Un micro-scandale agite depuis peu le (tout) petit monde de la critique musicale belge: la semaine dernière, Le Soir a publié en avant-première une interview du groupe de rock dEUS. Le quotidien de la rue Royale a délibérément violé l'embargo que voulait imposer la firme de disque Universal sous peine d'une amende de milliers d'euros. Le Soir en a même fait ses choux gras en publiant plusieurs pages sur le présumé chantage de la major.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les confrères n'apprécient pas. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter la rediffusion, sur le site interMédias, d'une émission où Hugues Dayez et Sylvestre Defontaine (RTBF) tirent à boulets rouges sur Thierry Coljon (Le Soir). Ou encore de prendre connaissance d'une lettre adressée par La Libre Belgique et La Dernière Heure aux firmes de disque pour se plaindre du comportement du Soir. Car plutôt que de jouer la carte de la solidarité entre médias, les deux journaux du groupe IPM préfèrent se poser en concurrents vachards. Dans cette lettre, qui circule pour l'instant sous le manteau, ils demandent en gros que Le Soir soit puni pour sa pratique, récurrente selon eux, de violer les embargos.
On pensera ce qu'on veut de l'attitude des uns et des autres. Ce que cette triste affaire révèle en tout cas, c'est que l'industrie du disque, comme celle de presse, sont aux abois.
Universal et consorts vendent de moins en moins de CD et licencient du personnel. Comme dit Mano Solo, dans une interview récente à ... La Libre Belgique: “quand vous téléchargez, vous mettez des prolos sur le trottoir”. Cela explique, davantage que le souci d'une concurrence équitable entre les médias, que les majors se soucient des embargos: si tous les journaux publient l'interview le même jour, cela crée un buzz médiatique propice aux ventes.
Quant aux journaux, eux aussi, ils doivent vendre du papier. Ils ont besoin de dEUS et des autres people, au moins autant que dEUS a besoin d'eux.
Nous sommes tous interdépendants, des rouages de la société de consommation culturelle, c'est ce que semble nous dire cette affaire, finalement. Et, finalement, le coup de gueule du Soir contre cette grande machine commerciale, aussi vain soit-il, est plutôt sympathique. Il est juste un peu surprenant de retrouver Thierry Coljon, dont on a épinglé ici la complaisance, se retrouve dans le rôle du Don Quichotte de la critique musicale...
Colonel Moutarde
vendredi 25 avril 2008
mercredi 23 avril 2008
La Commission européenne patine sur le biofuel
Après avoir été présentés comme la solution au problème climatique, les biocarburants sont aujourd'hui critiqués sur tous les fronts. Parce qu'ils poussent à la hausse les prix alimentaires et parce que leur bilan énergétique n'est pas forcément optimal.
La polémique enfle et embarrasse la Commission européenne, qui est à l'origine de l'ojectif ambitieux que s'est assigné l'UE: 10% de biofuels dans les transports à l'horizon 2020, contre environ 2% actuellement. Il faudra un paquet de jus de betterave et d'huile de colza pour y parvenir et il faudra aussi sans doute importer des quantités faramineuses d'huile de palme asiatique et de bioethanol à base de canne à sucre en provenance du Brésil – au prix d'une déforestation dénoncée par Greenpeace.
Face aux critiques, la Commission tente de maintenir le cap, vaille que vaille, mais elle pourrait trébucher. En son sein même, des voix relayent les critiques des ONG. Le commissaire Louis Michel a mis en garde la semaine dernière contre la “mode des biofuels” qui pourrait aboutir à une “catastrophe” alimentaire. Avant d'être rapidement rappelé à l'ordre. Pas question en effet pour la Commission d'expliquer la flambée des prix alimentaires par les biocarurants. A en croire la thèse officielle, la croissance démographique, la modification des habitudes alimentaires en Asie, les mauvaises conditions climatiques et la spéculation sont les principaux facteurs de la hausse des prix. Les biocarburants ne seraient qu'une cause minime, tellement minime qu'il est fortement déconseillé aux commissaires de les mentionner. C'est pourquoi Louis Michel, qui a participé mardi à un débat au Parlement européen sur la crise alimentaire, n'en a plus pipé mot.
Et pourtant, la Commission a pris conscience du problème. Selon une note interne, “les biocarburants peuvent présenter une menace pour la sécurité alimentaire des pays qui s'approvisionnent sur le marché mondial, dans la mesure où ils aspirent l'offre céréalière et que cette dernière n'est plus aussi abondante qu'auparavant”. Et, plus loin, “si la production de biocarburants devient plus rentable que la production de produits alimentaires se profile le risque d'une production accrue des premiers aux dépens des seconds. Avec le risque que des investissements étrangers soient source d'une flambée des prix du foncier”.
