Il y a quelques jours, le Premier ministre Yves Leterme a rappelé à l'ordre son ministre des Pensions Michel Daerden qui s'était laissé aller à une certaine emphase dans une réponse à une question d'un sénateur qui fit l'objet d'un buzz bien senti. Yves Leterme a alors rappelé à M. Daerden que les ministres du gouvernement se devaient de rester digne. Le chef du gouvernement s'est senti obliger d'intervenir alors que l'image de Michel Daerden renvoyant à un certain esprit de la fête n'est pas bien perçue en Flandre.
Ce faisant, il faut savoir assurer ses arrières. Or, jeudi dernier, c'est Yves Leterme lui-même qui a glissé au perchoir du Sénat. Interrogé par le sénateur cdH Jean-Paul Procureur sur la situation en Haïti, M.Leterme s'est fourvoyé. Au lieu de lui répondre, le Premier ministre a répété à la tribune la question que venait de lui poser le sénateur Procureur. Le Premier s'est trompé de document. Sur les images, on voit dubitatifs, Jean-Paul Procureur et Francis Delpérée, se demandant ce qu'il convient de faire. Finalement, M. Delpérée monte à la tribune avertir le Premier ministre qui met un certain temps à comprendre, pour finalement s'excuser avant de corriger le tir. Ceci n'est évidemment pas bien grave. Mais cocasse après le rappel à l'ordre de Michel Daerden. Il y eut débat sur le potentiel arrosé. Aujourd'hui, c'est l'arroseur arrosé. Qui reste Ding!
Durum
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vendredi 22 janvier 2010
jeudi 26 novembre 2009
Traité de Lisbonne: vous avez dit plus simple ?
Quand, en 2001 à Laeken, les dirigeants européens ont entrepris de rédiger ce qui allait devenir le traité de Lisbonne, ils avaient en tête de rendre l'UE plus démocratique, plus efficace et moins compliquée. S'il rend l'Union un peu plus démocratique (avec l'extension des compétences du Parlement) et un peu plus efficace (avec l'extension du vote à la majorité qualifiée), le traité finalement adopté ne la rend vraiment pas plus simple à comprendre. C'est particulièrement le cas pour la présidence du Conseil, dont le fonctionnement deviendra encore plus byzantin.
Contrairement à une idée reçue, la nomination d'un président stable, en la personne d'Herman Van Rompuy, ne signifie pas la fin des présidences nationales tournantes. Car ce président stable, censé assurer plus de continuité aux travaux, ne dirigera que le Conseil européen, c'est-à-dire les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement. Les formations inférieures du Conseil resteront quant à elles dirigées selon l'ancien système. Par exemple, le Conseil Ecofin sera dirigé au premier semestre de l'année par la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, puis par Didier Reynders au second semestre. Pas question donc de continuité accrue pour toutes les formations sectorielles, sauf pour les Affaires étrangères. Le Conseil "Relex" sera en effet présidé par Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante pour les politique extérieure. Vous avez dit plus simple, l'Europe ?
Les choses se compliquent encore quant on en vient au Conseil des Affaires générales, le CAG. Il s'agit d'une importante réunion de coordination politique. Pour l'instant, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui y siègent. Quand ils ont fini leurs discussions, ils changent de casquette et s'occupent d'Affaires étrangères. Dans le jargon, cette double réunion porte le nom barbare de CAGRE – Conseil des Affaires générales et des relations extérieures.
L'idée originale du traité de Lisbonne était de diviser le CAGRE en deux. Organe transversal, le CAG aurait été présidé par le ministre national en charge des questions européennes, le Relex par le Haut représentant. Vous suivez ?
Et bien, il semble que ce découplage, relativement logique, n'a plus la cote. Premier pays à expérimenter le traité de Lisbonne, l'Espagne semble même en passe de le saboter complètement. La cause ? Les orgueils mal placés de quelques ministres puissants.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, n'a pas l'intention de rester les bras croisés pendant la présidence de son pays. Forcé d'abandonner la présidence du Conseil Relex à Catherine Ashton, il compte bien se rabattre sur le CAG. Pas question de laisser ce Conseil à un sous-fifre. Les Belges ont d'ailleurs pris la même décision, puisque ce sera le nouveau Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, qui jouera ce rôle. Olivier Chastel, secrétaire d'Etat à l'Europe, a été relégué à l'arrière-plan.
Voilà qui rajoutera une couche de complexité à une nouvelle architecture qui n'en avait pas besoin. Une meilleure idée serait que chaque gouvernement se désigne un ministre pleinement compétent pour l'Europe. Il présiderait le CAG. Il pourrait aussi servir à mieux faire comprendre l'Europe aux citoyens. Le travail ne manque pas.
On notera enfin que dans tout ce bazar, la seule personnalité de premier plan qui ne jouera pas de rôle majeur pendant la présidence de son pays, c'est le Premier ministre. Avec Yves Leterme à nouveau à la barre en Belgique, certains pousseront sans doute un soupir de soulagement...
Colonel Moutarde
Contrairement à une idée reçue, la nomination d'un président stable, en la personne d'Herman Van Rompuy, ne signifie pas la fin des présidences nationales tournantes. Car ce président stable, censé assurer plus de continuité aux travaux, ne dirigera que le Conseil européen, c'est-à-dire les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement. Les formations inférieures du Conseil resteront quant à elles dirigées selon l'ancien système. Par exemple, le Conseil Ecofin sera dirigé au premier semestre de l'année par la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, puis par Didier Reynders au second semestre. Pas question donc de continuité accrue pour toutes les formations sectorielles, sauf pour les Affaires étrangères. Le Conseil "Relex" sera en effet présidé par Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante pour les politique extérieure. Vous avez dit plus simple, l'Europe ?
Les choses se compliquent encore quant on en vient au Conseil des Affaires générales, le CAG. Il s'agit d'une importante réunion de coordination politique. Pour l'instant, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui y siègent. Quand ils ont fini leurs discussions, ils changent de casquette et s'occupent d'Affaires étrangères. Dans le jargon, cette double réunion porte le nom barbare de CAGRE – Conseil des Affaires générales et des relations extérieures.
L'idée originale du traité de Lisbonne était de diviser le CAGRE en deux. Organe transversal, le CAG aurait été présidé par le ministre national en charge des questions européennes, le Relex par le Haut représentant. Vous suivez ?
Et bien, il semble que ce découplage, relativement logique, n'a plus la cote. Premier pays à expérimenter le traité de Lisbonne, l'Espagne semble même en passe de le saboter complètement. La cause ? Les orgueils mal placés de quelques ministres puissants.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, n'a pas l'intention de rester les bras croisés pendant la présidence de son pays. Forcé d'abandonner la présidence du Conseil Relex à Catherine Ashton, il compte bien se rabattre sur le CAG. Pas question de laisser ce Conseil à un sous-fifre. Les Belges ont d'ailleurs pris la même décision, puisque ce sera le nouveau Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, qui jouera ce rôle. Olivier Chastel, secrétaire d'Etat à l'Europe, a été relégué à l'arrière-plan.
Voilà qui rajoutera une couche de complexité à une nouvelle architecture qui n'en avait pas besoin. Une meilleure idée serait que chaque gouvernement se désigne un ministre pleinement compétent pour l'Europe. Il présiderait le CAG. Il pourrait aussi servir à mieux faire comprendre l'Europe aux citoyens. Le travail ne manque pas.
On notera enfin que dans tout ce bazar, la seule personnalité de premier plan qui ne jouera pas de rôle majeur pendant la présidence de son pays, c'est le Premier ministre. Avec Yves Leterme à nouveau à la barre en Belgique, certains pousseront sans doute un soupir de soulagement...
Colonel Moutarde
mercredi 9 septembre 2009
L'étrange malédiction d'Yves Leterme
Quand, en 1968, Andy Warhol prédisait à chacun 15 minutes de gloire, il ne pensait sans doute pas que sa prophétie s'appliquerait, de façon étrange, à un politicien belge répondant au nom d'Yves Leterme. L'homme s'est retrouvé sous les feux des projecteurs le soir du 10 juin 2007, après avoir recueilli 800.000 voix aux élections législatives, une victoire quasiment sans précédent qui laissait augurer le meilleur pour sa carrière politique.

Mais une fois passé cet instant au sommet sa vie politique s'est apparentée à une longue descente aux enfers. On ne reviendra pas sur les nombreux couacs qui ont émaillé son parcours de Premier ministre - déjà largement commentés. Plutôt sur cette poisse qui semble le poursuivre dans ses nouvelles fonctions. En devenant ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme pensait sans doute mettre derrière lui les pages les plus sombres de sa carrière. Il nourrissait peut-être même l'ambition de reprendre à Herman Van Rompuy cette fonction de Premier ministre qui lui avait été si injustement ravie. C'était sans compter sur des relations pour le moins houleuses avec les médias, qui menacent de ternir son image pour de bon. Ce n'est pas un secret: l'homme n'est pas en bons termes avec la presse. Depuis qu'elle l'a rendu ridicule en lui faisant chanter la Marseillaise en la place de la Brabançonne, il voue à la RTBF un mépris profond, osant même une comparaison controversée avec Radio Mille Collines. Plus généralement, il méprise ces journalistes qui lui ont façonné une image d'autiste incapable de mener un gouvernement.
En arrivant à la rue des Petits Carmes, Yves Leterme était bien décidé à reprendre le contrôle de son image, histoire de se tailler un costume d'homme d'Etat. Mais à l'image des efforts de Nicolas Sarkozy, sa stratégie est en passe de dérailler. Il prépare méticuleusement un premier déplacement au Vietnam ? Het Laatste Nieuws raille le chapeau que ses hôtes l'invitent à porter pour l'occasion.

Surtout, en snobant un journaliste du Knack, pas invité à participer au voyage, il se prend une réponse cinglante de l'hebdomadaire. "A-t-on jamais vu cela ? Ces voyages ministériels sont payés avec de l’argent du contribuable et ce n’est donc pas à un ministre fortuit de déterminer que seuls les journalistes qui lui sont bien intentionnés peuvent en profiter! Ça ne se passe même pas comme ça en Lybie, mais bien en Belgique…". Sans compter que Knack révèle que le ministre aurait envoyé "une flopée de sms pour le moins chauds qui ont été envoyés à une journaliste de la RTBF".
Pour la rentrée, Yves convoque, tout au long d'une semaine, quasiment tous les journalistes politiques du Royaume pour une série d'entretiens sur sa politique. Le Morgen en profite pour briser le caractère off-the-record des entrevues et balance un article embarrassant sur le dossier sensible de l'approfondissement de l'Escaut.
