Si les Européens ont créé le poste de président du Conseil, qui vient d'échoir à Herman Van Rompuy, c'est pour répondre à la fameuse question du secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger: "Qui dois-je appeler quand je veux parler à l'Europe ?" - encore que, selon certains, l'intéressé ne se soit en fait jamais posé cette question.
Quoi qu'il en soit, quand les Ricains voudront parler à l'Europe, ils auront désormais un numéro de téléphone. Barack Obama appellera Herman Van Rompuy, tandis qu'Hillary Clinton sonnera Catherine Ashton.
De là à penser que la Rue de la Loi à Bruxelles accueillera bientôt une nouvelle Maison blanche, il y a un pas que nous nous garderons de franchir. Avec à peine 22 collaborateurs, Herman ne rivalisera pas vraiment avec Barack.
Dans ses déplacements officiels également, il devra composer avec les moyens du bord. Car contrairement aux présidents américains, qui parcourent le monde à bord de l'Air Force One, le président du Conseil européen n'aura pas d'avion privé. Il devra supporter, dans les vols de ligne, les touristes qui lui demanderont de prendre la pose à côté d'eux... A moins qu'il ne s'invite dans les avions de la force aérienne belge. A l'heure actuelle déjà, commissaires et autres dirigeants européens profitent des possibilités d'avion-stop offertes par ce transporteur pourtant notoirement peu fiable, que d'aucuns appellent toujours "Air Flahaut"...
Colonel Moutarde
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mercredi 9 décembre 2009
jeudi 26 novembre 2009
Traité de Lisbonne: vous avez dit plus simple ?
Quand, en 2001 à Laeken, les dirigeants européens ont entrepris de rédiger ce qui allait devenir le traité de Lisbonne, ils avaient en tête de rendre l'UE plus démocratique, plus efficace et moins compliquée. S'il rend l'Union un peu plus démocratique (avec l'extension des compétences du Parlement) et un peu plus efficace (avec l'extension du vote à la majorité qualifiée), le traité finalement adopté ne la rend vraiment pas plus simple à comprendre. C'est particulièrement le cas pour la présidence du Conseil, dont le fonctionnement deviendra encore plus byzantin.
Contrairement à une idée reçue, la nomination d'un président stable, en la personne d'Herman Van Rompuy, ne signifie pas la fin des présidences nationales tournantes. Car ce président stable, censé assurer plus de continuité aux travaux, ne dirigera que le Conseil européen, c'est-à-dire les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement. Les formations inférieures du Conseil resteront quant à elles dirigées selon l'ancien système. Par exemple, le Conseil Ecofin sera dirigé au premier semestre de l'année par la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, puis par Didier Reynders au second semestre. Pas question donc de continuité accrue pour toutes les formations sectorielles, sauf pour les Affaires étrangères. Le Conseil "Relex" sera en effet présidé par Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante pour les politique extérieure. Vous avez dit plus simple, l'Europe ?
Les choses se compliquent encore quant on en vient au Conseil des Affaires générales, le CAG. Il s'agit d'une importante réunion de coordination politique. Pour l'instant, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui y siègent. Quand ils ont fini leurs discussions, ils changent de casquette et s'occupent d'Affaires étrangères. Dans le jargon, cette double réunion porte le nom barbare de CAGRE – Conseil des Affaires générales et des relations extérieures.
L'idée originale du traité de Lisbonne était de diviser le CAGRE en deux. Organe transversal, le CAG aurait été présidé par le ministre national en charge des questions européennes, le Relex par le Haut représentant. Vous suivez ?
Et bien, il semble que ce découplage, relativement logique, n'a plus la cote. Premier pays à expérimenter le traité de Lisbonne, l'Espagne semble même en passe de le saboter complètement. La cause ? Les orgueils mal placés de quelques ministres puissants.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, n'a pas l'intention de rester les bras croisés pendant la présidence de son pays. Forcé d'abandonner la présidence du Conseil Relex à Catherine Ashton, il compte bien se rabattre sur le CAG. Pas question de laisser ce Conseil à un sous-fifre. Les Belges ont d'ailleurs pris la même décision, puisque ce sera le nouveau Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, qui jouera ce rôle. Olivier Chastel, secrétaire d'Etat à l'Europe, a été relégué à l'arrière-plan.
Voilà qui rajoutera une couche de complexité à une nouvelle architecture qui n'en avait pas besoin. Une meilleure idée serait que chaque gouvernement se désigne un ministre pleinement compétent pour l'Europe. Il présiderait le CAG. Il pourrait aussi servir à mieux faire comprendre l'Europe aux citoyens. Le travail ne manque pas.
On notera enfin que dans tout ce bazar, la seule personnalité de premier plan qui ne jouera pas de rôle majeur pendant la présidence de son pays, c'est le Premier ministre. Avec Yves Leterme à nouveau à la barre en Belgique, certains pousseront sans doute un soupir de soulagement...
