mercredi 14 octobre 2009
La baisse de la TVA dans l'horeca, ou comment une inanité électorale est devenue réalité
De ce bilan, Didier Reynders n'a cure. Bien décidé à honorer sa promesse électorale, il a fait acter lors des dernières négociations budgétaires une TVA réduite à 12% pour l'horeca. De son point de vue, mieux valait sans doute gaspiller 250 millions d'euros d'argent public que dilapider encore un peu un capital politique personnel déjà bien entamé. Quant aux autres membre du gouvernement, socialistes en tête, ils n'ont pas osé revenir sur cet engagement fait trop légèrement pendant la dernière campagne.
Officiellement rangée avec les autres mesure de relance, la baisse de la TVA relève plutôt de la mascarade. A l'heure où l'on ne remplacera pas les départs à la retraite à la RTBF, à la police, dans l'armée, à l'heure où les professeurs devront se passer d'investissements promis, le gouvernement tente de nous faire avaler une mesure coûteuse dont l'intérêt social est proche de zéro.
La gestion des finances publiques mériterait un peu plus de sérieux. Et les dirigeants belges enclins au promesses électorales feraient bien de méditer sur l'exemple des Etats-Unis – ce grand pays où, à force de cadeaux fiscaux, les finances publiques s'approchent doucement de la faillite.
Colonel Moutarde
lundi 14 septembre 2009
Le putsch de Didier Reynders
La motion de la petite composante MCC, qui a réclamé ce week-end l’organisation immédiate d’une élection présidentielle, a servi de prétexte. Didier Reynders a frappé vite, il a frappé fort. Profitant de réunions du parti auxquelles ne participaient ni Louis Michel (en déplacement à Strasbourg), ni Charles Michel (au Congo), il s'est promptement fait reconfirmer à la présidence. A l'"unanimité", a-t-il déclaré aux médias. En réalité, la décision a été prise par consensus, sans vote, ont maugréé quelques récalcitrants impuissants. Qu'à cela ne tienne: Didier Reynders est désormais bien arrimé à la tête du MR – et il deviendra très difficile pour le clan Michel, qui n'a même pas encore osé afficher publiquement son opposition, de renverser la tendance. Pas sûr en tout cas que ce mini-putsch suffise pour calmer les tensions...
Une reconfiguration logique du paysage politique belge verrait la scission du MR: les partisans du libéralisme social michelien d'un côté, les tenants du libéralisme pur et dur à la Reynders de l'autre. Dans ce scénario, ces derniers fusionneraient avec le nouveau Parti populaire (PP) de Mischaël Modrikamen. Mais il est peu probable que messieurs Modrikamen et Reynders, ennemis jurés sur le dossier Fortis, envisagent un jour de former une alliance.
Colonel Moutarde
mercredi 2 septembre 2009
Le retour étonnant de la taxe Tobin
C’est Adair Turner qui a ouvert le bal. L’homme dirige la FSA, l’autorité britannique des marchés financiers, un poste clé dans un pays où la finance pèse lourdement dans l’économie. Dans un entretien avec le magazine Prospect, il préconise d’augmenter les exigences de capitalisation des banques. Et "si les exigences de capitaux supplémentaires sont insuffisantes, je serais heureux d’envisager des taxes sur les transactions financières, des taxes Tobin". L’homme a reçu un soutien franc d’Attac. En Belgique, le ministre des Finances Didier Reynders a embrayé. Il se dit "favorable à une taxation des opérations financières"."Ces activités ont quand même entraîné la crise... N'y a-t-il pas moyen d'imaginer un prélèvement des Etats ? Le faire au niveau de la Belgique, cela n'a pas beaucoup de sens. Mais je vois que l'autorité de marché britannique commence à en parler ". On croit rêver. Seuls les imbéciles, il est vrai, ne changent pas d’avis. Rappelons que l’idée d’une taxe Tobin a été approuvée par le parlement belge en juillet 2004 après de multiples obstructions de la part des élus du MR, qui se sont finalement abstenus. La loi prévoit toutefois que la taxe ne sera appliquée que si tous les pays de la zone euro adoptent un texte similaire. M. Reynders lui-même affirmait à l’époque ne pas croire un instant que les prélèvements entreraient en vigueur.