Le week-end dernier, l'homme est en déplacement à Stockholm pour une réunion européenne. C'est au tour du Soir de se payer sa tête dans un article plutôt moqueur, qui épingle sa "prudence quasiment maladive" et ses "lacunes" dans la connaissance des affaires étrangères.
Ce matin encore, le Morgen égratigne sa décision de décrocher des murs de son cabinet 28 photos de Stephan Vanfleteren acquise par son précécesseur.
Pas de quoi faire tomber un ministre, certes. Mais il ne se passe pas un jour sans une anicroche entre Leterme et les médias. Au cabinet et à l'administration des Affaires étrangères, on affiche un certain dépit face à ces journalistes tellement irrespectueux. On commence aussi à se demander quelle est l'étrange malédiction qui frappe "Monsieur 800.000 voix" - dont il est fort à douter qu'il puisse un jour accéder à nouveau aux sommets atteints le 10 juin 2007.
Colonel Moutarde

Mais une fois passé cet instant au sommet sa vie politique s'est apparentée à une longue descente aux enfers. On ne reviendra pas sur les nombreux couacs qui ont émaillé son parcours de Premier ministre - déjà largement commentés. Plutôt sur cette poisse qui semble le poursuivre dans ses nouvelles fonctions. En devenant ministre des Affaires étrangères, Yves Leterme pensait sans doute mettre derrière lui les pages les plus sombres de sa carrière. Il nourrissait peut-être même l'ambition de reprendre à Herman Van Rompuy cette fonction de Premier ministre qui lui avait été si injustement ravie. C'était sans compter sur des relations pour le moins houleuses avec les médias, qui menacent de ternir son image pour de bon. Ce n'est pas un secret: l'homme n'est pas en bons termes avec la presse. Depuis qu'elle l'a rendu ridicule en lui faisant chanter la Marseillaise en la place de la Brabançonne, il voue à la RTBF un mépris profond, osant même une comparaison controversée avec Radio Mille Collines. Plus généralement, il méprise ces journalistes qui lui ont façonné une image d'autiste incapable de mener un gouvernement.
En arrivant à la rue des Petits Carmes, Yves Leterme était bien décidé à reprendre le contrôle de son image, histoire de se tailler un costume d'homme d'Etat. Mais à l'image des efforts de Nicolas Sarkozy, sa stratégie est en passe de dérailler. Il prépare méticuleusement un premier déplacement au Vietnam ? Het Laatste Nieuws raille le chapeau que ses hôtes l'invitent à porter pour l'occasion.
Surtout, en snobant un journaliste du Knack, pas invité à participer au voyage, il se prend une réponse cinglante de l'hebdomadaire. "A-t-on jamais vu cela ? Ces voyages ministériels sont payés avec de l’argent du contribuable et ce n’est donc pas à un ministre fortuit de déterminer que seuls les journalistes qui lui sont bien intentionnés peuvent en profiter! Ça ne se passe même pas comme ça en Lybie, mais bien en Belgique…". Sans compter que Knack révèle que le ministre aurait envoyé "une flopée de sms pour le moins chauds qui ont été envoyés à une journaliste de la RTBF".
Pour la rentrée, Yves convoque, tout au long d'une semaine, quasiment tous les journalistes politiques du Royaume pour une série d'entretiens sur sa politique. Le Morgen en profite pour briser le caractère off-the-record des entrevues et balance un article embarrassant sur le dossier sensible de l'approfondissement de l'Escaut.
Le week-end dernier, l'homme est en déplacement à Stockholm pour une réunion européenne. C'est au tour du Soir de se payer sa tête dans un article plutôt moqueur, qui épingle sa "prudence quasiment maladive" et ses "lacunes" dans la connaissance des affaires étrangères.
Ce matin encore, le Morgen égratigne sa décision de décrocher des murs de son cabinet 28 photos de Stephan Vanfleteren acquise par son précécesseur.
Pas de quoi faire tomber un ministre, certes. Mais il ne se passe pas un jour sans une anicroche entre Leterme et les médias. Au cabinet et à l'administration des Affaires étrangères, on affiche un certain dépit face à ces journalistes tellement irrespectueux. On commence aussi à se demander quelle est l'étrange malédiction qui frappe "Monsieur 800.000 voix" - dont il est fort à douter qu'il puisse un jour accéder à nouveau aux sommets atteints le 10 juin 2007.
Colonel Moutarde
samedi 24 janvier 2009
Yves Leterme roule pour la mafia. A l'insu de son plein gré?
Un article récent de l'hebdomadaire flamand Humo revient sur l'opération de remise en forme de l'ex-premier ministre Yves Leterme. Depuis qu'il a quitté le gouvernement en pleine tempête politico-judiciaire autour de l'affaire Fortis, Yves Leterme s'est remis... en selle. Il vient de partir à Calpe en Espagne où il accompagne l'équipe cycliste Katyusha en stage.
L'hebdomadaire Humo revient sur les circonstances de ce stage et les liens qui unissent Yves Leterme au patron de Katyusha, Igor Makarov dont la presse d'Europe orientale rappelle régulièrement les attaches mafieuses, sa collaboration avec Cosa Nostra étant établie par voie judiciaire.
Illustrant l'article, une photo fait état de l'accueil particulièrement chaleureux dont a pu bénéficier de la part de M. Makarov, le premier ministre Leterme en juin 2008 en Moldavie. Quelques mois plus tard, en octobre, le chef du gouvernement recevait à Bruxelles un magnifique cadeau de M. Makarov, un vélo de course de valeur très estimable.
Le porte-parole d'Yves Leterme, Peter Poulussen, plaide la bonne foi de son mentor, disant que ce dernier ignore les éléments qu'évoque l'hebdomadaire. Et Peter Poulussen ironise: "peut-être faudrait-il une commission d'enquête parlementaire".
Durum
L'hebdomadaire Humo revient sur les circonstances de ce stage et les liens qui unissent Yves Leterme au patron de Katyusha, Igor Makarov dont la presse d'Europe orientale rappelle régulièrement les attaches mafieuses, sa collaboration avec Cosa Nostra étant établie par voie judiciaire.
Illustrant l'article, une photo fait état de l'accueil particulièrement chaleureux dont a pu bénéficier de la part de M. Makarov, le premier ministre Leterme en juin 2008 en Moldavie. Quelques mois plus tard, en octobre, le chef du gouvernement recevait à Bruxelles un magnifique cadeau de M. Makarov, un vélo de course de valeur très estimable.
Le porte-parole d'Yves Leterme, Peter Poulussen, plaide la bonne foi de son mentor, disant que ce dernier ignore les éléments qu'évoque l'hebdomadaire. Et Peter Poulussen ironise: "peut-être faudrait-il une commission d'enquête parlementaire".
Durum
dimanche 16 novembre 2008
L'asbl Dolor défend-elle l'actionnaire de Fortis ou vise-t-elle la déstabilisation de l'Etat?
Parmi les chevaliers blancs qui s'enorgueillissent de promouvoir la défense des petits actionnaires de Fortis, on trouve l'asbl Dolor, auteure d'une plainte au pénal contre le gouvernement.
C'est cette même asbl qui avait divulgué un scoop relayé sans vérification par Le Soir Magazine, selon lequel le Premier ministre Yves Leterme, le ministre des Finances Didier Reynders et les représentants de Fortis s'étaient vus le 20 août dernier et étaient au courant depuis lors de la situation du banquier.
Le Premier ministre et le ministre des Finances ont démenti l'information, soulignant qu'à cette date ils se trouvaient aux JO de Pékin.
Sans vouloir se prononcer sur le fond de l'affaire, il est bon de gratter un peu et voir qui se cache derrière cette noble association, Dolor, dont les visées sont peut-être plus larges que la simple défense du petit actionnaire.
Son principal responsable, Hendrik Boonen, est membre de Vlott, un groupuscule politique anversois dirigé par le sénateur Hugo Coveliers et allié au Vlaams Belang. A Anvers, Hendrik Boonen est d'ailleurs relativement connu dans le milieu. Il est passé ces dernières années par tout ce que la métropole a connu comme groupuscules fascistes, antipolitiques et populistes.
Il est étonnant que la presse traditionnelle ne l'évoque pas. Il est aussi étonnant qu'alors qu'existe dans la presse francophone un cordon sanitaire, Le Soir Magazine se laisse aller à colporter sans les vérifier les allégations de ces tristes sires.
Dolor, dolor!
Durum
C'est cette même asbl qui avait divulgué un scoop relayé sans vérification par Le Soir Magazine, selon lequel le Premier ministre Yves Leterme, le ministre des Finances Didier Reynders et les représentants de Fortis s'étaient vus le 20 août dernier et étaient au courant depuis lors de la situation du banquier.
Le Premier ministre et le ministre des Finances ont démenti l'information, soulignant qu'à cette date ils se trouvaient aux JO de Pékin.
Sans vouloir se prononcer sur le fond de l'affaire, il est bon de gratter un peu et voir qui se cache derrière cette noble association, Dolor, dont les visées sont peut-être plus larges que la simple défense du petit actionnaire.
Son principal responsable, Hendrik Boonen, est membre de Vlott, un groupuscule politique anversois dirigé par le sénateur Hugo Coveliers et allié au Vlaams Belang. A Anvers, Hendrik Boonen est d'ailleurs relativement connu dans le milieu. Il est passé ces dernières années par tout ce que la métropole a connu comme groupuscules fascistes, antipolitiques et populistes.
Il est étonnant que la presse traditionnelle ne l'évoque pas. Il est aussi étonnant qu'alors qu'existe dans la presse francophone un cordon sanitaire, Le Soir Magazine se laisse aller à colporter sans les vérifier les allégations de ces tristes sires.
Dolor, dolor!
Durum
samedi 18 octobre 2008
Les non-dits de Leterme I qui en disent long
La déclaration de politique générale du gouvernement qui a reçu le 16 octobre la confiance de la Chambre aura été plus éclairante dans ses silences que dans ses appels à la population à faire face à la menace de l'orage, en pleine crise financière.
On connaît la propension des professionnels à user de la communication pour vendre un produit fagoté, la faculté qu'ont d'aucuns à pousser le verbiage à son paroxysme quand les circonstances le demandent. Contexte de double crise, institutionnelle et financière (en partie) oblige, la logorrhée de l'équipe Leterme I est une leçon en la matière.
Ainsi, le gouvernement a-t-il, pour boucler son budget, inscrit dans ses recettes l'engagement des Régions et Communautés à ne pas dépenser 800 millions d'euros qui leur reviennent dans le cadre de leurs dotations respectives.