Alors pourquoi cette omerta ? Parce qu'un changement de stratégie serait hautement embarrassant pour la Commission. Vis-à-vis de l'opinion publique, mais aussi vis-à-vis des investisseurs et industriels qui ont investi des dizaines de millions d'euros dans le secteur sur base de la stratégie européenne. Il n'est en effet pas courant que l'Europe revienne sur ses objectifs un an à peine après les avoir adoptés...
La Commission pourrait toutefois être contrainte cette fois de faire volte-face. Son président José Manuel Barroso a-t-il amorcé le mouvement en annonçant la réalisation d'une étude complète sur le sujet ? Une étude qu'il aurait sans doute valu effectuer un peu plus tôt, sans doute...
Colonel Moutarde
La polémique enfle et embarrasse la Commission européenne, qui est à l'origine de l'ojectif ambitieux que s'est assigné l'UE: 10% de biofuels dans les transports à l'horizon 2020, contre environ 2% actuellement. Il faudra un paquet de jus de betterave et d'huile de colza pour y parvenir et il faudra aussi sans doute importer des quantités faramineuses d'huile de palme asiatique et de bioethanol à base de canne à sucre en provenance du Brésil – au prix d'une déforestation dénoncée par Greenpeace.
Face aux critiques, la Commission tente de maintenir le cap, vaille que vaille, mais elle pourrait trébucher. En son sein même, des voix relayent les critiques des ONG. Le commissaire Louis Michel a mis en garde la semaine dernière contre la “mode des biofuels” qui pourrait aboutir à une “catastrophe” alimentaire. Avant d'être rapidement rappelé à l'ordre. Pas question en effet pour la Commission d'expliquer la flambée des prix alimentaires par les biocarurants. A en croire la thèse officielle, la croissance démographique, la modification des habitudes alimentaires en Asie, les mauvaises conditions climatiques et la spéculation sont les principaux facteurs de la hausse des prix. Les biocarburants ne seraient qu'une cause minime, tellement minime qu'il est fortement déconseillé aux commissaires de les mentionner. C'est pourquoi Louis Michel, qui a participé mardi à un débat au Parlement européen sur la crise alimentaire, n'en a plus pipé mot.
Et pourtant, la Commission a pris conscience du problème. Selon une note interne, “les biocarburants peuvent présenter une menace pour la sécurité alimentaire des pays qui s'approvisionnent sur le marché mondial, dans la mesure où ils aspirent l'offre céréalière et que cette dernière n'est plus aussi abondante qu'auparavant”. Et, plus loin, “si la production de biocarburants devient plus rentable que la production de produits alimentaires se profile le risque d'une production accrue des premiers aux dépens des seconds. Avec le risque que des investissements étrangers soient source d'une flambée des prix du foncier”.
Alors pourquoi cette omerta ? Parce qu'un changement de stratégie serait hautement embarrassant pour la Commission. Vis-à-vis de l'opinion publique, mais aussi vis-à-vis des investisseurs et industriels qui ont investi des dizaines de millions d'euros dans le secteur sur base de la stratégie européenne. Il n'est en effet pas courant que l'Europe revienne sur ses objectifs un an à peine après les avoir adoptés...
La Commission pourrait toutefois être contrainte cette fois de faire volte-face. Son président José Manuel Barroso a-t-il amorcé le mouvement en annonçant la réalisation d'une étude complète sur le sujet ? Une étude qu'il aurait sans doute valu effectuer un peu plus tôt, sans doute...
Colonel Moutarde
mardi 22 avril 2008
Budgets en équilibre: Pas de quoi Bombay le torse
Bombay est l'une des villes où la location d'immeubles de bureau est la plus chère au monde. C'est le Consul général de Belgique, Jean-Joël Schittecatte, qui l'a précisé ce lundi matin au micro de Jean-Pierre Hautier, sur la Première, au cours d'une émission spéciale consacrée à l'Inde.
On s'en tamponne le coquillard, m'objecterez-vous. Vous auriez tort, car le même Consul général a révélé, dans la même émission, ce fait intéressant: l'homme a passé les sept premiers mois de son mandat à se chercher une résidence, puisque le gouvernement avait décidé de revendre le bâtiment occupé jusqu'alors. La tâche n'a pas été aisée, a avoué M. Schittecatte.
