sa pièce
Tout à sa grandeur, Nicolas Sarkozy n’a pas ménagé, quand il assumait la présidence de l’Union européenne, les égos de ses voisins (on l’avait d’ailleurs souligné sur ce blog). C’est souvent aux dépens des autres qu’il a (re)goûté au plaisir d’être populaire. A force d’écraser des orteils, il fallait s’attendre à un retour de chaussure. Et la République tchèque, aujourd’hui présidente de l’UE, semble bien décidée à lui balancer une double paire.
Car non content d’avoir insinué que Prague n’était pas à la hauteur (un argument certes légitime mais formulé peu diplomatiquement), il a réédité lors de sa dernière intervention télévisée en déclarant : "si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs". Dans les faits, les prêts de l’Etat aux constructeurs automobiles seront conditionnés au maintien de l’activité en France.
L’affaire fait grand bruit dans les cénacles européens. Une telle clause est en effet contraire au droit communautaire. Elle est aussi contre-productive à la lumière de l’échec des solutions protectionnistes après 1929.
Nicolas Sarkozy semble avoir oublié ces deux réalités, légale et historique. Il semble aussi avoir oublié qu’il avait passé les rênes de l’Union. Et à Prague, on est bien décidé à lui rendre la monnaie de sa pièce. L’une des prérogatives d’une présidence est d’organiser des réunions ? La présidence tchèque convoquera un sommet spécial sur le protectionnisme. Le 1er mars, les dirigeants de toute l’Union se retrouveront à Bruxelles pour une réunion où la France sera isolée, montrée en exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Difficile de voir comment Sarko se sortira de ce mauvais pas – médiatiquement et politiquement. Il lui faudra soit renoncer à sa clause protectionniste et assumer cette reculade, soit braver les Européens, en jetant à la poubelle les lauriers de sa présidence. A moins d’une pirouette diplomatique dont l’Europe a le secret…
Plus fondamentalement, l’incident est révélateur sur l’état de la mondialisation et de la construction européenne. Il est surprenant qu’un dirigeant soit mis au pilori parce qu’il veut lutter contre les délocalisations. Est-ce l’idéologie libérale qui a triomphé ? Est-ce l’expérience des années 1930 qui s’exprime ? Est-ce parce que Sarkozy est de droite que la gauche française est muette dans cette affaire ? Ou la gauche française croit-elle désormais aux vertus de liberté de circulation des capitaux dans le marché intérieur ?
La campagne des élections européennes pourrait ne pas être si ennuyeuse que ça, finalement… Rachida ferait bien de préparer ses arguments.
Colonel Moutarde
Car non content d’avoir insinué que Prague n’était pas à la hauteur (un argument certes légitime mais formulé peu diplomatiquement), il a réédité lors de sa dernière intervention télévisée en déclarant : "si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs". Dans les faits, les prêts de l’Etat aux constructeurs automobiles seront conditionnés au maintien de l’activité en France.
L’affaire fait grand bruit dans les cénacles européens. Une telle clause est en effet contraire au droit communautaire. Elle est aussi contre-productive à la lumière de l’échec des solutions protectionnistes après 1929.
Nicolas Sarkozy semble avoir oublié ces deux réalités, légale et historique. Il semble aussi avoir oublié qu’il avait passé les rênes de l’Union. Et à Prague, on est bien décidé à lui rendre la monnaie de sa pièce. L’une des prérogatives d’une présidence est d’organiser des réunions ? La présidence tchèque convoquera un sommet spécial sur le protectionnisme. Le 1er mars, les dirigeants de toute l’Union se retrouveront à Bruxelles pour une réunion où la France sera isolée, montrée en exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Difficile de voir comment Sarko se sortira de ce mauvais pas – médiatiquement et politiquement. Il lui faudra soit renoncer à sa clause protectionniste et assumer cette reculade, soit braver les Européens, en jetant à la poubelle les lauriers de sa présidence. A moins d’une pirouette diplomatique dont l’Europe a le secret…
Plus fondamentalement, l’incident est révélateur sur l’état de la mondialisation et de la construction européenne. Il est surprenant qu’un dirigeant soit mis au pilori parce qu’il veut lutter contre les délocalisations. Est-ce l’idéologie libérale qui a triomphé ? Est-ce l’expérience des années 1930 qui s’exprime ? Est-ce parce que Sarkozy est de droite que la gauche française est muette dans cette affaire ? Ou la gauche française croit-elle désormais aux vertus de liberté de circulation des capitaux dans le marché intérieur ?