Colonel Moutarde
vendredi 19 juin 2009
D. Reynders a cru arrêter José H. au Mont des Oliviers
Après une enquête interne à l'appareil judiciaire portant sur sa campagne réformatrice, Mme Reynders est aujourd'hui visée par une plainte de José H. Et quand bien même, s'il apparaissait in fine que Mme Reynders devait avoir agi dans le respect de la loi et des usages, désamorçant la bombe H, il apparaît avec beaucoup d'acuité que si la soeur à DJR prête, depuis sa nomination, le flanc à la critique, elle le fait aujourd'hui d'autant plus facilement qu'elle a offert à tous ses détracteurs un maximum de rameaux pour se faire battre, aidée d'ailleurs en cela par son frère de président réformateur mal gravité, qui ne trouva rien d'autre à redire durant la campagne faite par sa soeur en son soutien, que "des journalistes avaient découvert qu'elle était ma soeur, poussant l'investigation plus avant, ils ont aujourd'hui relevé que je suis son frère".
L'idée selon laquelle le clan Reynders a placé une première salve destructrice d'oléacées au premier jour des négociations des gouvernements régionaux sera difficile à battre en brèche. Le MR a fait du système PS le moteur de sa campagne. Aujourd'hui, c'est le système Reynders qui apparaît au grand jour.
Durum
mercredi 20 mai 2009
Le bonheur est dans le pré carré
Cette campagne est aujourd'ui aussi très "personnelle" et il est remarquable de constater qu'elle est parfois à usage interne. La guérilla que se mènent le MR et le PS est l'occasion d'y revenir.
Lors d'un récent meeting, le MR a évoqué son supposé principal concurrent en termes d'infréquentabilité. Louis Michel a assuré n'avoir voulu viser que le seul Philippe Moureaux coupable pour les réformateurs d'avoir suggéré que les "affaires" faisaient plus de vagues dans les milieux socialistes, vu qu'à droite elles ressortissent à un comportement culturel. Le Commissaire-alors-pas-encore-en-congé y a vu un dérapage digne des grands discours fascistes. Il a peut-être cherché par là à affaiblir le PS en s'en prenant à un élément "radical", quitte à se ménager un couloir de négociations avec le potentiel futur partenaire socialiste, si le besoin s'en faisait sentir.
Mais Didier Reynders voit les choses différemment. Il n'a pas apprécié que pour se dépêtrer des affaires, Elio Di Rupo ait choisi d'attaquer Olivier Chastel (MR), également connu comme arroseur public d'amicales pas désintéressées. Pour DJR, le PS est tout simplement devenu infréquentable. Il faut l'isoler. Oser des majorités sans lui.
A l'issue de ce meeting du MR, Elio Di Rupo a réagi mollement, pondant tout un communiqué pour signifier qu'il n'entendait pas... réagir à de telles bassesses.
Sur le retour face un Di Rupo en difficulté, Onkelinx a surpris, deux jours plus tard, dans Le Soir, menaçant de quitter le fédéral. Pour mieux se concentrer sur la présidence d'un parti voué à l'opposition à tous les niveaux de pouvoir? En tout cas, sa sortie a surtout donné l'impression d'avoir été destinée à l'interne, du style 'une opposition musclée ne nous fait pas peur'. On se souviendra qu'après l'élection ratée de 2007, Onkelinx avait déjà plaidé l'opposition pour son parti. A l'extérieur en tout cas, sa sortie dans Le Soir n'a pas beaucoup impressionné. Et certainement pas DJR.
A suivre...
Durum
vendredi 24 avril 2009
Le contribuable belge renfloue les comptes en banque des patrons de Dexia
Dexia a démenti mais comme l'écrit vendredi Libération, il s'ait d'un démenti qui ne fait que confirmer les informations. La distribution en hausse des bonus concerne le Crédit local de France.
Quant aux informations relatives à Axel Miller et Pierre Mariani, elles figurent dans le rapport annuel du groupe Dexia. Il fait état d'une rémunération fixe de Mariani atteignant 1 million d'euros (Miller touchait 825.000) et énonce que "Mariani a droit, en cas de résiliation par Dexia du contrat qui le lie à Dexia, à une indemnité forfaitaire et unique dont le montant sera déterminé en fonction des règles Afep-Medef en vigueur". Les règles du patronat français prévoient que Mariani peut espérer, au maximum, à une indemnité de départ (parachute doré) de 6,5 millions d'euros.
