dimanche 15 juin 2008

La villa du président de la Chambre Herman Van Rompuy enclavée dans la fédération Wallonie-Bruxelles

Il y a au moins une chose sur laquelle la secrétaire d'Etat bruxelloise Brigitte Grouwels (qui a eu droit ces derniers temps à beaucoup (trop?) d'honneur sur La Boulette) a raison: les francophones sont déjà dans l'après-Belgique. Les partis flamands, et singulièrement le CD&V, souhaitent le maintien de la maison Belgique mais celle-ci doit être complètement réformée de sorte qu'elle soit pleinement orientée vers les intérêts flamands (ils rétorqueront qu'ils ne veulent plus de la Belgique actuelle qui satisfait les francophones mais freine l'élan socio-économique flamand).
Ce scénario d'une Belgique flamande, les francophones n'en veulent pas: ils préfèrent prendre en main leur destin. Tel est le point de vue désormais exprimé au sud, en tout cas au PS et au MR.
Mais il y a un os: Bruxelles enclavée en Flandre. C'est la raison pour laquelle, paradoxalement, les francophones souhaitent que l'on règle en priorité le dossier BHV. Ils ne veulent plus entrer en négociation institutionnelle sans régler ce dossier. S'appuyant sur l'expertise de professeurs en droit international, certains énoncent que lorsque sera venu le temps de constater le blocage définitif et la mort de la Belgique, l'émergence éventuelle d'une Flandre indépendante et d'une fédération Wallonie-Bruxelles se fera en vertu des frontières administratives appelées à devenir frontières d'Etat reconnues sur le plan international. Pour les francophones, il est donc importantissime de faire jouxter Bruxelles et la Wallonie dont les PIB cumulés seront supérieurs à la Flandre indépendante et... orpheline de son ex-capitale. Pour relier Bruxelles à la Wallonie, différents scénarios (relevant parfois de l'absurde) sont sur la table allant d'un simple corridor à travers la forêt de Soignes (peu défendable car inhabité) à l'annexion du territoire de la commune de Rhode-St-Genèse... à l'exception de la villa du président de la Chambre Herman Van Rompuy. D'autres évoquent l'élargissement de Bruxelles à Linkebeek et ou Drogenbos. Derrière tous ces scénarios distillés "en off" ou au hasard de rencontres dans les couloirs, il y a évidemment beaucoup d'intox. Mais c'est révélateur du climat actuel.

Durum

vendredi 13 juin 2008

Les Oustachis ont battu les Boches, qu'est-ce qu'on se marre!

On connaît l'importance du titre dans la presse écrite qui s'il est accrocheur va permettre d'attirer l'attention du lecteur. La titraille a fait la réputation de certains quotidiens que ce soit Libération ou avant cela Hara-Kiri et son prolongement Charlie Hebdo avec plus ou moins de succès. Plus près de chez nous, elle est l'apanage traditionnel de la DH, le quotidien populiste excellant dans le genre singulier de l'accroche attrape-beauf.

Concurrence oblige, cette particularité du "bon jeu de mot" touche de plus en plus la presse dite de qualité, celle-ci tombant régulièrement à son tour dans le nauséabont. Un titre a ainsi éveillé mon attention ce vendredi dans la presse congréganiste. Au lendemain de la défaite de l'Allemagne face à la Croatie en match de poule de l'Euro 2008, "La Libre Belgique" n'hésite pas à titrer "Der Untergang, la chute...", référence au film d'Oliver Hirschbiegel relatant les derniers jours de la vie d'Adolf Hitler. La Libre aurait pu rajouter en surtitre que les Fritz ont été trahis par leurs alliés oustachis. Les Schleuhs ont perdu. "La Libre" aussi.