Pourtant, Bruxelles a fait savoir qu'elle était exsangue et que le fédéral lui devait du pognon. Pourtant, la Région wallonne ne s'est engagée sur le principe qu'à la condition que la Flandre en fasse autant. Et la Flandre a exprimé... son veto... mais a formulé une proposition alternative.
Elle est d'accord de prendre à son compte les dépenses qui mettent en difficulté l'entité I de l'Etat (l'échelon fédéral) portant sur une série de compétences aujourd'hui partagées entre les différents niveaux de pouvoir (dont l'important département de l'emploi), à condition de pouvoir dorénavant gérer elle-même à 100% ces compétences.
Ce faisant, la Flandre de Kris Peeters, relayée par le Premier ministre Yves Leterme cette semaine à la Chambre, a une nouvelle fois insisté sur la nécessité de revoir la loi de financement qui, d'année en année assèche un peu plus les caisses du gouvernement fédéral. On en revient donc au projet flamand de responsabiliser des Régions devenues plus autonomes, encadrer plus objectivement les transferts, financer les entités fédérées en tenant compte de la richesse qui y est produite (ce qui est bon pour Bruxelles, d'autant plus si on y applique les normes internationales d'imposition sur le lieu de travail, mais là l'épure CD&V est comme par hasard plus nuancée).
A tout cela, qu'a répondu le gouvernement Leterme-Reynders? Il a acté ces conditions en inscrivant les 800 millions régionaux à son budget 2009. L'importante réforme de l'état annoncée est donc sur les rails. On peut commencer à l'envisager pour le second semestre de 2009, après les élections régionales.
2009 sera donc une année charnière, institutionnellement s'entend, mais elle sera également une année "énergique". Autre non-dit qui veut tout dire dans la déclaration du Premier ministre, après juin 2009, on décidera de reporter la sortie du nucléaire acquise par la coalition arc-en-ciel. Yves Leterme a rappelé l'échéance d'une réflexion l'année prochaine sur le mix énergétique telle qu'annoncée par le ministre Magnette en vertu de l'accord de gouvernement. Il faudra, a dit Leterme, proposer un modèle qui permette de rencontrer Kyoto (baisse des émissions CO2), de ne pas alourdir la facture des citoyens et d'assurer à la Belgique la sécurité d'approvisionnement. Du tout cuit pour le nucléaire. Dans le même temps, le gouvernement taxe les producteurs à hauteur de 500 millions d'euros (en réalité 360 millions après déduction d'impôts). GDF-Suez-Electrabel s'étrangle et menace mais se couchera lorsqu'elle aura la certitude de pouvoir continuer à actionner la pompe à milliards productrice d'énergie fissile.
La communication code-barre du gouvernement fortement teintée de non-dits, d'omission à l'insu de son plein gré est bien assumée en son sein. Ainsi, le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt, adjoint au ministre des Finances Didier Reynders, annonça urbi et orbi les différentes mesures prises pour le budget, en oubliant un détail, la taxation via le système du cliquet, des carburants en cas de baisse de prix. Mesure environnementale peu populaire qui, proportionnellement à la richesse, touchera essentiellement la classe inférieure et la classe moyenne. Il faut dire que le bourgmestre de la cité des ânes peut désormais être qualifié d'expert en omission, fausses informations et usage de fausses informations, lui qui n'a pas hésité récemment à renvoyer les tenants de la création d'une banque publique non sujette à la volatilité des cours, à ouvrir un compte à la banque nationale, pourtant cotée en bourse et... non accessible aux particuliers. Là, ce n'est plus du non-dit. Disant cela, notre expert financier, a c'est clair, failli à sa tâche. Cela lui a valu de la part de Josy Dubié (Ecolo) d'être affublé du sobriquet de "Sarah Palin de la politique belge".
Durum
On connaît la propension des professionnels à user de la communication pour vendre un produit fagoté, la faculté qu'ont d'aucuns à pousser le verbiage à son paroxysme quand les circonstances le demandent. Contexte de double crise, institutionnelle et financière (en partie) oblige, la logorrhée de l'équipe Leterme I est une leçon en la matière.
Ainsi, le gouvernement a-t-il, pour boucler son budget, inscrit dans ses recettes l'engagement des Régions et Communautés à ne pas dépenser 800 millions d'euros qui leur reviennent dans le cadre de leurs dotations respectives.
Pourtant, Bruxelles a fait savoir qu'elle était exsangue et que le fédéral lui devait du pognon. Pourtant, la Région wallonne ne s'est engagée sur le principe qu'à la condition que la Flandre en fasse autant. Et la Flandre a exprimé... son veto... mais a formulé une proposition alternative.
Elle est d'accord de prendre à son compte les dépenses qui mettent en difficulté l'entité I de l'Etat (l'échelon fédéral) portant sur une série de compétences aujourd'hui partagées entre les différents niveaux de pouvoir (dont l'important département de l'emploi), à condition de pouvoir dorénavant gérer elle-même à 100% ces compétences.
Ce faisant, la Flandre de Kris Peeters, relayée par le Premier ministre Yves Leterme cette semaine à la Chambre, a une nouvelle fois insisté sur la nécessité de revoir la loi de financement qui, d'année en année assèche un peu plus les caisses du gouvernement fédéral. On en revient donc au projet flamand de responsabiliser des Régions devenues plus autonomes, encadrer plus objectivement les transferts, financer les entités fédérées en tenant compte de la richesse qui y est produite (ce qui est bon pour Bruxelles, d'autant plus si on y applique les normes internationales d'imposition sur le lieu de travail, mais là l'épure CD&V est comme par hasard plus nuancée).
A tout cela, qu'a répondu le gouvernement Leterme-Reynders? Il a acté ces conditions en inscrivant les 800 millions régionaux à son budget 2009. L'importante réforme de l'état annoncée est donc sur les rails. On peut commencer à l'envisager pour le second semestre de 2009, après les élections régionales.
2009 sera donc une année charnière, institutionnellement s'entend, mais elle sera également une année "énergique". Autre non-dit qui veut tout dire dans la déclaration du Premier ministre, après juin 2009, on décidera de reporter la sortie du nucléaire acquise par la coalition arc-en-ciel. Yves Leterme a rappelé l'échéance d'une réflexion l'année prochaine sur le mix énergétique telle qu'annoncée par le ministre Magnette en vertu de l'accord de gouvernement. Il faudra, a dit Leterme, proposer un modèle qui permette de rencontrer Kyoto (baisse des émissions CO2), de ne pas alourdir la facture des citoyens et d'assurer à la Belgique la sécurité d'approvisionnement. Du tout cuit pour le nucléaire. Dans le même temps, le gouvernement taxe les producteurs à hauteur de 500 millions d'euros (en réalité 360 millions après déduction d'impôts). GDF-Suez-Electrabel s'étrangle et menace mais se couchera lorsqu'elle aura la certitude de pouvoir continuer à actionner la pompe à milliards productrice d'énergie fissile.
La communication code-barre du gouvernement fortement teintée de non-dits, d'omission à l'insu de son plein gré est bien assumée en son sein. Ainsi, le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt, adjoint au ministre des Finances Didier Reynders, annonça urbi et orbi les différentes mesures prises pour le budget, en oubliant un détail, la taxation via le système du cliquet, des carburants en cas de baisse de prix. Mesure environnementale peu populaire qui, proportionnellement à la richesse, touchera essentiellement la classe inférieure et la classe moyenne. Il faut dire que le bourgmestre de la cité des ânes peut désormais être qualifié d'expert en omission, fausses informations et usage de fausses informations, lui qui n'a pas hésité récemment à renvoyer les tenants de la création d'une banque publique non sujette à la volatilité des cours, à ouvrir un compte à la banque nationale, pourtant cotée en bourse et... non accessible aux particuliers. Là, ce n'est plus du non-dit. Disant cela, notre expert financier, a c'est clair, failli à sa tâche. Cela lui a valu de la part de Josy Dubié (Ecolo) d'être affublé du sobriquet de "Sarah Palin de la politique belge".
Durum
mardi 23 septembre 2008
Yves Leterme tue sa chose avant qu'elle ne lui explose à la figure
Yves Leterme s'accroche à son poste de premier ministre comme à son blackberry. Les événements de ces derniers jours l'ont montré de manière spectaculaire, sa première des priorités est... son ambition personnelle, quitte à passer outre les exigences de son propre parti. Un cacique CD&V nous rapportait récemment quelles étaient les priorités du premier ministre: d'abord le parti, puis le cartel, puis le pays. Un autre précisait: "c'est presque ça, mais en numéro 1, c'est d'abord lui".
De manière inattendue dimanche, Yves Leterme a décidé de sacrifier sa chose, son cartel, contre l'avis des autres pontes du CD&V. Cette alliance avec la N-VA, qu'il avait imaginée pour conquérir le pouvoir, commençait à desservir son dessein personnel. Le cartel risquait de plus en plus de l'emporter à tout jamais dans la tourmente. Yves Leterme a dès lors fait le choix du dialogue avec les francophones, non pas tellement qu'il fasse mine d'y croire ou qu'il place en tête des priorités l'avenir du pays, mais bien qu'il veuille maintenir sa position à la tête du gouvernement. Il veut continuer à parader sur la scène internationale, laissant le soin désormais à Kris Peeters de mener la barque institutionnelle. Gageons qu'il continuera à manoeuvrer en ce sens tant qu'il le pourra et préfèrera éviter un scrutin fédéral anticipé, même en juin 2009. Entre-temps, le gouvernement ne fera pas grand chose. Mais personne dans la majorité n'aura intérêt à le saborder, au risque de... se saborder. C'est de la politique politicienne que seule la rue pourrait perturber. On connaît des gérontocraties, des ploutocraties, des oligarchies, des technocraties, des théocraties. Voici la zotbestuurocratie.
Durum
De manière inattendue dimanche, Yves Leterme a décidé de sacrifier sa chose, son cartel, contre l'avis des autres pontes du CD&V. Cette alliance avec la N-VA, qu'il avait imaginée pour conquérir le pouvoir, commençait à desservir son dessein personnel. Le cartel risquait de plus en plus de l'emporter à tout jamais dans la tourmente. Yves Leterme a dès lors fait le choix du dialogue avec les francophones, non pas tellement qu'il fasse mine d'y croire ou qu'il place en tête des priorités l'avenir du pays, mais bien qu'il veuille maintenir sa position à la tête du gouvernement. Il veut continuer à parader sur la scène internationale, laissant le soin désormais à Kris Peeters de mener la barque institutionnelle. Gageons qu'il continuera à manoeuvrer en ce sens tant qu'il le pourra et préfèrera éviter un scrutin fédéral anticipé, même en juin 2009. Entre-temps, le gouvernement ne fera pas grand chose. Mais personne dans la majorité n'aura intérêt à le saborder, au risque de... se saborder. C'est de la politique politicienne que seule la rue pourrait perturber. On connaît des gérontocraties, des ploutocraties, des oligarchies, des technocraties, des théocraties. Voici la zotbestuurocratie.
