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vendredi 18 septembre 2009

Rudy Bilboquet

A l'heure de la morosité qui déchante, le ministre-président wallon Rudy Demotte, adepte de la méthode kwé, a osé une audacieuse comparaison pour situer la Wallonie d'aujourd'hui, celle qui, Marshall faisant, après des siècles d'esclavage, est sortie du tombeau. La Wallonie, a-t-il dit, c'est un peu Rocky Balboa, ce boxeur qui a pris des coups, qui reprend pied avant de repartir à l'attaque. En tout cas, on suppose que Ruchti Demotte voulait en référer au héros du commandant Sylvestre car sur les ondes, il a en réalité hoqueté le nom de "Rocky Bilboa". Peut-être Rudy Bilbao a-t-il tenté de ranimer la mémoire d'un légendaire boxeur basque qu'au-delà des Pyrénées seule la Picardie vénère encore en ce début du XXIème siècle. Ou bien Fêtes de Wallonie oblige, la langue du sacristain de l'Elysette a-t-elle simplement fourché, noyée dans le Peket distillé par Dame Geneviève. Nos'premier wallon peut bien braver de temps à autre l'abstinence alcoolique qu'il s'inflige depuis plus de quarante ans. Ca donne du courage! Allez Rocky Obama!

Durum

jeudi 17 juillet 2008

Docu-fiction et intox nord-sud pour pallier la slecht bestuur (suite mais pas fin)

Ainsi, depuis lundi soir 14 juillet (allons-zenfants-de-la-patrie), la Belgique est de nouveau en crise (crisette? parfum de crise?). Mis sous pression par la date butoir du 15 juillet qu'il dit n'avoir pas imposée, le premier ministre Yves Leterme a remis sa démission au roi qui la tient en suspens (la démission;-))
La Maison Belgique commence à cet égard à ressembler furieusement au Mythe de la caverne de Platon. On ne sait plus très bien si on vit dans la réalité ou dans un docu-fiction.
Quant aux événements de ces dernières heures, recoupant différentes sources, le sentiment premier qui nous apparaît évoque un scénario de contournement du 15 juillet, permettant à un Yves Leterme provisoirement suspendu de contourner un obstacle temporel et de reprendre langue avec son cartel. Avec ou sans la bénédiction de ses partenaires? S'ils ont co-écrit ce scénario, ils sont alors meilleurs comédiens que leur metteur en scène. Mais on connaît suffisamment leur propension à la fourberie.
Pendant ce temps, au sud du pays, on continue à agiter la fédération Wallonie-Bruxelles, un symbole dont on ne sait pas très bien ce qu'il signifie concrètement, si ce n'est faire contre-poids à l'appel du nord à un dialogue de communauté à communauté confédéraliste niant la Région bruxelloise. Le Parlement wallon vient lui de souligner l'importance du fait régional en votant une résolution dont on dit qu'elle est la réponse aux résolutions du Parlement flamand appelant à la régionalisation de la justice, des soins de santé, de la fiscalité et tutti quanti. Cependant, la résolution wallonne n'exige rien. Elle prône une Belgique à trois Régions, et une solidarité Wallonie-Bruxelles. Votée à l'unanimité, elle met cependant mal à l'aise les belgicains du cdH qui rappellent que la Maison B. est aussi composée de trois Communautés culturelles. Retour au point de départ.
Bref, au-delà de la symbolique fédération Wallonie-Bruxelles, la résolution sudiste ne fait que rappeler la situation institutionnelle actuelle.
Quant au nord, et singulièrement au cartel CD&V/N-VA, il s'est engagé sur la voie du confédéralisme, une construction dont les juristes répètent qu'elle est inédite et dans le contexte actuel inapplicable à la situation puisqu'elle implique une volonté de plusieurs Etats indépendants de collaborer sur une série de matières. Nonobstant le contexte temporel (il n'y a pas à l'heure H, en Belgique, d'Etats indépendants qui pourraient collaborer entre eux), on pourrait toutefois concrètement aboutir de facto à une situation où Flandre (avec ou sans Bruxelles?) et truc-Wallonie-Bruxelles-ensemble-ou-séparés collaboreraient au sein d'une Belgique-confédérale-évanescente elle-même inscrite dans un cadre-confédéral-européen-actuellement-à-l'arrêt-pour-cause-d'inventaire. Sachant qu'en l'espèce et comme toujours, la solution sera plus politique que juristique.
Le CD&V/N-VA exige pour sa part que les francophones offrent à la Flandre des "garanties" que l'on puisse aller dans la voie du grand dialogue confédéral de Communauté à Communauté, sans expliquer ce qu'il entend par "garanties". Encore des symboles. Car évidemment si ces garanties consistent à écrire noir sur blanc quelle voie (flamande) on s'apprête à suivre, il n'y a plus de place pour une négociation (équilibrée). Qui plus est, en off, côté francophone, on souligne que si l'idée confédérale a fait du chemin, il faudra encore du temps pour la concrétiser.
"Tout est dans tout", disait le philosophe grec Anaxagore. "Et vice-versa", précisait l'écrivain français Sainte-Beuve. On en est là.
"Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme", disait encore le sudiste Anaxagore (avant de se faire piquer la formule par ce parigo de Lavoisier, on n'a rien inventé).
Il manque au nord comme au sud du pays cette dose de pragmatisme qui pourrait permettre de débloquer la situation. Il faut pouvoir dépasser les symboles nourris par trop de frustrations et une méconnaissance de l'histoire, au nord comme au sud du pays. Il faut aussi pouvoir s'inscrire dans le monde d'aujourd'hui dont les défis à relever sont nombreux. Le monde n'attend pas la Belgique.