La campagne des élections européennes pourrait ne pas être si ennuyeuse que ça, finalement… Rachida ferait bien de préparer ses arguments.
Colonel Moutarde
dimanche 25 janvier 2009
Stefaan De Clerck serait-il le père de Zohra Dati?
Invité de l'émission "Le 7ème jour" dans le prolongement du JT de la RTBF, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck a affiché dimanche sa déception après la décision du président français Nicolas Sarkozy de retirer à son homologue Rachida Dati ses compétences au sein du gouvernement français. Rachida Dati est envoyée en service commandé à Strasbourg où elle siègera à partir du mois de juin.
"Le 7ème jour" demande chaque dimanche à ses invités d'attribuer une palme et un chardon de la semaine, que Stefaan De Clerck a respectivement dédicacés à Barack Obama et Nicolas Sarkozy.
Ironique, le ministre belge a dit en vouloir à Nicolas Sarkozy.
Durum
"Le 7ème jour" demande chaque dimanche à ses invités d'attribuer une palme et un chardon de la semaine, que Stefaan De Clerck a respectivement dédicacés à Barack Obama et Nicolas Sarkozy.
Ironique, le ministre belge a dit en vouloir à Nicolas Sarkozy.
Durum
lundi 5 janvier 2009
Mini coup d'Etat européen du Tsar Nicolas Ier
Le 31 décembre, la France a passé les rênes de l'Union européenne à la République tchèque pour six mois. C'est la réalité institutionnelle. La réalité politique est toute autre. Niclas Sarkozy, ce grand enfant, ne semble pas avoir envie de laisser son joujou européen au petit cousin tchèque.
Il faut dire qu'il n'est pas feu fier de la manière peu orthodoxe avec laquelle il a présidé l'Union, qui lui a permis au passage de redorer son blason en France et de récolter des louanges à l'étranger. Du coup, il rempile. Convaincu d'avoir évité en août dernier une guerre dans le Caucase par la seule force de sa volonté, il se croit capable de rééditer son exploit à Gaza. Il vient de décoller pour le Proche Orient pour "chercher les chemins de la paix", selon ses mots. Bon prince, il a offert une place dans son avion au Premier ministre tchèque, ce que l'intéressé à décliné. Les Tchèques ont leur propre mission dans la région. Et il faut dire qu'entre Prague et Paris, il y a de la friture sur la ligne. Sarkozy a déjà écrabouillé à plusieurs reprises les orteils du gouvernement tchèque, en s'efforçant de démontrer que seul un président fort est à même de diriger l'Union européenne. Comprendre: "Prague ne fait pas le poids. Moi bien".
Et si l'on ne peut qu'être irrité par la vanité du petit tsar, force est de constater que les événements lui donnent en partie raison. A peine en place, la présidence tchèque multiplie les bourdes diplomatiques. La dernière en date est de taille: en qualifiant de "défensive" l'opération israélienne à Gaza, le porte-parole du Premier ministre a sérieusement dévié de la position officielle de l'UE, qui condamne une incursion disproportionnée. Une cacophonie qui a obligé l'intéressé à s'excuser, et qui nuit à la capacité européenne de peser au Proche orient. Qui plaide surtout en faveur de l'abandon définitif du système de présidences nationales tournantes de l'Union européenne. Un président stable du Conseil européen, tel que prévu par le traité Lisbonne, permettrait sans doute à l'Europe de mieux jouer son rôle de grande puissance, un rôle qu'elle peine encore à assumer.
Colonel Moutarde
Il faut dire qu'il n'est pas feu fier de la manière peu orthodoxe avec laquelle il a présidé l'Union, qui lui a permis au passage de redorer son blason en France et de récolter des louanges à l'étranger. Du coup, il rempile. Convaincu d'avoir évité en août dernier une guerre dans le Caucase par la seule force de sa volonté, il se croit capable de rééditer son exploit à Gaza. Il vient de décoller pour le Proche Orient pour "chercher les chemins de la paix", selon ses mots. Bon prince, il a offert une place dans son avion au Premier ministre tchèque, ce que l'intéressé à décliné. Les Tchèques ont leur propre mission dans la région. Et il faut dire qu'entre Prague et Paris, il y a de la friture sur la ligne. Sarkozy a déjà écrabouillé à plusieurs reprises les orteils du gouvernement tchèque, en s'efforçant de démontrer que seul un président fort est à même de diriger l'Union européenne. Comprendre: "Prague ne fait pas le poids. Moi bien".
