Les Occidentaux ont réagi avec indignation à la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par la Russie. Il ne fallait pourtant pas être un grand maître des échecs géostratégiques pour voir venir ce coup. En sponsorisant l'indépendance du Kosovo, les Occidentaux s'y sont eux-mêmes exposés.
Dans les chancelleries européennes, on peaufine maintenant les arguments qui devront permettre d'expliquer, lors d'un sommet à Bruxelles lundi prochain, pourquoi les deux cas sont différents.
L'indépendance du Kosovo, devrait-on entendre, est un cas sui generis, dont le caractère exceptionnel justifié par 1/ les exactions dont ont été victimes les Kosovars dans le contexte du démembrement de la Yougoslavie 2/ l'échec des négociations directes entre Serbes et Kosovars sous l'égide de l'ONU.
Mais ces arguties juridiques, qui servent depuis des mois à justifier l'unilatéralisme des Occidentaux, seront inutiles face à Moscou, dont il est, ici encore, aisé de prévoir les prochains coups.
En affirmant que 1/ les Ossètes ont eux aussi une histoire d'oppression et que 2/ les négociations onusiennes sur le Kosovo ne se sont en fait jamais vu donner une chance de succès, les Russes balaieront le distinguo européen.
Et comment leur donner tort ? Comment les Européens pourraient-ils aujourd'hui se draper dans un droit international sur lequel, il y a quelques mois à peine, ils s'essuyaient les pieds ?
Du coup, la Russie aura beau jeu d'appliquer la stratégie du fait accompli déployée au Kosovo par les Européens. Ceux-ci ont imposé leur propre mission dans l'ancienne province serbe en dépit d'un mandat insuffisant des Nations Unies. Moscou fera de même en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Cela n'a rien à voir avec le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est une lutte d'influence sur un échiquier grandeur nature.
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mercredi 27 août 2008
mardi 18 décembre 2007
L'hyperréalisme d'Anne-Marie Lizin entame son crédit
En quelques semaines de temps, la pasionaria du parlement belge, Anne-Marie Lizin, vient de démontrer en deux nouveaux exemples à quel point son credo de politique pragmatique poussé à son paroxysme sur la scène internationale la décridibilise totalement.
Envoyée par l'OSCE, dont elle assure la vice-présidence du parlement, superviser les élections législatives russes, Mme Lizin a dit n'avoir constaté "aucun problème de procédure" dans son communiqué de conclusion. Son collègue Kimmo Kiljunen, vice-président de la même assemblée a fourni une analyse plus nunancée. "A chaque fois que j'entends [des chiffres comme] 99 % de participation, cela me pose un important problème car je sais que dans une situation normale il est impossible que tout le monde vote", a-t-il indiqué au quotidien Le Monde.
Plus récemment, alors que la gauche française s'est vue offrir un boulevard pour dénoncer les atermoiements sarkozyens sur les droits de l'homme et le terrorisme dans le cadre de la (même pas) lucrative visite du président libyen Mouammar Khadafi, le sixième sens pragmatique de la bouillante sénatrice-bourgmestre de Huy l'a poussée à se rendre illico presto dans la ville lumière se prosterner sous la tente du dictateur.
On connaît le credo des réalos: mieux vaut se montrer flexible avec ceux qu'on a et négocier ce qui est possible plutôt qu'aller à l'affrontement et se voir fermer toutes les portes au risque même de voir émerger des despotes pire encore que leurs prédécesseurs.
Mme Lizin avait déjà donné un aperçu de ses talents en la matière en prônant la fermeture de Guantanamo, non pas pour des motifs humanitaires (elle jugeait même Guantanamo plus respectueuse des droits de l'homme qu'une prison belge) mais parce qu'elle jugeait les Américains incapables d'y recueillir des éléments suffisamment probants dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La flexibilité quand elle se pratique aux dépens de la dignité humaine ne fait qu'accroître le déni de démocratie. Il ne manque plus à la reine du Condroz qu'à se trouver un Carla Bruni (la Boulette propose un shooting à Plopsaland avec Mika, Ndlr) pour faire diversion. Mais la diversion, mémé Lizin, cela ne lui ressemble pas.
Envoyée par l'OSCE, dont elle assure la vice-présidence du parlement, superviser les élections législatives russes, Mme Lizin a dit n'avoir constaté "aucun problème de procédure" dans son communiqué de conclusion. Son collègue Kimmo Kiljunen, vice-président de la même assemblée a fourni une analyse plus nunancée. "A chaque fois que j'entends [des chiffres comme] 99 % de participation, cela me pose un important problème car je sais que dans une situation normale il est impossible que tout le monde vote", a-t-il indiqué au quotidien Le Monde.
Plus récemment, alors que la gauche française s'est vue offrir un boulevard pour dénoncer les atermoiements sarkozyens sur les droits de l'homme et le terrorisme dans le cadre de la (même pas) lucrative visite du président libyen Mouammar Khadafi, le sixième sens pragmatique de la bouillante sénatrice-bourgmestre de Huy l'a poussée à se rendre illico presto dans la ville lumière se prosterner sous la tente du dictateur.
On connaît le credo des réalos: mieux vaut se montrer flexible avec ceux qu'on a et négocier ce qui est possible plutôt qu'aller à l'affrontement et se voir fermer toutes les portes au risque même de voir émerger des despotes pire encore que leurs prédécesseurs.
Mme Lizin avait déjà donné un aperçu de ses talents en la matière en prônant la fermeture de Guantanamo, non pas pour des motifs humanitaires (elle jugeait même Guantanamo plus respectueuse des droits de l'homme qu'une prison belge) mais parce qu'elle jugeait les Américains incapables d'y recueillir des éléments suffisamment probants dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La flexibilité quand elle se pratique aux dépens de la dignité humaine ne fait qu'accroître le déni de démocratie. Il ne manque plus à la reine du Condroz qu'à se trouver un Carla Bruni (la Boulette propose un shooting à Plopsaland avec Mika, Ndlr) pour faire diversion. Mais la diversion, mémé Lizin, cela ne lui ressemble pas.
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