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samedi 18 octobre 2008

Le plan de fréquences accouche d'une trop pure FM

Le nouveau plan de fréquences radio est enfin né mais force est de constater qu'il ne répond que fort peu à son objectif initial de diversification des contenus.
Et le problème réside moins dans la pauvreté des offres faite par le privé que dans la faillité d'un service public trustant la moitié de la bande FM et qui, en matière de programmation musicale "actuelle", faillit totalement dans ses missions.
Pure FM est devenue aujourd'hui une radio commerciale sponsorisée par les contribuables en dépit de ce que certains d'entre eux souhaitent écouter. Il y a longtemps que le plan de fréquences n'offre aucune musique pop-rock sortant des sentiers battus. Le changement n'est pas pour demain.
Cela étant dit, il est aussi de bon "ton" de rabattre son caquet à feu radio Mint, la radio du mauvais goût du groupe Bertelsmann, qui s'était présentée comme alternative (piège dans lequel de nombreux artistes sont tombés y compris le très Royal Cali). Bertelsmann, cet ogre chapeautant la maison RTL, qui a largement participé à la spoliation des artistes avant de vendre ses activités d'édition musicale après le succès du téléchargement.

Durum

vendredi 11 juillet 2008

Des festivals politiquement corrects

Le lancement de la saison estivale a coïncidé comme c'est le cas depuis de nombreuses années avec le retour des festivals de musique rock. L'occasion pour la Boulette de faire le point sur quelques grands événements souvent présentés comme indépendants or, parfois très associés à de puissantes machines économiques (on a déjà évoqué ici la mainmise de Live Nation sur quelques uns de ces importants événements) mais également au monde politique. Sans tirer d'informations hâtives, voilà quelqu'info bonne à enregister.
Ainsi, l'organisateur du festival de Werchter (qu'il a fondé et revendu à Live Nation) Herman Schuurmans milite à l'Open Vld. Une nouvelle initiative cette année, le festival d'1 jour Werchter Boutique à laquelle s'associent d'ailleurs les libéraux flamands qui y organisent dimanche un événement politique. Bien implanté dans le coin, le CD&V local n'est pas en reste pour y inviter les journalistes. On y retrouve le bourgmestre de Rotselaar, Dirk Claes, et le sénateur local Hugo Vandenberghe. Le grand chef du Pukkelpop (également Livenationalisé) Chokri Mahassine est député au Parlement flamand pour le parti blairiste sp.a. Autre député, mais au Parlement wallon cette fois, Carlo Di Antonio est bourgmestre cdH de Dour. Il organise depuis des années le festival éponyme qui s'est aussi au fil du temps transformé en supermarché. L'échevin spadois Charles Gardier (MR), proche de Didier Reynders, est à la tête des Francofolies qui sert de vitrine au président bling-bling. Quant au festival liégeois qui monte, les Ardentes, on le doit à la bravoure du camarade Gaëtan Servais, ex-chef de cabinet de Marie Arena à la Communauté française et futur directeur de Meusinvest, société chargée de la reconversion économique de la province de Liège. Gaëtan Servais a un beau curriculum, passé chez Van Cau et Marcourt, venant en droite ligne de chez Di Rupo.
Ces liens favorisent évidemment la politique de subsidiation. D'autres festivals plus en marge ne bénéficient pas des mêmes appuis. Et quand politique et affairisme se rencontrent, le cocktail (maison) peut s'avérer d'autant plus explosif pour la diversité culturelle.
Demandez le programme!

Durum

vendredi 25 avril 2008

Affaire dEUS: Les journaux se tirent dans les pattes

Un micro-scandale agite depuis peu le (tout) petit monde de la critique musicale belge: la semaine dernière, Le Soir a publié en avant-première une interview du groupe de rock dEUS. Le quotidien de la rue Royale a délibérément violé l'embargo que voulait imposer la firme de disque Universal sous peine d'une amende de milliers d'euros. Le Soir en a même fait ses choux gras en publiant plusieurs pages sur le présumé chantage de la major.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les confrères n'apprécient pas. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter la rediffusion, sur le site interMédias, d'une émission où Hugues Dayez et Sylvestre Defontaine (RTBF) tirent à boulets rouges sur Thierry Coljon (Le Soir). Ou encore de prendre connaissance d'une lettre adressée par La Libre Belgique et La Dernière Heure aux firmes de disque pour se plaindre du comportement du Soir. Car plutôt que de jouer la carte de la solidarité entre médias, les deux journaux du groupe IPM préfèrent se poser en concurrents vachards. Dans cette lettre, qui circule pour l'instant sous le manteau, ils demandent en gros que Le Soir soit puni pour sa pratique, récurrente selon eux, de violer les embargos.
On pensera ce qu'on veut de l'attitude des uns et des autres. Ce que cette triste affaire révèle en tout cas, c'est que l'industrie du disque, comme celle de presse, sont aux abois.
Universal et consorts vendent de moins en moins de CD et licencient du personnel. Comme dit Mano Solo, dans une interview récente à ... La Libre Belgique: “quand vous téléchargez, vous mettez des prolos sur le trottoir”. Cela explique, davantage que le souci d'une concurrence équitable entre les médias, que les majors se soucient des embargos: si tous les journaux publient l'interview le même jour, cela crée un buzz médiatique propice aux ventes.
Quant aux journaux, eux aussi, ils doivent vendre du papier. Ils ont besoin de dEUS et des autres people, au moins autant que dEUS a besoin d'eux.
Nous sommes tous interdépendants, des rouages de la société de consommation culturelle, c'est ce que semble nous dire cette affaire, finalement. Et, finalement, le coup de gueule du Soir contre cette grande machine commerciale, aussi vain soit-il, est plutôt sympathique. Il est juste un peu surprenant de retrouver Thierry Coljon, dont on a épinglé ici la complaisance, se retrouve dans le rôle du Don Quichotte de la critique musicale...

Colonel Moutarde