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dimanche 21 février 2010

Quand l’Etat CVP muselle les défenseurs des droits de l’Homme

La ministre flamande de la Culture Joke Schauvliege (CD&V) a décidé il y a quelques semaines de retirer à la Ligue flamande des droits de l’homme ses subsides à partir de l’année 2011 au motif qu’elle ferait trop peu de sensibilisation et qu’elle recourrait à des méthodes trop classiques pour toucher son public.
La Liga voor mensenrechten se voit ainsi touchée au coeur de son financement ce qui l’obligera à limiter ses actions. Première conséquence, elle est contrainte de renoncer à une action devant la Cour constitutionnelle pour contester le transfert, à l’initiative du ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V), de prisonniers belges dans la prison néerlandaise de Tilburg.
Paradoxe, la Ligue francophone des droits de l’homme a, elle, déposé un recours contre l’organisation de ce transfert qui devra pourtant, en principe, ne concerner que des prisonniers néerlandophones.
Sur son site internet, la Liga appelle le grand public à participer à son "sauvetage". Une manifestation est organisée à Gand le 10 mars.
La Ligue flamande rappelle quelques unes de ses actions menées ces dernières années dont la plus spectaculaire a permis de condamner le Vlaams Blok pour racisme. La Liga conteste devant le Conseil d’Etat la décision de la ministre Joke Schauvliege.

Durum
Retrouvez ce billet sur la nouvelle version de ce blog: www.boulettemoutarde.be

mercredi 9 juillet 2008

Cérémonie des JO: petits réglements de comptes entre amis

Souvenez-vous, c'était il y a quelques mois. L'armée chinoise réprimait durement la révolte tibétaine. Souvenez-vous, c'était il y a bien longtemps, avant la libération d'Ingrid Bétancourt, avant le non irlandais au traité de Lisbonne, avant la victoire d'Obama aux primaires démocrates. La flamme olympique zigzaguait à Londres, à Paris, pour échapper aux manifestants des droits de l'homme. Sarkozy brandissait la menace de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Plus habile, Gordon Brown soulignait qu'il n'avait jamais prévu d'y assister (mais qu'il irait peut-être bien à la fête de clôture - une démarche imitée par notre Yves Leterme national).
Le président français vient de faire savoir que, finalement, il irait bien à Pékin pour la cérémonie d'ouverture. Il a entretemps hérité de la présidence de l'Union européenne - et donc il représentera un peu tous les Européens. Qu'est-ce qui a changé depuis la crise tibétaine ? C'est difficile à dire. Des négociations ont bien été ouvertes entre le gouvernement chinois et les représentants du dalaï-lama, sa "clique", comme on dit à Pékin, mais qui pourrait douter que ces pourparlers sont un leurre destiné à jeter un voile pudique sur le Tibet, jusqu'à la fin des JO ? Les négociateurs tibétains ont d'ailleurs fait savoir que les discussions ne menaient nulle part.
Parmi les élites européennes, une voix dissidente se fait entendre. C'est, curieusement, celle du très sage démocrate-chrétien allemand Hans-Gert Poettering, le président du Parlement européen. Il a annoncé mercredi qu'au vu des circonstances, il ne ferait pas le déplacement. Le geste sera, sans aucun doute, perçu comme un affront à Pékin. De façon plus inattendue, il ne devrait pas non plus être très bien reçu à Paris. L'annonce de Poettering coïncide en effet avec la décision opposée de Nicolas Sakozy. Embarrassant pour un président déjà attaqué sur ses amitiés avec les dictateurs africains, le Libyen Khadafi, le Tunisien Ben Ali ou le Gabonais Omar Bongo.
On serait mal avisé de penser que le timing de Poettering relève d'une maladresse. L'Allemand aura plutôt voulu se venger du dernier coup bas de Sarkozy à son encontre. Au sommet européen de juin dernier, le président de la République avait en effet demandé aux 27 de le faire sortir de la salle, afin de pouvoir mener les discussions en toute intimité...
Ca promet des étincelles lors de la conférence de presse conjointe que les deux doivent donner ce jeudi à Strasbourg - qui sera diffusée en streaming ici.