Et si l'on ne peut qu'être irrité par la vanité du petit tsar, force est de constater que les événements lui donnent en partie raison. A peine en place, la présidence tchèque multiplie les bourdes diplomatiques. La dernière en date est de taille: en qualifiant de "défensive" l'opération israélienne à Gaza, le porte-parole du Premier ministre a sérieusement dévié de la position officielle de l'UE, qui condamne une incursion disproportionnée. Une cacophonie qui a obligé l'intéressé à s'excuser, et qui nuit à la capacité européenne de peser au Proche orient. Qui plaide surtout en faveur de l'abandon définitif du système de présidences nationales tournantes de l'Union européenne. Un président stable du Conseil européen, tel que prévu par le traité Lisbonne, permettrait sans doute à l'Europe de mieux jouer son rôle de grande puissance, un rôle qu'elle peine encore à assumer.
Colonel Moutarde
samedi 8 novembre 2008
Régulation du système financier: la grande désillusion
Deux mois après le débarquement en Europe de la crise financière et les annonces incantatoires d'une efficace régulation du système, force est de constater que les autorités américaines, européennes, et belges, pour ce qui nous concerne, en sont restées aux vagues déclarations d'intention voire dans les meilleurs des cas à arrêter des positions très consensuelles. Les seules véritables décisions prises à ce stade ont été relatives à la nationalisation des pertes et à la privatisation des profits.
Le président américain fraîchement élu Barack Obama, la nouvelle icône mondiale (;-)), a annoncé un important plan de relance mais il est resté muet quant à la nécessité de réguler les marchés. Laissons-lui le bénéfice du doute, il n'est pas encore président en fonction. Paroles, paroles, paroles restent ses maîtres mots.
Le Conseil européen préparatif au Sommet mondial de Washington a lui aussi accouché d'une souris. Le chef de groupe socialiste au Parlement européen, Martin Shulz avait ironisé à propos du chef d'Etat français Nicolas Sarkozy, actuel président du Conseil européen, soulignant qu'il parlait depuis la crise comme un véritable socialiste, tellement il s'est reprofilé une fois le vent tourné. Vendredi à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a rassuré les financiers. "Nous ne voulons pas passer d'une absence de réglementation à trop de réglementation", a-t-il prévenu. Au-delà, on n'est pas plus avancé.
Le plan européen n'accouche que de principes dont la volonté de "confier au FMI un rôle central dans une architecture financière plus efficace". Balaise. Plus efficace pour qui? Quelle architecture? Et surtout, pourquoi le FMI? Cette institution dont l'ancien vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, affirme que ses prescriptions sont "en partie fondées sur l'hypothèse dépassée selon laquelle le marché aboutit spontanément aux résultats les plus efficaces" (1). Ce n'est pas l'architecture mais l'idéologie sous-jacente qu'il faut changer. Mais cela, la droite ne le permettra pas.
En Belgique aussi, on allait voir ce qu'on allait voir. Le président du PS, Elio Di Rupo, en perd régulièrement sa voix ces dernières semaines à force de crier au démon ultra-libéral à enfermer au plus vite dans le carcan de la régulation.
Et vendredi, le Conseil des ministres a approuvé une décision visant à limiter les parachutes dorés des patrons d'entreprises cotées en bourse. En principe, ces indemnités seront limitées à 12 mois de salaire fixe au maximum. Limitées par des paramètres temporels donc mais pas financiers. C'est bingo pour les patrons du BEL20. A titre d'exemple, alors que l'administrateur-délégué d'Agfa-Gevart a droit aujourd'hui à une indemnité de départ d'1,540 millions d'euros, selon le rapport annuel de l'entreprise; il pourra partir, en vertu des nouvelles règles, avec la coquette somme de 3,116 millions d'euros, a calculé Ecolo. Joli foutage de gueule!
In fine, ce n'est pas le système mais le gouvernement lui-même qui est transparent.
Il faut dire que quand en son sein on se prête au jeu du délit d'initié, certains n'ont pas intérêt à plus de régulation. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, dément tout délit d'initié alors que son épouse de magistrate a vendu pour 500.000 euros d'actions Fortis la veille de la cession des actifs aux Néerlandais et de l'effondrement au plus bas du cours boursier. Une pure coïncidence d'agenda. N'est pas chef de la diplomatie qui veut.