Toujours selon le rapport annuel, Mariani aura aussi droit à un bonus de 2,25 millions d'euros.
Niant pouvoir bénéficier d'un parachute dorés et de bonus, l'actuel patron de Dexia évoque d'autres montants pour sa rémunération fixe (absents du rapport annuel) qui lui permettent de dire que l'évolution de sa rémunération par rapport à Miller n'atteint "que" 11%.
De plus en plus, le sentiment existe que la crise du système financier n'entraînera aucune remise en question, en dépit des quelques soubresauts constatés au G20.
Les Etats français, belge et luxembourgeois sont intervenus pour plus de 6 milliards d'euros pour sauver Dexia de la faillite. Le fait que cette aide serve à renflouer les comptes en banque des dirigeants de l'entreprise ne semble pas perturber notre grand argentier, Didier Reynders, qui reste muet sur la question. Le ministre français de la Relance, Patrick Devedjian a au moins fait mine de s'étrangler, jugeant "inacceptables" les bonus évoqués. Il faut dire que de source syndicale française (CFDT), on indique que certains bonus distribués en 2008 au Crédit local de France auraient compte 6 chiffres, soit plus de 100.000 euros. Waw!
Durum
samedi 4 avril 2009
La démocratie du narcissisme, adoptée par Elio, Didier et les autres
Emmanuel Todd revient sur l'effondrement des idéologies et la montée en puissance de l'individualisme pour expliquer la confiscation par l'élite, de la démocratie.
A mon humble avis, la confection des listes pour les élections régionales et européennes qui auront lieu en Belgique le 7 juin confirme ce constat.
La Belgique connaît ses spécificités. La particratie et la dimension communautaire sont autant d'éléments qui participent depuis des décennies au débat démocratique belge. L'existence de deux grandes communautés culturelles et linguistiques et d'un clivage philosophique et confessionnel ont façonné l'organisation sociétale et politique belge.
En dépit du déclin des idéologies, cette organisation a subsisté mais se trouve être en panne depuis quelques années.
L'évanescence des repères a conduit les formations politiques à recentrer leurs discours. Le système de représentation proportionnelle obligeant à composer des majorités de coalition, on se garde bien dans chaque parti d'attaquer ouvertement l'adversaire et d'annoncer des exclusives (sauf à l'égard de l'extrême droite). On se contente, en visant rarement ad hominem, de lancer des anathèmes contre les nostalgiques du soviétisme, les tenants du (néo-)libéralisme, etc, autant de formules creuses.
Le danger existe de conquérir le pouvoir pour le pouvoir dans le chef d'une élite coupée du peuple.
Comme l'écrit Emmanuel Todd, l'importance qu'ont pris les médias dans le débat politique participe de l'éclosion du narcissisme des élites. On pourrait ajouter que le phénomène a été en s'accroissant avec l'apparition des réseaux dits sociaux. C'est ce que je qualifierais de "démocratie des bons coups": l'ivresse des grands accords youtubisés, le démarchage de speakerines, la facile mise à mal des relations diplomatiques avec le Vatican l'emportent sur la qualité du travail parlementaire à l'heure de tirer les bilans et de confectionner les listes.
Il suffit de voir l'engagement des têtes de listes européennes pour se convaincre de la suffisance affichée à l'égard du débat démocratique. La reine verte de l'entorse aux principes éthiques, Isabelle Durant vient, pour la énième fois de réussir à réorienter sa carrière; Louis Michel ne rêve que de politique belge; Jean-Claude Marcourt se voit, le 8 juin, plutôt ministre qu'exilé à Strasbourg; Anne-Delvaux-celle-qui-crache-dans-la-soupe-plus-vite-que-son-ombre (mais dans les cénacles on ne connaît que son ombre) vient nous vendre pour la deuxième fois en 2 ans son statut de speakerine.
Comme il y a deux ans, et malgré la crise globale, le seul intérêt retenu par les états-majors, à l'aube des scrutins, est de savoir qui d'Elio ou de DJé sera à la manoeuvre. Les plus petits partis traditionnels se positionnent dans ce canevas.
La fin des idéologies ne met-elle pas en exergue l'effet collatéral le plus pernicieux de la particratie, à savoir la confiscation du suffrage universel? Cette crise n'appelle-t-elle pas la nécessité d'avoir des élus de la nation plus "indépendants"? Il est temps d'y réfléchir si on ne veut pas voir, comme en Flandre, apparaître des partis populistes voire liberticides.
