A près de 70 ans, l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene reste un homme actif. Très actif. L’homme n’est pas du genre à se satisfaire d’un simple mandat d’eurodéputé – aussi grassement rémunéré fut-il. Il siège dans les conseils d’administration de plusieurs poids lourds de l’économie belge (Lotus, Inbev, Umicore) et préside même celui de Dexia, depuis que la banque belgo-française a été mise sous la tutelle de l’Etat. Ca doit commencer à chiffrer. Il n’en a pas moins accepté cette semaine de nouvelles responsabilités à l’UEFA. Sollicité par Michel Platini, le patron de la ligue européenne de foot, il a accepté de présider un comité sur le fair-play financier, dont le rôle sera d’encadrer les dérives des clubs. Ce comité pourra imposer des sanctions à partir de 2013. D’ici là, il pourra envoyer des avertissements aux clubs.
Ne boudons pas notre plaisir de voir se constituer une telle instance qui va peut-être enfin limiter le pouvoir de l’argent dans le foot. En outre, Jean-Luc Dehaene est certainement un bon choix : ancien chef de gouvernement, il aura l’autorité nécessaire ; supporter du petit club de Bruges, il comprend l’importance de mieux balancer les finances du foot européen.
Mais il n’est pas interdit de se dire que, d’un mandat à l’autre, Jean-Luc n’a peut-être pas le temps de se donner autant qu’il le pourrait à toutes ses activités. Quant à sa rémunération, elle ne regarde, certes, que lui. Mais est-il poujadiste de se demander si, d’un mandat à l’autre, elle ne culmine pas aux niveaux de ces traders dont il est à la mode aujourd’hui de dénoncer les travers ?
Colonel Moutarde
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jeudi 17 septembre 2009
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