Durum
Rélexion sur l’enchevêtrement
Un jour récent, alors que, dans un accès soudain de détermination, j’avais entrepris de jardiner et m’évertuais à démêler les branches de capucines tellement enchevêtrées que j’en vins à renoncer à la tâche, je me mis à méditer sur l’état d’enchevêtrement, non seulement des plantes, mais du monde en général. Contrairement au vingtième siècle, qui était simple, lisible, bipolaire - me dis-je - la période contemporaine est marquée par une tel niveau de complexité qu’on peine à en voir les tenants et les aboutissants.
-Monde non-polaire, selon l’expression de Richard N. Haas (voir cet article de référence dans Foreign Affairs), marqué par la distribution du pouvoir (nouvelles puissances, ONG, sociétés multinationales, organisations régionales...).
-Interdépendance économique : l’Europe a besoin du gaz russe, la Russie a besoin des paiements européens. Les Etats-Unis s’endettent auprès de la Chine pour lui acheter en retour ses produits bon marché (voir ce bon article de Rue89).
-La crise financière actuelle participe du même enchevêtrement : c’est la distribution du risque entre des milliers d’acteurs qui n’a pas permis de déceler à temps l’ampleur du phénomène.
Dans un monde difficile à comprendre, il peut être tentant de se raccrocher à des choses simples, maitrisables. Ainsi, en Belgique, les dirigeants et les médias préfèrent-ils se détourner de ces questions pour tergiverser sans fin sur les maux nationaux. Cela fait longtemps que les élites belges ont fait le choix stratégique d’abandonner le patriotisme économique pour embrasser pleinement le capitalisme mondial, en misant sur les groupes multinationaux plutôt que sur les fleurons nationaux, mais on dirait ajourd’hui qu’ils ont renoncé à exercer toute influence sur la marche du monde. La décision – certes compréhensible - d’Yves Leterme d’annuler son déplacement à l’ONU pour résoudre un énième épisode de la crise n’en est que le dernier exemple.
La nature des débats nationaux elle-même est complètement inadaptée aux problèmes réels. Leterme a toujours prétendu que la demande d’autonomie flamande était fondée sur une logique de bonne gestion, mais il est de plus en plus évident qu’elle se base sur de l’idéologie pure. Un attaché commercial dans une ambassade belge m’a un jour expliqué que la régionalisation de la compétence du Commerce extérieur lui avait sensiblement compliqué la tâche : au lieu de s’occuper indistinctement des entreprises belges, il devait revêtir des casquettes différentes en fonction de l’heure de la journée. La matin, il s’occupait des sociétés wallonnes, l’après-midi des flamandes. Pas vraiment un gain d’efficacité.
Les problèmes du monde requièrent davantage de collaboration, pas davantage de fragmentation, surtout pas si cette fragmentation est basée sur des motifs idéologiques ou ethniques.
Plus de décentralisation revient à plus de comlexité, plus dilution des règles, plus de possibilité de les contourner. Il me semble que le monde a désespérément besoin d’être mieux réglementé.
Colonel Moutarde
-Monde non-polaire, selon l’expression de Richard N. Haas (voir cet article de référence dans Foreign Affairs), marqué par la distribution du pouvoir (nouvelles puissances, ONG, sociétés multinationales, organisations régionales...).
-Interdépendance économique : l’Europe a besoin du gaz russe, la Russie a besoin des paiements européens. Les Etats-Unis s’endettent auprès de la Chine pour lui acheter en retour ses produits bon marché (voir ce bon article de Rue89).
-La crise financière actuelle participe du même enchevêtrement : c’est la distribution du risque entre des milliers d’acteurs qui n’a pas permis de déceler à temps l’ampleur du phénomène.
Dans un monde difficile à comprendre, il peut être tentant de se raccrocher à des choses simples, maitrisables. Ainsi, en Belgique, les dirigeants et les médias préfèrent-ils se détourner de ces questions pour tergiverser sans fin sur les maux nationaux. Cela fait longtemps que les élites belges ont fait le choix stratégique d’abandonner le patriotisme économique pour embrasser pleinement le capitalisme mondial, en misant sur les groupes multinationaux plutôt que sur les fleurons nationaux, mais on dirait ajourd’hui qu’ils ont renoncé à exercer toute influence sur la marche du monde. La décision – certes compréhensible - d’Yves Leterme d’annuler son déplacement à l’ONU pour résoudre un énième épisode de la crise n’en est que le dernier exemple.
La nature des débats nationaux elle-même est complètement inadaptée aux problèmes réels. Leterme a toujours prétendu que la demande d’autonomie flamande était fondée sur une logique de bonne gestion, mais il est de plus en plus évident qu’elle se base sur de l’idéologie pure. Un attaché commercial dans une ambassade belge m’a un jour expliqué que la régionalisation de la compétence du Commerce extérieur lui avait sensiblement compliqué la tâche : au lieu de s’occuper indistinctement des entreprises belges, il devait revêtir des casquettes différentes en fonction de l’heure de la journée. La matin, il s’occupait des sociétés wallonnes, l’après-midi des flamandes. Pas vraiment un gain d’efficacité.
Les problèmes du monde requièrent davantage de collaboration, pas davantage de fragmentation, surtout pas si cette fragmentation est basée sur des motifs idéologiques ou ethniques.
Plus de décentralisation revient à plus de comlexité, plus dilution des règles, plus de possibilité de les contourner. Il me semble que le monde a désespérément besoin d’être mieux réglementé.
Colonel Moutarde
samedi 20 septembre 2008
Vers un cabinet socio-économique?
Au lendemain de la présentation du rapport des médiateurs au roi, le pays sombre à nouveau dans le chaos institutionnel. Que s'est-il passé? Rien de bien neuf, vu que l'insipide rapport est tellement circonvenu, reprenant, tout en les noyant, les revendications et non revendications des deux communautés, que chaque paragraphe pouvait tantôt satisfaire tantôt fâcher l'ensemble des parties. Mais voilà, les interprétations des uns (Reynders a rappelé l'importance de BHV, l'élargissement de la capitale, la nomination des bourgmestres de la périphérie) ont cabré les autres (la N-VA a dit fourte, une fois est coutume, entraînant le CD&V dans le doute, une fois est coutume bis).
Alors quid maintenant? A bonne source, on évoque la piste d'un gouvernement fédéral devenant cabinet socio-économique. Les partis (flamands, cartel en tête) pourraient alors définitivement partir en campagne (institutionnelle). Mais quid N-VA? (comme avait écrit un autre médiateur, Jean-Luc Dehaene, dans un précédent rapport). Quittera-t-elle le gouvernement flamand? Et le cartel y résistera-t-il? Oui, et certainement tant que Leterme restera aux commandes et qu'il estimera que sa chose continue à nourrir son parti. L'intérêt du pays passe après. Non vraiment, rien n'a changé.
Durum
Alors quid maintenant? A bonne source, on évoque la piste d'un gouvernement fédéral devenant cabinet socio-économique. Les partis (flamands, cartel en tête) pourraient alors définitivement partir en campagne (institutionnelle). Mais quid N-VA? (comme avait écrit un autre médiateur, Jean-Luc Dehaene, dans un précédent rapport). Quittera-t-elle le gouvernement flamand? Et le cartel y résistera-t-il? Oui, et certainement tant que Leterme restera aux commandes et qu'il estimera que sa chose continue à nourrir son parti. L'intérêt du pays passe après. Non vraiment, rien n'a changé.
Durum
vendredi 12 septembre 2008
Je te mouille, tu me mouilles. Nous nous noyons?
Il fallait s'y attendre, campagne électorale pour les élections régionales oblige, le contentieux communautaire prend une nouvelle tournure. Il apparaît clairement que le débat est plus nuancé qu'on ne le pense parfois dans l'opposition manichéenne entre un bloc francophone soudé attaché à la conception actuelle de l'état fédéral et un monolithe nordiste soucieux d'offrir à la Flandre tous les leviers permettant de conforter sa prospérité dans un monde globalisé.
On sent bien depuis le scrutin législatif de 2007 le CD&V tenaillé par son aile droite nationaliste et la N-VA. Jamais, le cartel n'acceptera un compromis qui sera toujours jugé trop mou eu égard aux fantasmes parfois symboliques du Mouvement flamand. Près d'un an et demi plus tard, le cartel chute dans les sondages mais le CD&V reste intraitable, horrifié par la perspective de perdre la N-VA mais aussi sa propre aile droite nationaliste, car qui sait si tout ce beau monde ne sera pas alléché par l'idée de créer une Forza Flandria sous la férule de la Lijst Dedecker. Ce scénario tétanise le CD&V qui garde en mémoire l'annus horribilis 1999 qui le vit basculer dans l'opposition après 40 années de partage du pouvoir. En interne, l'aile progressiste démocrate-chrétienne, l'ACW se tait dans toutes les langues alors qu'elle est pourtant majoritaire au gouvernement fédéral (Leterme, Schouppe, Vervotte, Vandeurzen) et flamand (Crevits, Vanackere). A un bémol près, nous dit-on: Yves Leterme, qui est quand même à l'origine de la crise, mais dont l'étoile a pâli, entend désormais être débarrassé de l'écueil institutionnel. Il a refilé la patate chaude au nouveau dieu de la Flandre Kris Peeters, le ministre-président du gouvernement flamand.
L'Open Vld voit aussi approcher les élections de juin 2009. Or, son dada c'est la baisse des impôts et la baisse des charges, bien plus que l'institutionnel pour l'institutionnel. Les libéraux flamands ont dès lors appelé au réalisme, indiquant que la réforme de l'état ne viendrait plus avant les élections. Et un coup au CD&V. Le sp.a, en pleine mutation après sa débâche de juin 2007, se rend compte que l'action du gouvernement fédéral est paralysée et qu'il n'a pas l'occasion de faire entendre sa voix au parlement dans l'opposition. Une violette flamande s'est donc retrouvée cette semaine provoquant une mini-crise à la place des Martyrs, demandant au cartel qu'il cesse ses ukazes. Chacun se tient à la culotte.