Colonel Moutarde
Contrairement à une idée reçue, la nomination d'un président stable, en la personne d'Herman Van Rompuy, ne signifie pas la fin des présidences nationales tournantes. Car ce président stable, censé assurer plus de continuité aux travaux, ne dirigera que le Conseil européen, c'est-à-dire les réunions des chefs d'Etat et de gouvernement. Les formations inférieures du Conseil resteront quant à elles dirigées selon l'ancien système. Par exemple, le Conseil Ecofin sera dirigé au premier semestre de l'année par la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, puis par Didier Reynders au second semestre. Pas question donc de continuité accrue pour toutes les formations sectorielles, sauf pour les Affaires étrangères. Le Conseil "Relex" sera en effet présidé par Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante pour les politique extérieure. Vous avez dit plus simple, l'Europe ?
Les choses se compliquent encore quant on en vient au Conseil des Affaires générales, le CAG. Il s'agit d'une importante réunion de coordination politique. Pour l'instant, ce sont les ministres des Affaires étrangères qui y siègent. Quand ils ont fini leurs discussions, ils changent de casquette et s'occupent d'Affaires étrangères. Dans le jargon, cette double réunion porte le nom barbare de CAGRE – Conseil des Affaires générales et des relations extérieures.
L'idée originale du traité de Lisbonne était de diviser le CAGRE en deux. Organe transversal, le CAG aurait été présidé par le ministre national en charge des questions européennes, le Relex par le Haut représentant. Vous suivez ?
Et bien, il semble que ce découplage, relativement logique, n'a plus la cote. Premier pays à expérimenter le traité de Lisbonne, l'Espagne semble même en passe de le saboter complètement. La cause ? Les orgueils mal placés de quelques ministres puissants.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, n'a pas l'intention de rester les bras croisés pendant la présidence de son pays. Forcé d'abandonner la présidence du Conseil Relex à Catherine Ashton, il compte bien se rabattre sur le CAG. Pas question de laisser ce Conseil à un sous-fifre. Les Belges ont d'ailleurs pris la même décision, puisque ce sera le nouveau Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, qui jouera ce rôle. Olivier Chastel, secrétaire d'Etat à l'Europe, a été relégué à l'arrière-plan.
Voilà qui rajoutera une couche de complexité à une nouvelle architecture qui n'en avait pas besoin. Une meilleure idée serait que chaque gouvernement se désigne un ministre pleinement compétent pour l'Europe. Il présiderait le CAG. Il pourrait aussi servir à mieux faire comprendre l'Europe aux citoyens. Le travail ne manque pas.
On notera enfin que dans tout ce bazar, la seule personnalité de premier plan qui ne jouera pas de rôle majeur pendant la présidence de son pays, c'est le Premier ministre. Avec Yves Leterme à nouveau à la barre en Belgique, certains pousseront sans doute un soupir de soulagement...
Colonel Moutarde
mardi 24 novembre 2009
Vendeur d'obligations, speculoos, bières, et métaux, Jean-Luc Dehaene nommé commissaire-priseur. BHV, une fois, deux fois, trois fois, gesplitst?
Chargé par le roi de préparer le terrain institutionnel en attendant la passation de pouvoir entre Herman Van Rompuy, désormais président permanent du Conseil européen, et Yves Leterme, à la tête du gouvernement, l'ancien Premier ministre Wilfried Martens s'est accordé avec les présidents de parti de la majorité pour que le chef de l'Etat nomme Jean-Luc Dehaene au poste de Commissaire royal devant déminer BHV.
Cette désignation prochaine par le Palais pose question quand on connaît la potentielle partialité de l'ancien Premier ministre (lui aussi) et actuel député européen, membre des Conseils d'administration d'importantes entreprises telles que le numéro un mondial brassicole Inbev, ce fleuron du métal né des richesses congolaises qu'est Umicore, le roi du speculoos Lotus Bakeries, Trombogenics, spécialisée dans les biotechnologies, ou la banque Dexia dont il assume la présidence.
Quand le gouvernement avait annoncé qu'il ferait payer aux banques la crise financière, Jean-Luc Dehaene avait rétorqué que le client règlerait la note. Le voici maintenant intégrant la majorité fédérale.
Les puristes diront que l'ancien bourgmestre de Vilvorde (qui menaça de boycotter le scrutin européen au motif que son arrondissement électoral n'était pas scindé) ne fera que s'occuper que de BHV.
Il y aura cependant comme un gros malaise au gouvernement le jour où les sociétés de M. Dehaene participeront avec d'autres à des marchés publics ou lorsque celles-ci annonceront des restructurations comme c'est le cas à Dexia. En pleine tornade blanche (d'Hoegaerden Inbev), cela la fout mal.