Durum

mardi 24 juin 2008

Comment Yves Leterme perpétue le mythe du paresseux wallon

Pendant toute la durée de la dernière campagne électorale et dans les mois qui ont suivi, combien de fois n'a-t-on entendu la même rengaine parmi les édiles politiques flamands stigmatisant le Wallon paresseux du Hainaut occidental refusant d'aller travailler dans l'opulente Flandre occidentale alors que les frontaliers français débarquent en masse à Courtrai et ses environs. Invité des "Bureaux du pouvoir" sur la RTBF, Yves Leterme himself avait réalisé un reportage sur le sujet montrant ces courageux travailleurs français oeuvrer dans des abattoirs flamands et appelant les Wallons à faire montre d'autant de courage.
Ce qu'on n'a jamais dit alors au nord du pays c'est qu'en vertu d'une convention fiscale franco-belge extrêmement avantageuse à l'hexagone, les travailleurs frontaliers d'outre-Quiévrain payent leurs impôts en France où ils sont légèrement moins élevés pour de nombreuses classes de salariés et où il n'y a pas de prélèvement à la source. Par ailleurs les mêmes travailleurs français payent leurs cotisations personnelles finançant la sécurité sociale en Belgique. Par mois, ils gagnent en moyenne, en net, de 20 à 30% de plus que ce qu'aurait pu toucher "un Wallon paresseux".
Mais la discrimination fiscale et sociale allait cesser, pensait-on. Un nouvel avenant à la convention avait pour objectif d'inscrire la France et la Belgique, à partir du 1er janvier 2009, dans le cadre de la réglementation de l'Organisation de coopération et de développement économique qui énonce le principe d'une imposition sur le lieu de travail au lieu d'une imposition sur le lieu de domicile.
Or voilà-t-il pas que sous la pression du patronat west-flandrien, le tout aussi west-flamand Yves Leterme vient de réussir à convaincre les autorités françaises de postposer de 3 ans au moins l'entrée en vigueur de l'avenant qui avait été conclu par le ministre des Finances Didier Reynders. Ce faisant, le premier ministre fait perdre quelque 200 millions d'euros au budget de l'Etat (en compensations à des exceptions à l'avenant et en rentrées fiscales).
Récemment, le quotidien français "La Voix du Nord" a fait état du travail à la maison de l'emploi de Roubaix des sociétés d'interim Randstad et Convert pour le compte de sociétés basées en Flandre occidentale. "Nous manquons de personnel flamand motivé. Ce matin, nous avons vu quelques personnes intéressantes. Les frontaliers ont beaucoup d'atouts chez nous: il y a du boulot et ils gagnent plus. Pour nous aussi, c'est un intérêt d'avoir des gens motivés. Nous sommes contents que l'ASSEDIC prévoit des formations et des cours de néerlandais pour mieux s'entendre". Mais pourquoi pas aussi proposer ces emplois à d'autres demandeurs? "Un employé (français) gagnera en moyenne 20% en plus", explique-t-on en référence à la convention franco-belge.