Faut-il comprendre que le gouvernement a empoché le revenu de la vente d'un immeuble, histoire d'équilibrer les comptes publics, mais que le contribuable devra se farcir des loyers faramineux à partir de maintenant ? Ce ne serait pas la première fois. Plusieurs administrations à Bruxelles, dont celle du ministre des finances lui-même, sont dans le même cas de figure.
Il est autorisé de se demander à quoi aura servi l'équilibre budgétaire de l'ère Verhofstadt-Reynders, si les finances publiques devront supporter à long-terme des charges fixes de plus en plus lourdes – et on ne parle pas des fonds de pension que l'état a englouti dans les dernières années. A la propre popularité des principaux intéressés, peut-être ? C'est vrai qu'un budget en équilibre, ça fait bien...
Colonel Moutarde
(avec toutes mes excuses pour le titre foireux)
On s'en tamponne le coquillard, m'objecterez-vous. Vous auriez tort, car le même Consul général a révélé, dans la même émission, ce fait intéressant: l'homme a passé les sept premiers mois de son mandat à se chercher une résidence, puisque le gouvernement avait décidé de revendre le bâtiment occupé jusqu'alors. La tâche n'a pas été aisée, a avoué M. Schittecatte.
Faut-il comprendre que le gouvernement a empoché le revenu de la vente d'un immeuble, histoire d'équilibrer les comptes publics, mais que le contribuable devra se farcir des loyers faramineux à partir de maintenant ? Ce ne serait pas la première fois. Plusieurs administrations à Bruxelles, dont celle du ministre des finances lui-même, sont dans le même cas de figure.
Il est autorisé de se demander à quoi aura servi l'équilibre budgétaire de l'ère Verhofstadt-Reynders, si les finances publiques devront supporter à long-terme des charges fixes de plus en plus lourdes – et on ne parle pas des fonds de pension que l'état a englouti dans les dernières années. A la propre popularité des principaux intéressés, peut-être ? C'est vrai qu'un budget en équilibre, ça fait bien...
Colonel Moutarde
(avec toutes mes excuses pour le titre foireux)
lundi 21 avril 2008
Marie la Forest, une star qui dérange
Le débarquement de la ministre fédérale Marie Arena à Forest ne suscite pas d'élan d'enthousiasme chez les socialistes locaux dont certains jeunes visent la succession de la bourgmestre Magda De Galan qui prendra sa retraite en 2012.
Voulant manifestement éviter à ce stade les divisions, cette dernière reste prudente mais on sent bien que l'arrivée de l'ex-ministre-présidente sur ses terres ne l'excite pas plus que cela.
La bourgmestre a évoqué la situation dans un Edito du journal de la section locale socialiste. "Marie, elle, a choisi de se domicilier à Forest pour des raisons qui sont les siennes et que je respecte". Bien. "Quand Marie demandera son transfert chez nous, nous organiserons une rencontre avec elle pour envisager un avenir ensemble". Bon. Mais Magda n'est pas pressée. "Chaque chose en son temps..." Plus loin dans l'Edito, la bourgmestre souligne qu'il reste encore 54 mois avant les élections communales, "trop pour se déchirer sur de stériles querelles de personnes". C'est que, venant à Forest, Marie Arena n'y fait pas que des heureux. Les pousses locales aux dents longues attendent patiemment de pouvoir devenir calife à la place de la calife. Parmi elles, le très ambitieux (arriviste?) Grégor Chapelle, actuellement échevin.
Durum
Voulant manifestement éviter à ce stade les divisions, cette dernière reste prudente mais on sent bien que l'arrivée de l'ex-ministre-présidente sur ses terres ne l'excite pas plus que cela.
La bourgmestre a évoqué la situation dans un Edito du journal de la section locale socialiste. "Marie, elle, a choisi de se domicilier à Forest pour des raisons qui sont les siennes et que je respecte". Bien. "Quand Marie demandera son transfert chez nous, nous organiserons une rencontre avec elle pour envisager un avenir ensemble". Bon. Mais Magda n'est pas pressée. "Chaque chose en son temps..." Plus loin dans l'Edito, la bourgmestre souligne qu'il reste encore 54 mois avant les élections communales, "trop pour se déchirer sur de stériles querelles de personnes". C'est que, venant à Forest, Marie Arena n'y fait pas que des heureux. Les pousses locales aux dents longues attendent patiemment de pouvoir devenir calife à la place de la calife. Parmi elles, le très ambitieux (arriviste?) Grégor Chapelle, actuellement échevin.