Côté francophone, on sent bien que personne n'est véritablement motivé par l'idée de réformer l'état. Chacun l'exprime à sa façon: le PS veut bien discuter pour sauver le pays (son aile régionaliste est, elle, partisane d'une réforme); le cdH tient un discours méga-brouillon qui masque mal ses réticences à toute réforme, le MR dit officiellement qu'il n'a pas de tabou mais Didier Reynders laisse le soin à Olivier Maingain de rendre toute avancée impossible.
Qui plus est, il faut bien constater qu'entre francophones, on se regarde aussi en chiens de faïence. Le MR est déjà en campagne, Didier Reynders ayant annoncé à ses troupes qu'elle sera sanglante. Il flingue la majorité PS-cdH (sans toutefois viser directement les états-majors: s'il gagne les élections, il devra quand même composer et une alliance MR-Ecolo est arithmétiquement peu probable). Socialistes et centristes-démocrates-humanistes continuent d'avancer main dans la main (même si, de temps en temps, en coulisse, on constate des pointes d'allergies dans l'un et l'autre camp vis-à-vis du partenaire). Quant à Ecolo, il compte les points, continuant à caresser son vieux rêve de renvoyer le parti socialiste dans l'opposition.
Chacun se positionne donc dans l'attente des régionales (et européennes) de juin 2009 qui pourraient consacrer les extrêmes. Et après? Advienne que pourra.
Le CD&V ne veut pas entendre parler de fédérales anticipées: impossible sans régler BHV, dit-il officiellement (officieusement les sondages ne sont pas bons). Les libéraux n'hésiteront pas, eux, à porter un coup de Jarnac au moment le plus opportun. En attendant, Yves Leterme reste Premier ministre, même si cela échappe à tout le monde même à l'édition 2009 du Petit Robert. Le Premier voyage. Il sera bientôt en Russie, à Sotchi (attention M. le diplomate, c'est à 50 bornes de l'Abkhazie). Il se rendra ensuite à New York puis au Québec pour le Sommet de la Francophonie. Ira-t-il dire à l'occasion du 400ème anniversaire de la capitale de la Belle Province, que les Québecois ne sont pas en état intellectuel d'apprendre l'anglais?
Durum
On sent bien depuis le scrutin législatif de 2007 le CD&V tenaillé par son aile droite nationaliste et la N-VA. Jamais, le cartel n'acceptera un compromis qui sera toujours jugé trop mou eu égard aux fantasmes parfois symboliques du Mouvement flamand. Près d'un an et demi plus tard, le cartel chute dans les sondages mais le CD&V reste intraitable, horrifié par la perspective de perdre la N-VA mais aussi sa propre aile droite nationaliste, car qui sait si tout ce beau monde ne sera pas alléché par l'idée de créer une Forza Flandria sous la férule de la Lijst Dedecker. Ce scénario tétanise le CD&V qui garde en mémoire l'annus horribilis 1999 qui le vit basculer dans l'opposition après 40 années de partage du pouvoir. En interne, l'aile progressiste démocrate-chrétienne, l'ACW se tait dans toutes les langues alors qu'elle est pourtant majoritaire au gouvernement fédéral (Leterme, Schouppe, Vervotte, Vandeurzen) et flamand (Crevits, Vanackere). A un bémol près, nous dit-on: Yves Leterme, qui est quand même à l'origine de la crise, mais dont l'étoile a pâli, entend désormais être débarrassé de l'écueil institutionnel. Il a refilé la patate chaude au nouveau dieu de la Flandre Kris Peeters, le ministre-président du gouvernement flamand.
L'Open Vld voit aussi approcher les élections de juin 2009. Or, son dada c'est la baisse des impôts et la baisse des charges, bien plus que l'institutionnel pour l'institutionnel. Les libéraux flamands ont dès lors appelé au réalisme, indiquant que la réforme de l'état ne viendrait plus avant les élections. Et un coup au CD&V. Le sp.a, en pleine mutation après sa débâche de juin 2007, se rend compte que l'action du gouvernement fédéral est paralysée et qu'il n'a pas l'occasion de faire entendre sa voix au parlement dans l'opposition. Une violette flamande s'est donc retrouvée cette semaine provoquant une mini-crise à la place des Martyrs, demandant au cartel qu'il cesse ses ukazes. Chacun se tient à la culotte.
Côté francophone, on sent bien que personne n'est véritablement motivé par l'idée de réformer l'état. Chacun l'exprime à sa façon: le PS veut bien discuter pour sauver le pays (son aile régionaliste est, elle, partisane d'une réforme); le cdH tient un discours méga-brouillon qui masque mal ses réticences à toute réforme, le MR dit officiellement qu'il n'a pas de tabou mais Didier Reynders laisse le soin à Olivier Maingain de rendre toute avancée impossible.
Qui plus est, il faut bien constater qu'entre francophones, on se regarde aussi en chiens de faïence. Le MR est déjà en campagne, Didier Reynders ayant annoncé à ses troupes qu'elle sera sanglante. Il flingue la majorité PS-cdH (sans toutefois viser directement les états-majors: s'il gagne les élections, il devra quand même composer et une alliance MR-Ecolo est arithmétiquement peu probable). Socialistes et centristes-démocrates-humanistes continuent d'avancer main dans la main (même si, de temps en temps, en coulisse, on constate des pointes d'allergies dans l'un et l'autre camp vis-à-vis du partenaire). Quant à Ecolo, il compte les points, continuant à caresser son vieux rêve de renvoyer le parti socialiste dans l'opposition.
Chacun se positionne donc dans l'attente des régionales (et européennes) de juin 2009 qui pourraient consacrer les extrêmes. Et après? Advienne que pourra.
Le CD&V ne veut pas entendre parler de fédérales anticipées: impossible sans régler BHV, dit-il officiellement (officieusement les sondages ne sont pas bons). Les libéraux n'hésiteront pas, eux, à porter un coup de Jarnac au moment le plus opportun. En attendant, Yves Leterme reste Premier ministre, même si cela échappe à tout le monde même à l'édition 2009 du Petit Robert. Le Premier voyage. Il sera bientôt en Russie, à Sotchi (attention M. le diplomate, c'est à 50 bornes de l'Abkhazie). Il se rendra ensuite à New York puis au Québec pour le Sommet de la Francophonie. Ira-t-il dire à l'occasion du 400ème anniversaire de la capitale de la Belle Province, que les Québecois ne sont pas en état intellectuel d'apprendre l'anglais?
Durum
mardi 29 juillet 2008
Tactique Tac Tic Tac Tic Tac
Ancien ambassadeur belge auprès de l'Union européenne à Bruxelles, Philippe de Schoutheete, propose, dans La Libre Belgique du lundi 28 juillet, une analyse assez pertinente de la situation politique belge, prolongeant une série de commentaires déjà proposés sur ce blog. Pour dénouer la crise, il importe, dans les revendications, de clarifier les concepts énoncés, indique Philippe de Schoutheete.
Il est vrai qu'en exigeant des "garanties" qu'il y ait une réforme de l'Etat et en plaidant le "confédéralisme", la Flandre ne laisse pas voir dans ses cartes, ce qui est compréhensible dans le contexte éminemment tactique du moment. On l'a déjà dit, juridiquement parlant, le confédéralisme ne veut pas dire grand chose. Quant aux garanties, comment les offrir avant que ne commence la négociation?
Au sud du pays, la situation n'est pas plus claire. La fédération Wallonie-Bruxelles semble plus servir d'épouventail menaçant de séparation une Flandre qui avancerait trop loin dans son projet. Quel projet? Celui d'une Belgique configurée par le seul nord du pays, offrant un maximum de leviers aux entités fédérées et laissant le soin à l'échelon fédéral de payer les pensions. L'entité la plus riche en sortirait (probablement) gagnante, celles en difficulté seraient amenées à développer des politiques d'austérité. Démographiquement désavantagé, le nord continuerait à se servir dans les caisses fédérales pour payer son vieillissement. CQFD.
Dans leur volonté de contrer le projet flamand, les sudistes parlent "Wallonie-Bruxelles" mais restent divisés entre Belgicains, régionalistes, communautaristes, germanophiles, wallono-bruxelliens et bruxello-centristes. Mais la stratégie fonctionne: "Wallonie-Bruxelles, wat is dat?", commencent à se demander les nordistes, rappelant que Bruxelles est capitale de la Flandre.
Tout le monde joue donc à se faire peur. C'est logique dans une première phase de grande discussion institutionnelle dévolue à la tactique. Le problème est que personne n'a vraiment les choses en main tant sont nombreux les facteurs extérieurs dont le moindre n'est pas l'organisation d'une nouvelle pré-campagne électorale à l'automne suivie des élections avec le risque de victoire des populistes et des fascistes. Folie pure, un cacique sudiste indiquait récemment en off qu'une telle situation clarifierait la donne et faciliterait les négociations. Il serait plus facile de dialoguer avec Jean-Marie Dedecker qui sait ce qu'il veut qu'avec Yves Leterme.
A cela s'ajoute la crise économique dans le cadre de laquelle va devoir se négocier à la fin de l'année l'accord interprofessionnel. Sans parler du sort des sans-papiers laissés à l'abandon sur leurs grues en attendant le retour de vacances des édiles. Les politiques pourront les y rejoindre à la rentrée. Pour prendre un peu de hauteur.
Durum
Il est vrai qu'en exigeant des "garanties" qu'il y ait une réforme de l'Etat et en plaidant le "confédéralisme", la Flandre ne laisse pas voir dans ses cartes, ce qui est compréhensible dans le contexte éminemment tactique du moment. On l'a déjà dit, juridiquement parlant, le confédéralisme ne veut pas dire grand chose. Quant aux garanties, comment les offrir avant que ne commence la négociation?
Au sud du pays, la situation n'est pas plus claire. La fédération Wallonie-Bruxelles semble plus servir d'épouventail menaçant de séparation une Flandre qui avancerait trop loin dans son projet. Quel projet? Celui d'une Belgique configurée par le seul nord du pays, offrant un maximum de leviers aux entités fédérées et laissant le soin à l'échelon fédéral de payer les pensions. L'entité la plus riche en sortirait (probablement) gagnante, celles en difficulté seraient amenées à développer des politiques d'austérité. Démographiquement désavantagé, le nord continuerait à se servir dans les caisses fédérales pour payer son vieillissement. CQFD.
Dans leur volonté de contrer le projet flamand, les sudistes parlent "Wallonie-Bruxelles" mais restent divisés entre Belgicains, régionalistes, communautaristes, germanophiles, wallono-bruxelliens et bruxello-centristes. Mais la stratégie fonctionne: "Wallonie-Bruxelles, wat is dat?", commencent à se demander les nordistes, rappelant que Bruxelles est capitale de la Flandre.