Si Dehaene devient Commissaire royal, la moindre des choses sera pour lui de quitter l'ensemble des Conseils d'administration dans lesquels il siège. Aux yeux de La Boulette, il pourra en revanche rester supporter du FC Bruges, car ce faisant il renforce l'équilibre institutionnel. Avec un président du Conseil européen supporter d'Anderlecht et un Premier ministre supporter du Standard, il ne manque plus qu'un supporter de l'UR Namur. Un ministre siégeant au CA d'Unibet ou Ladbrokes ferait l'affaire.
Durum
dimanche 22 novembre 2009
Van Rompuy veut une taxe sur les millionnaires
Il n'a pas tardé, le bougre, me direz-vous. Lui que l'on disait "anesthésiant" commence avec force à placer ses priorités à l'agenda, doublant déjà les chefs d'Etat et de gouvernement, alors qu'il n'est officiellement pas encore installé. Qu'on rassure ici directement les planqués de la taxation équitable, l'exigence d'un ISF européen émane de Tine Van Rompuy, la soeur du nouveau président de l'Union européenne, qui milite au parti d'extrême gauche PTB.
Pour le féliciter de son accessit, Tine a décidé d'offrir à son Herman de frère, outre un "cigare cubain", une boîte contenant une recette à taxer les millionnaires à 2%, un projet au coeur d'une campagne dont Tine Van Rompuy est la marraine.
Elle a annoncé son intention de prodiguer à son proche parent, à l'occasion d'une petite fête familiale organisée ces jours-ci, quelques autres conseils pour redonner envie aux eurosceptiques de croire au projet de l'Union.
Parmi ceux-ci, la nécessité de faire payer la crise aux nantis et celle de revaloriser les services publics. Infirmière à l'hôpital du Gasthuisberg de Louvain et syndicaliste, Tine Van Rompuy évoquera un exemple concret, celui de la privatisation effrénée des maisons de repos. En cinq ans, dix mille lits ont été privatisés dans ce secteur en Belgique. L'une d'entre elles, la Maison Père Damien à Tremelo, rachetée par le Senior Living Groep a fait bien plus que multiplier les petits pains, distribuant 28 millions d'euros à ses actionnaires, soit l'équivalent du salaire annuel de 625 infirmières.
Ce dimanche chez les Van Rompuy, on boit le champagne. Qui de Tine ou d'Eric, le député régional flamand, au projet politique communautariste, sera le plus audible auprès d'Herman? Sachant que si Eric participe à rallumer le feu communautaire en Belgique, Yves Leterme pourrait devoir repasser par la case Gasthuisberg. Et là, Tine ne sera pas loin.
Durum
Pour le féliciter de son accessit, Tine a décidé d'offrir à son Herman de frère, outre un "cigare cubain", une boîte contenant une recette à taxer les millionnaires à 2%, un projet au coeur d'une campagne dont Tine Van Rompuy est la marraine.
Elle a annoncé son intention de prodiguer à son proche parent, à l'occasion d'une petite fête familiale organisée ces jours-ci, quelques autres conseils pour redonner envie aux eurosceptiques de croire au projet de l'Union.
Parmi ceux-ci, la nécessité de faire payer la crise aux nantis et celle de revaloriser les services publics. Infirmière à l'hôpital du Gasthuisberg de Louvain et syndicaliste, Tine Van Rompuy évoquera un exemple concret, celui de la privatisation effrénée des maisons de repos. En cinq ans, dix mille lits ont été privatisés dans ce secteur en Belgique. L'une d'entre elles, la Maison Père Damien à Tremelo, rachetée par le Senior Living Groep a fait bien plus que multiplier les petits pains, distribuant 28 millions d'euros à ses actionnaires, soit l'équivalent du salaire annuel de 625 infirmières.
Ce dimanche chez les Van Rompuy, on boit le champagne. Qui de Tine ou d'Eric, le député régional flamand, au projet politique communautariste, sera le plus audible auprès d'Herman? Sachant que si Eric participe à rallumer le feu communautaire en Belgique, Yves Leterme pourrait devoir repasser par la case Gasthuisberg. Et là, Tine ne sera pas loin.
Durum
vendredi 20 novembre 2009
Avec Van Rompuy et Barroso, l'Europe solidement ancrée au centre-droit
Etant donné que ce blog a spéculé sur les nominations à la tête de l'Union européenne et que le sujet est à la première page de tous les journaux ce matin - avec d'ailleurs une très bonne Une du Soir - , je me sens un peu obligé de livrer quelques commentaires additionnels.
D'abord, il faut insister qu'avec Herman Van Rompuy au Conseil, flanqué de José Barroso à la Commission et Jerzy Buzek au Parlement, la direction de l'Europe est désormais bien ancrée au centre-droit. Les trois hommes sont issus du Parti populaire européen (PPE), qui a certes remporté les dernières élections européennes, sans pour autant obtenir une victoire écrasante. Alors pourquoi cette domination politique ? Sans doute parce que le Parti socialiste européen (PSE) n'a eu, depuis les élections, aucune ligne claire. Ecartelée entre des partis membres très différents, incapable de désigner un concurrent à José Barroso, la direction socialiste n'a pas non plus pesé sur le choix du président du Conseil. En panne dans de nombreux pays, le socialisme semble l'être aussi au niveau européen.