Durum
mercredi 25 février 2009
Didier Reynders, le Prince-Evêque qui se voulait Roi-Soleil
Moins de deux ans plus tard, Didier Reynders s'effondre sur tous les fronts. S'il ne confirme pas sa victoire le 7 juin 2009, il sera balayé, brûlé, enterré, y compris par ceux qui jusqu'ici l'ont soutenu.
Aux Finances, le laisser-aller
Le 10 juin 2007, Didier Reynders était déjà fort décrié, singulièrement au nord du pays, pour sa gestion jugée erratique de l'administration des Finances. A la tête du département depuis dix ans (3ème place au hit-parade des records de longévité depuis 1830), le ministre des Finances y a introduit l'informatique qui a notamment permis le développement de certaines applications qui bien que décriées à leur début (la mise en place précipitée aura coûté la bagatelle de 883 millions d'euros disparus dans une erreur d'enrôlement) constituent sans conteste une avancée (tax-on-web, scanning...)
Mais au-delà de ces progrès techniques d'encodage, la politique imprimée par Didier Reynders n'aura fait qu'accentuer, année après année, avec l'aval de ses partenaires, une stratégie ne profitant qu'aux plus riches. Réforme fiscale saupoudrée sur toutes les tranches barémiques mais surtout bénéfique aux particuliers les plus nantis, aux banques, aux multinationales, au monopole énergétique (supression du taux le plus élevé, deux amnisties fiscales, intérêts notionnels débridés -qui pose question à la Commission européenne), lutte contre la fraude fiscale essentiellement limitée à des opérations style phone shops flattant l'électorat du Mouvement Riche (MR), copinage visant à replacer ses hommes dans les hauts lieus de la finance (banques, Euronext, BNB, CBFA), vente d'un tiers du patrimoine de l'Etat au profit du secteur immobilier, évaporation des recettes fiscales (en partie due au retour de conjoncture), etc.
Banco! Et patatras
Pourtant, le monde de la finance et des banques lui a mal rendu ces quelques coups de pouce. A la manoeuvre dans la gestion ("Yves Leterme et moi-même") de la crise bancaire générée par ses amis du management, DJ Bling Bling a soudain dû lutter contre les vents contraires des actionnaires minoritaires avides de vengeance à l'égard de l'establishment financier qu'ils rendent coupables de les avoir plumés. Son plan pour les banques est foulé au pied après une décision de justice dont une Commission d'enquête parlementaire devra (?) juger s'il a, avec Yves Leterme, tenté d'en influencer le cours.
Perseverare Diabolicum
Arrogant à l'extrême, M. tout-va-bien n'en a pas moins persévéré dans sa stratégie de la terre brûlée visant à faire bouger le centre de gravité en Wallonie, avec pour conséquence l'isolement, puisque même Ecolo, dont l'appareil fut dans un premier temps séduit par la perspective de pouvoir bouter dehors les socialistes, a aujourd'hui pris ses distances et serait favorable, si le résultat des élections le permet, à participer à des oliviers.
DJR n'a pas tiré les leçons de la période orange bleue durant laquelle, à force d'humilier Joëlle Milquet, il aura contribué, aux côtés de Laurel Leterme, à faire échouer l'émergence d'une coalition de centre-droit.
Entre-temps, la gestion erratique du ministre des Finances explose sur la place publique. Mais elle ne date pas d'hier.
Le fidèle Jean-Claude Laes, ancien chef de cabinet, a été recalé pour insuffisance à la tête de l'administration. Depuis deux ans, personne n'en a repris officiellement les rênes.
Pire, il y a une semaine, le Conseil d'Etat a annulé toute la composition du Comité de direction des Finances au risque de voir jetées aux orties les décisions prises par ledit Comité à l'endroit des contribuables. Le Conseil d'Etat a rendu un arrêt sévère, estimant que Didier Reynders s'est montré incapable de mener à bien la réforme de son administration. Il était prévu il y a près de dix ans, dans la foulée de la réforme Copernic, que l'administration des Finances accouche de sa propre réforme dite Coperfin. Celle-ci est à peu de choses près restée lettre morte.
Enfin, le ministère des Finances devait installer un service de médiation. Nulle trace au SPF.