Tout le monde joue donc à se faire peur. C'est logique dans une première phase de grande discussion institutionnelle dévolue à la tactique. Le problème est que personne n'a vraiment les choses en main tant sont nombreux les facteurs extérieurs dont le moindre n'est pas l'organisation d'une nouvelle pré-campagne électorale à l'automne suivie des élections avec le risque de victoire des populistes et des fascistes. Folie pure, un cacique sudiste indiquait récemment en off qu'une telle situation clarifierait la donne et faciliterait les négociations. Il serait plus facile de dialoguer avec Jean-Marie Dedecker qui sait ce qu'il veut qu'avec Yves Leterme.
A cela s'ajoute la crise économique dans le cadre de laquelle va devoir se négocier à la fin de l'année l'accord interprofessionnel. Sans parler du sort des sans-papiers laissés à l'abandon sur leurs grues en attendant le retour de vacances des édiles. Les politiques pourront les y rejoindre à la rentrée. Pour prendre un peu de hauteur.
Durum
dimanche 20 juillet 2008
Le preux chevalier, le prince carnaval et le président sang et or
A un mois du premier anniversaire du premier clash enregistré par Leterme en août 2007, la Belgique est plus que jamais dans l'impasse totale et si personne ne sort de l'analyse symbolique, la situation perdurera. A moins qu'un malade prenne sa bagnole et fonce dans la foule du Gordel ou que la campagne électorale pour les régionales et les européennes ne dérape complètement précipitant la fin du pays, rien ne bougera avant longtemps. Le roi gagne du temps (plutôt on agite la marionnette royale pour gagner du temps). Ce ne sont pas le chevalier de Donnea, le prince carnaval Lambertz et la mascotte Langendries de l'AFC Tubize qui sortiront la solution de leur chapeau.
La famille chrétienne paraît la plus mal mise. Qui croit encore le CD&V/N-VA lorsqu'il accuse les francophones d'opposer un sempiternel "non" à la négociation. PS et MR se disent prêts à discuter d'une grande réforme de l'Etat, à participer à un dialogue de communauté à communauté, à participer à la scission de BHV à condition que l'on élargisse Bruxelles, voire à prendre la voie du confédéralisme. Le cdH reste plus en retrait et la balbutiante argumentation de sa présidente Joëlle Milquet ne séduira plus longtemps les déçus de la crise.
En fait, c'est le CD&V/N-VA qui dit "non" à la négociation. Il souhaite une réforme dictée par lui seul (mais ne sait pas très bien laquelle, perdu entre ses ultras, partisans de la séparation et ses plus modérés). On tourne en rond. La N-VA, suivie par le CD&V, a fixé un nouvel ultimatum, le 31 juillet. Le 1er août sera donc le coup d'envoi officiel de la campagne électorale (laquelle?). D'ici-là, bonnes vacances.
Durum
La famille chrétienne paraît la plus mal mise. Qui croit encore le CD&V/N-VA lorsqu'il accuse les francophones d'opposer un sempiternel "non" à la négociation. PS et MR se disent prêts à discuter d'une grande réforme de l'Etat, à participer à un dialogue de communauté à communauté, à participer à la scission de BHV à condition que l'on élargisse Bruxelles, voire à prendre la voie du confédéralisme. Le cdH reste plus en retrait et la balbutiante argumentation de sa présidente Joëlle Milquet ne séduira plus longtemps les déçus de la crise.
En fait, c'est le CD&V/N-VA qui dit "non" à la négociation. Il souhaite une réforme dictée par lui seul (mais ne sait pas très bien laquelle, perdu entre ses ultras, partisans de la séparation et ses plus modérés). On tourne en rond. La N-VA, suivie par le CD&V, a fixé un nouvel ultimatum, le 31 juillet. Le 1er août sera donc le coup d'envoi officiel de la campagne électorale (laquelle?). D'ici-là, bonnes vacances.
Durum
jeudi 17 juillet 2008
Docu-fiction et intox nord-sud pour pallier la slecht bestuur (suite mais pas fin)
Ainsi, depuis lundi soir 14 juillet (allons-zenfants-de-la-patrie), la Belgique est de nouveau en crise (crisette? parfum de crise?). Mis sous pression par la date butoir du 15 juillet qu'il dit n'avoir pas imposée, le premier ministre Yves Leterme a remis sa démission au roi qui la tient en suspens (la démission;-))
La Maison Belgique commence à cet égard à ressembler furieusement au Mythe de la caverne de Platon. On ne sait plus très bien si on vit dans la réalité ou dans un docu-fiction.
Quant aux événements de ces dernières heures, recoupant différentes sources, le sentiment premier qui nous apparaît évoque un scénario de contournement du 15 juillet, permettant à un Yves Leterme provisoirement suspendu de contourner un obstacle temporel et de reprendre langue avec son cartel. Avec ou sans la bénédiction de ses partenaires? S'ils ont co-écrit ce scénario, ils sont alors meilleurs comédiens que leur metteur en scène. Mais on connaît suffisamment leur propension à la fourberie.
Pendant ce temps, au sud du pays, on continue à agiter la fédération Wallonie-Bruxelles, un symbole dont on ne sait pas très bien ce qu'il signifie concrètement, si ce n'est faire contre-poids à l'appel du nord à un dialogue de communauté à communauté confédéraliste niant la Région bruxelloise. Le Parlement wallon vient lui de souligner l'importance du fait régional en votant une résolution dont on dit qu'elle est la réponse aux résolutions du Parlement flamand appelant à la régionalisation de la justice, des soins de santé, de la fiscalité et tutti quanti. Cependant, la résolution wallonne n'exige rien. Elle prône une Belgique à trois Régions, et une solidarité Wallonie-Bruxelles. Votée à l'unanimité, elle met cependant mal à l'aise les belgicains du cdH qui rappellent que la Maison B. est aussi composée de trois Communautés culturelles. Retour au point de départ.
Bref, au-delà de la symbolique fédération Wallonie-Bruxelles, la résolution sudiste ne fait que rappeler la situation institutionnelle actuelle.
Quant au nord, et singulièrement au cartel CD&V/N-VA, il s'est engagé sur la voie du confédéralisme, une construction dont les juristes répètent qu'elle est inédite et dans le contexte actuel inapplicable à la situation puisqu'elle implique une volonté de plusieurs Etats indépendants de collaborer sur une série de matières. Nonobstant le contexte temporel (il n'y a pas à l'heure H, en Belgique, d'Etats indépendants qui pourraient collaborer entre eux), on pourrait toutefois concrètement aboutir de facto à une situation où Flandre (avec ou sans Bruxelles?) et truc-Wallonie-Bruxelles-ensemble-ou-séparés collaboreraient au sein d'une Belgique-confédérale-évanescente elle-même inscrite dans un cadre-confédéral-européen-actuellement-à-l'arrêt-pour-cause-d'inventaire. Sachant qu'en l'espèce et comme toujours, la solution sera plus politique que juristique.
Le CD&V/N-VA exige pour sa part que les francophones offrent à la Flandre des "garanties" que l'on puisse aller dans la voie du grand dialogue confédéral de Communauté à Communauté, sans expliquer ce qu'il entend par "garanties". Encore des symboles. Car évidemment si ces garanties consistent à écrire noir sur blanc quelle voie (flamande) on s'apprête à suivre, il n'y a plus de place pour une négociation (équilibrée). Qui plus est, en off, côté francophone, on souligne que si l'idée confédérale a fait du chemin, il faudra encore du temps pour la concrétiser.
"Tout est dans tout", disait le philosophe grec Anaxagore. "Et vice-versa", précisait l'écrivain français Sainte-Beuve. On en est là.
"Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme", disait encore le sudiste Anaxagore (avant de se faire piquer la formule par ce parigo de Lavoisier, on n'a rien inventé).
Il manque au nord comme au sud du pays cette dose de pragmatisme qui pourrait permettre de débloquer la situation. Il faut pouvoir dépasser les symboles nourris par trop de frustrations et une méconnaissance de l'histoire, au nord comme au sud du pays. Il faut aussi pouvoir s'inscrire dans le monde d'aujourd'hui dont les défis à relever sont nombreux. Le monde n'attend pas la Belgique.
Durum
La Maison Belgique commence à cet égard à ressembler furieusement au Mythe de la caverne de Platon. On ne sait plus très bien si on vit dans la réalité ou dans un docu-fiction.
Quant aux événements de ces dernières heures, recoupant différentes sources, le sentiment premier qui nous apparaît évoque un scénario de contournement du 15 juillet, permettant à un Yves Leterme provisoirement suspendu de contourner un obstacle temporel et de reprendre langue avec son cartel. Avec ou sans la bénédiction de ses partenaires? S'ils ont co-écrit ce scénario, ils sont alors meilleurs comédiens que leur metteur en scène. Mais on connaît suffisamment leur propension à la fourberie.
Pendant ce temps, au sud du pays, on continue à agiter la fédération Wallonie-Bruxelles, un symbole dont on ne sait pas très bien ce qu'il signifie concrètement, si ce n'est faire contre-poids à l'appel du nord à un dialogue de communauté à communauté confédéraliste niant la Région bruxelloise. Le Parlement wallon vient lui de souligner l'importance du fait régional en votant une résolution dont on dit qu'elle est la réponse aux résolutions du Parlement flamand appelant à la régionalisation de la justice, des soins de santé, de la fiscalité et tutti quanti. Cependant, la résolution wallonne n'exige rien. Elle prône une Belgique à trois Régions, et une solidarité Wallonie-Bruxelles. Votée à l'unanimité, elle met cependant mal à l'aise les belgicains du cdH qui rappellent que la Maison B. est aussi composée de trois Communautés culturelles. Retour au point de départ.
Bref, au-delà de la symbolique fédération Wallonie-Bruxelles, la résolution sudiste ne fait que rappeler la situation institutionnelle actuelle.
Quant au nord, et singulièrement au cartel CD&V/N-VA, il s'est engagé sur la voie du confédéralisme, une construction dont les juristes répètent qu'elle est inédite et dans le contexte actuel inapplicable à la situation puisqu'elle implique une volonté de plusieurs Etats indépendants de collaborer sur une série de matières. Nonobstant le contexte temporel (il n'y a pas à l'heure H, en Belgique, d'Etats indépendants qui pourraient collaborer entre eux), on pourrait toutefois concrètement aboutir de facto à une situation où Flandre (avec ou sans Bruxelles?) et truc-Wallonie-Bruxelles-ensemble-ou-séparés collaboreraient au sein d'une Belgique-confédérale-évanescente elle-même inscrite dans un cadre-confédéral-européen-actuellement-à-l'arrêt-pour-cause-d'inventaire. Sachant qu'en l'espèce et comme toujours, la solution sera plus politique que juristique.