Il en ressort que ce dumping à l'emploi va permettre à certains au nord du pays de continuer à entretenir les slogans. Je travaille moi, monsieur. Jour et nuit. Je cherche des solutions pour l'avenir de ce pays. Goed bestuur, Yves!

Durum

dimanche 15 juin 2008

La villa du président de la Chambre Herman Van Rompuy enclavée dans la fédération Wallonie-Bruxelles

Il y a au moins une chose sur laquelle la secrétaire d'Etat bruxelloise Brigitte Grouwels (qui a eu droit ces derniers temps à beaucoup (trop?) d'honneur sur La Boulette) a raison: les francophones sont déjà dans l'après-Belgique. Les partis flamands, et singulièrement le CD&V, souhaitent le maintien de la maison Belgique mais celle-ci doit être complètement réformée de sorte qu'elle soit pleinement orientée vers les intérêts flamands (ils rétorqueront qu'ils ne veulent plus de la Belgique actuelle qui satisfait les francophones mais freine l'élan socio-économique flamand).
Ce scénario d'une Belgique flamande, les francophones n'en veulent pas: ils préfèrent prendre en main leur destin. Tel est le point de vue désormais exprimé au sud, en tout cas au PS et au MR.
Mais il y a un os: Bruxelles enclavée en Flandre. C'est la raison pour laquelle, paradoxalement, les francophones souhaitent que l'on règle en priorité le dossier BHV. Ils ne veulent plus entrer en négociation institutionnelle sans régler ce dossier. S'appuyant sur l'expertise de professeurs en droit international, certains énoncent que lorsque sera venu le temps de constater le blocage définitif et la mort de la Belgique, l'émergence éventuelle d'une Flandre indépendante et d'une fédération Wallonie-Bruxelles se fera en vertu des frontières administratives appelées à devenir frontières d'Etat reconnues sur le plan international. Pour les francophones, il est donc importantissime de faire jouxter Bruxelles et la Wallonie dont les PIB cumulés seront supérieurs à la Flandre indépendante et... orpheline de son ex-capitale. Pour relier Bruxelles à la Wallonie, différents scénarios (relevant parfois de l'absurde) sont sur la table allant d'un simple corridor à travers la forêt de Soignes (peu défendable car inhabité) à l'annexion du territoire de la commune de Rhode-St-Genèse... à l'exception de la villa du président de la Chambre Herman Van Rompuy. D'autres évoquent l'élargissement de Bruxelles à Linkebeek et ou Drogenbos. Derrière tous ces scénarios distillés "en off" ou au hasard de rencontres dans les couloirs, il y a évidemment beaucoup d'intox. Mais c'est révélateur du climat actuel.

Durum

lundi 22 octobre 2007

Vive le président! Vive la Biélorussie!

Le 30 mai dernier, le parlement wallon recevait avec les honneurs l'ambassadeur de Biélorussie. L'homme était venu inaugurer une exposition de peinture "Les humeurs du Bélarus", reflet, paraît-il, de l'art pictural contemporain dans cette ancienne république soviétique. Autant ne pas tourner autour du pot: des croûtes! L'intérêt de la visite n'avait pourtant rien d'esthétique, bien au contraire.
La Biélorussie est la dernière dictature d'Europe, les contacts avec elle sont réduits à peu de choses, 31 de ses dirigeants sont mêmes interdits de séjour dans l'Union européenne et leurs avoirs gelés. Mais José Happart n'en a cure: un ami, c'est un ami, et le monde entier peut penser ce qu'il veut, surtout si cet ami organise de belles chasses auxquelles il invite le hérisson. Le président du parlement wallon a donc décidé de lui rendre la pareille. Ce ne fut pas chose aisée: une mission parlementaire biélorusse devait se rendre en Wallonie en mars 2006 mais le bureau du parlement wallon l'a annulée. Un terrain d'entente fut finalement trouvé, en l'occurrence l'exposition de peinture.
Fallait-il pour autant accueillir l'ambassadeur en grandes pompes, le faire applaudir par l'assemblée réunie en séance plénière, le laisser prononcer un discours, disposer pendant plusieurs semaines sur un présentoir des revues vantant la Biélorussie,...? Ces question ont mis du temps à émerger. Il a fallu attendre l'intervention d'un député cdH le 4 octobre, ... alors que les tableaux étaient partis depuis longtemps.
Cette énième bourde du président du parlement wallon n'a guère ému son propre parti, le PS. Elle laisse pourtant songeur: au début de la législature, José Happart a emmené une série de parlementaires et des écoliers visiter le camp de Ravensbrück. Plus récemment, il a présenté aux mêmes les institutions européennes, soucieux d'éveiller les jeunes aux valeurs démocratiques... Personne ne l'avait sans doute averti qu'en 2006, le parlement européen avait remis le prix Sakharov au principal opposant biélorusse, Alexandre Milinkevich.

