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dimanche 21 février 2010

Quand l’Etat CVP muselle les défenseurs des droits de l’Homme

La ministre flamande de la Culture Joke Schauvliege (CD&V) a décidé il y a quelques semaines de retirer à la Ligue flamande des droits de l’homme ses subsides à partir de l’année 2011 au motif qu’elle ferait trop peu de sensibilisation et qu’elle recourrait à des méthodes trop classiques pour toucher son public.
La Liga voor mensenrechten se voit ainsi touchée au coeur de son financement ce qui l’obligera à limiter ses actions. Première conséquence, elle est contrainte de renoncer à une action devant la Cour constitutionnelle pour contester le transfert, à l’initiative du ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V), de prisonniers belges dans la prison néerlandaise de Tilburg.
Paradoxe, la Ligue francophone des droits de l’homme a, elle, déposé un recours contre l’organisation de ce transfert qui devra pourtant, en principe, ne concerner que des prisonniers néerlandophones.
Sur son site internet, la Liga appelle le grand public à participer à son "sauvetage". Une manifestation est organisée à Gand le 10 mars.
La Ligue flamande rappelle quelques unes de ses actions menées ces dernières années dont la plus spectaculaire a permis de condamner le Vlaams Blok pour racisme. La Liga conteste devant le Conseil d’Etat la décision de la ministre Joke Schauvliege.

Durum
Retrouvez ce billet sur la nouvelle version de ce blog: www.boulettemoutarde.be

jeudi 10 décembre 2009

Quand le vice-président du CD&V ranime la frontière d'Etat

Le compte-rendu des activités parlementaires est parfois riche de petites phrases perdues dans des masses de questions réponses, révélatrices des états d'âmes de nos hommes politiques et des partis qu'ils incarnent. Nos parlementaires flamands ont la tenace habitude lorsqu'ils interrogent le gouvernement d'analyser la moindre question de société sous l'angle communautaire. Parfois légitimement. Souvent non.
Cette fois, le vice-président du Cd&V Wouter Beke était dans l'interrogation légitime. Mais c'est l'emballement de son propos, sans ambage, qui, trahissant un grand phantasme collectif flamand d'une nation indépendante, surprend en ces temps d'apparent apaisement.
En l'occurence, notre Wouter Beke a interrogé la ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx sur les disparités énormes entre nord et sud du pays quant à l'enregistrement des vaccinés H1N1. Clairement, la partie francophone du pays fait obstacle à cet enregistrement considéré par les syndicats médicaux comme potentiellement attentatoire à la vie privée. Interrogation légitime donc du CD&V face à une situation qu'est bien obligée de reconnaître une ministre elle-même clouée au pilori par les mêmes syndicats médicaux.
Ce qui surprend, c'est que pris par son élan communautaire naturel, le vice-président du CD&V, le parti du Premier ministre, ose l'étape suivante. "En ce qui nous concerne, il ne s'agit pas seulement d'une frontière linguistique mais aussi, presque, d'une frontière d'Etat", dit Wouter Beke, s'inquiétant des disparités. En conclusion, il ira jusqu'à donner dans la "frontière sanitaire", un concept aux relents plus inquiétants.
Si le contexte économique a pu faire évoluer le discours communautaire, le grand phantasme continue d'exister dans l'esprit d'aucuns pris dans une machine infernale qu'ils espèrent voir les conduire à mère Flandre. Pourquoi pas. Mais chez certains, l'idéologie semble avoir largement pris le pas sur le pragmatisme. Et si finalement, on scindait la Belgique selon des pôles est-ouest? Le Hainaut occidental ferait des kermesses cyclistes avec les West-vloems; les Liégeois et les Limbourgeois fêteraient les victoires du Standard. Mais que faire de Bruxelles?

Durum

dimanche 4 janvier 2009

Le cdH sort renforcé après le remaniement du gouvernement

Petite anecdote en ce début d'année pauvre en scoops en dépit de nouveaux tumultes qui viennent d'accoucher d'un nouveau gouvernement désormais conduit par le très sérieux Herman Van Rompuy.
Un simple exercice de réminiscence et de logique nous permet d'écrire que Joëlle Milquet vient de renforcer le poids de sa formation au sein du gouvernement et singulièrement au kern, lieu secret où se prennent les décisions les plus importantes.
Nouveau vice-Premier ministre CD&V en remplacement de Jo Vandeurzen (comme vice-Premier), le Bruxellois Steven Vanackere s'est présenté sur une liste cdH aux dernières élections communales à la ville de Bruxelles. Comme les autres candidats de la liste emmenée par la patronne démocrate-humaniste, M. Vanackere avait d'ailleur dû confirmer sa loyauté fédérale. Il est ensuite devenu échevin flamand à Bruxelles avant de quitter la capitale pour le gouvernement flamand.
On en restera évidemment à l'exercice de logique pour conclure cette anecdote, ne doutant pas que le vice-Premier Vanackere fera allégeance au CD&V plutôt qu'à la matrone des sans-papiers. Il n'en demeure pas moins que le CD&V a confirmé un vice-Premier plutôt enclin à respecter la loyauté fédérale. Bruxellois plus proche de Jos Chabert dont il a été chef de cabinet que de Brigitte Grouwels (ah! Brrigitte!), il pourrait être de ceux qui dans les prochains mois contribueront à faire éclore une réforme de l'état équilibrée passant par la recherche d'une solution à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Au sein du kern, deux acteurs sont désormais domiciliés dans l'arrondissement. M. Vanackere et un certain Herman Van Rompuy, Premier ministre, domicilié dans la commune à facilités de Rhode-St-Genèse. Après les élections régionales, l'écueil BHV sera-t-il enfin soulevé, loin des bruits de couloir ou de corridor?