Durum
(1) La grande désillusion, Joseph Stiglitz, janvier 2002
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mercredi 9 juillet 2008
Cérémonie des JO: petits réglements de comptes entre amis
Souvenez-vous, c'était il y a quelques mois. L'armée chinoise réprimait durement la révolte tibétaine. Souvenez-vous, c'était il y a bien longtemps, avant la libération d'Ingrid Bétancourt, avant le non irlandais au traité de Lisbonne, avant la victoire d'Obama aux primaires démocrates. La flamme olympique zigzaguait à Londres, à Paris, pour échapper aux manifestants des droits de l'homme. Sarkozy brandissait la menace de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Plus habile, Gordon Brown soulignait qu'il n'avait jamais prévu d'y assister (mais qu'il irait peut-être bien à la fête de clôture - une démarche imitée par notre Yves Leterme national).
Le président français vient de faire savoir que, finalement, il irait bien à Pékin pour la cérémonie d'ouverture. Il a entretemps hérité de la présidence de l'Union européenne - et donc il représentera un peu tous les Européens. Qu'est-ce qui a changé depuis la crise tibétaine ? C'est difficile à dire. Des négociations ont bien été ouvertes entre le gouvernement chinois et les représentants du dalaï-lama, sa "clique", comme on dit à Pékin, mais qui pourrait douter que ces pourparlers sont un leurre destiné à jeter un voile pudique sur le Tibet, jusqu'à la fin des JO ? Les négociateurs tibétains ont d'ailleurs fait savoir que les discussions ne menaient nulle part.
Parmi les élites européennes, une voix dissidente se fait entendre. C'est, curieusement, celle du très sage démocrate-chrétien allemand Hans-Gert Poettering, le président du Parlement européen. Il a annoncé mercredi qu'au vu des circonstances, il ne ferait pas le déplacement. Le geste sera, sans aucun doute, perçu comme un affront à Pékin. De façon plus inattendue, il ne devrait pas non plus être très bien reçu à Paris. L'annonce de Poettering coïncide en effet avec la décision opposée de Nicolas Sakozy. Embarrassant pour un président déjà attaqué sur ses amitiés avec les dictateurs africains, le Libyen Khadafi, le Tunisien Ben Ali ou le Gabonais Omar Bongo.
On serait mal avisé de penser que le timing de Poettering relève d'une maladresse. L'Allemand aura plutôt voulu se venger du dernier coup bas de Sarkozy à son encontre. Au sommet européen de juin dernier, le président de la République avait en effet demandé aux 27 de le faire sortir de la salle, afin de pouvoir mener les discussions en toute intimité...
Ca promet des étincelles lors de la conférence de presse conjointe que les deux doivent donner ce jeudi à Strasbourg - qui sera diffusée en streaming ici.
Colonel Moutarde
Le président français vient de faire savoir que, finalement, il irait bien à Pékin pour la cérémonie d'ouverture. Il a entretemps hérité de la présidence de l'Union européenne - et donc il représentera un peu tous les Européens. Qu'est-ce qui a changé depuis la crise tibétaine ? C'est difficile à dire. Des négociations ont bien été ouvertes entre le gouvernement chinois et les représentants du dalaï-lama, sa "clique", comme on dit à Pékin, mais qui pourrait douter que ces pourparlers sont un leurre destiné à jeter un voile pudique sur le Tibet, jusqu'à la fin des JO ? Les négociateurs tibétains ont d'ailleurs fait savoir que les discussions ne menaient nulle part.
Parmi les élites européennes, une voix dissidente se fait entendre. C'est, curieusement, celle du très sage démocrate-chrétien allemand Hans-Gert Poettering, le président du Parlement européen. Il a annoncé mercredi qu'au vu des circonstances, il ne ferait pas le déplacement. Le geste sera, sans aucun doute, perçu comme un affront à Pékin. De façon plus inattendue, il ne devrait pas non plus être très bien reçu à Paris. L'annonce de Poettering coïncide en effet avec la décision opposée de Nicolas Sakozy. Embarrassant pour un président déjà attaqué sur ses amitiés avec les dictateurs africains, le Libyen Khadafi, le Tunisien Ben Ali ou le Gabonais Omar Bongo.