Le CD&V/N-VA exige pour sa part que les francophones offrent à la Flandre des "garanties" que l'on puisse aller dans la voie du grand dialogue confédéral de Communauté à Communauté, sans expliquer ce qu'il entend par "garanties". Encore des symboles. Car évidemment si ces garanties consistent à écrire noir sur blanc quelle voie (flamande) on s'apprête à suivre, il n'y a plus de place pour une négociation (équilibrée). Qui plus est, en off, côté francophone, on souligne que si l'idée confédérale a fait du chemin, il faudra encore du temps pour la concrétiser.
"Tout est dans tout", disait le philosophe grec Anaxagore. "Et vice-versa", précisait l'écrivain français Sainte-Beuve. On en est là.
"Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme", disait encore le sudiste Anaxagore (avant de se faire piquer la formule par ce parigo de Lavoisier, on n'a rien inventé).
Il manque au nord comme au sud du pays cette dose de pragmatisme qui pourrait permettre de débloquer la situation. Il faut pouvoir dépasser les symboles nourris par trop de frustrations et une méconnaissance de l'histoire, au nord comme au sud du pays. Il faut aussi pouvoir s'inscrire dans le monde d'aujourd'hui dont les défis à relever sont nombreux. Le monde n'attend pas la Belgique.
Durum
lundi 14 juillet 2008
La Belgique tangue, cynique intox
L'info vaut ce qu'elle vaut. Elle n'est pas dénuée d'intérêt et témoigne, si elle se vérifie, de ce que la politique est empreinte de cynisme. Elle nous a été rapportée en haut lieu comme on dit dans ces cas-là. L'agitation créée autour d'une fédération Wallonie-Bruxelles est avant tout une entreprise d'intoxication visant à déstabiliser le monde politique flamand. Elle participerait notamment d'une stratégie visant à faire grossir les rangs des extrêmes de la Lijst Dedecker et du Vlaams Belang de sorte que le cartel CD&V/N-VA n'ose précipiter des élections anticipées qui feraient éclater le pays dans un contexte de crise aiguë. Partant, il n'y aurait dès lors pas d'élections anticipées ni le 15 juillet ni en octobre ni même en juin 2009. La Belgique tangue dangereusement. De Court-Saint-Etienne à Dour. Et même au-delà.
Durum
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mercredi 2 juillet 2008
Leterme Ier, le gouvernement plan-plan
Le gouvernement Leterme Ier travaille d'arrache-pied. En une semaine de temps, il nous sort un plan de lutte contre la fraude, un plan pour la préservation du milieu (printemps de l'environnement) et un plan de lutte contre la pauvreté.
Ces trois plans ont plusieurs similitudes. Ils énoncent la nécessité de coordonner les politiques menées, renvoient à des groupes de travail voire de réflexion, suggèrent, proposent; annoncent des monitorings, des études, rappellent des statistiques mais concrètement contiennent peu ou prou de mesures concrètes.
A y regarder de plus près, ils sont aussi complémentaires: les conclusions du printemps de l'environnement et le plan de lutte contre la pauvreté souffrent du manque de moyens budgétaires là où le plan de lutte contre la fraude vise à ramener des sousous dans la cai-caisse. Le problème est qu'une autre similitude frappe les trois plans: l'absence de volonté politique cohérente qui caractérise cette majorité de façade, qui se croit dès lors obligée de faire du marketing. Leterme Ier a un plan média. Mais personne n'est dupe.
Durum
Ces trois plans ont plusieurs similitudes. Ils énoncent la nécessité de coordonner les politiques menées, renvoient à des groupes de travail voire de réflexion, suggèrent, proposent; annoncent des monitorings, des études, rappellent des statistiques mais concrètement contiennent peu ou prou de mesures concrètes.
A y regarder de plus près, ils sont aussi complémentaires: les conclusions du printemps de l'environnement et le plan de lutte contre la pauvreté souffrent du manque de moyens budgétaires là où le plan de lutte contre la fraude vise à ramener des sousous dans la cai-caisse. Le problème est qu'une autre similitude frappe les trois plans: l'absence de volonté politique cohérente qui caractérise cette majorité de façade, qui se croit dès lors obligée de faire du marketing. Leterme Ier a un plan média. Mais personne n'est dupe.
Durum
mardi 24 juin 2008
Comment Yves Leterme perpétue le mythe du paresseux wallon
Pendant toute la durée de la dernière campagne électorale et dans les mois qui ont suivi, combien de fois n'a-t-on entendu la même rengaine parmi les édiles politiques flamands stigmatisant le Wallon paresseux du Hainaut occidental refusant d'aller travailler dans l'opulente Flandre occidentale alors que les frontaliers français débarquent en masse à Courtrai et ses environs. Invité des "Bureaux du pouvoir" sur la RTBF, Yves Leterme himself avait réalisé un reportage sur le sujet montrant ces courageux travailleurs français oeuvrer dans des abattoirs flamands et appelant les Wallons à faire montre d'autant de courage.
Ce qu'on n'a jamais dit alors au nord du pays c'est qu'en vertu d'une convention fiscale franco-belge extrêmement avantageuse à l'hexagone, les travailleurs frontaliers d'outre-Quiévrain payent leurs impôts en France où ils sont légèrement moins élevés pour de nombreuses classes de salariés et où il n'y a pas de prélèvement à la source. Par ailleurs les mêmes travailleurs français payent leurs cotisations personnelles finançant la sécurité sociale en Belgique. Par mois, ils gagnent en moyenne, en net, de 20 à 30% de plus que ce qu'aurait pu toucher "un Wallon paresseux".
Mais la discrimination fiscale et sociale allait cesser, pensait-on. Un nouvel avenant à la convention avait pour objectif d'inscrire la France et la Belgique, à partir du 1er janvier 2009, dans le cadre de la réglementation de l'Organisation de coopération et de développement économique qui énonce le principe d'une imposition sur le lieu de travail au lieu d'une imposition sur le lieu de domicile.
Or voilà-t-il pas que sous la pression du patronat west-flandrien, le tout aussi west-flamand Yves Leterme vient de réussir à convaincre les autorités françaises de postposer de 3 ans au moins l'entrée en vigueur de l'avenant qui avait été conclu par le ministre des Finances Didier Reynders. Ce faisant, le premier ministre fait perdre quelque 200 millions d'euros au budget de l'Etat (en compensations à des exceptions à l'avenant et en rentrées fiscales).
Récemment, le quotidien français "La Voix du Nord" a fait état du travail à la maison de l'emploi de Roubaix des sociétés d'interim Randstad et Convert pour le compte de sociétés basées en Flandre occidentale. "Nous manquons de personnel flamand motivé. Ce matin, nous avons vu quelques personnes intéressantes. Les frontaliers ont beaucoup d'atouts chez nous: il y a du boulot et ils gagnent plus. Pour nous aussi, c'est un intérêt d'avoir des gens motivés. Nous sommes contents que l'ASSEDIC prévoit des formations et des cours de néerlandais pour mieux s'entendre". Mais pourquoi pas aussi proposer ces emplois à d'autres demandeurs? "Un employé (français) gagnera en moyenne 20% en plus", explique-t-on en référence à la convention franco-belge.
Il en ressort que ce dumping à l'emploi va permettre à certains au nord du pays de continuer à entretenir les slogans. Je travaille moi, monsieur. Jour et nuit. Je cherche des solutions pour l'avenir de ce pays. Goed bestuur, Yves!
Durum
Ce qu'on n'a jamais dit alors au nord du pays c'est qu'en vertu d'une convention fiscale franco-belge extrêmement avantageuse à l'hexagone, les travailleurs frontaliers d'outre-Quiévrain payent leurs impôts en France où ils sont légèrement moins élevés pour de nombreuses classes de salariés et où il n'y a pas de prélèvement à la source. Par ailleurs les mêmes travailleurs français payent leurs cotisations personnelles finançant la sécurité sociale en Belgique. Par mois, ils gagnent en moyenne, en net, de 20 à 30% de plus que ce qu'aurait pu toucher "un Wallon paresseux".
Mais la discrimination fiscale et sociale allait cesser, pensait-on. Un nouvel avenant à la convention avait pour objectif d'inscrire la France et la Belgique, à partir du 1er janvier 2009, dans le cadre de la réglementation de l'Organisation de coopération et de développement économique qui énonce le principe d'une imposition sur le lieu de travail au lieu d'une imposition sur le lieu de domicile.
Or voilà-t-il pas que sous la pression du patronat west-flandrien, le tout aussi west-flamand Yves Leterme vient de réussir à convaincre les autorités françaises de postposer de 3 ans au moins l'entrée en vigueur de l'avenant qui avait été conclu par le ministre des Finances Didier Reynders. Ce faisant, le premier ministre fait perdre quelque 200 millions d'euros au budget de l'Etat (en compensations à des exceptions à l'avenant et en rentrées fiscales).
Récemment, le quotidien français "La Voix du Nord" a fait état du travail à la maison de l'emploi de Roubaix des sociétés d'interim Randstad et Convert pour le compte de sociétés basées en Flandre occidentale. "Nous manquons de personnel flamand motivé. Ce matin, nous avons vu quelques personnes intéressantes. Les frontaliers ont beaucoup d'atouts chez nous: il y a du boulot et ils gagnent plus. Pour nous aussi, c'est un intérêt d'avoir des gens motivés. Nous sommes contents que l'ASSEDIC prévoit des formations et des cours de néerlandais pour mieux s'entendre". Mais pourquoi pas aussi proposer ces emplois à d'autres demandeurs? "Un employé (français) gagnera en moyenne 20% en plus", explique-t-on en référence à la convention franco-belge.
Il en ressort que ce dumping à l'emploi va permettre à certains au nord du pays de continuer à entretenir les slogans. Je travaille moi, monsieur. Jour et nuit. Je cherche des solutions pour l'avenir de ce pays. Goed bestuur, Yves!