Au-delà des orientations politique, HRV a sans doute les qualités nécessaires pour remplir sa mission. Discret, calme et persévérant, il devrait pouvoir mettre d'accord les Berlusconi, Sarkozy et Brown sans faire de jaloux, de la même manière qu'il louvoyait avec plus ou moins de succès entre Reynders, Milquet, Onkelinx et consorts.
Il est étonnant de lire la déception de ceux qui, en France, auraient préféré un caractère plus trempé, un homme qui aurait "arrêté le trafic à Washington et Pékin". Ainsi Giscard, le père du traité de Lisbonne, a-t-il regretté "une ambition limitée pour l'Europe", tandis que Rocard aurait préféré "quelqu'un d'expérimenté" à "un petit nouveau". Même ton chez Bayrou. Après presque trois ans en Sarkozie, ces hommes ne sont-ils pas lassés des dérives présidentielles ?
En outre, un profil modeste au Conseil correspond mieux à la logique de l'intégration européenne. Le Conseil, lieu de compromis entre les Etats membres, a une tendance naturelle à réduire les ambitions de la Commission. C'est parfois positif, quand la Commission se lance dans des délires ultra-libéraux ou se met à harmoniser la courbure des bananes, mais c'est le plus souvent pour conclure des accords à la manque. Un président du Conseil faible ou modeste laissera plus de marge à la Commission pour jouer son rôle de moteur.
Encore qu'avec cinq nouvelles années de Barroso, l'Europe ne doit pas s'attendre à de nouvelles initiatives radicales. La législature sera bien celle d'un bon vieux pragmatisme de centre-droit...
Colonel Moutarde
mardi 17 novembre 2009
Darling Herman: il est trop tard pour la chirurgie
La pression monte pour qu’une femme soit désignée à la tête de l’Union européenne. Pour rappel, deux des quatre top jobs européens sont déjà pourvus : José Barroso à la Commission et Jerzy Buzek au Parlement. Deux nouvelles fonctions sont vacantes : celle de président du Conseil et celle de "ministre" européen des Affaires étrangères. Tous les favoris cités jusqu’ici sont des hommes, au grand dam d’un certain nombre de femmes à poigne, qui s’en indignent publiquement. Plusieurs d’entre elles ont publié hier dans le Financial Times une tribune féministe. La commissaire européenne Margot Wallström est l’une des plus vocales. A un journaliste (mâle) qui lui demandait si les minorités ethniques devaient aussi être représentées à la tête de l’UE, elle a martelé que le critère du genre était plus important. "Nous représentons la moitié de la population", s’est étranglée cette féministe militante. L’argument semble de plus en plus écouté. Au point de devenir incontournable ? Que la Suède, l’un des pays du monde les plus avancés en matière de parité, soit à la barre dans le processus des désignations, n’est pas anodin. Du coup, les chances de la Lettone Vaira Vike-Freiberga montent en flèche, tandis que celles d’Herman Van Rompuy s’affaiblissent de jour en jour. Même s’il est toujours cité comme favori, le Premier ministre belge ne pourra pas changer de sexe avant jeudi. Il a surtout un petit problème britannique. San candidature était en effet implicitement liée à la désignation de l’actuel chef de la diplomatie britonne David Miliband au poste de ministre des Affaires étrangères. Mais ce dernier s’est rétracté. Le ticket ne serait dès lors plus valable. En outre, Herman se fait désormais allumer dans la presse eurosceptique anglaise. Il sera plus difficile pour Gordon Brown de lui donner son soutien, alors qu’il cherche à reconquérir l’opinion avant les élections générales de l’an prochain. Est-ce pour cette raison qu’Yves Leterme rendra ce mercredi une visite discrète à David Miliband ? Le ministre belge des Affaires étrangères, ex-futur Premier ministre, avait prévu d’inviter la presse avec lui, mais il a finalement refusé d’embarquer des journalistes dans son avion…
Au petit jeu des pronostics, l’auteur de ces lignes est tenté d’écrire que c’est déjà peine perdue. Il mise sur Mme Vike-Freiberga. Au poste de ministre des Affaires étrangères, l’Espagnol Miguel Angel Moratinos a quelques arguments à faire valoir… Mais à deux jours du sommet décisif, les jeux restent très ouverts.
Colonel Moutarde
Au petit jeu des pronostics, l’auteur de ces lignes est tenté d’écrire que c’est déjà peine perdue. Il mise sur Mme Vike-Freiberga. Au poste de ministre des Affaires étrangères, l’Espagnol Miguel Angel Moratinos a quelques arguments à faire valoir… Mais à deux jours du sommet décisif, les jeux restent très ouverts.