Durum

mercredi 11 juin 2008

La Belgique va réduire encore sa liste de pays partenaires

Le gouvernement s'apprête à réduire à nouveau sa liste de "pays partenaires" - autrement dit les heureux bénéficiaires de son aide au développement. L'idée est de concentrer de plus gros montants sur un nombre plus petit de pays. L'aide est alors plus efficace, selon le thèse officielle. Il va sans dire qu'un chèque plus conséquent permet aussi d'influencer davantage les Etats qui en bénéficient. Il y a quelques années, ceux-ci ont déjà été réduits d'une grosse vingtaine à dix-huit. La liste devrait encore se raccourcir bientôt. Le ministre de la Coopération, Charles Michel, a appelé à une discussion "sans tabou" sur le sujet.
Les pays qui seront exclus ne sont pas encore connus, mais l'Afrique du sud, l'Algérie, et certains pays d'Amérique latin semblent mal partis pour continuer à bénéficier de la solidarité des contribuables belges. Quant au Congo, il restera sans aucun doute sur la liste, mais il faudra voir dans quelle mesure il sera affecté par la querelle actuelle. A l'heure de la "diplomatie économique" chère à Karel De Gucht, les gouvernements qui ne veulent pas se priver de subsides juteux feraient peut-être bien de ménager les entreprises belges.

Colonel Moutarde

dimanche 8 juin 2008

Karel De Gucht est mort, Vive Karel De Gucht!

Il y a décidément toujours quelque chose à dire à propos de Karel De Gucht, le ministre des Affaires étrangères dont la langue bien pendue fait régulièrement l'objet de commentaires en tous sens. Sa dernière sortie devrait plutôt réjouir les francophones bien pensants et risque de fâcher les nationalistes ultras au nord du pays. Outre sa propension à commenter ouvertement ce qui se passe dans le monde, M. De Gucht a aussi comme caractéristique, qu'il a en commun avec ses compères laïques de l'Open Vld Guy Verhofstadt et Patrick Dewael, d'éprouver une haine corse pour les fachos de tous poils.
Intervenant le 8 juin lors d'un congrès de son parti à Bruxelles, le ministre De Gucht n'a pas hésité à vilipender la Flandre repliée sur elle-même. Il a dit "refuser cette Flandre qui se bat pour les démons du passé". Il a aussi plaidé pour une "Flandre assurée mais ouverte, pas celle du 'Vlaams Nationaal Zangfeest' (une organisation politico-folklorique qui rassemble les nationalistes de la droite extrême) mais plutôt celle inspirée de Fata Morgana (du nom d'une émission ludique populaire de la VRT qui met en exergue certaines valeurs telles que la solidarité)".
Le ministre De Gucht a encore indiqué rejeter "la Flandre des Dewinter ou Bruno Valkeniers (le nouveau président du Vlaams Belang), Dedecker, De Wever ou Bourgeois (N-VA), celle qui refuse l'accès aux enfants (francophones) sur ses plaines de jeux, qui interdit la présence à certains (francophones) sur les marchés, ou encore qui exige des bibliothèques qu'elles proposent 75% de livres en néerlandais même dans des communes où 80% des habitants parlent une autre langue (que celle de Vondel)".
Certains commentateurs avanceront qu'il ne manquerait plus que cela qu'il se prononce de la sorte. Je rétorquerais que cette sortie est courageuse. Surtout dans le climat actuel. Puisse l'Open Vld Marino Keulen (M. Wooncode) l'avoir entendue. Et les francophones apprendre le néerlandais!

Durum

jeudi 5 juin 2008

Panique à Bangkok: De Gucht débarque!

Les diplomates belges en poste à Bangkok ont des sueurs froides. Leur patron, le flamboyant ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, débarque la semaine prochaine, dans le cadre d'une longue tournée asiatique.
Le mal nommé chef de la diplomatie vient de plonger les relations belgo-congolaises dans le chaos. Va-t-il rééditer le coup en Thaïlande ? En bon démocrate, il trouvera certainement quelque chose à redire à la situation politique locale, dominée par des politiciens populistes et des militaires aux tendances putschistes.
On parie cependant que cette fois, il ne manquera pas de la boucler. L'homme n'est pas suicidaire. Il révisera aussi sa syntaxe, car après tout, la querelle belgo-congolaise n'est qu'un problème de langage.
Souvenez-vous, il avait déclaré sur le plateau de RTL, en évoquant le montant de l'aide belge au Congo: "Je trouve que nous n'avons pas seulement le droit, mais nous avons l'obligation morale de dire ce qu'on pense de ce qui se passe au Congo, et
ça ne va pas du tout dans la bonne direction".
La RDC a perçu du néocolonialisme dans la référence au "droit moral" de la Belgique sur le Congo. Du néocolonialisme, il y en a indéniablement un peu dans l'approche du ministre, mais il est légitime de se demander si, dans cette phrase, le qualificatif moral s'applique à droit, ou seulement à obligation.
En invoquant la morale, M. De Gucht ne parlait-il pas en fait d'obligation vis-à-vis des contribuables belges, plutôt que d'un quelconque droit sur le Congo ?