Colonel Moutarde

samedi 29 décembre 2007

L'Office des étrangers, un système qui ne souffre aucune opposition

Ainsi que l'a relaté la presse, l'Office des étrangers vient une nouvelle fois de se faire remarquer en cette fin d'année en prenant, concernant une ressortissante algérienne de Belgique, une série de décisions conformes à son idéologie bureaucratique déshumanisée qui rappelle les pratiques de certains fonctionnaires qui, en d'autres temps, magnifiaient l'ordre et l'organisation au service de l'hégémonisme.
Ainsi, Latifa Boukhtouchen, disposant d'un titre de séjour en Belgique, s'est rendue plus d'un an en Algérie pour veiller son grand-père jusqu'à son décès. En infraction avec la loi, Latifa Boukhtouchen n'a pas signalé aux autorités belges cette expatriation de plus d'un an.
De retour à l'aéroport de Zaventem, elle a été placée en détention par l'Office des étrangers dans un centre pour personnes refoulées cataloguées comme "inadmissibles" sur le territoire et menacée d'expulsion. La loi laisse à l'Office des étrangers la possibilité de prendre ce genre de décision.
Il va sans dire que pour une personne née en Belgique, en demande de naturalisation, dont les frères et soeurs, de nationalité belge, attendaient le retour de leur parente en cette fin d'année, la décision de l'Office laisse perplexe. Saisie en extrême urgence, la chambre du Conseil a, dans une ordonnance particulièrement sévère pour l'Office, exigé la libération séance tenante de la jeune femme.
En bonne administration répondant aux injonctions, l'Office des étrangers, rigoriste, bien organisé et adepte de l'ordre a obtempéré. Il a libéré Mme Boukhtouchen. Mais lui refusant l'accès au territoire, il s'est contenté de l'autoriser à errer sans argent, couverture et sanitaires à sa diposition, des jours durant dans la zone de transit.
Une fois de plus, la justice a dû s'en mêler, le président du tribunal de première instance ordonnant la libération de la jeune femme sous peine de voir l'Etat belge s'acquitter d'astreintes de l'ordre de 5.000 euros par jour. L'Office des étrangers s'est vu reprocher par la justice de violer l'autorité de la chose jugée. Ce n'est pas la première fois et malheureusement, probablement pas la dernière. L'Office des étrangers n'a jamais aussi bien porté son surnom d'Etat dans l'Etat, qui foule la démocratie au pied, ne souffrant aucune opposition. Un système qui tend à l'unité. A la totalité. Une administration totalitaire.

mardi 18 décembre 2007

L'hyperréalisme d'Anne-Marie Lizin entame son crédit

En quelques semaines de temps, la pasionaria du parlement belge, Anne-Marie Lizin, vient de démontrer en deux nouveaux exemples à quel point son credo de politique pragmatique poussé à son paroxysme sur la scène internationale la décridibilise totalement.
Envoyée par l'OSCE, dont elle assure la vice-présidence du parlement, superviser les élections législatives russes, Mme Lizin a dit n'avoir constaté "aucun problème de procédure" dans son communiqué de conclusion. Son collègue Kimmo Kiljunen, vice-président de la même assemblée a fourni une analyse plus nunancée. "A chaque fois que j'entends [des chiffres comme] 99 % de participation, cela me pose un important problème car je sais que dans une situation normale il est impossible que tout le monde vote", a-t-il indiqué au quotidien Le Monde.
Plus récemment, alors que la gauche française s'est vue offrir un boulevard pour dénoncer les atermoiements sarkozyens sur les droits de l'homme et le terrorisme dans le cadre de la (même pas) lucrative visite du président libyen Mouammar Khadafi, le sixième sens pragmatique de la bouillante sénatrice-bourgmestre de Huy l'a poussée à se rendre illico presto dans la ville lumière se prosterner sous la tente du dictateur.
On connaît le credo des réalos: mieux vaut se montrer flexible avec ceux qu'on a et négocier ce qui est possible plutôt qu'aller à l'affrontement et se voir fermer toutes les portes au risque même de voir émerger des despotes pire encore que leurs prédécesseurs.
Mme Lizin avait déjà donné un aperçu de ses talents en la matière en prônant la fermeture de Guantanamo, non pas pour des motifs humanitaires (elle jugeait même Guantanamo plus respectueuse des droits de l'homme qu'une prison belge) mais parce qu'elle jugeait les Américains incapables d'y recueillir des éléments suffisamment probants dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La flexibilité quand elle se pratique aux dépens de la dignité humaine ne fait qu'accroître le déni de démocratie. Il ne manque plus à la reine du Condroz qu'à se trouver un Carla Bruni (la Boulette propose un shooting à Plopsaland avec Mika, Ndlr) pour faire diversion. Mais la diversion, mémé Lizin, cela ne lui ressemble pas.