Colonel Moutarde
mercredi 11 novembre 2009
Courants d'air chauds et froids dans les corridors européens
Le passe-temps favori dans les corridors européens, ces jours-ci, c'est de miser sur le futur président du Conseil. Pas seulement dans les couloirs du Berlaymont, d'ailleurs, puisque certains bookmakers proposent à chacun de tenter sa chance. Le dernier favori en date, Herman Van Rompuy, a vu sa cote monter en flèche la semaine dernière. Malgré le caractère peu judicieux de sa candidature, qu'on a souligné sur ce blog, la machine diplomatique belge s'est mise en branle pour soutenir le Premier ministre. Et pour cause: d'un strict point de vue national, sa désignation apporterait à la Belgique une influence déterminante. Non seulement sur les grandes décisions européennes futures, mais aussi sur la fonction elle-même, dont tout le monde s'accorde à dire que le premier titulaire définira les contours. Le président du Conseil sera-t-il le boss de l'Europe ? Ce serait sans doute le cas avec un Tony Blair... Herman Van Rompuy serait davantage un "chairman", un président de séance, tout à fait dans l'optique défendue par la Belgique. Car Belges et autres "petits" craignent comme la peste un président européen fort qui règlerait toutes les questions en trois coups de fil à Paris, Berlin et Londres.
Le choix d'HRV pourrait aussi servir indirectement de courte-échelle à Karel De Gucht au sein de la Commission. Les portefeuilles des commissaires doivent en effet encore être répartis et le libéral flamand se verrait bien jouer un grand rôle économique. La concurrence, pourquoi pas ? La désignation du démocrate-chrétien Van Rompuy à la tête de l'UE lui fournirait un argument de poids, puisque les libéraux pourraient demander une compensation. Or, il est l'un des rares libéraux à la Commission... La stratégie belge semble donc cousue de fil blanc.
Mais malgré l'emballement médiatique de la semaine écoulée en Belgique, où chacun cherchait déjà un successeur à Herman, la cause est loin, très loin, d'être entendue. Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfelt, chargé de trouver des candidats consensuels, l'a dit clairement ce mercredi: il n'y a pas encore d'accord. Sur les pistes d'athlétisme, le lièvre finit presque toujours pas se faire rattraper. Favori précoce, Herman pourrait bien être rejoint par les autres candidats. Ses deux confrères du Bénélux, Jan-Peter Balkenende et Jean-Claude Juncker, sont toujours en course. Les Britanniques ne démordent pas de Tony Blair. Certains diplomates anglais commencent discrètement à dire du mal de Van Rompuy. Les Britons n'ont eu aucun scrupule, il faut le rappeler, à dégommer Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, tous deux candidats à la présidence de la Commission européenne en 1999 et 2004.
Bref, rien n'est joué. La décision finale devra sans doute davantage aux circonstances et aux facteurs irrationnels qu'à un choix raisonné pour l'Europe.
Colonel Moutarde
Le choix d'HRV pourrait aussi servir indirectement de courte-échelle à Karel De Gucht au sein de la Commission. Les portefeuilles des commissaires doivent en effet encore être répartis et le libéral flamand se verrait bien jouer un grand rôle économique. La concurrence, pourquoi pas ? La désignation du démocrate-chrétien Van Rompuy à la tête de l'UE lui fournirait un argument de poids, puisque les libéraux pourraient demander une compensation. Or, il est l'un des rares libéraux à la Commission... La stratégie belge semble donc cousue de fil blanc.
Mais malgré l'emballement médiatique de la semaine écoulée en Belgique, où chacun cherchait déjà un successeur à Herman, la cause est loin, très loin, d'être entendue. Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfelt, chargé de trouver des candidats consensuels, l'a dit clairement ce mercredi: il n'y a pas encore d'accord. Sur les pistes d'athlétisme, le lièvre finit presque toujours pas se faire rattraper. Favori précoce, Herman pourrait bien être rejoint par les autres candidats. Ses deux confrères du Bénélux, Jan-Peter Balkenende et Jean-Claude Juncker, sont toujours en course. Les Britanniques ne démordent pas de Tony Blair. Certains diplomates anglais commencent discrètement à dire du mal de Van Rompuy. Les Britons n'ont eu aucun scrupule, il faut le rappeler, à dégommer Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, tous deux candidats à la présidence de la Commission européenne en 1999 et 2004.
Bref, rien n'est joué. La décision finale devra sans doute davantage aux circonstances et aux facteurs irrationnels qu'à un choix raisonné pour l'Europe.
Colonel Moutarde
dimanche 8 novembre 2009
Darling Herman, chéri des corridors européens
Herman Van Rompuy a la cote à l'Europe. Il est même, selon The Economist, "le chéri des corridors" ("the darling of the corridors"), le dernier favori en date dans la course au poste de président du Conseil européen. L'hebdomadaire résume pourquoi: il est "atlantiste et (un peu) moins euro-fanatique" que ses prédécesseurs. A ces qualités consensuelles s'ajoute une modestie qui saura lui faire garder profil bas quand Sarkozy, Merkel et Brown élèveront la voix.