Durum
vendredi 20 juin 2008
Leterme a réussi à dégager un accord... sur la tenue d'élections anticipées
Ainsi, le premier ministre Yves Leterme a-t-il annoncé mercredi le lancement de négociations sérieuses sur BHV et la réforme de l'Etat. Officiellement, tout le monde se félicite d'avoir enfin trouvé une méthode permettant de mener ces négociations, mais en "off", tout le monde souligne qu'il existe un consensus... sur l'idée d'organiser des élections anticipées (de préférence couplées aux régionales et européennes de juin 2009). Les négociations qui auraient démarré constituent en fait un leurre: la discussion vise à permettre à chaque parti d'affiner la position qu'il défendra devant l'électeur (du bon flamand qui a refusé le consensus mou avec les francophones aux bons francophones qui se sont montrés les plus résistants face aux revendications flamandes) et préparer la campagne électorale pour la rentrée de septembre. En attendant, certains espèrent que le gouvernement pourra prendre quelques mesures socio-économiques pour calmer la rue qui commence à gronder.
Durum
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mercredi 6 février 2008
Promesses électorales et compromis budgétaires
Les difficultés budgétaires de la Belgique semblent provoquer bien des tensions dans un gouvernement intérimaire dont les ministres n'ont pas tous les mêmes priorités, loin s'en faut. Les divergences entre partis et même au sein des partis n'annoncent rien de bon pour les discussions institutionnelles, dont l'échec plongerait pourtant le pays dans la plus grave crise de son histoire.
Nous annoncions ici que le gouvernement s'apprêtait à retarder de cinq ans ses objectifs en matière de coopération au développement. Une info obtenue de source chrétienne-démocrate et flamande. Mais le ministre compétent, Charles Michel, a semblé rejeter cette éventualité, mardi dans Le Soir. "Il est évident qu’il faut faire mieux qu’en 2006 et 2007, où les chiffres étaient très bas (0,50 et 0,43 %). Le budget 2008 est encore en cours de confection. On l’espère pour dans une dizaine de jours, mais l’objectif de 0,7 du RNB pour 2010 est repris dans les dix points essentiels de l’action de ce gouvernement de transition", a soutenu le fils Michel. Reste à voir si les engagements seront tenus au moment des arbitrages difficiles. On peut franchement en douter.
Même topo quant aux mesures dites "one shot", ces ventes d'actifs ou de bâtiments publics qui ont permis aux gouvernements précédents de boucler leurs budgets en équilibre, mais dont la valeur à long terme est fortement mise en doute, notamment par la Commission européenne. Le CD&V, qui les avait vigoureusement dénoncées depuis les bancs de l'opposition, semble être en passe de retourner sa veste, si l'on en croit le Morgen mercredi. L'idée émane du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen. Plaira-t-elle à son camarade de parti et néanmoins ministre du Budget, Yves Leterme ? Le futur Premier ministre est très à cheval sur ses engagements électoraux, du moins en matière institutionnelle. On verra s'il s'appliquera la même rigueur dans le domaine budgétaire.
Nous annoncions ici que le gouvernement s'apprêtait à retarder de cinq ans ses objectifs en matière de coopération au développement. Une info obtenue de source chrétienne-démocrate et flamande. Mais le ministre compétent, Charles Michel, a semblé rejeter cette éventualité, mardi dans Le Soir. "Il est évident qu’il faut faire mieux qu’en 2006 et 2007, où les chiffres étaient très bas (0,50 et 0,43 %). Le budget 2008 est encore en cours de confection. On l’espère pour dans une dizaine de jours, mais l’objectif de 0,7 du RNB pour 2010 est repris dans les dix points essentiels de l’action de ce gouvernement de transition", a soutenu le fils Michel. Reste à voir si les engagements seront tenus au moment des arbitrages difficiles. On peut franchement en douter.
Même topo quant aux mesures dites "one shot", ces ventes d'actifs ou de bâtiments publics qui ont permis aux gouvernements précédents de boucler leurs budgets en équilibre, mais dont la valeur à long terme est fortement mise en doute, notamment par la Commission européenne. Le CD&V, qui les avait vigoureusement dénoncées depuis les bancs de l'opposition, semble être en passe de retourner sa veste, si l'on en croit le Morgen mercredi. L'idée émane du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen. Plaira-t-elle à son camarade de parti et néanmoins ministre du Budget, Yves Leterme ? Le futur Premier ministre est très à cheval sur ses engagements électoraux, du moins en matière institutionnelle. On verra s'il s'appliquera la même rigueur dans le domaine budgétaire.
mercredi 30 janvier 2008
Budget belge: la coopération va trinquer
Ca chauffe pour Yves Leterme. Le pauvre homme n’est pas seulement chargé de trouver une issue à la grave crise institutionnelle du pays, il doit aussi se farcir, en tant que ministre du budget, l’un des pires exercices budgétaires de ces dernières années. Les caisses du Royaume sont vides. Et M. Leterme a deux semaines pour trouver un peu plus de trois milliards d’euros.
Dans les moments difficiles, l’égoïsme a souvent tendance à reprendre le dessus. Verhofstadt III n’échappe pas à la règle. La Boulette a appris de source bien informée que le gouvernement intérimaire s’apprête à retarder de cinq ans l’objectif de 0,7% du PIB pour l’enveloppe de l’aide au développement.
Il était prévu que la Belgique l’atteigne en 2010, cinq ans avant l’échéance fixée au niveau européen. Désormais, il est plus probable que le pays ne fasse pas d’excès de zèle et se contente d’y arriver en 2015. Après tout, cinq ans de plus ou de moins, cela ne fera pas une grande différence : la première fois que les pays riches se sont engagés à atteindre 0,7% du PIB, c’était en 1970. Alors quarante ans ou quarante-cinq ans de retard, vous comprenez bien que le gouvernement s’en contretape.
Tout le gouvernement ? Non. Il y en a un qui sera probablement mois heureux, c’est Charles Michel, le nouveau ministre de la coopération au développement. Souvenez-vous, il avait épinglé son prédécesseur, Armand De Decker, pourtant du même parti que lui. « Les chiffres provisoires relatifs à la coopération au développement pour 2007 ne sont en effet guère fameux. J'ai l'intention de mettre un terme à cette tendance », s’était-il enflammé. Il devra sans doute revenir à des dispositions plus modestes, tout fiston de Big Loulou qu’il soit.
Dans les moments difficiles, l’égoïsme a souvent tendance à reprendre le dessus. Verhofstadt III n’échappe pas à la règle. La Boulette a appris de source bien informée que le gouvernement intérimaire s’apprête à retarder de cinq ans l’objectif de 0,7% du PIB pour l’enveloppe de l’aide au développement.
Il était prévu que la Belgique l’atteigne en 2010, cinq ans avant l’échéance fixée au niveau européen. Désormais, il est plus probable que le pays ne fasse pas d’excès de zèle et se contente d’y arriver en 2015. Après tout, cinq ans de plus ou de moins, cela ne fera pas une grande différence : la première fois que les pays riches se sont engagés à atteindre 0,7% du PIB, c’était en 1970. Alors quarante ans ou quarante-cinq ans de retard, vous comprenez bien que le gouvernement s’en contretape.
Tout le gouvernement ? Non. Il y en a un qui sera probablement mois heureux, c’est Charles Michel, le nouveau ministre de la coopération au développement. Souvenez-vous, il avait épinglé son prédécesseur, Armand De Decker, pourtant du même parti que lui. « Les chiffres provisoires relatifs à la coopération au développement pour 2007 ne sont en effet guère fameux. J'ai l'intention de mettre un terme à cette tendance », s’était-il enflammé. Il devra sans doute revenir à des dispositions plus modestes, tout fiston de Big Loulou qu’il soit.
mardi 22 janvier 2008
Leterme in de twee talen ou le double langage d'Yves L.
Yves Leterme a développé lundi 21 janvier une stratégie de communication rondement ficelée, s'adressant dans le Soir aux citoyens francophones, et dans le Standaard aux citoyens néerlandophones. Interviewé de part et d'autre, M. Leterme ne se contredit pas mais n'aborde pas les mêmes thématiques et la sémantique utilisée est différente selon qu'il s'adresse au nord ou au sud du pays.
Dans l'interview donnée au Standaard, titrée "Les Flamands mettent la pression", Yves Leterme met en garde. La réforme de l'Etat que doit préparer l'Octopus "ne sera pas un chemin de croix, dit-il, si on rate le train cette fois-ci, de gros problèmes vont s'amonceler". Et Yves Leterme d'évoquer l'Octopus comme "la dernière chance pour la Belgique". Il souligne que la détermination du CD&V sur la question de la réforme de l'Etat ne doit pas être sous-estimée.
Dans Le Soir, l'ex-formateur honni par l'opinion publique francophone tente de redorer son blason. Annonçant qu'il "veut faire le bonheur des Belges" et répétant qu'il n'est pas question de séparatisme, M. Leterme souligne notamment que "les Flamands doivent être conscients que ce n'est pas unilatéralement que l'on décide de quel thème on discute". Il évoque également Bruxelles, une Région "égale" aux autres, autonome, que le fédéral devrait mieux financer. Yves Leterme mentionne notamment la question des frontières de Bruxelles, parlant de la constitution d'une structure qui devrait dépasser le cadre des 19 communes. Cela, il n'en pipe mot dans le Standaard.
Les girouettes sont de retour. Vont-elles réussir dans leur entreprise visant à reconquérir le 16? Il leur reste 61 jours pour convaincre. Il n'est pas certain que la stratégie de la com à deux faces soit la meilleure à long terme.
Dans l'interview donnée au Standaard, titrée "Les Flamands mettent la pression", Yves Leterme met en garde. La réforme de l'Etat que doit préparer l'Octopus "ne sera pas un chemin de croix, dit-il, si on rate le train cette fois-ci, de gros problèmes vont s'amonceler". Et Yves Leterme d'évoquer l'Octopus comme "la dernière chance pour la Belgique". Il souligne que la détermination du CD&V sur la question de la réforme de l'Etat ne doit pas être sous-estimée.
Dans Le Soir, l'ex-formateur honni par l'opinion publique francophone tente de redorer son blason. Annonçant qu'il "veut faire le bonheur des Belges" et répétant qu'il n'est pas question de séparatisme, M. Leterme souligne notamment que "les Flamands doivent être conscients que ce n'est pas unilatéralement que l'on décide de quel thème on discute". Il évoque également Bruxelles, une Région "égale" aux autres, autonome, que le fédéral devrait mieux financer. Yves Leterme mentionne notamment la question des frontières de Bruxelles, parlant de la constitution d'une structure qui devrait dépasser le cadre des 19 communes. Cela, il n'en pipe mot dans le Standaard.
Les girouettes sont de retour. Vont-elles réussir dans leur entreprise visant à reconquérir le 16? Il leur reste 61 jours pour convaincre. Il n'est pas certain que la stratégie de la com à deux faces soit la meilleure à long terme.
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