Durum

mardi 23 septembre 2008

Yves Leterme tue sa chose avant qu'elle ne lui explose à la figure

Yves Leterme s'accroche à son poste de premier ministre comme à son blackberry. Les événements de ces derniers jours l'ont montré de manière spectaculaire, sa première des priorités est... son ambition personnelle, quitte à passer outre les exigences de son propre parti. Un cacique CD&V nous rapportait récemment quelles étaient les priorités du premier ministre: d'abord le parti, puis le cartel, puis le pays. Un autre précisait: "c'est presque ça, mais en numéro 1, c'est d'abord lui".
De manière inattendue dimanche, Yves Leterme a décidé de sacrifier sa chose, son cartel, contre l'avis des autres pontes du CD&V. Cette alliance avec la N-VA, qu'il avait imaginée pour conquérir le pouvoir, commençait à desservir son dessein personnel. Le cartel risquait de plus en plus de l'emporter à tout jamais dans la tourmente. Yves Leterme a dès lors fait le choix du dialogue avec les francophones, non pas tellement qu'il fasse mine d'y croire ou qu'il place en tête des priorités l'avenir du pays, mais bien qu'il veuille maintenir sa position à la tête du gouvernement. Il veut continuer à parader sur la scène internationale, laissant le soin désormais à Kris Peeters de mener la barque institutionnelle. Gageons qu'il continuera à manoeuvrer en ce sens tant qu'il le pourra et préfèrera éviter un scrutin fédéral anticipé, même en juin 2009. Entre-temps, le gouvernement ne fera pas grand chose. Mais personne dans la majorité n'aura intérêt à le saborder, au risque de... se saborder. C'est de la politique politicienne que seule la rue pourrait perturber. On connaît des gérontocraties, des ploutocraties, des oligarchies, des technocraties, des théocraties. Voici la zotbestuurocratie.

Durum

dimanche 20 juillet 2008

Le preux chevalier, le prince carnaval et le président sang et or

A un mois du premier anniversaire du premier clash enregistré par Leterme en août 2007, la Belgique est plus que jamais dans l'impasse totale et si personne ne sort de l'analyse symbolique, la situation perdurera. A moins qu'un malade prenne sa bagnole et fonce dans la foule du Gordel ou que la campagne électorale pour les régionales et les européennes ne dérape complètement précipitant la fin du pays, rien ne bougera avant longtemps. Le roi gagne du temps (plutôt on agite la marionnette royale pour gagner du temps). Ce ne sont pas le chevalier de Donnea, le prince carnaval Lambertz et la mascotte Langendries de l'AFC Tubize qui sortiront la solution de leur chapeau.
La famille chrétienne paraît la plus mal mise. Qui croit encore le CD&V/N-VA lorsqu'il accuse les francophones d'opposer un sempiternel "non" à la négociation. PS et MR se disent prêts à discuter d'une grande réforme de l'Etat, à participer à un dialogue de communauté à communauté, à participer à la scission de BHV à condition que l'on élargisse Bruxelles, voire à prendre la voie du confédéralisme. Le cdH reste plus en retrait et la balbutiante argumentation de sa présidente Joëlle Milquet ne séduira plus longtemps les déçus de la crise.
En fait, c'est le CD&V/N-VA qui dit "non" à la négociation. Il souhaite une réforme dictée par lui seul (mais ne sait pas très bien laquelle, perdu entre ses ultras, partisans de la séparation et ses plus modérés). On tourne en rond. La N-VA, suivie par le CD&V, a fixé un nouvel ultimatum, le 31 juillet. Le 1er août sera donc le coup d'envoi officiel de la campagne électorale (laquelle?). D'ici-là, bonnes vacances.

Durum

samedi 1 décembre 2007

Les nationalistes corrigent la copie du formateur

Rétroactes d'une semaine cruciale dans la crise institutionnelle que traverse la pays. Lundi soir, le 26 novembre, la N-VA réunit un Bureau de parti qui focalise l'attention de tous les médias après les convergences dimanche sur la note du formateur censée préparer une réforme de l'Etat. La réunion de dimanche soir se termine autour d'un cadre équilibré que les différents partis de l'orange bleue s'engagent à défendre le lendemain devant leurs bureaux de partis. Lundi, cdH, MR et Open Vld valident l'accord. Paralysé, par la N-VA, le CD&V ne s'exprime pas clairement. On sait aujourd'hui que la N-VA n'a jamais eu l'intention de donner son aval à la note du formateur. Le Bureau est l'occasion d'un moment de franche rigolade. On y boit du champagne. Les gros bras nationalistes relisent le programme institutionnel du cartel, soulignent tous les points qui ne figurent pas dans la note du formateur et envoient le tout à Yves Leterme. Ils viennent de tuer l'ex-futur premier ministre. Mais le cartel, Leterme l'a créé. C'est sa chose. Sachant que l'orange bleue est morte, il va dès lors passer la semaine à trouver une stratégie qui permet à son cartel de garder la face. Il modifie sa note qui redevient inacceptable pour les francophones. La suite est connue. Selon un scénario moult fois ressassé depuis six mois, les libéraux, flamands et francophones font front, le MR offrant un discours schizophrénique, Didier Reynders et Olivier Maingain se contredisant. Mme Non est isolée. Et rendue responsable du clash.