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vendredi 12 décembre 2008

Loulou et Kaka en guéguerre sur le Kivu

Le torchon brûle entre le "chef de la diplomatie" (hum) Karel De Gucht et son prédécesseur Louis Michel, aujourd’hui "commissaire européen à l’aide humanitaire" (en fait tonton Loulou a compétence pour tout ce qui touche à l’Afrique). Les deux hommes ne cachent plus leur opposition profonde sur la manière de gérer le conflit meurtrier en cours à l’est du Congo.
Pour Louis Michel, sans doute plus proche de la tradition orale africaine, il faut parler. Il est d’ailleurs actuellement dans la région, pour des pourparlers avec Kabila et Kagame, mais aussi avec le rebelle Laurent Nkunda (par ailleurs criminel de guerre recherché par la justice internationale).
Karel De Gucht privilégie quant à lui l’option militaire, l’envoi de troupes européennes de maintien de la paix. Il faut dire qu’il est persona non grata au Congo et qu’il peut difficilement incarner le dialogue. Mais surtout, il ne croit pas que des négociations puissent déboucher sur une paix durable, du moins pas tant que les Européens ne se seront pas interposés.
Jusqu’à présent, les deux hommes s’affrontaient à fleurets mouchetrés. Mais depuis jeudi soir, c’est la guerre ouverte. Karel n’a pas du tout, mais alors pas du tout, apprécié que Louis tente de le contrer en plein Conseil européen des Affaires étrangères. Car pendant qu’il s’échinait à convaincre les autres pays européens d’envoyer des troupes au Kivu, Louis a non seulement interrompu la réunion en téléphonant au french doctor Bernard Kouchner, qui présidait les débats, mais il a fait circuler un document exposant des thèses exactement opposées aux siennes.
Furax, De Gucht ne cache désormais plus son mépris. Fidèle à son franc-parler, il casse désormais du Loulou en direct à la télévision.
Le tout se comprenant bien sûr dans la perspective de la prochaine législature européenne. Les deux hommes pourraient bien se retrouver en concurrence pour la poste de commissaire européen.

Colonel Moutarde

lundi 10 novembre 2008

La foire du trône à l'arrêt

Préparez-vous aux flonflons et aux froufrous, le 15 novembre, c'est la Fête du Roi. Crise institutionnelle et financière oblige, on avait quelque peu oublié notre poussiéreuse monarchie que l'occasion de la Fête de la Dynastie permettra de fourbir quelque peu, à son retour d'un voyage à dos d'éléphant dans les Indes.
En ce quinzième anniversaire de l'accession d'Albert II au trône, la chancellerie du Premier ministre a tenu à marquer le coup, organisant un événement pour notre belle jeunesse de 15 ans.
Mais à moins de déguiser Armand De Decker et Herman Van Rompuy et leurs suites, en prépubères communiants confirmant, il faut s'attendre à ce que l'événement fasse flop. Les services du Premier ministre peinent à nous trouver quelques jeunes, encore verts derrière les oreilles, disposés à venir faire tapisserie le 15 novembre. Comment l'expliquer? Bon, il y a quand même Tubize-Cercle de Bruges en début de soirée mais cela ne peut expliquer à lui seul ce royal "Fortiseke" qui vient pourtant ponctuer une très originale initiative de la chancellerie. Pas du tout en décalage avec les réalités d'aujourd'hui.
Pourtant, le message qui sera distillé le 15/11 risque d'être exaltant, le Palais annonçant un hommage au Roi Baudouin, sur le thème de "l’engagement d’une vie pour une société plus harmonieuse". C'est certain que saluer la mémoire de ce croque-mort avorté que Lumumba doit encore chérir dans sa tombe, constitue un bel appel à l'engagement en faveur d'une société moderne. Il ne pourra d'ailleurs être que plus appuyé en la présence de la diacre du Palais, Fabiola Pompilio dellopusdei. Décidément non, il n'y a plus de jeunesse, plus de respect, plus de certitude.
Boudant les petits fours, nos jeunes têtes blondes pourront toujours se rabattre sur la table ronde pour la réhabilitation de l'oeuvre coloniale de Lépold II qu'organise ce même jour le chevalier Alain Destexhe. Là aussi, il y aura des absents. Le général Nkunda et le président Kabila sont excusés. Ils gèrent l'héritage colonial.

Durum