On serait mal avisé de penser que le timing de Poettering relève d'une maladresse. L'Allemand aura plutôt voulu se venger du dernier coup bas de Sarkozy à son encontre. Au sommet européen de juin dernier, le président de la République avait en effet demandé aux 27 de le faire sortir de la salle, afin de pouvoir mener les discussions en toute intimité...
Ca promet des étincelles lors de la conférence de presse conjointe que les deux doivent donner ce jeudi à Strasbourg - qui sera diffusée en streaming ici.
Colonel Moutarde
Qui de la France ou de Ségolène est le plus à la dérive?
Curieuse déclaration que celle de Ségolène Royal invitée mardi soir du Journal Télévisé de David Pujadas sur France2. Mme Royal a émis la possibilité que le clan Sarkozy soit à l'origine de la mise à sac de son appartement.
"J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux. Je considère qu'aujourd'hui il y a une mainmise du pouvoir sur les médias (...)", a affirmé l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle. Comme on lui demandait s'il s'agissait d'une "forme d'accusation formulée contre le pouvoir en place", la présidente de la région Poitou-Charentes a répondu: "C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle (...)".
Ou Mme Royal a définitivement pété les plombs ou la France est véritablement devenue une république bananière.
Durum
"J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux. Je considère qu'aujourd'hui il y a une mainmise du pouvoir sur les médias (...)", a affirmé l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle. Comme on lui demandait s'il s'agissait d'une "forme d'accusation formulée contre le pouvoir en place", la présidente de la région Poitou-Charentes a répondu: "C'est une drôle de coïncidence. Et c'est la seconde fois (que cet appartement est fouillé, ndlr), la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle (...)".
Ou Mme Royal a définitivement pété les plombs ou la France est véritablement devenue une république bananière.
Durum
mardi 8 juillet 2008
Sainte Ingrid: la stratégie française désavouée
Sur ce blog comme ailleurs, on parle beaucoup de Sainte Ingrid en ce moment. Pendant que la principale intéressée planifie un voyage à Lourdes, ça commence à dézinguer entre les capitales. Alors que la récupération politique de la libération bat son plein en France, le gouvernement colombien a carrément désavoué la stratégie de Paris. A Bogota, on n'a pas trop apprécié les offres faites au FARC, rapporte aujourd'hui l'excellent site d'information indépendante sur l'Amérique latine www.latinreporters.com. La France aurait proposé à la guerilla "de faire lever le qualificatif d'organisation terroriste, d'engager des négociations directes ainsi que d'ouvrir un bureau à Paris". Pas trop bien vu, à l'heure où l'organisation semble être en pleine déliquescence. Mais quand on s'appelle Nicolas Sarkozy et qu'on compte sur la libération d'otages pour se refaire une popularité, ce genre de considérations passe sans doute au second plan.
Voir le décryptage du site ici.
Colonel Moutarde
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Colonel Moutarde
lundi 7 juillet 2008
Sainte Ingrid, restez cloîtrée!
A peine libérée, Ingrid Betancourt nous fait déjà presque regretter le temps de son trip aventure dans l'Amazonien feuillus. On sentait plus que potentielle l'émergence d'un culte de la personnalité depuis sa détention il y a six ans et demi mais là, depuis sa délivrance, cela vire au mysticisme. Et il y a malaise. Rendre grâce à Dieu, à l'armée colombienne, porter aux nues un axe Uribe-Sarkozy-Benoît XVI, témoigne à foison des valeurs qu'incarne la sénatrice écologiste et on en finirait presque par comprendre dans cette satire qu'elle ait pu susciter la raillerie de ses farcois geôliers. Offense à tous les anonymes déshérités de cette planète, le show médiatique qui accompagne la sanctissime tournée de la mère Betancourt n'a été, en France, remis en question que par la toute aussi mystique Ségolène Royal, aussitôt brûlée, telle une hérétique, sur l'autel bleu blanc rouge du politiquement correct. "Comme si de rien n'était". Le titre du nouvel album de la première dame de France résume parfaitement la situation. Il ne manquerait plus que Carla prenne Soeur Ingrid par la main pour un duo. Une bonus track avec la mère Betancourt. Un cantique présidentiel à la gloire de Dieu. La messe serait dite.