Colonel Moutarde

mercredi 4 juin 2008

Brigitte est allergique au poil de queue

La bouillante secrétaire d'Etat bruxelloise Brigitte Grouwels (CD&V) s'est fendue récemment d'une analyse originale rendant les francophones et plus particulièrement le parti socialiste coupables de vouloir conduire le pays tout droit à la scission. Mme G. a affirmé dimanche dans la DH qu'en caricaturant les Flamands, les francophones finiront par obtenir le séparatisme. Laissant entendre que les francopohones étaient déjà dans "l'après-Belgique", elle a rebaptisé le PS comme étant le Parti Séparatiste.
Mme G. était pourtant revenue enthousiaste il y a quelques jours de la ducasse de Mons, exprimant tout le plaisir qu'elle avait eu à s'y laisser guider par le maïeur de la ville, un certain Elio Di Rupo, accessoirement président du Parti Séparatiste. Elle en était même revenue d'autant plus enthousiaste qu'elle avait rapporté du Doudou un magnifique "poil de queue" (sic) arraché au Dragon terrassé par Saint-Georges. Le crin devait procurer à l'édile régionale un an de bonheur.
Chatouillé par la passionaria du CD&V, le maïeur de Mons a invité la secrétaire d'Etat en "immersion" dans la cité du Doudou pour qu'elle puisse mieux appréhender la réalité des francophones qui y vivent. Immerger celle dont le programme politique est "Meer Brigitte, minder Frans"? Ne faudrait-il pas plutôt la dégeler notre Frigit G. que même un "poil de queue" ne parvient pas à dérider?

Durum

dimanche 1 juin 2008

Tout le monde s'est accordé sur la nécessité d'une "nouvelle culture politique". Son avènement demeure une autre histoire mais, de temps à autre, elle fait une petite incursion qu'ensuite, certains ne manquent pas de regretter.
L'affaire de la désignation des nouveaux hauts fonctionnaires en Région wallonne en est une belle illustration. La procédure n'est pas encore à son terme que déjà elle agite les esprits. Il semble bien que sur la vingtaine de mandats à attribuer, la quasi-totalité tombera dans l'escarcelle socialiste. La raison? Les candidats étiquetés PS étaient certes plus nombreux mais surtout ils ont réussi l'épreuve du Selor (organe fédéral de recrutement des fonctionnaires). Quant aux autres, c'est bien simple: manifestement pas ou très peu de candidats MR et Ecolo. Quant aux cdH, ils ont été busés. André Antoine a ainsi dû prendre acte de l'échec de son chef de cabinet ainsi que du directeur de l'audit de la Wallonne du logement, un proche.
Les centristes enragent, réclament une Commission d'enquête au fédéral sur le Selor (qui n'aurait officiellement rien -mais alors absolument rien- à voir avec le cas wallon) et, dans les réunions, ne s'en cachent plus: Joëlle Milquet n'aurait jamais dû renoncer à la bonne vieille règle de répartition d'avant 1999: deux tiers PS, un tiers PSC.
L'affaire s'est envenimée: le PS a fait savoir que si le cdH bloquait la procédure en cours, ce serait le "casus belli". Le cdH a fait savoir que s'il était vu dans la répartition des postes futurs (les A3, la procédure actuelle visant le A1 et les A2), ce serait le "casus belli".
Résultat: l'autre chef de cabinet d'André Antoine, la chef de cabinet de Rudy Demotte et le chef de cabinet d'Elio Di Rupo sont chargés de coordonner la procédure de désignation des A3 avant la fin de la législature en vue d'une répartition plus équitable... Ouf! La rouge-romaine a vacillé.

Mexicano