Quelques facteurs moins rationnels doivent être pris en compte: avec son humour pince-sans-rire et sa manie des haïkus (voir son blog), il a su se rendre plus sympathique que son collègue néerlandais Jan-Peter Balkenende, également cité pour le poste, qui présente par ailleurs exactement le même profil. On notera enfin que puisque M. Van Rompuy n'a rien encore révélé de sa vision de l'Europe, il est difficile pour les autres dirigeants européens de se trouver des désaccords avec lui.
En dépit des cocoricos que ne manquent pas de pousser des Belges en mal de patriotisme, la désignation à la tête du Conseil européen est une mauvaise idée. Elle priverait le pays de la seule personnalité de premier plan qui ne confonde pas l'arène politique avec une cour de récréation – une qualité, ou une absence de défaut, essentielle à l'heure où il faudra résoudre BHV.
Sa désignation finirait surtout de donner de l'Union européenne l'image d'un club de vieux fumeurs de cigare. Après José Barroso à la la Commission et Jerzy Buzek au Parlement, confier à Herman Van Rompuy la présidence du Conseil reviendrait à remettre les clés de l'Union à un triumvirat formé d'hommes d'un certain âge, tous de tendance chrétienne-démocrate. Bonjour la diversité... Face aux Etats-Unis, qui viennent d'élire un président jeune et noir, l'Europe mériterait, une nouvelle fois, son nom de vieux continent.
Colonel Moutarde
Quelques facteurs moins rationnels doivent être pris en compte: avec son humour pince-sans-rire et sa manie des haïkus (voir son blog), il a su se rendre plus sympathique que son collègue néerlandais Jan-Peter Balkenende, également cité pour le poste, qui présente par ailleurs exactement le même profil. On notera enfin que puisque M. Van Rompuy n'a rien encore révélé de sa vision de l'Europe, il est difficile pour les autres dirigeants européens de se trouver des désaccords avec lui.
En dépit des cocoricos que ne manquent pas de pousser des Belges en mal de patriotisme, la désignation à la tête du Conseil européen est une mauvaise idée. Elle priverait le pays de la seule personnalité de premier plan qui ne confonde pas l'arène politique avec une cour de récréation – une qualité, ou une absence de défaut, essentielle à l'heure où il faudra résoudre BHV.
Sa désignation finirait surtout de donner de l'Union européenne l'image d'un club de vieux fumeurs de cigare. Après José Barroso à la la Commission et Jerzy Buzek au Parlement, confier à Herman Van Rompuy la présidence du Conseil reviendrait à remettre les clés de l'Union à un triumvirat formé d'hommes d'un certain âge, tous de tendance chrétienne-démocrate. Bonjour la diversité... Face aux Etats-Unis, qui viennent d'élire un président jeune et noir, l'Europe mériterait, une nouvelle fois, son nom de vieux continent.
Colonel Moutarde
mercredi 17 juin 2009
Le gouvernement belge mitigé sur la reconduction de Barroso
Alors que presque tous les gouvernements de l’UE, même les socialistes, ont annoncé leur soutien à José Manuel Barroso pour un second mandat à la tête de la Commission, la Belgique reste étrangement silencieuse. Et pour cause, les partis de la majorité ne sont pas d’accord sur le sujet. Il n’est pas surprenant que le PS, qui a fait campagne contre Barroso, ne soit guère enthousiaste. Mais il nous revient que les libéraux francophones auraient également freiné, avec l’espoir qu’une déconfiture de Barroso profite à une candidature providentielle de Guy Verhofstadt. Du côté libéral flamand, par contre, on n’aurait pas entendu de réticences à soutenir Barroso. Il faut dire que Karel De Gucht ambitionne lui-même de rejoindre la Commission et qu’un débarquement de Verhofstadt à la Commission lui couperait l’herbe sous les pieds.
Bref, c’est le bordel et personne ne sait ce que dira le Premier ministre Herman Van Rompuy au sommet européen ce jeudi, où le cas Barroso sera discuté. Mardi au Parlement, il s’est borné à souligner que "les 27 Etats membres sont d’accord que le présidence tchèque présente jeudi le nom de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission. Il y a donc un très large soutien pour son nom et sa personne". Dans l’entourage du Premier, on souligne que la Belgique est (forcément) l’un des 27 Etats membres mentionnés…
Bref, c’est le bordel et personne ne sait ce que dira le Premier ministre Herman Van Rompuy au sommet européen ce jeudi, où le cas Barroso sera discuté. Mardi au Parlement, il s’est borné à souligner que "les 27 Etats membres sont d’accord que le présidence tchèque présente jeudi le nom de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission. Il y a donc un très large soutien pour son nom et sa personne". Dans l’entourage du Premier, on souligne que la Belgique est (forcément) l’un des 27 Etats membres mentionnés…
mercredi 20 mai 2009
Reconduction de Barroso: on négocie ferme en coulisses
L'Union européenne n'est pas un super-Etat, quoiqu'en disent certains de ses détracteurs. Et la Commission n'est pas un gouvernement. Si, dans une démocratie parlementaire nationale, la majorité des voix suffit pour constituer une équipe dirigeante, les choses sont nettement plus complexes au niveau européen. Le président de la Commission est désigné par consensus entre les chefs d'Etat et de gouvernement, à l'issue de consultations totalement opaques. Il est ensuite entériné par un vote au Parlement européen, une mosaïque indéchiffrable de partis où l'on peine à déceler une majorité et une opposition. De cette situation confuse naît l'accusation classique du déficit démocratique des institutions européennes.