Durum
Durum
mercredi 6 février 2008
Sarko et Carla, une belle histoire de regroupement familial
C'est l'histoire d'une bourde élyséenne, qu'on attribuera volontiers à l'empressement du président à convoler en justes noces. Pris de court, probablement, par la vélocité de M. Sarkozy, son premier collaborateur, Claude Guéant, a déclaré dimanche soir que Carla Bruni, d'origine italienne, serait française parce que "quelqu'un qui épouse une personne de nationalité française devient automatiquement français".
Or, en réalité, la première dame ne pourra acquérir la nationalité qu'après un délai de 4 ans à compter du mariage, à condition qu'à la date de cette déclaration "la communauté de vie tant affective que matérielle n'ait pas cessé entre les époux depuis le mariage" et que "le conjoint français ait conservé sa nationalité", selon la loi.
Comment ne pas mettre en parallèle la belle assurance de l'Elysée, qui lui fait interpréter la loi de façon créative, et la politique agressive de Nicolas Sarkozy en matière de regroupement familial. Ministre de l'intérieur, il considérait le regroupement familial comme une "nouvelle filière d'immigration". Sur son site de campagne présidentielle, il posait trois conditions "pour qu’un étranger en France puisse faire venir sa famille : qu’il ait un logement pour la loger, pour qu’il n’y ait plus de squats ; qu’il ait les revenus de son travail pour la faire vivre; et troisièmement qu’on apprenne le français, en tout cas des rudiments de français, avant de venir en France, parce que si on ne le fait pas, on ne peut pas s’intégrer". Heureusement, Carla semble remplir les conditions, surtout vu la généreuse augmentation que le président s'est accordée en début de mandat.
Or, en réalité, la première dame ne pourra acquérir la nationalité qu'après un délai de 4 ans à compter du mariage, à condition qu'à la date de cette déclaration "la communauté de vie tant affective que matérielle n'ait pas cessé entre les époux depuis le mariage" et que "le conjoint français ait conservé sa nationalité", selon la loi.
Comment ne pas mettre en parallèle la belle assurance de l'Elysée, qui lui fait interpréter la loi de façon créative, et la politique agressive de Nicolas Sarkozy en matière de regroupement familial. Ministre de l'intérieur, il considérait le regroupement familial comme une "nouvelle filière d'immigration". Sur son site de campagne présidentielle, il posait trois conditions "pour qu’un étranger en France puisse faire venir sa famille : qu’il ait un logement pour la loger, pour qu’il n’y ait plus de squats ; qu’il ait les revenus de son travail pour la faire vivre; et troisièmement qu’on apprenne le français, en tout cas des rudiments de français, avant de venir en France, parce que si on ne le fait pas, on ne peut pas s’intégrer". Heureusement, Carla semble remplir les conditions, surtout vu la généreuse augmentation que le président s'est accordée en début de mandat.
lundi 28 janvier 2008
Thierry le bienveillant et Carla la Dame de Cœur
Quelques semaines à peine après que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont officialisé leur relation par le biais d’une ballade hypermédiatisée à Disneyland, Thierry Coljon, critique musical au Soir, s’est fendu d’une biographie de la chanteuse, aux éditions Luc Pire.
Il convient de placer le terme de critique entre guillemets, vu que M. Coljon donne plutôt dans la flagornerie du tout-venant dans le music-business. On peine à se remémorer une chronique véritablement critique signée de sa plume. Avec son nouvel ouvrage, il ne semble pas déroger à ses habitudes. Le titre donne le ton : "Carla Bruni, la dame de cœur" ! On croirait une manchette obséquieuse de Paris Match. Souvenez-vous des vacances en Egypte, quand ils avaient titré "Les amoureux du Nil" !
Que le principal critique musical du Soir soit un vil flatteur pose déjà un problème en soi. Que le quotidien de la rue royale publie un encadré complaisant sur son livre dépasse un petit peu les bornes. Non signé, l’encadré, comme pour entretenir les malentendus. Le courageux auteur anonyme admet bien qu’il s’agit « davantage d’un portrait bienveillant que d’une réelle biographie aux révélations croustillantes ». Mais il note aussi que la publication est un "joli coup". "Un joli cahier photos complète un ouvrage qui se lit comme un roman, celui d’une destinée exceptionnelle qui n’a pas fini de nous intriguer". On ose espérer que Thierry Coljon n’est pas lui-même l’auteur de l’article. Mais alors qui est le collègue qui lui a donné un gentil coup de pouce ?
