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mardi 23 septembre 2008

Rélexion sur l’enchevêtrement

Un jour récent, alors que, dans un accès soudain de détermination, j’avais entrepris de jardiner et m’évertuais à démêler les branches de capucines tellement enchevêtrées que j’en vins à renoncer à la tâche, je me mis à méditer sur l’état d’enchevêtrement, non seulement des plantes, mais du monde en général. Contrairement au vingtième siècle, qui était simple, lisible, bipolaire - me dis-je - la période contemporaine est marquée par une tel niveau de complexité qu’on peine à en voir les tenants et les aboutissants.
-Monde non-polaire, selon l’expression de Richard N. Haas (voir cet article de référence dans Foreign Affairs), marqué par la distribution du pouvoir (nouvelles puissances, ONG, sociétés multinationales, organisations régionales...).
-Interdépendance économique : l’Europe a besoin du gaz russe, la Russie a besoin des paiements européens. Les Etats-Unis s’endettent auprès de la Chine pour lui acheter en retour ses produits bon marché (voir ce bon article de Rue89).
-La crise financière actuelle participe du même enchevêtrement : c’est la distribution du risque entre des milliers d’acteurs qui n’a pas permis de déceler à temps l’ampleur du phénomène.

Dans un monde difficile à comprendre, il peut être tentant de se raccrocher à des choses simples, maitrisables. Ainsi, en Belgique, les dirigeants et les médias préfèrent-ils se détourner de ces questions pour tergiverser sans fin sur les maux nationaux. Cela fait longtemps que les élites belges ont fait le choix stratégique d’abandonner le patriotisme économique pour embrasser pleinement le capitalisme mondial, en misant sur les groupes multinationaux plutôt que sur les fleurons nationaux, mais on dirait ajourd’hui qu’ils ont renoncé à exercer toute influence sur la marche du monde. La décision – certes compréhensible - d’Yves Leterme d’annuler son déplacement à l’ONU pour résoudre un énième épisode de la crise n’en est que le dernier exemple.
La nature des débats nationaux elle-même est complètement inadaptée aux problèmes réels. Leterme a toujours prétendu que la demande d’autonomie flamande était fondée sur une logique de bonne gestion, mais il est de plus en plus évident qu’elle se base sur de l’idéologie pure. Un attaché commercial dans une ambassade belge m’a un jour expliqué que la régionalisation de la compétence du Commerce extérieur lui avait sensiblement compliqué la tâche : au lieu de s’occuper indistinctement des entreprises belges, il devait revêtir des casquettes différentes en fonction de l’heure de la journée. La matin, il s’occupait des sociétés wallonnes, l’après-midi des flamandes. Pas vraiment un gain d’efficacité.
Les problèmes du monde requièrent davantage de collaboration, pas davantage de fragmentation, surtout pas si cette fragmentation est basée sur des motifs idéologiques ou ethniques.
Plus de décentralisation revient à plus de comlexité, plus dilution des règles, plus de possibilité de les contourner. Il me semble que le monde a désespérément besoin d’être mieux réglementé.

Colonel Moutarde

mardi 22 janvier 2008

Leterme in de twee talen ou le double langage d'Yves L.

Yves Leterme a développé lundi 21 janvier une stratégie de communication rondement ficelée, s'adressant dans le Soir aux citoyens francophones, et dans le Standaard aux citoyens néerlandophones. Interviewé de part et d'autre, M. Leterme ne se contredit pas mais n'aborde pas les mêmes thématiques et la sémantique utilisée est différente selon qu'il s'adresse au nord ou au sud du pays.
Dans l'interview donnée au Standaard, titrée "Les Flamands mettent la pression", Yves Leterme met en garde. La réforme de l'Etat que doit préparer l'Octopus "ne sera pas un chemin de croix, dit-il, si on rate le train cette fois-ci, de gros problèmes vont s'amonceler". Et Yves Leterme d'évoquer l'Octopus comme "la dernière chance pour la Belgique". Il souligne que la détermination du CD&V sur la question de la réforme de l'Etat ne doit pas être sous-estimée.
Dans Le Soir, l'ex-formateur honni par l'opinion publique francophone tente de redorer son blason. Annonçant qu'il "veut faire le bonheur des Belges" et répétant qu'il n'est pas question de séparatisme, M. Leterme souligne notamment que "les Flamands doivent être conscients que ce n'est pas unilatéralement que l'on décide de quel thème on discute". Il évoque également Bruxelles, une Région "égale" aux autres, autonome, que le fédéral devrait mieux financer. Yves Leterme mentionne notamment la question des frontières de Bruxelles, parlant de la constitution d'une structure qui devrait dépasser le cadre des 19 communes. Cela, il n'en pipe mot dans le Standaard.
Les girouettes sont de retour. Vont-elles réussir dans leur entreprise visant à reconquérir le 16? Il leur reste 61 jours pour convaincre. Il n'est pas certain que la stratégie de la com à deux faces soit la meilleure à long terme.

lundi 21 janvier 2008

Elargissement de Bruxelles: ouverture de Leterme

Yves Leterme, ministre du gouvernement Verhofstadt III chargé de préparer
la réforme institutionnelle vient d'ouvrir spectaculairement le débat en
évoquant, sans encore véritablement s'avancer, les frontières de
Bruxelles. "Je crois qu'à un moment il faut oser une structure ou un
processus décisionnel qui va au-delà des frontières des 19 communes",
a-t-il indiqué lundi 21 janvier dans une interview au Soir. M. Leterme
estime qu'il faut aller plus loin que la communauté urbaine proposée par
Guy Verhofstadt. Il envisage une "structure" et non pas de simples accords
de coopération avec l'hinterland bruxellois. Celui qui est annoncé comme
le futur premier ministre de l'après 23 mars juge que ces accords
constitueraient un processus "lent et lourd".
Dans la même interview, Leterme voit Bruxelles comme une Région égale aux
autres, à financer plus encore par le fédéral. Charles Picqué a applaudi.