Le traité de Lisbonne, bien qu'il soit décrié par ceux qui reprochent à l'Europe son manque de démocratie, améliore un peu cette situation: il prévoit que le président de la Commission est élu par le Parlement européen. La nuance est réelle, puisqu'elle implique des consultations avec les principaux groupes parlementaires, ce qui renforcera la lisibilité politique du processus. Surtout, Lisbonne prévoit un vote à la majorité absolue, contre une majorté simple dans la procédure actuelle du traité de Nice.
Ce changement inquiète José Manuel Barroso, à la manoeuvre pour s'assurer un second mandat. L'homme répète depuis des mois qu'"on doit tout faire sous le traité de Nice": pas question pour lui d'anticiper les procédures plus démocratiques du traité de Lisbonne, comme le réclament certains députés. Et pour cause, il lui serait infiniment plus compliqué de recueillir une majorité absolue dans un Parlement où les verts et la gauche sont très remontés contre lui et où on annonce un groupe eurosceptique puissant, enclin à lui barrer la route. Obtenir un vote favorable dans une telle configuration l'obligerait à monnayer les portefeuilles et les politiques.
Or, le Parlement n'est pas le seul souci de M. Barroso, qui doit aussi composer avec les capitales. Si la plupart des gouvernements, y compris socialistes, lui ont déjà apporté leur soutien, tous espèrent bien un renvoi d'ascenseur. Comprendre: un bon poste d'influence pour le commissaire “national”. Ainsi les Britanniques comptent-ils bien placer un homme aux services financiers, histoire de protéger les intérêts de la City de Londres. Les Allemands chercheront peut-être à défendre leur industrie automobile, comme c'est déjà la cas avec le commissaire Gunter Verheugen. Les Français lorgneraient sur le portefeuille de la concurrence, qui reviendrait à Christine Lagarde.
S'il accède à ces demandes, José Barroso enverra à toute l'Europe le signal clair qu'il compte repartir sur les mêmes bases et transformer progressivement la Commission en secrétariat des grands Etats. Un scénario qui devrait être inacceptable pour les petits pays, que la Commission est censée protéger en plaçant l'intérêt commun au-dessus de la mêlée. Mais dans le climat actuel d'affaiblissement de l'intérêt communautaire, il n'est pas certain que les petits élèveront la voix. Chacun cherchera plutôt à obtenir un bon poste pour “son” commissaire. La Belgique de Van Rompuy sera sans doute plus encline à jouer ce jeu que celle de Verhofstadt. Karel De Gucht, pressenti commissaire, se verrait bien en charge du commerce. La bataille sera rude.
Colonel Moutarde
Le traité de Lisbonne, bien qu'il soit décrié par ceux qui reprochent à l'Europe son manque de démocratie, améliore un peu cette situation: il prévoit que le président de la Commission est élu par le Parlement européen. La nuance est réelle, puisqu'elle implique des consultations avec les principaux groupes parlementaires, ce qui renforcera la lisibilité politique du processus. Surtout, Lisbonne prévoit un vote à la majorité absolue, contre une majorté simple dans la procédure actuelle du traité de Nice.
Ce changement inquiète José Manuel Barroso, à la manoeuvre pour s'assurer un second mandat. L'homme répète depuis des mois qu'"on doit tout faire sous le traité de Nice": pas question pour lui d'anticiper les procédures plus démocratiques du traité de Lisbonne, comme le réclament certains députés. Et pour cause, il lui serait infiniment plus compliqué de recueillir une majorité absolue dans un Parlement où les verts et la gauche sont très remontés contre lui et où on annonce un groupe eurosceptique puissant, enclin à lui barrer la route. Obtenir un vote favorable dans une telle configuration l'obligerait à monnayer les portefeuilles et les politiques.