Au MR, cela sent la poudre (d'escampette)
Dans son propre parti, cela commence à gronder. L'arrivée du populiste Rudy Aernoudt sur les listes MR a failli faire exploser son Mouvement, le FDF étant à deux doigts de larguer les amarres. Plus progressiste et laïc, le FDF ne se reconnaît plus dans un MR aux accents sarkozy-berlusconiens. Né sur le terreau social-chrétien, le petit MCC ne cache pas non plus son malaise. Pour la première fois peut-être, Didier Reynders a dû faire volte-face, frisant l'humiliation. Risquant une chute précipitée, il a préféré renoncer à accueillir Rudy Aernoudt 48 heures après l'avoir embaûché. Et la famille Michel se tient en embuscade.
De l'éthique étique
Pourfendeur du manque d'éthique socialiste, le MR n'est pas, lui non plus, porteur d'exemple. Après Daniel Ducarme, alors ministre-président bruxellois, c'est, il y a quelques semaines, l'échevin chevalier blanc de Charleroi Philippe Sonnet qui a été pris en défaut de ne pas avoir rentré pendant plusieurs années ses déclarations fiscales... sans jamais inquiéter l'administration. On se souvient d'Olivier Chastel oubliant de déclarer au fisc son état marital. Présumé innocent, le sénateur Richard Fournaux est inculpé de corruption passive dans une affaire de casino. Son immunité parlementaire a été levée.
Le MR est également habile à dénoncer le cumul des mandats, oubliant que le champion toutes catégories oeuvre en ses rangs. Avec ses quelque 40 strapontins, un certain député permanent liégois prénommé Georges n'hésite pas à user de son patronyme comme slogan "Votez Pire, c'est mieux!".
Le 7 mars, Didier Reynders entre en campagne avec un bilan catastrophique. Son unique programme consiste à mettre le PS dans l'opposition.
N'écoutant que son orgueil, il a fini par se brûler les ailes, au risque, le 7 juin, de couler à pic dans la Meuse. Bruegel l'Ancien n'aurait rêvé plus beau modèle. Le PS non plus.
Durum
mardi 24 février 2009
Rudy Aernoudt n'est plus au MR
Il a senti que le FDF était sur le point de lui échapper.
A cet égard, les hypothèses sur les motivations du FDF circulent. Il est difficile de penser que le FDF se soit réveillé subitement un lundi matin après des semaines de négociations avec LiDé et l'officialisation des relations entre le MR et Aernoudt durant le week-end.
Bien sûr le FDF n'a jamais été idéologiquement partisan de cette relation mais de là à annoncer dans la presse qu'il claque la porte, il y a une marge.
Au MR, on était secoué lundi. Certains voyaient dans cette sortie la volonté du président Olivier Maingain de montrer ses griffes sur le plan communautaire à quelques encablures des élections. Peu crédible. Maingain a toujours pu le faire au sein du MR.
Pourquoi en dehors? Par crainte de voir la stratégie Reynders confirmer le MR dans un rôle d'opposition. Dans le quotidien De Morgen du week-end dernier, Olivier Maingain s'est positionné en candidat ministre de la Culture. On voit mal Olivier Maingain disparaître en endossant une fonction peu visible vu les manques de budget au sein de ce département. En revanche, il s'est dit aussi, y compris dans d'autres formations, que Didier Gosuin a fait un rapide calcul. Ancien ministre bruxellois lorsque son parti était en majorité, Didier Gosuin ne veut plus continuer à lanterner dans l'opposition. Il craint aussi la stratégie Reynders du "seul contre tous". Didier Gosuin aurait vu d'un bon oeil que le FDF largue les amarres, se présente seul aux élections et intègre l'olivier bruxellois.
Le seul à ne pas avoir embrayé dans le putsch du 23 février a été Bernard Clerfayt. Il s'est contenté lundi d'attendre une "clarification" du MR après l'arrivée de Rudy Aernoudt. Il faut dire que la Sarah Palin de la politique belge est la plus exposée aux foudres de Reynders dont il est secrétaire d'Etat adjoint.