Il convient de placer le terme de critique entre guillemets, vu que M. Coljon donne plutôt dans la flagornerie du tout-venant dans le music-business. On peine à se remémorer une chronique véritablement critique signée de sa plume. Avec son nouvel ouvrage, il ne semble pas déroger à ses habitudes. Le titre donne le ton : "Carla Bruni, la dame de cœur" ! On croirait une manchette obséquieuse de Paris Match. Souvenez-vous des vacances en Egypte, quand ils avaient titré "Les amoureux du Nil" !
Que le principal critique musical du Soir soit un vil flatteur pose déjà un problème en soi. Que le quotidien de la rue royale publie un encadré complaisant sur son livre dépasse un petit peu les bornes. Non signé, l’encadré, comme pour entretenir les malentendus. Le courageux auteur anonyme admet bien qu’il s’agit « davantage d’un portrait bienveillant que d’une réelle biographie aux révélations croustillantes ». Mais il note aussi que la publication est un "joli coup". "Un joli cahier photos complète un ouvrage qui se lit comme un roman, celui d’une destinée exceptionnelle qui n’a pas fini de nous intriguer". On ose espérer que Thierry Coljon n’est pas lui-même l’auteur de l’article. Mais alors qui est le collègue qui lui a donné un gentil coup de pouce ?
mercredi 12 décembre 2007
La politique étrangère de Sarkozy: le grand écart
En nommant les socialistes Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet dans son gouvernement, Nicolas Sarkozy semblait à la fois affaiblir le PS et donner une bonne conscience à sa politique étrangère. Après quelques mois, le résultat est plutôt mitigé.
La visite de Kadhafi à Paris a laissé éclater au grand jour toute l'étendue des contradictions du gouvernement, et les justifications pathétiques de M. Kouchner n'y ont rien changé. En signant, d'une main, des contrats faramineux avec la Libye - justifiés par un "pari" sur l'évolution sur régime - et en pointant le doigt de l'autre main sur les dérives de Kadhafi, le gouvernement français fait le grand écart... Il s'agit sans doute de la stratégie de Nicolas Sarkozy, hyper-président, qui voudrait ne pas choisir entre l'éthique et le fric.
Des tiraillements similaires apparaissent dans le dossier de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Plus discrètement, car il n'est pas question d'abandonner l'idéologie officielle et la grande promesse de campagne. En réalité, la politique de Sarkozy n'est pas tellement différente de celle de son prédécesseur. Le président continue de marteler son opposition à la Turquie, mais il n'obtient à Bruxelles que des aménagements cosmétiques, tandis que le processus de négociation avec Ankara suit son cours. Et quand Kouchner parle avec ses homologues européens, il défend des positions nettement plus souples que celle de son maître, rapportent des dipomates...
Il faut dire que l'ancien Médecin Sans Frontière avait écrit un jour, dans un livre cosigné avec Daniel Cohn-Bendit, qu'"il faudrait être fou pour éconduire le seul grand pays musulman qui a séparé la religion de l'Etat". Mais en Sarkozie, on n'en es pas à une contradiction près.
La visite de Kadhafi à Paris a laissé éclater au grand jour toute l'étendue des contradictions du gouvernement, et les justifications pathétiques de M. Kouchner n'y ont rien changé. En signant, d'une main, des contrats faramineux avec la Libye - justifiés par un "pari" sur l'évolution sur régime - et en pointant le doigt de l'autre main sur les dérives de Kadhafi, le gouvernement français fait le grand écart... Il s'agit sans doute de la stratégie de Nicolas Sarkozy, hyper-président, qui voudrait ne pas choisir entre l'éthique et le fric.
Des tiraillements similaires apparaissent dans le dossier de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Plus discrètement, car il n'est pas question d'abandonner l'idéologie officielle et la grande promesse de campagne. En réalité, la politique de Sarkozy n'est pas tellement différente de celle de son prédécesseur. Le président continue de marteler son opposition à la Turquie, mais il n'obtient à Bruxelles que des aménagements cosmétiques, tandis que le processus de négociation avec Ankara suit son cours. Et quand Kouchner parle avec ses homologues européens, il défend des positions nettement plus souples que celle de son maître, rapportent des dipomates...
Il faut dire que l'ancien Médecin Sans Frontière avait écrit un jour, dans un livre cosigné avec Daniel Cohn-Bendit, qu'"il faudrait être fou pour éconduire le seul grand pays musulman qui a séparé la religion de l'Etat". Mais en Sarkozie, on n'en es pas à une contradiction près.
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