Or, le Parlement n'est pas le seul souci de M. Barroso, qui doit aussi composer avec les capitales. Si la plupart des gouvernements, y compris socialistes, lui ont déjà apporté leur soutien, tous espèrent bien un renvoi d'ascenseur. Comprendre: un bon poste d'influence pour le commissaire “national”. Ainsi les Britanniques comptent-ils bien placer un homme aux services financiers, histoire de protéger les intérêts de la City de Londres. Les Allemands chercheront peut-être à défendre leur industrie automobile, comme c'est déjà la cas avec le commissaire Gunter Verheugen. Les Français lorgneraient sur le portefeuille de la concurrence, qui reviendrait à Christine Lagarde.
S'il accède à ces demandes, José Barroso enverra à toute l'Europe le signal clair qu'il compte repartir sur les mêmes bases et transformer progressivement la Commission en secrétariat des grands Etats. Un scénario qui devrait être inacceptable pour les petits pays, que la Commission est censée protéger en plaçant l'intérêt commun au-dessus de la mêlée. Mais dans le climat actuel d'affaiblissement de l'intérêt communautaire, il n'est pas certain que les petits élèveront la voix. Chacun cherchera plutôt à obtenir un bon poste pour “son” commissaire. La Belgique de Van Rompuy sera sans doute plus encline à jouer ce jeu que celle de Verhofstadt. Karel De Gucht, pressenti commissaire, se verrait bien en charge du commerce. La bataille sera rude.
Colonel Moutarde
dimanche 4 janvier 2009
Le cdH sort renforcé après le remaniement du gouvernement
Petite anecdote en ce début d'année pauvre en scoops en dépit de nouveaux tumultes qui viennent d'accoucher d'un nouveau gouvernement désormais conduit par le très sérieux Herman Van Rompuy.
Un simple exercice de réminiscence et de logique nous permet d'écrire que Joëlle Milquet vient de renforcer le poids de sa formation au sein du gouvernement et singulièrement au kern, lieu secret où se prennent les décisions les plus importantes.
Nouveau vice-Premier ministre CD&V en remplacement de Jo Vandeurzen (comme vice-Premier), le Bruxellois Steven Vanackere s'est présenté sur une liste cdH aux dernières élections communales à la ville de Bruxelles. Comme les autres candidats de la liste emmenée par la patronne démocrate-humaniste, M. Vanackere avait d'ailleur dû confirmer sa loyauté fédérale. Il est ensuite devenu échevin flamand à Bruxelles avant de quitter la capitale pour le gouvernement flamand.
On en restera évidemment à l'exercice de logique pour conclure cette anecdote, ne doutant pas que le vice-Premier Vanackere fera allégeance au CD&V plutôt qu'à la matrone des sans-papiers. Il n'en demeure pas moins que le CD&V a confirmé un vice-Premier plutôt enclin à respecter la loyauté fédérale. Bruxellois plus proche de Jos Chabert dont il a été chef de cabinet que de Brigitte Grouwels (ah! Brrigitte!), il pourrait être de ceux qui dans les prochains mois contribueront à faire éclore une réforme de l'état équilibrée passant par la recherche d'une solution à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Au sein du kern, deux acteurs sont désormais domiciliés dans l'arrondissement. M. Vanackere et un certain Herman Van Rompuy, Premier ministre, domicilié dans la commune à facilités de Rhode-St-Genèse. Après les élections régionales, l'écueil BHV sera-t-il enfin soulevé, loin des bruits de couloir ou de corridor?
Durum
Un simple exercice de réminiscence et de logique nous permet d'écrire que Joëlle Milquet vient de renforcer le poids de sa formation au sein du gouvernement et singulièrement au kern, lieu secret où se prennent les décisions les plus importantes.
Nouveau vice-Premier ministre CD&V en remplacement de Jo Vandeurzen (comme vice-Premier), le Bruxellois Steven Vanackere s'est présenté sur une liste cdH aux dernières élections communales à la ville de Bruxelles. Comme les autres candidats de la liste emmenée par la patronne démocrate-humaniste, M. Vanackere avait d'ailleur dû confirmer sa loyauté fédérale. Il est ensuite devenu échevin flamand à Bruxelles avant de quitter la capitale pour le gouvernement flamand.
On en restera évidemment à l'exercice de logique pour conclure cette anecdote, ne doutant pas que le vice-Premier Vanackere fera allégeance au CD&V plutôt qu'à la matrone des sans-papiers. Il n'en demeure pas moins que le CD&V a confirmé un vice-Premier plutôt enclin à respecter la loyauté fédérale. Bruxellois plus proche de Jos Chabert dont il a été chef de cabinet que de Brigitte Grouwels (ah! Brrigitte!), il pourrait être de ceux qui dans les prochains mois contribueront à faire éclore une réforme de l'état équilibrée passant par la recherche d'une solution à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Au sein du kern, deux acteurs sont désormais domiciliés dans l'arrondissement. M. Vanackere et un certain Herman Van Rompuy, Premier ministre, domicilié dans la commune à facilités de Rhode-St-Genèse. Après les élections régionales, l'écueil BHV sera-t-il enfin soulevé, loin des bruits de couloir ou de corridor?
Durum
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