Une autre hypothèse qui circule veut que toute cette affaire a été montée par DJ Bling Bling pour décridibiliser Aernoudt. Celui-ci était venu pour sauver la Wallonie mais il est rapidement apparu qu'il visait un très rémunérateur strapontin à Strasbourg. Il n'est même pas domicilié en Région wallonne et ne peut donc pas figurer sur une liste pour les élections régionales. Aujourd'hui, Aernoudt se retrouve Gros-Jean comme devant et devrait disparaître du paysage politique frnacophone aussi rapidement qu'il y était arrivé. On sait Reynders capable de tout mais de là à fomenter de tels coups qui ont failli décrocher sa propre formation de son centre de gravité, il semble y avoir un pas qu'il n'eut pu franchir au nom d'un minimum de réalisme.
La suite au prochain numéro. Le 7 juin. Soit Reynders réussit son coup, confirme son statut de premier-francophone-premier-wallon-premier-bruxellois et ses détracteurs pourront définitivement se coucher. Soit il se plante et c'est la bérézina. Le clan Michel revient aux affaires, le FDF fait le point et les Destexhe-Jeholet vont manger leur pain noir.
Durum
samedi 21 février 2009
Rudy Aernoudt au MR
Durum
samedi 31 janvier 2009
Inge Vervotte ne voulait pas devenir la pucelle de Malines-Bruxelles
Mme Vervotte s'en est expliquée dans la presse. Elle dénonça l'attitude de Didier Reynders, mouillé comme Yves Leterme et Jo Vandeurzen dans l'affaire des présumées tentatives d'influence de la magistature à propos du dossier Fortis. Leterme et Vandeurzen ont payé de leur personne. Didier Reynders est resté à la barre. Inge Vervotte a parlé de manque de collégialité. Nul doute que le CD&V s'en souviendra lors des travaux de la Commission Fortis.
Le motif avancé par Mme Vervotte pour démissionner à son tour n'est pas farfelu. Mais à bonne source, à la tête du CD&V, on fait part des réelles justifications avancées par Inge Vervotte. Celle-ci aurait fait savoir qu'elle ne voulait pas devenir la nouvelle Freya Van den Bossche. S'estimant trop jeune, trop légère, sans réelle expérience pour un poste de vice-première ministre, elle a préféré décliner par crainte d'être à son tour brûlée sur le bûcher de la real-politique.
Dans un cas comme dans l'autre, on peut saluer l'honnêteté d'une personnalité qui a fait montre de collégialité et d'humilité. Il reste à sa voir si un jour Mme Vervotte pourra revenir à de hautes fonctions ministérielles. Son passage éclair au gouvernement fédéral n'a pas convaincu grand monde. Mais contrairement à un Vincent Van Quickenborne, l'agitateur de tsunamis, au moins, en est-elle peut-être consciente. Par les temps qui courent, c'est déjà une qualité.
Durum
samedi 24 janvier 2009
Louis Michel veut à nouveau s'afficher sur la scène belge. Quid DJ Reynders?
Louis Michel est à peu près certain de ne pas rempiler à la Commission européenne. Sa seule possibilité serait de profiter d'une neutralisation entre le CD&V et le VLD, qui tous deux convoitent le poste dévolu à la Belgique. Encore Louis Michel devrait-il alors tenir compte du résultat des forces en présence, y compris en francophonie, les cartes étant rebattues le 7 juin. Rien ne dit que le PS, peut-être un des partis les plus à l'aise dans le contexte de crise actuelle, n'entre dans la danse.
(Quasi) exit la Commission donc pour Louis Michel dont le clan serait à nouveau inquiet de la stratégie du patron du MR Didier Reynders qui à force de vouloir "faire bouger le centre de gravité" pourrait finir par... se retrouver tout seul dans l'opposition, à tous les niveaux de pouvoirs.
On dit aussi, à plusieurs sources, que Louis Michel aurait repris langue avec le président du PS, Elio Di Rupo. Lui qui ne cesse de pourfendre la philosophie "libérale" qui vient de mettre le monde sans dessus dessous serait plutôt partisan de gouverner au sein d'une majorité du progrès. Il se passerait donc volontiers d'un pacte avec le "ministre des banques" dont il fustige l'arrogance et le mépris. Louis Michel va-t-il réussir à se rappeler à la mémoire de l'Empereur du Boulevard en le convaincant que ses idées d'un libéralisme moral et régulé sont plus que jamais d'actualité? Et comment réagira DR? Décidément, les prochaines semaines seront passionnantes. Et cruciales. Une fois de plus. On ne voit cependant pas encore se lever le brouillard qui est tombé sur la Belgique à la mi-2007 et qui, depuis, paralyse le débat démocratique.
Durum