Durum
dimanche 20 avril 2008
Logement social: l'ONU va-t-elle enquêter à Namur?
Le scandale de la gestion des logements sociaux à Namur qui bloque l'arrivée de candidats extra-européens en vue d'assurer la coexistence des communautés n'est pas sans rappeler celui fait autour du Wooncode flamand tant dénoncé au sud du pays, singulièrement par le ministre wallon du Logement, le cdH André Antoine. Ce dernier condamne la situation namuroise tout en dénonçant l'hypocrisie des libéraux qui refusant de faire du logement social sur leur territoire communal suscitent la création de ghettos ailleurs que chez eux. Il a raison. Mais n'est-il pas lui hypocrite de dénoncer haut et fort le Wooncode flamand (à tout le moins l'obligation faite aux candidats de s'engager à apprendre le néerlandais sous peine de se voir refuser un logement) alors qu'apparaît au grand jour la manière de faire dans la capitale wallonne.
Pour le Wooncode comme pour le Foyer Namurois, l'objectif annoncé est louable: lutter contre la ghettoïsation. Mais les moyens pour y arriver posent question: que fait-on de ces citoyens fragilisés qui ne correspondent pas aux conditions énoncées pour pouvoir bénéficier du droit fondamental à se loger dignement? Comme il l'a fait en Flandre, le Comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale viendra-t-il enquêter à Namur?
Durum
Pour le Wooncode comme pour le Foyer Namurois, l'objectif annoncé est louable: lutter contre la ghettoïsation. Mais les moyens pour y arriver posent question: que fait-on de ces citoyens fragilisés qui ne correspondent pas aux conditions énoncées pour pouvoir bénéficier du droit fondamental à se loger dignement? Comme il l'a fait en Flandre, le Comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale viendra-t-il enquêter à Namur?
Durum
jeudi 17 avril 2008
Julie Néerlandez Néerlandez
La nouvelle secrétaire d'Etat liégeoise Julie Fernandez Fernandez n'est pas encore vraiment rompue aux subtilités de la syntaxe néerlandaise. C'est une litote. S'exprimant dans la langue de Vondel au parlement, elle baraguine un charabia digne de la pauvre Gisèle Mandaila qui a sévi avant elle. A l'écoute de ses réponses, les parlementaires néerlandophones ne sont pas certains d'avoir compris toute la subtilité de son propos et se voient incapables d'exercer leur contrôle parlementaire.
La chose est parfois vraie en sens inverse et reflète la réalité d'une démocratie en voie de délitement. La Belgique est aujourd'hui la somme de deux opinions publiques représentées par deux mondes politiques qui ne se comprennent plus.
Durum
La chose est parfois vraie en sens inverse et reflète la réalité d'une démocratie en voie de délitement. La Belgique est aujourd'hui la somme de deux opinions publiques représentées par deux mondes politiques qui ne se comprennent plus.
Durum
mercredi 16 avril 2008
L'ambassadrice de Chine à Bruxelles met les autorités belges en garde
L'ambassadrice de Chine à Bruxelles, Madame Qiyue Zhang, met en garde la Belgique contre les répercussions économiques que pourrait prendre la République populaire si Bruxelles venait à se montrer trop critique sur la situation des droits de l'Homme. A l'instar d'autres Etats, la Belgique menace de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. La majorité parlementaire entend demander au gouvernement belge "d'envisager une position européenne commune manifestant le rejet et la critique de la politique chinoise en matière des droits humains, sociaux et environnementaux, sans exclure, en fonction de l'évolution de la situation, un boycott politique de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 2008 à Beijing". Une résolution a été déposée en ce sens à la Chambre des représentants.
La Chine considère cela comme de "l'ingérence", a indiqué mercredi l'ambassadrice à Bruxelles, auditionnée mercredi en Commission des Relations extérieures de la Chambre et du Sénat. Elle a précisé, dans un langage très diplomatique, que le vote des députés était une chose mais qu'il fallait "tenir compte des relations bilatérales dans leur ensemble". Une menace à peine voilée. Le vote de la résolution a été reporté.
Durum
La Chine considère cela comme de "l'ingérence", a indiqué mercredi l'ambassadrice à Bruxelles, auditionnée mercredi en Commission des Relations extérieures de la Chambre et du Sénat. Elle a précisé, dans un langage très diplomatique, que le vote des députés était une chose mais qu'il fallait "tenir compte des relations bilatérales dans leur ensemble". Une menace à peine voilée. Le vote de la résolution a été reporté.
Durum
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