mardi 16 octobre 2007

L'ancien ministre-président wallon Robert Collignon appelle au séparatisme

Plusieurs personnalités du PS dont l'ancien ministre-président wallon Robert Collignon et l'ancien ministre fédéral et de la Communauté française Yvan Ylieff ont lancé un "Appel aux Wallons" qui se veut clairement séparatiste.
Ils invitent les Wallons à négocier "avec sérénité mais fermeté les conditions et modalités de la fin inéluctable de la Belgique". Selon eux, les Flamands aspirent à une Flandre autonome et indépendante. L'affirmation de plus en plus forte de leur identité linguistique et culturelle s'accompagne d'une dénonciation de plus en plus systématique des mécanismes de solidarité avec les Wallons, soutiennent les pétitionnaires. "Ce serait dès lors une erreur grave préjudiciable aux intérêts des Wallons et des Francophones de céder une nouvelle fois, dans le cadre des négociations actuelles pour la formation du gouvernement, aux revendications flamandes", affirment-ils.
Les convictions régionalistes de Robert Collignon, qui a aussi été rattachiste, et d'Yvan Ylieff, aujourd'hui tous deux retirés de la vie parlementaire, ne datent pas d'hier. On verra si leurs velléités séparatistes conduiront à faire des émules. Les Happart et autre Van Cau suivront-ils le pas? Et la nouvelle génération dont les Van Cau et Collignon fils?

Les états d'âme de Jean-Claude Marcourt sur les quotas de C02

Sur son blog, en août 2006, Jean-Claude Marcourt lançait un appel à la “cohérence” en matière de politique environnementale. Le ministre wallon de l'économie plaidait pour le développement des énergies renouvelables, “comme un fer de lance d’une Europe à venir: une Europe qui rejettera moins de CO2 dans l’atmosphère”.
A l'heure de réduire les émissions, l'économie wallonne n'est pas vraiment au rendez-vous. Hier, à la Commission européenne, M. Marcourt a même demandé un rab de quelques millions de tonnes de CO2. Objectif ? Permettre à Arcelor Mittal de lancer un haut-fourneau à Seraing. Argumentation ? “Refuser de la production en Europe occidentale la fera partir vers des pays non-signataires du protocole de Kyoto et moins respectueux de l'environnement, ce qui aurait en fait un effet global négatif”.
Entre l'emploi et la planète, le socialiste liégeois a choisi, ce sera l'emploi. Surtout l'emploi de son électorat direct. Mais la Commission européenne, qui gère le système d'échange des droits de polluer, ne l'entend pas de cette oreille. Et pour cause: tous les pays de l'UE, ou presque, mendient des tonnes de CO2 pour leurs entreprises. Impossible de donner à l'un sans accéder aux demandes de l'autre, sans risque de perdre de vue tous les objectifs environnementaux.
Les politiques sont toujours bien meilleurs pour proclamer des grandes ambitions pour la planète que quand il s'agit de les mettre en oeuvre. Et dire que les Européens ont promis en mars dernier de réduire unilatéralement leurs émissions de 20% d'ici 2020. Comprendre: sans attendre les pays non-signataires des futurs accords et moins respectueux de l'environnement. Entre l'emploi et la planète, ils n'ont pas fini d'avoir des état d'âme.